AccueilPublicationsÉtudes de marxologie (1959-1994)
Dernière mise à jour :
dimanche 23 avril 2017
   
Brèves
« Lutte de Classe » (GLAT) - Série complète !
samedi 27 octobre
La couverture chronologique de la revue du GLAT, Lutte de Classe, a été considérablement étendue (premier numéro de mars 1964) et comprend maintenant un renvoi sur une version numérisée des 128 numéros !
Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
Premiers scans des Cahiers du Communisme de Conseil
dimanche 5 août
Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
Derniers numéros de la revue Communisme
dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
Mise à jour sommaires GLAT
samedi 11 février
Le sommaire général de la revue du GLAT, Lutte de Classe vient d’être encore étendu. Merci de signaler manques ou corrections.
Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
MARX 21f : Marx Édition du Jubilé 1883 -1983
Maximilien RUBEL - Juin - Juillet 1981 / pp. 863 - 878
31 août 2009 par eric
Marx Jubiläumsedition

I

À l’approche de 1983, premier centenaire de la mort de Karl Marx, on a peine à imaginer le tumulte des cérémonies, le chœur alterné des louanges et des imprécations.

Solitaire et méconnu de son vivant, Marx a fini par recueillir une gloire et une réputation posthumes qui vont à l’encontre des exigences de son œuvre. En fait, cette œuvre n’a commencé à être vraiment connue et à s’imposer qu’entre les deux Guerres mondiales : d’importants écrits inédits ayant alors été livrés au public, on pouvait pour la première fois envisager une « édition des œuvres complètes de Marx et d’Engels », auteurs indissociables, promus, selon une tradition universellement acceptée, co-fondateurs d’un système de pensée baptisé marxisme.

Marx avait fait justice, avant sa mort, d’une appellation qui niait l’esprit dans lequel il avait mené son combat ; Engels, son exécuteur testamentaire et héritier spirituel, ne l’a acceptée qu’à son cœur défendant, par défi pour les adversaires qui l’avaient inventée. Il ne pouvait pas ne pas mesurer les risques de cette tolérance injustifiée, mais il était lui-même persuadé que, grâce aux géniales découvertes de l’ami vénéré, le socialisme, jusqu’alors utopie, s’était mué en science ; et voilà que, sans s’en douter, il facilitait, par son geste, la naissance de cette idéologie aux multiples avatars. Le plus invraisemblable se produira cent ans exactement après la naissance de Marx : un parti politique s’emparera du pouvoir dans l’immense Russie tsariste en brandissant la « bannière du marxisme ».

Il était naturel que ce parti marxiste ait cherché à combler l’attente et le vœu le plus cher des marxistes de toutes tendances : réaliser une édition intégrale, une Gesamtausgabe des œuvres des « fondateurs ». Dès 1922, David Riazanov, déjà connu pour ses travaux marxologiques publiés avant la guerre sous l’égide de la social-démocratie allemande, était en mesure de tracer les grandes lignes de cette entreprise : rendre enfin « universellement accessible à la science tout ce qu’il y a d’inédit et tout ce qui a été publié, mais de manière désordonnée et en partie inexacte et fragmentaire [1] » des écrits des deux maîtres.

Fondé sur son impulsion, l’Institut Marx-Engels de Moscou, dont il devint le directeur, obtint du gouvernement soviétique tous les appuis matériels pour mener à bien la tâche. Grâce au concours désintéressé des principaux théoriciens de la social-démocratie allemande, et avec l’accord de ses dirigeants, il réussit, en quelques années, à photographier la quasi-totalité de l’héritage littéraire, du Nachlass de Marx-Engels ; aussi bien les inédits légués par les héritiers de Marx et conservés dans les archives du Parti, à Berlin - y compris les papiers en possession du « révisionniste » Eduard Bernstein - que des collections privées acquises par des bibliothèques européennes et américaines. En dépit de la confiance qu’il témoignait à Riazanov et à ses collaborateurs, le parti social-démocrate allemand se trouvait en butte aux critiques et aux attaques diffamatoires des « camarades » bolcheviks ; ses dirigeants décidèrent donc de « prévenir le pillage intellectuel total des archives [2] », mettant ainsi fin, en 1930, à la collaboration entre l’Institut de Moscou et la Gesellschaft für Sozialforschung, peu après la fondation, à Berlin, de la maison d’édition d’utilité publique, le Marx-Engels-Verlag, et, à Frankfurt, de la Marx-Engels Archiv Verlagsgesellschaft. Cette rupture semble avoir scellé le sort de Riazanov : sa disgrâce et sa destitution, en 1931, ont précédé l’arrêt, en 1935, sur décision de Staline, de la Marx-Engels Gesamtausgabe (M.E.G.A.). Des quelques quarante volumes prévus, douze seulement seront publiés, auxquels s’ajouteront, de manière inattendue et quasi subreptice, en 1939-1940, deux volumes d’inédits économiques, les Grundrisse der Kritik der politischen Œkonomie.

