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LCS 01b : Le mouvement cyclique de la production moderne
Lucien LAURAT - N°1 Mars 1931 / pp. 5 - 8
28 janvier 2011 par eric

La crise économique mondiale a remis le problème des crises à l’ordre du jour. Et il faut avouer qu’en dépit d’un siècle de recherches et d’études, l’humanité se trouve aujourd’hui, devant ce phénomène, aussi impuissante qu’en face d’un tremblement de terre ou d’une autre catastrophe naturelle. Après avoir subi, de 1825 à 1920, douze crises périodiques de surproduction, elle supporte à présent la treizième, et cela malgré les proclamations de certains Américains, qui s’étaient vantés jusqu’à la veille du krach de Wall Street d’avoir trouvé des remèdes infaillibles.

Il faut remonter jusqu’aux premières décades du siècle passé, aux premières discussions autour du problème des crises, pour se rendre un compte exact du chemin parcouru par la science économique : c’est au travers de multiples essais rudimentaires d’explication, d’innombrables hypothèses contenant chacune une parcelle de vérité cachée sous un amas d’erreurs, que se réunissent péniblement et lentement les données essentielles que Marx [1] fut le premier à coordonner et à grouper en un système solide, serrant de près la réalité. Les disciples de Marx ont travaillé à compléter et à développer son œuvre. Toute une série de questions, cependant reste encore à préciser.

La première controverse scientifique fut suscitée par les crises anglaises de 1815 et de 1818-1819. À cette époque, les données les plus indispensables étaient encore loin d’être réunies : d’une part, la fin des guerres napoléoniennes avait créé une situation anormale (l’industrie anglaise se trouvant devant un continent saigné à blanc), de sorte qu’on pouvait douter à juste titre que ces crises fussent vraiment dues à la structure du système économique ; d’autre part, l’économie politique était encore loin d’avoir résolu les problèmes du capital et du revenu, du capital individuel et du capital social, de la reproduction simple et de la reproduction élargie, et certains économistes (notamment J.-B. Say) ignoraient complètement la différence entre l’économie marchande simple et l’économie capitaliste.

Dans cette première controverse, nous trouvons d’un côté Sismondi et Malthus, et de l’autre J.-B. Say, Mac Culloch et Ricardo. Les trois derniers, fidèles au célèbre aphorisme de Say : « On n’achète des produits qu’avec des produits », se montrent incapables de comprendre le problème et à plus forte raison de le résoudre. En prenant pour base la production marchande simple, où le producteur possède en propre ses moyens de production, ils sont aussi désarmés devant les crises capitalistes que le serait un postillon de leur époque devant un avion du XXe siècle. Puisque, selon eux, à la production accrue d’une catégorie de marchandises correspond la production élargie d’autres catégories de marchandises, la surproduction générale apparaît comme impossible. Leur raisonnement est juste, mais pèche par la base. L’économie qu’ils avaient à analyser n’était plus la production marchande simple, mais la production capitaliste, dont la structure implique précisément l’existence d’une marchandise particulière : la force de travail. Et l’apparition de cette marchandise sur le marché implique la production d’autres marchandises au-delà de la capacité de consommation des vendeurs de la force de travail.

C’est ce que Sismondi sent déjà confusément un quart de siècle avant la publication des premiers travaux de Marx et d’Engels. Voyant la contradiction entre la production capitaliste et la répartition du revenu dont elle est la base, il considère les crises comme fatales, tant en raison de la consommation insuffisante des salariés réduits à la misère qu’en raison de l’impossibilité physiologique où se trouvent les capitalistes de consommer la masse immense de leur plus-value. Aussi recommande-t-il aux capitalistes de recourir à la soupape de sûreté du commerce extérieur et de ralentir leur accumulation, sans s’apercevoir qu’il les obligerait ainsi à consommer encore davantage. Bien que partant d’un autre point de vue que Sismondi, Malthus repousse comme lui la thèse des ricardiens et de Say, d’après laquelle il existerait un équilibre préétabli entre la consommation et la production. Considérant la surproduction générale comme résultant de sa fameuse « loi d’airain » il cherche, pour y parer, des consommateurs supplémentaires dans les classes oisives (propriétaires fonciers, noblesse, clergé et leurs parasites [2].)

