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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
Décembre 1936 - Janvier 1937 / pp. 1259 - 1265
27 avril 2009 par eric

Il nous reste à examiner quelques normes de gestion économiques qui, d’après nous, conditionnent le lien du parti avec les masses, base du renforcement de la dictature du prolétariat.

Il est vrai, pour tout système de production, qu’il ne peut se développer que sur la base de la reproduction élargie, c’est-à-dire, de l’accumulation de richesses. Mais un type de société se manifeste moins par ses formes et manifestations extérieures que par son contenu social, par les mobiles qui dominent dans la production, c’est-à-dire, par les rapports de classe. Dans l’évolution historique, les deux processus, interne et externe, se meuvent d’ailleurs en une constante contradiction. Le développement capitaliste a démontré à l’évidence que la progression des forces productives engendrait en même temps son contraire, le recul des conditions matérielles du prolétariat, phénomène qui se traduisit par la contradiction entre la valeur d’échange et la valeur d’usage, entre la production et la consommation. Nous avons déjà indiqué ailleurs que le système capitaliste ne fut pas un système progressiste par nature, mais par nécessité (sous l’aiguillon de l’accumulation et de la concurrence). Marx souligna ce contraste en disant que le « développement de la force productive n’a d’importance que dans la mesure où il accroît le surtravail de la classe ouvrière et non pas dans la mesure où il diminue le temps nécessaire à la production matérielle. » (Le Capital, Tome X).

En partant de la constatation valable pour tous les types de sociétés, à savoir que le surtravail est inévitable, le problème se concentre donc essentiellement sur le mode d’appropriation et la destruction du surtravail, la masse de surtravail et sa durée, le rapport de cette masse avec le travail total, enfin le rythme de son accumulation. Et immédiatement, nous pouvons mettre en évidence cette autre remarque de Marx que « la véritable richesse de la société et la possibilité d’un élargissement continu du procès de reproduction ne dépend pas de la durée du surtravail, mais de sa productivité et des conditions, plus ou moins avantageuses où cette productivité travaille. » (Le Capital, Tome XIV.) Et il ajoute que la condition fondamentale pour l’instauration du « régime de la liberté », c’est la réduction de la journée de travail.

Ces considérations nous permettent d’apercevoir la tendance qui doit être imprimée à l’évolution de l’économie prolétarienne. Elles nous autorisent également à rejeter la conception qui voit la preuve absolue du « socialisme » dans l’accroissement des forces productives. Elle fut non seulement défendue par le Centrisme, mais aussi par Trotski : « le libéralisme fait semblant de ne pas voir les énormes progrès économiques du régime soviétique, c’est-à-dire les preuves concrètes des avantages incalculables du socialisme. Les économistes des classes dépossédées passent tout simplement sous silence les rythmes de développement industriel sans précédent dans l’histoire mondiale. » (Lutte des classes, juin 1930).

Nous l’avons déjà mentionné au début de ce chapitre, cette question de « rythme » resta au premier plan des préoccupations de Trotski et de son Opposition alors qu’elle ne répond en rien à la mission du prolétariat, laquelle consiste à modifier le mobile de la production et non à accélérer son rythme sur la misère du prolétariat, tout comme cela se passe dans le capitalisme. Le prolétariat a d’autant moins de raisons de s’attacher au facteur « rythme » que, d’une part, il ne conditionne en rien la construction du socialisme, puisque celui-ci est d’ordre international et que, d’autre part, son néant sera révélé par l’apport de la haute technique capitaliste à l’économie socialiste mondiale.