Le sort réservé aux archives du parti social-démocrate allemand, propriétaire du Fonds Marx-Engels, pourrait servir de trame à un roman aux multiples rebondissements [3]. Soustraites in extremis aux griffes des nazis et rachetées in 1938 par l’Institut international d’Histoire sociale d’Amsterdam, ces archives furent dispersées pendant la guerre dans diverses cachettes, miraculeusement préservées de la destruction, puis rassemblées derechef peu de temps après la fin du conflit. Un des épisodes les plus significatifs de cette odyssée fut la proposition faite par Staline de les abriter, puis de les racheter à prix d’or. Les marchandages se poursuivirent pendant une année, sans résultat, pendant que se déroulaient à Moscou les « procès de sorcellerie » qui aboutirent à l’extermination de presque tous les compagnons de Lénine.

II

Le centième anniversaire de la mort de Marx offre l’occasion de dresser le bilan d’un siècle de « marxisme », de cent ans de querelles entre adeptes et exégètes sur le « vrai sens » de son œuvre. Mais pour y parvenir, encore faudrait-il que cette œuvre fût connue dans son intégralité, et toutes les pièces du Streit um Marx, de la querelle à propos de Marx, révélées.

Or, deux ans avant la date de cette célébration, il n’existe toujours pas une édition complète établie dans les langues employées par l’auteur et respectant les règles généralement observées dans les éditions dites critiques et historiques ; plus grave encore, la presque totalité des éditions « populaires » ou « d’étude » disponibles en librairie, dans l’original ou dans des traductions diverses, portent l’estampille soviétique. Tel est le cas de l’édition la plus complète réalisée à ce jour, celle qui sert nécessairement de base de référence aux chercheurs, l’édition des œuvres de Marx et d’Engels (M.E.W.) réalisée par les Instituts du marxisme-léninisme de Moscou et de Berlin-Est et dont quarante-et-un volumes ont été publiés entre 1956 et 1968. Cette entreprise a été conçue conformément au principe adopté par les représentants de l’idéologie marxiste-léniniste : présenter Marx et Engels comme des penseurs indissociables ayant travaillé, leur vie durant, pour atteindre ce seul objectif : fonder le « marxisme », synonyme de « socialisme scientifique », et l’ériger en système de pensée. Les éditeurs reconnaissent ouvertement que cette « édition allemande », suit, « à quelques modifications près, la nouvelle édition en langue russe conçue par l’Institut du marxisme-léninisme auprès du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique. Les principes exposés dans l’avant-propos de l’édition soviétique concernant la composition, l’ordonnance et les dimensions sont également valables pour l’édition allemande [4] ». Voici comment les auteurs de cette préface caractérisent l’apport scientifique de Marx et d’Engels :

« Le matérialisme dialectique et historique fut la conquête la plus importante de la pensée humaine, une véritable révolution dans la science, dans la philosophie et dans la connaissance universelle [5]. »

On chercherait en vain, dans les milliers de pages qui composent l’œuvre de Marx, une seule ligne de nature à justifier pareille assertion. Mieux que de longues démonstrations ou que des références aux textes, ce dithyrambe est révélateur de la plus crasse superstition, confirmant la justesse des principes qui ont guidé Marx dans sa critique des idéologies, son principal apport à une connaissance rationnelle de l’histoire et de l’évolution des sociétés.

Mise en chantier en Union soviétique et en Allemagne de l’Est, la nouvelle Marx-Engels Gesamtausgabe se place, elle aussi, sous le signe de l’emploi quasi liturgique de telles formules ; son but, publier plus de cent volumes, marque l’ambition des éditeurs de laisser loin derrière eux le modèle de la première M.E.G.A., et de procurer ainsi au monde, tant « capitaliste » que « communiste », l’édition définitive si longtemps attendue.

III

Dans sa préface à la première M.E.G.A., Riazanov n’avait pas dissimulé que son projet d’édition demeurait dans la tradition des tentatives antérieures à porter au crédit de la sociale-démocratie allemande ; toutefois, il le rattachait d’emblée aux perspectives nouvelles ouvertes par l’accession au pouvoir d’un parti politique qui avait toutes les raisons de faciliter une telle entreprise : ne lui promettait-elle pas un triomphe « idéologique » total et définitif sur les renégats d’un marxisme révisionniste qui s’interrogeaient sur le caractère socialiste de la révolution de 1917 et condamnaient sévèrement le coup d’État bolchevique d’Octobre ?

