AccueilPublicationsL’Ouvrier Communiste (1929-1931)
Dernière mise à jour :
mercredi 3 mai 2017
   
Brèves
« Lutte de Classe » (GLAT) - Série complète !
samedi 27 octobre
La couverture chronologique de la revue du GLAT, Lutte de Classe, a été considérablement étendue (premier numéro de mars 1964) et comprend maintenant un renvoi sur une version numérisée des 128 numéros !
Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
Premiers scans des Cahiers du Communisme de Conseil
dimanche 5 août
Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
Derniers numéros de la revue Communisme
dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
Mise à jour sommaires GLAT
samedi 11 février
Le sommaire général de la revue du GLAT, Lutte de Classe vient d’être encore étendu. Merci de signaler manques ou corrections.
Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
OUVRIER 06e : Extrait d’une lettre de Miasnikov sur la déclaration Rakovski et les 3 critères trotskistes
Janvier 1930
2 janvier 2011 par eric

Le sujet principal du Bulletin de l’opposition n° 6 est toujours cette Déclaration de l’Opposition à laquelle Trotski a donné son adhésion.

En quoi consiste le fond et le sens politique de cette Déclaration ? Pour bien comprendre cette question, il faut se reporter au numéro 1 du Bulletin, dans lequel Trotski dit : « Je compte trois questions classiques qui donnent le critérium décisif pour l’estimation des tendances du communisme mondial : 1° politique du Comité anglo-russe ; 2° Cours de la révolution chinoise ; 3° Politique économique de l’URSS et ses rapports avec l’histoire de la construction du socialisme dans un pays isolé. Ce sont les critères scientifiques avec lesquels un prolétaire qui s’est un peu mêlé des questions sociales peut tout de suite déterminer les courants divers du communisme mondial. »

Ainsi donc, chaque fois qu’on aura à déterminer les tendances on devra troubler le repos des cadavres, agiter les vieilles questions : 1° Comité anglo-russe ; 2° Cours de la révolution chinoise, et, enfin, s’adresser au plan quinquennal de Staline dans lequel réside la politique économique de l’opposition. Ainsi nous avons, avec les trois critères, un instrument de précision scientifique et décisif ! Si difficiles que soient les questions qui pourront se poser, nous pourrons déterminer où se dirigent tel courant, tel groupe, telle fraction. Il suffira de prendre les renseignements sur leur passé, selon le critère ; voilà l’affaire faite, l’incident est clos... Si un groupe n’a pas commis de péché d’hérésie, dans les trois questions, il est indubitablement un groupe marxiste.

Staline et Cie ont pris ces critères à la fameuse opposition et ont même distancé Trotski. Si, oubliant le passé, on s’approchait de Staline, et qu’on jette sur lui la lumière des « trois questions », on verrait qu’il n’y a au monde de meilleur marxiste.

... Oublier le passé ? - Les trotskistes ne veulent pas l’oublier. Quelle gent rancunière que ces trotskistes ! Comme ils ne veulent en aucune façon oublier le passé, les trotskistes ont décidé... Ont-ils décidé de déclarer une lutte impitoyable ? - Non pas ! Mais d’adresser, au contraire, avec un grand soupir de repentir, leur déclaration de soumission.

Il s’agit d’une simple déclaration de soumission, sans ombre d’intention de plate-forme ou de programme. Ils n’ont pas de divergences de vue sensibles avec le parti, ils ne veulent pas former de fraction, mais se soumettre entièrement à la discipline du parti. Ils mettent en avant toutes les questions importantes sur lesquelles l’opposition se trouve d’accord avec le parti bolchevik, tout en ne cachant pas les divergences qui subsistent :

« Nous estimons - disent-ils - que les divergences qui restent, et dont la justesse sera vérifiée par l’avenir, ne peuvent pas justifier notre exclusion hors des cadres du parti. Elles peuvent entrer entièrement dans le programme et le cadre du parti. Elles sont là comme réponse aux questions que suscite le développement de la construction du socialisme. De plus, nous considérons comme dangereuse l’existence des fractions communistes, qu’elles soient ou non en dehors des limites admises du parti ; aussi nous déclarons notre refus de poursuivre l’usage des méthodes de la lutte fractionnelle. Enfin nous acceptons de nous soumettre à la discipline du parti et à ses statuts qui garantissent à chaque membre le droit de défendre ses opinions communistes... »

Au total, Trotski fait rentrer sa fraction dans un programme qu’il ne considère pas comme précisément marxiste ; il dénonce les fractions comme dangereuses et reconnaît toutefois au Leninbund de se considérer comme une fraction (numéro 5 du Bulletin de l’opposition) : « Il faut se rendre compte que le Leninbund est une fraction du parti et non pas un parti ; de là découle une politique déterminée par rapport au parti bolchevik. »

L’histoire du mouvement ouvrier russe n’aura pas connu d’opposition plus retentissante, mais elle n’en a pas connu non plus qui soit si dépourvue d’idéal.

La déclaration des trotskistes est une capitulation où les opposants se considèrent encore avec une certaine fierté. Mais la fierté ne tiendra pas longtemps, suivant le proverbe russe : « si tu ne tiens pas sur le cheval en empoignant la crinière, n’espère pas te maintenir en empoignant la queue ». Il suffira que Staline fasse entrer, avec la grâce nécessaire, quelques opposants dans son cabinet, en libère d’autres des prisons, lève l’exil de Trotski et le rapatrie en URSS, pour que leur fierté tombe et que, comme Zinoviev, ils se mettent à ramper. Plus tard, Staline soufflera sur une menue divergence avec les capitulards, l’enflera au volume d’une plate-forme et l’ajustera au paragraphe 58 du code. Il est probable qu’alors ces opposants, ces hauts fonctionnaires qui ont déjà subi tant de tourments dans leurs prisons et leur exil feront alors le « nécessaire » pour ne pas s’exposer de nouveau à quitter leur cher milieu, pour aller pâlir de nostalgie loin de leur activité bureaucratique.

Au cas où Staline devrait attendre un moment avant d’ouvrir les portes de son cabinet et celles des prisons, on verrait bientôt apparaître une déclaration contenant moins de divergences et de « fierté ». Ce que nous disons ici s’applique aux grands personnages. Mais il n’y a pas que de grands personnages dans l’opposition trotskiste, il y a beaucoup d’ouvriers. Ceux-là ne voudront pas suivre les chefs ; après quelques hésitations, ils entreront dans les rangs du Groupe ouvrier. Voilà l’issue fatale de l’opposition des célébrités, au terme de sa voie tortueuse.

À bas l’opposition des célébrités !

Vive l’opposition des prolétaires du Groupe ouvrier !

G. MIASNIKOV.


Source :

— Premières publications en ligne sur les sites de Left Wing et de la Bataille socialiste ; revu et corrigé par Smolny (2010).