Quand nous posons comme tâche économique primordiale la nécessité de changer le mobile de la production, c’est-à-dire de l’orienter vers les besoins de la consommation, nous en parlons évidemment comme d’un procès et non comme d’un produit immédiat de la Révolution. La structure même de l’économie transitoire, telle que nous l’avons analysée, ne peut engendrer cet automatisme économique, car la survivance du « droit bourgeois » laisse subsister certains rapports sociaux d’exploitation et la force de travail conserve encore, dans une certaine mesure, le caractère de marchandise. La politique du parti, stimulée par l’activité revendicative des ouvriers, au travers de leurs organisations syndicales doit précisément tendre à abolir la contradiction entre force de travail et travail, qui fut développée à l’extrême par le capitalisme. En d’autres termes, à l’usage capitaliste de la force de travail en vue de l’accumulation de capital doit se substituer l’usage « prolétarien » de cette force de travail vers des besoins purement sociaux, ce qui favorisera la consolidation politique et économique du prolétariat.

Dans l’organisation de la production, l’État prolétarien doit donc s’inspirer, avant tout, des besoins des masses, développer les branches productives qui peuvent y répondre, en fonction évidemment des conditions spécifiques et matérielles qui prévalent dans l’économie envisagée.

Si le programme économique élaboré reste dans le cadre de la construction de l’économie socialiste mondiale, par conséquent reste relié à la lutte internationale des classes, l’État prolétarien pourra d’autant mieux se confiner dans sa tâche de développer la consommation. Par contre, si ce programme prend un caractère autonome visant directement ou indirectement au « socialisme national », une part croissante du surtravail s’engloutira dans la construction d’entreprises qui, dans l’avenir, ne trouveront pas leur justification dans la division internationale du travail ; par contre ces entreprises seront appelées inévitablement à devoir produire des moyens de défense pour « la société socialiste » en construction. Nous verrons que c’est là précisément le sort qui échut à la Russie soviétique.

Il est certain que toute amélioration de la situation matérielle des masses prolétariennes dépend en premier lieu de la productivité du travail, et celle-ci du degré technique des forces productives, par conséquent de l’accumulation. Elle est liée, en second lieu, au rendement du travail correspondant à l’organisation et à la discipline au sein du procès du travail. Tels sont les éléments fondamentaux, tels qu’ils existent aussi dans le système capitaliste, avec cette caractéristique que là les résultats concrets de l’accumulation sont détournés de leur destination humaine au profit de l’accumulation « en soi ». La productivité du travail ne se traduit pas en objets de consommation, mais en capital.

Il serait vain de se dissimuler que le problème est loin d’être résolu par la proclamation d’une politique tendant à élargir la consommation. Mais il faut commencer par l’affirmer parce qu’il s’agit d’une directive majeure qui s’oppose irréductiblement à celle poussant au premier plan l’industrialisation et sa croissance accélérée et sacrifiant inévitablement une ou plusieurs générations de prolétaires (le Centrisme l’a déclaré ouvertement). Or, un prolétariat « sacrifié », même pour des objectifs qui peuvent paraître correspondre à son intérêt historique (la réalité en Russie a démontré qu’il n’en était cependant rien) ne peut constituer une force réelle pour le prolétariat mondial ; il ne peut que s’en détourner, sous l’hypnose des objectifs nationaux.

Il y a, il est vrai, l’objection qu’il ne peut y avoir élargissement de la consommation sans accumulation, et d’accumulation sans un prélèvement plus ou moins considérable sur la consommation. Le dilemme sera d’autant plus aigu qu’il correspondra à un développement restreint des forces productives et à une médiocre productivité du travail. C’est dans ces pires conditions que le problème se posa en Russie et qu’une des manifestations les plus dramatiques en fut le phénomène des « ciseaux ».

Toujours sur la base des considérations internationalistes que nous avons développées, il faut donc affirmer (si l’on ne veut pas tomber dans l’abstraction) que les tâches économiques du prolétariat, dans leur diminution historique, sont primordiales. Les camarades de Bilan, animés par la juste préoccupation de mettre en évidence le rôle de l’État prolétarien sur le terrain mondial de la lutte des classes, ont singulièrement rétréci l’importance du problème en question, en considérant que « les domaines économique et militaire [1] ne pourront être qu’accessoires et de détail dans l’activité de l’État prolétarien, alors qu’il sont d’un ordre essentiel pour une classe exploiteuse » (Bilan, p. 612). Nous le répétons, le programme est déterminé et limité par la politique mondiale de l’État prolétarien, mais cela étant établi, il reste que le prolétariat n’aura pas de trop de toute sa vigilance et de toute son énergie de classe pour seulement essayer de trouver la solution essentielle à ce redoutable problème de la consommation qui conditionnera quand même son rôle de « simple facteur de la lutte du prolétariat mondial ».