Marxologue de réputation mondiale et marxiste de conviction, Riazanov n’hésita pas à placer la M.E.G.A. « sous la bannière du marxisme », sans craindre pourtant de passer sous silence le nom de Lénine et l’épithète « bolchevique » que le parti communiste s’était officiellement adjointe [P.C. (b)]. Cette discrétion à l’égard du « bolchevisme victorieux » ne fut sans doute pas involontaire ; elle apparaît comme un acte de justice répondant à cet « oubli » de taille que Riazanov avait été obligé de commettre en dressant l’inventaire des éditions de Marx ; en établissant la liste des théoriciens réputés de la social-démocratie allemande qui s’étaient évertué à faire connaître l’œuvre de leur maître, il préféra passer sous silence le nom de Karl Kautsky - dont Lénine s’était autrefois reconnu le fidèle disciple -, un des gardiens de l’héritage de Marx et d’Engels, chargé de publier le manuscrit des Théories de la plus-value (1905-1910). Ainsi, la balance est-elle tenue égale entre Kautsky et Lénine, dont l’avis a dû pourtant peser d’un poids décisif dans la décision du parti bolchevik d’accorder à Riazanov « tous les moyens nécessaires » pour mener à bien son projet. La préface de Riazanov, datée de « Moscou, en avril 1927 », se termine par une phrase qui sonne comme un avertissement :

« En estimant qu’il était de son devoir d’accorder tous les appuis et encouragements à l’entreprise, le Parti communiste de l’Union soviétique a conscience de ce qu’il doit à l’esprit de Karl Marx et de Friedrich Engels [6]. »

Le successeur de Lénine a jugé bon de se débarrasser de la personne de Riazanov, dont l’Académie socialiste venait pourtant de célébrer le soixantième anniversaire dans un volumineux ouvrage. Quant aux responsables de la nouvelle M.E.G.A., leur mutisme à l’égard de l’illustre chercheur, disparu on ne sait où ni comment, semble fait pour effacer toute trace de son travail de pionnier. Il est vrai que le bilan des travaux d’érudition marxologiques publiés avant l’ère du « Grand Octobre » n’occupe qu’une quarantaine de lignes, parmi lesquels les deux volumes de Gesammelte Schriften de Marx et d’Engels, publiés par Riazanov avant son retour en Russie, sont à peine mentionnés ; trois lignes suffisent pour Engels, lequel pourtant, après la mort de son ami, consacra tous ses efforts à tirer de l’oubli les écrits de celui-ci et à déchiffrer, puis à publier les matériaux inédits destinés aux Livres II et III du Capital ; Eleanor Marx-Aveling reçoit quatre lignes, Mehring cinq, Kautsky deux ; Sarge, éditeur d’un volume de correspondance du temps de l’Internationale, est expédié en trois mots ; plus heureux, Bernstein, éditeur avec Mehring des quatre volumes de correspondance entre les « fondateurs », a droit à cinq lignes et demie assorties d’une sévère réprimande comme « idéologue du révisionnisme ». Quant à Gustav Mayer, éditeur de la correspondance de Marx et d’Engels avec Ferdinand Lassalle (1922), il n’a pas de place dans cet étonnant « palmarès » ; non plus que Kurt Mandelbaum, lequel pourtant réunit en un volume les lettres des « classiques » adressées au traducteur russe du Capital, F. N. Danielson.

En contrepartie de cette surprenante discrétion, nos auteurs ne se lassent pas de chanter, en termes outranciers, les louanges des « fondateurs » dont l’association intellectuelle aurait engendré un système de pensée offrant toutes les garanties de la révélation :

« La philosophie dialectique-matérialiste élaborée conjointement, en une association créatrice, par Marx et Engels, l’économie politique et le communisme scientifique constituent, dans leur ensemble, un système intrinsèquement achevé de doctrines philosophiques, économiques et sociologiques : ils représentent la seule Weltanschauung scientifique [7]. »

L’affirmation a valeur de preuve, rien dans l’œuvre de Marx ou d’Engels ne pouvant justifier pareille sacralisation.

IV

Cet aperçu sommaire du destin posthume de l’œuvre de Marx illustre l’inconcevable état de confusion dans lequel plus de cent ans de marxisme et d’antimarxisme ont plongé une théorie sociale qui se donnait avant tout pour critique et didactique, donc pour négatrice de tout système de pensée.

Sous prétexte d’un souci de « scientificité » absolue, les préparateurs de la nouvelle M.E.G.A. nous livrent le moindre brouillon, le moindre papier, la moindre note, la moindre rature des « fondateurs » ; ils se targuent de procurer enfin cette édition « académique » qu’aucun pays à régime « bourgeois » n’a encore réussi à réaliser. Or, c’est précisément cette perfection des techniques d’édition jointe au respect des normes philologiques imitées des éditions « bourgeoises » qui révèle la nature et la finalité idéologiques de cette entreprise d’embaumement académique.

En vérité, Marx mérite mieux qu’être édité par des marxistes à l’intention d’autres marxistes ne jurant que par un marxisme dont le seul énoncé dut sembler à l’homme de science et au militant communiste la pire des aberrations intellectuelles. Conscient de la portée révolutionnaire de son œuvre, il souhaitait avant tout être lu et compris par « l’humanité souffrante qui pense et l’humanité pensante qu’on opprime » (1843).