On retrouve, sous des formes variées et avec un dosage différent, les éléments de cette première controverse dans les controverses suivantes tout au long du XIXe siècle. Vers le milieu du siècle, Rodbertus considère, lui aussi, l’exiguïté des salaires ou plus précisément leur baisse relative, comme la cause des crises ; son adversaire Kirchmann ne voit pas d’autre issue que de conseiller aux capitalistes le gaspillage de leurs bénéfices plutôt que l’accumulation, génératrice des crises [3].

En 1885, deux ans après la mort de Marx, Engels publia le livre II du Capital, qui contenait déjà une série d’éléments susceptibles de mettre les choses au point : les fameux schémas de la reproduction simple et de la reproduction élargie, restés fragmentaires [4] et quelques indications sommaires sur le mouvement cyclique de la production capitaliste [5]. Par malheur, Marx n’a développé sa théorie des crises que dans le livre III du Capital, publié en 1894, de sorte que la troisième controverse, qui se poursuivit en Russie au cours des deux dernières décades du XIXe siècle, entre narodniki et « marxistes légaux », ne s’inspirait essentiellement que des schémas inachevés du livre II.

Dans cette controverse, les narodniki reprennent les idées de Sismondi : Vorontsov trouve que la consommation de la plus-value par les capitalistes se heurte à « l’élasticité insuffisante de l’organisme humain » et leur conseille soit de faire cadeau aux salariés de leur excédent invendable, soit de gaspiller leur revenu en renforçant le militarisme et en se livrant au luxe le plus frénétique ; Nicolas-On, l’autre théoricien narodnik, insiste surtout sur le commerce extérieur (ainsi d’ailleurs que Vorontsov) comme moyen de se débarrasser de l’excédent importun. Se fondant sur les schémas du livre II du Capital, par lesquels Marx s’était efforcé d’illustrer les conditions d’équilibre de la production capitaliste, les « marxistes légaux », au contraire, tentent de démontrer l’impossibilité de la surproduction générale : Struve estime qu’il existe dans la société capitaliste, un nombre suffisant de « tierces personnes » (ni capitalistes, ni salariés) pour absorber l’excédent de marchandises : les professions libérales, les classes oisives, etc., et rejoint ainsi dans une certaine mesure la thèse de Malthus, tandis que Tougan-Baranovsky et Boulgakov font revivre, sous une forme plus compliquée, la thèse de l’équilibre de Say, en affirmant que le maintien d’une proportionnalité déterminée entre les différentes branches de la production est une condition suffisante pour permettre l’accumulation illimitée du capital. Leur thèse sera reprise plus tard par le marxiste allemand R. Hilferding [6].

Deux facteurs principaux rendent cette controverse plus féconde que les précédentes. C’est d’abord le fait que la discussion ne porte plus sur les crises en particulier, mais sur les conditions et les possibilités de l’accumulation capitaliste en général, indépendamment des fluctuations cycliques. C’est ensuite la connaissance du livre II du Capital, qui établit pour la première fois une distinction nette entre les catégories du capital et du revenu, du capital social et du capital individuel, entre la reproduction simple et élargie. Ces distinctions leur permettent de mieux saisir le nœud du problème, mais ne les empêchent nullement de faire fausse route. Contrairement aux vues sismondiennes de Vorontsov, les « marxistes légaux » comprennent que ce n’est pas « l’élasticité insuffisante de l’organisme humain » qui empêche les capitalistes de consommer toute leur plus-value, mais bien la nécessité d’en affecter, sous la pression de la concurrence, une fraction toujours croissante à l’élargissement de la production. Cependant, juste au moment où la solution est à la portée de leur main, ils s’en détournent en déclarant que les capitalistes achètent la fraction accumulable de la plus-value, tout comme ils en achètent la fraction consommable et que par conséquent, la surproduction est impossible. C’est en 1924, trente ans plus tard, qu’on verra apparaître cette même idée, à peine modifiée et légèrement « corrigée », sous la plume du théoricien bolchevik N. Boukharine [7], et tout récemment sous celle de Robert Louzon [8].