Les camarades de Bilan commettent, d’après nous, une autre erreur [2] en ne faisant pas la distinction entre une gestion tendant à la construction du « socialisme » et une gestion socialiste de l’économie transitoire, en déclarant notamment que « loin de pouvoir envisager la possibilité de la gestion socialiste de l’économie dans un pays (...), nous devons commencer par proclamer l’impossibilité même de cette gestion socialiste ». Mais, qu’est-ce qu’une politique qui poursuit le relèvement des conditions de vie des ouvriers si ce n’est une politique de gestion véritablement socialiste visant précisément à renverser le processus de la production par rapport au processus capitaliste. Dans la période de transition, il est parfaitement possible de faire surgir ce nouveau cours économique d’une production s’effectuant pour les besoins, alors même que les classes survivent.

Mais il reste que le changement du mobile de la production ne dépend pas uniquement de l’adoption d’une politique juste, mais surtout de la pression sur l’économie des organisations du prolétariat comme de l’adaptation de l’appareil productif à ses besoins. En outre, l’amélioration des conditions de vie ne tombe pas du ciel. Elle est fonction du développement de la capacité productive, qu’il soit la conséquence de l’augmentation de la masse de travail social, d’un rendement plus grand du travail, résultant de sa meilleure organisation ou encore de la plus grande productivité du travail donné par des moyens de production plus puissants.

Pour ce qui est de la masse de travail social - si nous supposons invariable le nombre d’ouvriers occupés - nous avons dit qu’elle est donnée par la durée et l’intensité d’emploi de la force de travail. Or ce sont justement ces deux fonctions alliées à la baisse de valeur de la force de travail comme effet de sa plus grande productivité, qui déterminent le degré d’exploitation imposé au prolétariat dans le régime capitaliste.

Dans la phase transitoire, la force de travail conserve encore, il est vrai, son caractère de marchandise dans la mesure où le salaire se confond avec la valeur de la force-travail ; par contre elle dépouille ce caractère dans la mesure où le salaire se rapproche de l’équivalent du travail total fourni par l’ouvrier (abstraction étant faite du surtravail nécessaire aux besoins sociaux).

À l’encontre de la politique capitaliste, une véritable politique prolétarienne, pour augmenter les forces productives, ne peut certainement pas se fonder sur le surtravail qui proviendrait d’une plus grande durée ou d’une plus grande intensité du travail social, qui, sous sa forme capitaliste, constitue la plus-value absolue. Elle se doit, au contraire, de fixer des normes de rythme et de durée de travail compatibles avec l’existence d’une véritable dictature du prolétariat et elle ne peut que présider à une organisation plus rationnelle du travail, à l’élimination du gaspillage des activités sociales, bien que dans ce domaine les possibilités pour augmenter la masse de travail utile soient vite épuisées.

Dans ces conditions, l’accumulation « prolétarienne » doit trouver sa source essentielle dans le travail devenu disponible par une technique plus élevée.

Cela signifie que l’accroissement de la productivité du travail pose l’alternative suivante : ou bien une même masse de produits (ou valeurs d’usage) détermine une diminution du volume total de travail consommé, ou bien si ce dernier reste invariable (ou même s’il diminue suivant l’importance du progrès technique réalisé) la quantité de produits à répartir augmentera. Mais dans les deux cas, une diminution du surtravail relatif (relatif par rapport au travail strictement nécessaire à la reproduction de la force de travail) peut parfaitement se conjuguer avec une plus grande consommation et se traduire par conséquent par une hausse réelle des salaires et non pas fictive comme dans le capitalisme. C’est dans l’utilisation nouvelle de la productivité qu’apparaît la supériorité de la gestion prolétarienne sur la gestion capitaliste plutôt qu’au travers de la compétition entre les prix de revient, base sur laquelle le prolétariat doit être inévitablement battu, comme nous l’avons déjà indiqué.