« Tu te trompes... si tu crois que j’attendais des éloges de la presse allemande : je m’en soucie comme d’une guigne ; tout ce que j’attendais, c’était d’être attaqué et critiqué, mais non d’être totalement ignoré [8]. »

Cet aveu à l’adresse de Ferdinand Lassalle, au lendemain de la parution du Premier Cahier de Zur Kritik der politischen Œkonomie (1859), ne semble plus témoigner que d’un passé révolu ; à cela près qu’à la conspiration du silence d’hier a succédé de nos jours une forme d’attentat tout aussi efficace pour étouffer la voix de Marx : la béatification posthume, plus fatale à sa pensée que le mutisme embarrassé de ses contemporains, chroniqueurs ou critiques, devant une œuvre qui les interpellait. Une postérité frappée d’amnésie aurait été moins fatale à Marx que cette postérité-là.

Témoin de cette confiscation stalinienne de l’œuvre de Marx, le vieux Karl Kautsky eut comme l’intuition du caractère mythologique de cette usurpation :

« Un nouveau Richard Wagner, écrivait-il en 1935, pourrait, me semble-t-il, créer, en s’inspirant des destinées de l’héritage littéraire de Marx-Engels, une série de drames, tout comme Richard Wagner en a créé une autour des légendes des Nibelungen [9]. »

* * *

L’odyssée de héritage trouvera-t-elle un jour son dénouement ? Peut-on briser le monopole exercé par le pouvoir d’un parti, devenu État, sur l’édition et la diffusion d’une pensée érigée en religion d’État ? Marx s’adressait à une catégorie bien précise de lecteurs : c’est à eux de donner la réponse.

« You’ll certainly fancy, my dear child, that l am very fond of books, because I trouble you with them at so unseasonable a time. But you would be quite mistaken. l am a machine condemned to devour them and then, throw them, in a changed form, on the dunghill of history [10]. »

Cet aveu nous semble suffire pour établir la règle directrice d’une entreprise d’édition respectueuse de l’esprit dans lequel l’auteur a conçu son œuvre. Héritier des Lumières comme des utopistes de partout et de toujours, Marx a présenté sa théorie du devenir-social de l’humanité et du devenir-humain de la société (voir ses « Thèses à propos de Feuerbach », 1845) sous l’aspect d’une critique radicale des institutions et des idéologies liées à la civilisation capitaliste considérée comme une phase historiquement déterminée de l’évolution générique de l’humanité.

Il nous a donc paru urgent de proposer une forme de restitution authentique à rebours de l’exploitation idéologique et politique pratiquée par les éditions « marxistes-léninistes » dans ce seul dessein : étouffer le message de libération clairement formulé à l’intention de la classe que Marx, après Saint-Simon, appelait « la plus nombreuse et la plus pauvre ». En tant qu’idéologie de légitimation diffusée, manipulée et imposée par des pouvoirs d’État, le « marxisme-léninisme » tombe sous la critique matérialiste : il n’est, en effet, qu’une manifestation de cette idéologie politique que Marx se proposait de dénoncer dans un travail particulier avant même d’entreprendre la critique de l’idéologie du mode de production capitaliste. Les conditions difficiles de son existence l’ont empêché de mener à bien sa tâche ; il n’en a pas moins réussi à proposer les prémisses scientifiques de cette « théorie critique » qui serait tout à la fois connaissance de soi et connaissance de la société.

En dépit de ses limites, et pour incomplète et fragmentaire qu’elle soit, son œuvre en dit cependant assez pour que nous reconnaissions dans les tourmentes du XXe siècle cette « barbarie lépreuse » qui s’étend comme la « lèpre de la civilisation [11] ».

Marx a laissé à d’autres la tâche de poursuivre après lui son œuvre théorique et de la faire progresser conformément au plan que lui dictait la méthode qu’il qualifiait de dialectique, de matérialiste et de critique. D’autres « théoriciens de la classe prolétaire » tireraient bénéfice des importants matériaux d’étude qu’il avait accumulé au fil des ans ; ils pourraient, espérait-il, appliquer aux domaines qu’il n’avait pu traiter cette méthode dont il avait fait le « fil directeur » de ses propres recherches, sans l’ériger, à l’exemple de Hegel, en un absolu, instrument de révélation totale.

Ce fil méthodique relie les trois parties, nettement discernables, d’une critique fondamentale de la mystification idéologique ; c’est cette critique qui constitue la théorie sociale proprement dite, dont Marx s’attribuait sinon la paternité exclusive, du moins une part de découverte originale, fruit d’un long et difficile apprentissage :