Le livre III du Capital, paru en 1894, apporta enfin les chapitres consacrés aux crises. Mais les positions étant prises de part et d’autre, il venait trop tard pour la troisième controverse, sur le point de se clore. Marx indique que la capacité de consommation de la société capitaliste est limitée à la fois par l’exiguïté du revenu de la masse salariée (condition indispensable pour qu’il y ait profit), et par la poussée accumulatrice des capitalistes, obligés par la concurrence de convertir une fraction croissante de leur revenu en capital, et il souligne à plusieurs reprises la nécessité de trouver « sur des marchés lointains », dans les pays « où le mode de production capitaliste n’est pas développé », des débouchés compensant la capacité d’absorption insuffisante de la société capitaliste. Au premier abord, l’on serait tenté de rapprocher cette théorie de celle de Sismondi. Mais un examen plus attentif révèle immédiatement la différence. Ce qu’il y a de commun à Marx et à Sismondi, c’est la théorie de ce qu’on pourrait appeler la « sous-consommation ouvrière ». La différence saute nettement aux yeux dès que l’on envisage l’autre limite de la capacité de consommation sociale : la plus-value. Cette limite est physiologique chez Sismondi comme plus tard chez Vorontsov et chez le Louzon de 1929 [9] ; elle est économique chez Marx, car elle est tracée non point par les lois physiologiques de l’organisme humain, mais par les lois immanentes de l’organisme social donné. Contrairement à Sismondi et à ses disciples narodnistes, Marx ne peut recommander l’issue du gaspillage, sachant que ce gaspillage se heurte à la limite infranchissable de la nécessité d’accumuler.

La sous-consommation ouvrière, qui apparaît chez Sismondi comme la base directe de la surproduction et des crises, s’encadre chez Marx dans un engrenage beaucoup plus compliqué, mais par là même plus conforme à la réalité : malgré la consommation insuffisante des salariés, il n’y aurait pas de surproduction si : 1° les capitalistes pouvaient consommer toute la plus-value (autrement dit, s’il n’y avait que reproduction simple) ; et si, 2° cette sous-consommation ouvrière n’était le corollaire de la loi du profit, de l’inéluctable nécessité pour le capital de vendre ses marchandises en réalisant la plus-value qu’elles renferment. C’est dans le profit, dans son partage en fonds de consommation et en fonds d’accumulation, ainsi que dans la loi de la baisse tendancielle du taux du profit, que Marx voit le moteur du retour périodique des crises de surproduction. Contrairement à la plupart des critiques de la théorie marxiste, M. Jean Lescure [10] a très bien reconnu que c’est là que se trouve le point central du raisonnement de Marx. Sans pouvoir souscrire aux objections formulées par M. Lescure, nous tenons à signaler son remarquable effort d’objectivité et - fait assez rare - son souci de critiquer ce que Marx a écrit effectivement, au lieu de s’en prendre à des idées apocryphes.