C’est en effet le développement de la productivité du travail qui précipite le capitalisme dans sa crise de décadence où, d’une façon permanente (et plus seulement au cours de crises cycliques), la masse des valeurs d’usage s’oppose à la masse des valeurs d’échange. La bourgeoisie est débordée par l’immensité de sa production et elle ne peut l’écouler vers les immenses besoins insatisfaits, sous menace de suicide.

Dans la période de transition, la productivité du travail est certes encore loin de répondre à la formule « à chacun selon ses besoins », mais cependant la possibilité de pouvoir l’utiliser intégralement, à des fins humaines, renverse les données du problème social. Marx avait déjà établi qu’avec la production capitaliste, la productivité du travail reste bien au dessous du maximum théorique. Par contre, après la révolution, il devient possible de réduire, puis de supprimer l’antagonisme capitaliste entre le produit et sa valeur si la politique prolétarienne tend non pas à ramener le salaire à la valeur de la force travail - méthode capitaliste qui détourne le progrès technique au profit du capital - mais à l’élever de plus en plus au dessus de cette valeur, sur la base même de la productivité développée.

Il est évident qu’une certaine fraction du surtravail relatif ne peut retourner directement à l’ouvrier, en vertu des nécessités mêmes de l’accumulation sans laquelle il n’y a pas de progrès technique possible. Et encore une fois se repose le problème du rythme et du taux de l’accumulation. Et s’il parait se résoudre à une question de mesure, l’arbitraire sera en tout cas exclu sur la base principielle délimitant les tâches économiques du prolétariat, telle que nous l’avons définie.

D’autre part, il va de soi que la détermination du taux de l’accumulation relève du centralisme économique et non pas de décisions des producteurs dans leurs entreprises, suivant l’opinion des internationalistes hollandais (p. 116 de leur ouvrage cité). Ils sont d’ailleurs fort peu convaincus de la valeur pratique d’une telle solution, puisqu’ils la font suivre immédiatement de cette considération que le « taux d’accumulation ne peut être laissé au libre jugement des entreprises séparées et c’est le Congrès général des conseils d’entreprises qui déterminera la norme obligatoire », formule qui répond somme toute à du centralisme déguisé.

Si nous nous reportons maintenant à ce qui s’est réalisé en Russie, alors éclate toute l’imposture du Centrisme faisant découler la suppression de l’exploitation du prolétariat de la collectivisation des moyens de production. On enregistre ce phénomène historique que le processus de l’économie soviétique et celui de l’économie capitaliste, tout en partant de bases différentes, ont fini par confluer et par se diriger ensemble vers la même issue : la guerre impérialiste. Tous deux se déroulent sur le fond d’un prélèvement croissant de plus-value qui ne retourne pas à la classe ouvrière. En URSS, le procès de travail est capitaliste par sa substance, sinon par ses aspects sociaux et les rapports de production. On y pousse à l’augmentation de la masse de plus-value absolue, obtenue par l’intensification du travail qui a pris les formes du « stakhanovisme ». Les conditions matérielles des ouvriers ne sont nullement solidaires des améliorations techniques et du développement des forces productives, et en tout cas la participation relative du prolétariat au patrimoine social n’augmente pas, mais diminue ; phénomène analogue à celui qu’engendre constamment le système capitaliste, même dans ses plus belles périodes de prospérité. Nous manquons d’éléments pour établir dans quelle mesure est réel l’accroissement de la part absolue des ouvriers.

En outre, il se pratique une politique d’abaissement des salaires qui tend à substituer des ouvriers non qualifiés (provenant de l’immense réservoir de la paysannerie) aux prolétaires qualifiés qui sont en même temps les plus conscients.