I. Critique de l’idéologie ;

II. Critique de la politique ;

III. Critique de l’économie politique.

Sans être parfaitement constitués, ces trois domaines de recherche et de réflexion apparaissent implicitement et explicitement comme les trois principaux objectifs de son travail scientifique. Le premier est indiscutablement discernable en tant que produit des années d’étude et de recherche ; les deux autres s’entremêlent dans des écrits épars ou des œuvres de circonstance ; une vie en marge de la société officielle a contraint Marx à gaspiller un temps précieux à des activités journalistiques, au lieu d’élaborer l’œuvre projetée conformément aux normes méthodologiques et éthiques qu’il avait d’emblée adoptée et appliquée plus tard dans le premier Livre du Capital [12]. Des six « rubriques » logiquement et dialectiquement articulées dans la Contribution à la critique de l’économie politique, il n’a pu achever que la première. En soulignant cet aspect fragmentaire de l’entreprise de Marx, et en montrant l’originalité de cette Édition du Jubilé, nous pensons contribuer à détruire la légende d’un « système marxien de pensée », d’une « philosophie marxienne » ou d’un « marxisme scientifique ». Forgée principalement tant par des « marxistes » que par des « antimarxistes », cette légende a été dénoncée dès l’origine par Marx lui-même, lorsqu’il aperçut les premiers symptômes de cette nouvelle superstition dont son nom allait devenir l’enjeu. Sa réaction devant ce culte onomastique qui lui répugnait, apparaît comme un avertissement prémonitoire :

« Tout ce que je sais, c’est que moi je ne suis pas marxiste [13]. »

V

Ces quelques remarques sur la carrière littéraire et militante de Marx nous conduisent à poser les principes d’une édition appelée à rendre justice à l’esprit critique et à la finalité émancipatrice de l’œuvre. Il convient d’éviter avant tout cet académisme à l’honneur dans les éditions « marxistes », où les appareils critiques, moins explicatifs qu’apologétiques, respectent systématiquement la « ligne du parti », au mépris du contenu même du texte et du devoir de laisser le lecteur juger en toute indépendance.

L’édition des œuvres complètes de Hegel, édition récemment lancée, sera incontestablement un sommet dans l’utilisation des techniques philologiques et dans la présentation des matériaux académiques [14] ; une telle entreprise se justifie amplement par l’existence même du public de spécialistes qu’elle intéresse. Rien de tel pour Marx, dont l’œuvre s’adresse à une toute autre catégorie de lecteurs et de chercheurs, et qui réclame, de ce fait, des méthodes d’édition et de diffusion toutes différentes de celles utilisées pour l’œuvre de Hegel.

Disciple refusant de prendre rang de maître, Marx a rejeté toute idée de fonder une école ou de créer un système, non sans se prévaloir toutefois d’une certaine originalité théorique dans l’élaboration d’une « conception importante des conditions sociales [15] ». Inlassable lecteur, toujours prêt à entendre la leçon de ses prédécesseurs, il n’a cessé de glaner des idées puisées dans presque toutes les disciplines pour les restituer dans une œuvre qui défie toute spécialisation.

Ainsi, l’originalité de Marx consiste a avoir réussi à intégrer dans sa théorie critique la substance intellectuelle qu’il a su tirer des classiques anciens et modernes ; son œuvre de « théoricien de la classe prolétaire » et de militant d’un « parti communiste au sens éminemment historique de ce terme [16] » est inconcevable sans cet apport dont témoigne le nombre impressionnant de cahiers qui forment comme une sorte d’anthologie de pensées choisies qu’il n’a cessé d’enrichir tout au long de son existence.

C’est pourquoi toute édition des œuvres de Marx qui prétend être conforme au vœu de l’auteur doit faire entendre un appel toujours recommencé et toujours actuel, un réquisitoire éthiquement justifié ; et surtout, elle doit faire apparaître pourquoi cette œuvre, dès lors qu’elle ne s’affirme qu’en symbiose avec ses sources ouvertement ou tacitement reconnues, répugne à se présenter comme un tout achevé, l’achèvement n’étant pas concevable dans ce processus continu de théorie et de praxis, orienté vers une fin clairement énoncée : la génération de la société humaine ou de l’humanité sociale, accomplissement de la critique des utopistes, des réformateurs et des révolutionnaires.

Fondée sur le principe de la triple critique définie plus haut, l’édition du centenaire offrira dans chaque volume un ensemble de textes où les écrits publiés seront accompagnés de matériaux inédits et de sources littéraires susceptibles d’éclairer la pensée de l’auteur. Sans être confondue avec l’œuvre de Marx, celle de Friedrich Engels occupera la place qui lui revient de droit. À ces matériaux documentaires, qui inciteront le lecteur à travailler et à étudier avec l’auteur, à refaire avec lui une partie du chemin parcouru, s’ajouteront, en guise d’appareil critique, des index amplement fournis. À l’intérieur de ces trois sections, la continuité chronologique sera, par principe, respectée. L’impératif de mettre en lumière l’esprit émancipateur de cette œuvre étant, selon nous, plus important que tout autre considération formelle ou académique, tel texte pourra figurer dans deux volumes différents, si la nature du sujet l’impose. Hors du cadre des trois sections ci-dessus, un volume sera réservé à des miscellanées ; l’autre à une anthologie d’écrits qui précisent les caractères et la finalité de la société future et révèlent la nature de l’utopie marxienne.