Rosa Luxembourg [11] a tiré les dernières conséquences de la théorie marxiste en démontrant que l’économie capitaliste a besoin, pour subsister, de « débouchés non-capitalistes », d’acheteurs dont les sources de revenu ne soient ni la plus-value ni le salaire. Le marxiste allemand Fritz Sternberg [12], tout en critiquant la thèse de Rosa Luxembourg sur des points secondaires, en a adopté et développé les traits essentiels pour formuler une interprétation plutôt originale de la théorie marxiste des crises. La théorie de Rosa Luxembourg n’est pas, à proprement parler, une théorie des crises. Dans son Accumulation, elle fait abstraction des cycles périodiques de l’économie capitaliste, pour en dégager les tendances générales dans toute leur pureté. La constatation de la nécessité de débouchés extra capitalistes prédit bien la fin fatale de ce mode de production et explique les compétitions et conflagrations impérialistes, mais elle est loin d’expliquer la périodicité des crises, de répondre à la question posée il y a vingt ans par Karl Kautsky dans la Neue Zeit, de savoir pourquoi la surproduction n’est pas permanente.

Pour répondre à cette question, on peut ou bien invoquer l’expansion saccadée et irrégulière du capital dans le milieu pré-capitaliste du globe (thèse de Sternberg), ou bien se référer aux seules lois de la baisse tendancielle du taux de profit ; le livre III du Capital admet les deux interprétations et il faut l’étudier très attentivement sans jamais perdre de vue l’ensemble de l’édifice marxiste pour en dégager la véritable pensée. Les dangers d’une interprétation incomplète et partant erronée ont été mis en relief récemment par l’ouvrage d’un marxiste allemand, Henryk Grossmann [13], qui tente vainement d’expliquer la périodicité des crises par des schémas prolongés à l’infini et qui semblent démontrer que les crises sont provoquées par l’insuffisance de la plus-value, par rapport aux besoins d’accumulation. Mais Grossmann n’obtient ce résultat que parce qu’il prend pour base un taux d’accumulation invariable ; son hypothèse s’effondre dès qu’on abandonne cette prémisse purement arbitraire.

À notre avis, le rythme présidant à l’ouverture de régions non-capitalistes n’est pas en rapport direct avec la périodicité des crises. Il peut expliquer, et il explique à coup sûr, les fameux « grands cycles » à l’étude desquels s’est voué tout particulièrement M. Albert Aftalion [14]. C’est sans aucun doute l’ouverture ralentie de régions neuves qui est à la base de la longue dépression de 1873-1896 ; c’est le resserrement général du milieu non-capitaliste du globe depuis la guerre qui explique la dépression chronique de nos jours. Mais si l’épuisement graduel de ce milieu trace une limite générale à l’existence du capitalisme, nous n’y voyons pas la cause des crises périodiques. Ces dernières résultent du mécanisme intérieur de la production capitaliste, mû par le mouvement du taux de profit ; l’équilibre, après chaque crise, se rétablit par la contraction des valeurs, par le retour à la reproduction simple, pendant la dépression, jusqu’à ce que l’expansion dans les régions pré-capitalistes ouvre une nouvelle phase de prospérité. Nous y reviendrons d’une manière plus détaillée.

Étant donné le caractère immanent des crises capitalistes, il serait vain de vouloir chercher des remèdes sur la base de ce régime. Ceux qui ont essayé d’éviter les crises par les fameux « hauts-salaires » si chers à M. Ford [15] ont subi le retentissant échec de la crise américaine. Les remèdes monétaires, notamment la « stabilisation de l’or [16] » et la fameuse « monnaie dirigée », sont également en faillite. Plusieurs intéressants projets d’économie dirigée [17] méritent d’être signalés comme constructions hardies et ingénieuses ; on pourrait les considérer comme viables si la cause essentielle des crises était simplement le manque d’organisation et de coordination du marché. Mais nous venons de voir que cette cause profonde réside ailleurs.

Le point de vue relativement le plus réaliste, mais d’une valeur très passagère, a été défendu par M. Francis Delaisi [18] qui préconise l’ouverture des débouchés agricoles d’Europe orientale par l’octroi de crédits massifs. Cependant, là encore, il y a dans la pratique un obstacle insurmontable : la crise agraire.