À la question de savoir où s’engloutit cette masse énorme de surtravail, on donnera la réponse facile qu’elle va en majeure partie à la « classe » bureaucratique. Mais une telle explication est démentie par l’existence même d’un énorme appareil productif qui reste bel et bien propriété collective et au regard duquel les beefsteaks, automobiles et villas des bureaucrates font piètre figure !! Les statistiques officielles et autres, aussi bien que les enquêtes, confirment cette disproportion énorme - qui va croissant - entre la production des moyens de production (outillage, bâtiments, travaux publics, etc.) et celle des objets de consommation destinés à la « bureaucratie » comme à la masse ouvrière et paysanne, même en y englobant la consommation sociale. S’il est vrai que c’est la bureaucratie qui, en tant que classe, dispose de l’économie et de la production et s’approprie le surtravail, on n’explique pas comment ce dernier se transforme dans sa plus grande partie en richesse collective et non en propriété privée. Ce paradoxe ne peut être expliqué qu’en découvrant pourquoi cette richesse, tout en restant dans la communauté soviétique, s’oppose à celle-ci, par sa destination. Signalons qu’aujourd’hui un phénomène semblable se déroule au sein de la société capitaliste, c’est-à-dire que la majeure partie de la plus-value ne s’écoule pas dans la poche des capitalistes mais s’accumule en biens qui ne restent propriété privée que du point de vue purement juridique. La différence, c’est qu’en URSS le phénomène ne prend pas un caractère proprement capitaliste. Les deux évolutions partent également d’une origine différente : en URSS, elle ne surgit pas d’un antagonisme économique, mais politique, d’une scission entre le prolétariat russe et le prolétariat international ; elle se développe sous le drapeau de la défense du « socialisme national » et de son intégration au mécanisme du capitalisme mondial. Par contre, dans les pays capitalistes, l’évolution se déplace sous le signe de la décadence de l’économie bourgeoise. Mais les deux développements sociaux aboutissent à un objectif commun : la construction d’économies de guerre (les dirigeants soviétiques se vantent d’avoir édifié la plus formidable machine de guerre du monde). Telle nous parait être la réponse à « l’énigme russe ». Cela explique pourquoi la défaite de la Révolution d’Octobre ne provient pas du bouleversement du rapport de force entre les classes, à l’intérieur de la Russie, mais sur l’arène internationale.

Examinons quelle est la politique qui orienta le cours de la lutte des classes vers la guerre impérialiste plutôt que vers la révolution mondiale.

Pour certains camarades, nous l’avons déjà dit, la révolution russe ne fut pas prolétarienne et son évolution réactionnaire était préjugée du fait qu’elle fut réalisée par un prolétariat culturellement arriéré (bien que par sa conscience de classe, il se plaça à l’avant-garde du prolétariat mondial) qui, par surcroît, dut diriger un pays retardataire. Nous nous bornerons à opposer une telle attitude fataliste à celle de Marx, vis-à-vis de la Commune : bien que celle-ci exprimât une immaturité historique du prolétariat à prendre le pouvoir, Marx lui attribue cependant une portée immense et il y puisa des enseignements féconds et progressifs dont s’inspirèrent précisément les bolcheviks en 1917. Tout en agissant de même vis-à-vis de la révolution russe, nous n’en déduisons pas pour cela que les futures révolutions seront la reproduction photographique d’octobre, mais nous disons qu’octobre, par ses traits fondamentaux se retrouvera dans ces révolutions, en nous souvenant uniquement de ce que Lénine entendait par « valeur internationale de la révolution russe » (dans La maladie infantile du communisme). Un marxiste ne « refait » évidemment pas l’histoire mais il l’interprète pour forger des armes théoriques au prolétariat, pour lui éviter la répétition d’erreurs et lui faciliter le triomphe final sur la bourgeoisie. Rechercher les conditions qui auraient placé le prolétariat russe dans la possibilité de vaincre définitivement c’est donner à la méthode marxiste d’investigation toute sa valeur parce que c’est permettre d’ajouter une pierre à l’édifice du matérialisme historique.