Conformément à ces principes d’édition, la structure de chaque volume se présente comme suit :

A. Œuvres et/ou écrits.

B. Matériaux annexes : inédits, correspondances et écrits divers.

C. Sources et documents d’époque.

D. Appendices.

L’édition du Jubilé comprendra vingt-trois volumes (ou trente-cinq tomes) de 600 à 800 pages chacun. Deux séries sont prévues, l’une et l’autre contenant les textes dans les langues originales de Marx ; elles ne se distingueront que par les appendices rédigés dans l’une des séries en allemand, dans l’autre en anglais.

S’il est souhaitable d’achever la publication en 1983, centenaire de la mort de Marx, cette date ne saurait être un impératif absolu ; elle peut tout au plus servir d’occasion, voire de prétexte, nullement de raison supérieure. L’important, c’est de contribuer à la démolition de l’échafaudage de contresens élevé pendant ces cent ans d’exorcisme et d’incantations.


BANDPLAN DER MARX-JUBlLAEUMSEDITION

Erste Abteilung :
KRITIK DER IDEOLOGIE

BAND 1. - Epikur und sein Erbe.

Ankündigung der MJE - Aus den nachgelassenen Jugendschriften : Differenz der demokritischen und epikureischen Naturphilosophie nebst einem Anhange - Epikureische Philosophie - Anhang : Abiturarbeiten - Literarische Versuche - Briefe - Exzerpte - Dokumente Aus Jugendschriften von Friedrich Engels. Bibliographie - Namen- und Sachregister.

BAND II. - Freiheit der Presse und Demokratie.

Philosophie und Publizistik 1842-1843 : Aus der « Rheinischen Zeitung », den « Anekdota » u.a. - Anhang : Briefe - Exzerpte Dokumente - Aus Schriften von Engels. Bibliographie und Register.

BAND III. - Negation und Verwirklichung der Philosophie.

Kritische Philosophie und Selbstverstandigung der Zeit : Aus den « Deutsch-Franzosischen Jahrbüchern », « Vorwarts ! » - Anti-Hegel oder Kritik der Hegelschen Staatsphilosophie (aus dem Nachlass). Anhang : Briefe - Exzerpte - Aus Schriften von Engels. Bibliographie und Register.

BAND IV. - Humanismus und Materialismus.

Die heilige Familie (1845) - Aus den « Gesellschaftsspiegel » (1846) - Aus dem Nachlass : Die deutsche Ideologie - Thesen über Feuerbach. Anhang : Briefe - Quellenmaterial - Aus Schriften von Engels. Bibliographie und Register.

BAND V. - Erste Kritik der politischen Oekonomie.

Zur Kritik der Nationalökonomie und der Philosophie (Pariser Manuskripte 1844) - Herrn Lists « Nationales System der politischen Oekonomie » (Brüsseler Manuskript 1845) - Arbeitslohn (Manuskript 1847) - Discours sur la question du libre échange (1848) - Lohnarbeit und Kapital (1849). Anhang : Briefe - Exzerpte Aus Schriften von Engels. Bibliographie und Register.

BAND VI. - Theorie und Praxis des Kommunismus.

Misère de la philosophie (1847) - Publizistischen Arbeiten. Anhang : Briefe - Quellenmaterial - Aus Schriften von Engels. Bibliographie und Register.

Zweite Abteilung :
KRITIK DER POLITIK

BAND VII. - Kommunistenbund und Kommunistische Partei.

Manifest der Kommunistischen Partei (1848) - Neuausgaben (1866, 1872, 1893) - Uebersetzungen - Dokumente - Briefe. Enthüllungen über den Kommunistenprozess zu KOln (1853) - F. Engels, Grundsätze des Kommunismus (1847) und andere Schriften - Der Ritter vom edelmütigen Bewusstsein (1854). Bibliographie - Register.

BAND VIII. - Die Bürgerliche Revolution in Deutschland, in 2 Büchern.

Publizistische Arbeiten. Aus : « Neue Rheinische Zeitung » (18481849) - « Neue Rheinische Zeitung. Politische-okonomie Revue » (1850) - « Das Volk » (London 1859) - Artikel aus der « New York Daily Tribune » und anderen Periodika (1851-1862) - Krieg, Kommune und Internationale (1870-1873) - Programm der deutschen Arbeiterpartei (1875) - Dokumente - Briefe - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND IX. - Revolution, Bonapartismus und Kommune in Frankreich, in 2 Büchern.

Die Klassenkämpfe in Frankreich (1848 bis 1850) - Der achtzehnte Brumaire des Louis Bonaparte (1852) - Zur Geschichte und Soziologie des Bonapartismus : Artikel aus « New York Daily Tribune » - Herr Vogt (1860) - Der deutsch-französische Krieg (1870-1871) - Die Pariser Kommune (1871) - Arbeiterbewegung und Arbeiterpartei in der dritten Republik. Dokumente - Briefe - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND X. - Politik und Oekonomie in Grossbritannien, in 2 Büchern.