Les méthodes vulgaires du crédit à la consommation et des ventes à tempérament [19], qui n’ont rien à voir avec le système proposé par M. Delaisi, par lesquelles on avait cru, outre-Atlantique, s’assurer la prosperity for ever, se sont avérées inefficaces comme tous les autres « remèdes » d’origine yankee. Les crises ont fait leur apparition en même temps que le mode de production actuel et elles semblent devoir lui rester fidèles jusqu’à sa fin.

Lucien LAURAT,

[1] Cf. Le Capital, t. VI, VII, VIII, X, XII ; Histoire des Doctrines économiques, t. IV et V (édition Costes). - Étant donné l’épuisement de la première édition française du Capital (Giard et Brière), il faut se féliciter de ce que les éditions Costes aient publié une nouvelle traduction du Capital, de même que l’Histoire des doctrines économiques, jusqu’ici inédites en français. Regrettons cependant que M. Molitor y ait apporté si peu de soin : son texte fourmille, non seulement d’erreurs typographiques, mais d’erreurs de traduction franchement inadmissibles, voire d’omissions capitales.

[2] Cf. SISMONDI : Nouveaux Principes d’économie politique (1819), notamment la Préface à la 2e édition (1827). - Mac CULLOCH contre SISMONDI, polémique anonyme parue dans l’Edinburgh Review, oct. 1819. p. 470. - SISMONDI, Sur la balance des consommations avec les productions, paru dans la Revue Encyclopédique (mai 1824) - J.-B. SAY : Ibid. (juillet 1824) - MALTHUS : Definitions ln Political Economy (1827), chap. VI.

[3] RODBERTUS : Zur Erkenntnis unserer staatswirtschattlichen Zustande (1842). Soziale Briefe (1850-1851). KIRCHMANN : Über die Grundrente in sozialer Beziehung et Die Tauschgesellschatt.

[4] Tomes VII et VIII de l’édltion Costes.

[5] Tome VI, chap. IX.

[6] Das Finanzkapital (1910).

[7] L’impérialisme et l’accumulation du capital (en russe et en allemand).

[8] Dans la Révolution Prolétarienne du 5 janvier 1931. Cette idée de Louzon est en effet tout à fait récente. Dans la même revue (15 novembre 1929) il développe la thèse contraire, celle des narodniki et de Sismondi, en expliquant la crise actuelle par le fait que « Rockefeller n’a pas deux estomacs ».

[9] Dans la Revue Européenne (décembre 1930), M. Bertrand de Jouvenel, parlant de la Mort mathématique du capitalisme, s’inspire lui aussi de ces idées sismondiennes.

[10] Jean LESCURE : Des crises générales et périodiques de surproduction (Recueil Sirey).

[11] Die Akkumulation des Kapitals (1913), résumé français chez Rivière, Paris (1930).

[12] Der Imperialismus (Malik Verlag, Berlin, 1925) ; Der Imperialismus und seine Krltiker (Soziologische Verlagsanstalt, Berlin, 1929).

[13] Das Akkumulations- und Zuzammenbruchsgesetz des kapitalistischen Systems (édit. Hirschfeld, Leipzig, 1929).

[14] Les crises périodiques de surproduction (Rlvière, 1914), t. 1.

[15] Cf. J.-L. DUPLAN, Sa Majesté la Machine (Payot, 1930).

[16] Cf. Irving FISHER, l’Illusion de la monnaie stable (Payot, 1929).

[17] Sammy BÉRACHA : Rationalisation et Révolution (Valois, 1930) ; André FOURGEAUD : Du Code individualiste au droit syndical (Valois 1920) ; Roger FRANCQ : L’économie rationnelle (Gallimard, 1929).

[18] Les deux Europes (Payot.,1929).

[19] Cf. Erlwln R. A. SELIGMAN : Étude économique de la vente à tempérament, 2 volumes (Rivière, 1930). Ces deux volumes contiennent une documentation on ne peut plus sérieuse et digne d’attention.

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