S’il est vrai que le reflux de la première vague révolutionnaire contribua à « isoler » temporairement le prolétariat russe, nous croyons que ce n’est pas là qu’il faut chercher la cause déterminante de l’évolution de l’URSS, mais dans l’interprétation qui fut donnée par la suite des événements de cette époque et de la fausse perspective qui en découla, quant à l’évolution du capitalisme, à l’époque des guerres et des révolutions. La conception de la « stabilisation » du capitalisme engendra naturellement par la suite la théorie du « socialisme en un seul pays » et par voie de conséquence la politique « défensiste » de l’URSS.

Le prolétariat international devint un instrument de l’État prolétarien pour sa défense contre une agression impérialiste, tandis que la révolution mondiale passait à l’arrière plan en tant qu’objectif concret. Si Boukharine parle encore de celle-ci en 1925, c’est parce que « la révolution mondiale a pour nous cette importance, qu’elle représente la seule garantie contre les interventions, contre une nouvelle guerre ».

Il s’élabora ainsi une théorie de la « garantie contre les interventions » dont l’I.C. s’empara pour devenir l’expression des intérêts particuliers de l’URSS et non plus des intérêts de la révolution mondiale. La « garantie » on ne la chercha plus dans la liaison avec le prolétariat international mais dans la modification du caractère et du contenu des rapports de l’État prolétarien avec les États capitalistes. Le prolétariat mondial restait seulement une force d’appoint pour la défense du « socialisme national ».

Pour ce qui est de la N.E.P., en nous basant sur ce que nous avons dit précédemment, nous ne pensons pas qu’elle offrit un terrain spécifique pour une inévitable dégénérescence, bien qu’elle détermina une recrudescence très grande des velléités capitalistes au sein de la paysannerie notamment, et que par exemple, sous le signe du centrisme, l’alliance (smytchka) avec les paysans pauvres dans laquelle Lénine voyait un moyen pour raffermir la dictature prolétarienne, devint un but, en même temps qu’une union avec la paysannerie moyenne et le koulak.

Contrairement à l’opinion des camarades de Bilan, nous ne croyons pas non plus que l’on peut inférer des déclarations de Lénine basées sur la N.E.P., qu’il aurait préconisé une politique affranchissant l’évolution économique russe du cours de la révolution mondiale.

Au contraire, pour Lénine, la N.E.P. signifiait une politique d’attente, de répit, jusqu’à la reprise de la lutte internationale des classes : « quand nous adoptons une politique qui doit durer de longues années, nous n’oublions pas un seul instant que la révolution internationale, la rapidité et les conditions de son développement peuvent tout modifier ». Pour lui il s’agissait de rétablir un certain équilibre économique, moyennant rançon aux forces capitalistes (sans quoi la dictature croulait), mais non de « faire appel à la collaboration des classes ennemies en vue de la construction des fondements de l’économie socialiste. » (Bilan, p. 724.).

Tout comme il nous paraît injuste de faire de Lénine un partisan du « socialisme en un seul pays » sur la base d’un document apocryphe.

Par contre, l’opposition russe « trotskiste » contribue à accréditer l’opinion que la lutte se cristallisait entre les États capitalistes et l’État soviétique. En 1927, elle considérait comme inévitable la guerre des impérialistes contre l’URSS juste au moment où l’I.C. arrachait les ouvriers de leurs positions de classe pour les lancer sur le front de la défense de l’URSS en même temps qu’elle présidait à l’écrasement de la révolution chinoise. Sur cette base, l’opposition s’engagea sur la voie de la préparation de l’URSS - « bastion du socialisme » - à la guerre. Cette position équivalait à sanctionner théoriquement l’exploitation des ouvriers russes en vue de la construction d’une économie de guerre (plans quinquennaux). L’Opposition alla même jusqu’à agiter le mythe de l’unité à « tout prix » du parti, comme condition de la victoire militaire de l’URSS. En même temps elle était équivoque sur la lutte « pour la paix » ( !) en considérant que l’URSS devait chercher à « retarder la guerre », à payer même une rançon pendant qu’il fallait « préparer au maximum toute l’économie, le budget, etc. en prévision d’une guerre » et considérer la question de l’industrialisation comme décisive pour assurer les ressources techniques indispensables pour la défense (Plate-forme).