Publizistische Arbeiten : Britischer Parlementarismus - Klassen und Parteien - Orientfrage und Krimkrig - Britischer Kolonialismus - Britische Staatsmanner - lrische Befreiungsbewegung - Reform League und Internationale Arbeiter-Assoziation. Briefe - Dokumente - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND XI. - Demokratie und Sklaverei in Amerika.

Nordamerika oder « das vollendeste Beispiel des modernen Staats » - Gold, Welthandel und Sklaverei - Der Bürgerkrieg in den Vereinigten Staaten - Die Internationale Arbeiter-Assoziation und die U.S.A. Quellenmaterial - Briefe - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND XII. - Russland wider Europa, in 2 Büchern.

Publizistische Arbeiten (1848-1850) - Die Orientkrise (1852-1853) - Krimkrieg (1854-1856) - Revelations of the Diplomatic History of the Eighteens Century (1856-1857) - Bauernemanzipation (1858-1861) - Zarentum und Bonapartismus (1859-1862) - Russland, Polen und die Internationale (1863-1872) - Russischer Populismus und russische Revolution. Briefe - Exzerpte - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND XIII. - Revolution in Spanien.

Publizistische Arbeiten (1854-1856) - Bolivar y Ponte (1858). Briefe Exzerpte - Quellenmaterial - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND XIV. - Die Internationale Arbeiter-Assoziation. The International Working Men’s Association, in 4 Büchern.

Gründungsdokumente (1864-1871) - Adressen, Resolutionen, Aufrufe, Instruktionen - Jahresberichte des General Council der I.W.M.A. - Reden - Artikel - Die I.W.M.A. und die Alliance internationale de la démocratie socialiste - On the Franco-Prussian War (1870) - The Civil War in France (1871) - Les prétendues scissions dans l’Internationale (1872) - L’Alliance de la Démocratie socialiste et l’A.I.T. (1873). Dokumente - Briefe - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

Dritte Abteilung :
KRITIK DER POUTISCHEN OEKONOMIE

BAND XV. - ln 2 Büchern.

Das System der bürgerlichen Oekonomie und seine Kritik (1857) - Grundrisse der Kritik der politischen Oekonomie (1857-1858) - Zur Kritik der politischen Oekonomie. Erstes Heft (1859) - Drittes Kapitel (Aus dem Nachlass 1861-1862). Briefe - Exzerpte - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND XVI. - ln 3 Büchern.

Theorien über den Mehrwert (Aus dem Nachlass 1862-1863) Exzerpte - Briefe - Dokumente - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND XVII. - ln 2 Büchern.

Das Kapital - Zur Kritik der politischen Oekonomie - Erster Band - Buch I : Der Produktionsprozess des Kapitals (1867) - Zweite, verbesserte Auflage (1872). Briefe - Dokumente - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND XVIII. - Le Capital - Critique de l’économie politique - Livre I : Le développement de la production capitaliste. Traduction de M.J. Roy, entièrement révisée par l’auteur (1872-1875). Briefe - Dokumente. Bibliographie - Register.

BAND XIX. - ln 2 Büchern.

Materialen zu Buch II des « Kapitals » (Aus den Manuskripten 1865-1878) : Der Zirkulationsprozess des Kapitals - Materialen zu Buch III des « Kapitals » (Aus den Manuskripten 1864-1865) : Gestaltungen des Gesamtprozesses. Briefe - Dokumente - Aus Schriften von Engels. Bibliographie - Register.

BAND XX. - Miscellanea.

Nachtrage zu den Banden I bis XXXI - Urkunden - Berichte - Korrespondenzen - Marx im Urteil seiner Zeit - Ex-libris Marx - Register.

BAND XXI. - Die Menschliche Gesellschaft.

Umrisse einer rationellen Utopie : Eine Anthologie, zusammengestellt aus Schriften von Marx - Die Utopie vor Marx - Aus Engels Schriften zur Utopie. Bibliographie - Register.

BAND XXII. - Marx-Chronik und Bibliographie.

BAND XXIII. - Marx-Lexikon.

(23 Bände in 35 Büchern.)

[1] D. RIAZANOV, Préface à la MEGA, I, 1/1, 1927, p. XXI. Voir également : F. SCHILLER, « Das Marx-Engels Institut in Moskau », in Archiv für die Geschichte des Sozialismus und der Arbeiterbewegung, XV, 1927, § 416-435 ; E. CZOBEL, « Riazanov als Marxforscher », in Unter dem Banner des Marxismus (Zum 60. Geburtstag), IV, 3, 1930, § 401-417.

[2] Lettre de Wilhelm Dittmann à Maximilien Rubel, Paris, 26 mars 1952, Archives du S.P.D., Bonn, R.F.A.

[3] P. MAYER, « Die Geschichte des sozialdemokratischen Parteiarchivs und das Schicksal des Marx-Engels-Nachlasses », in Archiv für Sozialgeschichte, VI/VII Bnd, 1966/1967, p. 5-198.

[4] Préface au volume I des M.E.W., Berlin, 1956, p. IX.

[5] Op. cit., p. XII.

[6] D. RIAZANOV, op. cit., p. XXVIII.

[7] MEGA 2, I/1, 1975, p. 20.

[8] Marx à F. Lassalle, 6 novembre 1859. Voir aussi Marx à Kugelmann, 28 décembre 1862.

[9] Cité par P. MAYER, ibid., p. 154, d’après K. KAUTSKY, Aus der Frühzeit... , 1935 (2e édition, 1955).

[10] Marx à sa fille Laura Lafargue, 11 avril 1868.

[11] MARX, Arbeitslohn, 1847, M.E.W., VI, 1959, p. 553.

[12] Pour plus de détails sur le problème du plan et de la méthode de l’œuvre scientifique de Marx, voir M. RUBEL, Marx critique du marxisme, Paris, 1974.

[13] Lettre d’Engels, 7 septembre 1890, publiée dans Der Sozialdemokrat, Zürich/London, 13 septembre 1890. Voir également M. RUBEL, op. cit., p. 21.

[14] Deutsche Forschungsgemeinschaft, Mitteilungen 1/73, p. 41. Pour d’autres détails, voir F. NICOLIN, « Die neue Hegel-Gesamtausgabe. Voraussetzungen und Ziel », in Hegel-Studien, vol. I, 1961, p. 295-313.

[15] Marx à Lassalle, 12 novembre 1858.

[16] Marx à Freiligrath, 29 février 1860.

Autres articles de cette rubrique
  1. MARX 00 : Études de Marxologie : Sommaire / index des numéros
  2. MARX 01a : Liminaire
  3. MARX 02a : Avant-propos
  4. MARX 02b : Karl Marx et la spéculation bancaire
  5. MARX 02f : Marx on Bakunin : A neglected text
  6. MARX 02g : Marginal notes on Bakunin’s « Statism and anarchy »
  7. MARX 02h : Deutsche Marx-Text Fragmente
  8. MARX 03a : Avant-propos
  9. MARX 03b : Les débuts du marxisme théorique en France et en Italie (1880-1897)
  10. MARX 03c : Karl Marx et le Conseil fédéral anglais : Une circulaire inconnue
  11. MARX 03d : Reply to the Second Circular of the Self-Styled Majority of the British Federal Council
  12. MARX 03e : Marx et la guerre italienne
  13. MARX 04a : Avant-propos
  14. MARX 04c : Les Partis socialistes français (1880-1895)
  15. MARX 08a : Avant-Propos
  16. MARX 09a : Avant-Propos
  17. MARX 09c : Fondements éthiques de la pensée sociale de Karl Marx
  18. MARX 10a : Avant-propos
  19. MARX 11a : Avant-Propos
  20. MARX 11g : L’histoire d’un livre
  21. MARX 11h : Une lettre inédite de Karl Marx
  22. MARX 13a : Avant-propos
  23. MARX 13d : La Pologne, la Russie et l’Europe
  24. MARX 14a : Le communisme — De l’utopie à la mythologie
  25. MARX 15a : La légende de Marx ou Engels fondateur
  26. MARX 15f : De l’être-humain mâle et femelle — Lettre à P. J. Proudhon
  27. MARX 15j : Notes bibliographiques
  28. MARX 17a : Avant-propos
  29. MARX 17b : Aux origines du concept de « marxisme »
  30. MARX 18a : Avant-propos
  31. MARX 18b : L’autopraxis historique du prolétariat
  32. MARX 18c : La constitution du « Marxisme »
  33. MARX 18g : La lutte pour les soviets libres en Ukraine 1918 - 1921
  34. MARX 18h : Un communard oublié : Jules Andrieu pédagogue
  35. MARX 18i : Ombres marxistes - I. Du marxisme considéré comme littérature
  36. MARX 18j : Ombres marxistes - II. D’une idéologie à l’autre
  37. MARX 18k : Ombres marxistes - III. À propos d’un avatar du marxisme
  38. MARX 18l : Ombres marxistes - IV. Social-démocratie et tentation totalitaire
  39. MARX 18m : Ombres marxistes - V. Autogestion : idéal et pratique
  40. MARX 18o : Féminisme et Androcratie
  41. MARX 19a : Avant-propos
  42. MARX 19c : L’édification d’une doctrine marxiste
  43. MARX 19d : Engels fondateur ?
  44. MARX 19g : La responsabilité historique
  45. MARX 19h : Les nouveaux convertis
  46. MARX 19i : Les maîtres lecteurs
  47. MARX 19k : Le parti de la mystification et la dictature du prolétariat
  48. MARX 19n : L’actualité utopique du communisme des conseils
  49. MARX 21a : Avant-propos
  50. MARX 21f : Marx Édition du Jubilé 1883 -1983
  51. MARX 23a : Avant-propos ( Quel Bilan ? )
  52. MARX 23j : Du capitalisme libéral au capitalisme libéré
  53. MARX 25a : Avant-propos
  54. MARX 25h : L’espace médiatique : un nouveau lieu pour l’imaginaire social ?
  55. MARX 27a : Avant-propos