Par la suite Trotski, dans sa Révolution permanente, reprit cette thèse de l’industrialisation sur le rythme « le plus rapide », qui représentait, paraît-il une garantie contre les « menaces du dehors » en même temps qu’elle aurait favorisé l’évolution du niveau de vie des masses. Nous savons d’une part, que la « menace du dehors » se réalisa, non par la « croisade » contre l’URSS, mais par l’intégration de celle-ci au front de l’impérialisme mondial ; d’autre part, que l’industrialisme ne coïncida nullement avec une meilleure existence du prolétariat, mais avec son exploitation la plus effrénée, sur la base de la préparation à la guerre impérialiste.

Dans la prochaine révolution, le prolétariat vaincra, indépendamment de son immaturité culturelle et de la déficience économique, pourvu qu’il mise, non sur la « construction du socialisme », mais sur l’épanouissement de la guerre civile internationale.

MITCHELL.


Tous les articles de la série :

— Bilan n°28 : première partie ;
— Bilan n°31 : seconde partie ;
— Bilan n°34 : troisième partie ;
— Bilan n°35 : quatrième partie ;
— Bilan n°37 : cinquième partie ;
— Bilan n°38 : sixième et dernière partie ;

[1] Nous sommes d’accord avec les camarades de Bilan pour dire que la défense de l’État prolétarien ne se pose pas sur le terrain militaire mais sur le plan politique, par sa liaison avec le prolétariat international.

[2] Qui n’est peut-être que de pure formulation, mais qu’il importe de relever quand même parce qu’elle se relie à leur tendance à minimiser les problèmes économiques.

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  27. BILAN 04f : Le cas Calligaris
  28. BILAN 05a : Quatre jeunes camarades du S.A.P. sont arrêtés...
  29. BILAN 05b : Les principes, armes de la Révolution
  30. BILAN 05c : Parti - Internationale - État : Prémisses
  31. BILAN 05d : Le plan De Man - suite et fin
  32. BILAN 05e : Organisation et discipline communiste - Prémisses du problème
  33. BILAN 05f : Les difficultés de l’Opposition russe : Rakovsky dépose les armes
  34. BILAN 05g : Le cas Calligaris
  35. BILAN 06a : 1er Mai 1934
  36. BILAN 06b : La bourgeoisie française expulse Léon Trotsky
  37. BILAN 06c : Les problèmes du Front Unique
  38. BILAN 06d : Où va l’impérialisme français
  39. BILAN 06e : Parti - Internationale - État / I : La classe et sa signification
  40. BILAN 06f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième
  41. BILAN 06g : Salut à la « Verita »
  42. BILAN 06h : Maximo rejoint le front de la contre-révolution centriste
  43. BILAN 06i : Une tragédie de l’émigration italienne
  44. BILAN 07a : Pour le retour de Trotsky en Russie
  45. BILAN 07b : L’Antifascisme, formule de confusion
  46. BILAN 07c : La grève de Verviers
  47. BILAN 07d : Parti - Internationale - État / II : Classe et État
  48. BILAN 07e : Le communisme et la question nationale
  49. BILAN 07f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (2)
  50. BILAN 07g : A propos de Staline et du Stalinisme
  51. BILAN 07h : La catastrophe de Pâturages
  52. BILAN 08a : La Russie soviétique dans le concert des brigands impérialistes
  53. BILAN 08b : La mort de la concentration antifasciste italienne
  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche