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Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
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Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
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Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
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BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
Septembre - Octobre 1935 / pp. 767 - 780
13 février 2011 par eric

Nous publions ci-dessous un résumé des débats de la deuxième journée du Congrès de notre fraction. Nous croyons que, particulièrement dans la situation actuelle, les militants d’autres pays peuvent y trouver des éléments qu’ils se doivent de confronter avec leurs propres expériences.

LA RÉDACTION.


JACOBS : Pour peu que l’on examine attentivement les discussions qui se sont déroulées avant le Congrès, il me semble que celles-ci se sont présentées sous leur aspect réel, même si les divergences ne s’affirmèrent pas avec suffisamment de clarté. Nous devons, sans nous en tenir à des polémiques au sujet de changements d’étiquettes, prendre le problème à la gorge, d’autant plus que la question de la fraction se présente aujourd’hui avec des éléments contradictoires. Ainsi, la fraction a lancé le mot d’ordre de sortir des P.C. en conséquence de la déclaration de Staline, du 14 juillet, qui marque définitivement la trahison du centrisme. De ce fait, on pourrait croire que le seul maintien du terme de fraction est un non-sens et qu’il faille lancer le mot d’ordre de rentrer dans notre organisation. Je pense que partir de ce critère est complètement faux, parce qu’il ne s’agit pas d’opposer, à tout prix, une solution concrète et immédiate à celle que le centrisme a reçue du capitalisme, mais de réagir dans une direction déterminée où puisse s’opposer à une situation contre-révolutionnaire une situation révolutionnaire. Dire que le mot d’ordre de la sortie des P.C. implique la rentrée dans la fraction, donc sa transformation en parti, ne représente pas la solution prolétarienne à la trahison du centrisme, qui sera donnée par les événements de demain pour lesquels la fraction se prépare aujourd’hui, mais est une position qui peut porter à la dénaturation actuelle des principes mêmes de la fraction.

Je voudrais insister également sur une autre notion : lorsque nous affirmons, aujourd’hui, que le processus de trahison du centrisme - qui s’est déterminé avant 1927 - s’est épanoui pleinement, nous ne démontrons pas inversement qu’à cette trahison ouverte des P.C. s’oppose la possibilité de déterminer une orientation révolutionnaire du prolétariat, puisque cette trahison se vérifie sur la base de sa dissolution au point de vue mondial. La conclusion des trahisons centristes n’est donc pas un cours de luttes révolutionnaires, mais la dissolution du prolétariat qui se retrouvera dans les catastrophes de la guerre.

En face de la trahison centriste, nous devons lancer le mot d’ordre de sortie des partis communistes, mais il n’est pas prouvé que, par rapport à ce mot d’ordre, existent les conditions historiques pour la constitution de nouveaux organismes révolutionnaires, ou pour un élargissement des rangs de la fraction ; en un mot qu’existe déjà la possibilité d’opposer à cette manifestation de la vie du capitalisme, de nouvelles organisations capables de redonner au prolétariat la conscience que le centrisme a démolie et surtout qu’il existe une possibilité d’opposer une solution immédiate aux problèmes que cette trahison pose.

Avant tout, je pense qu’il existe une liaison entre le rapport de force des classes, la conscience historique que le prolétariat parvient, dans ses organismes, à réaliser et les formes de son organisation en classe. Enlever « fraction du P.C.I. » pourrait signifier, aujourd’hui, que l’heure d’une modification des bases de l’organisation a sonné avant que ne se vérifient la transformation du rapport entre les forces de classes et la possibilité d’intervention, sur l’arène politique, de la conscience révolutionnaire que que le prolétariat s’est forgée. La fraction qui, avant que n’apparaissent les conditions historiques pour sa transformation en parti, rompt avec les traîtres en invitant les ouvriers à sortir des partis. Elle, qui se considère comme le futur parti de demain, entend maintenir la filiation qu’elle représente et riposte aux actes de la trahison centriste par les plus hautes manifestations de son activité en vue de former les cadres et de compléter le matériel avec lequel le prolétariat devra affronter la révolution. Car ce n’est pas aux P.C. que se relie la fraction, mais à l’expérience historique sur laquelle se sont fondés les partis et c’est cette expérience qu’elle entend dépasser.

Avant d’aborder les problèmes de la fraction, dans la phase actuelle, et qui sont examinés dans le document de « Bilan », je voudrais mettre en évidence l’idée centrale du document, celle qui me paraît refléter le problème essentiel.

Peut-on affirmer que le parti puisse se fonder en dehors d’une perspective historique où le problème du pouvoir se pose ? Il est évident que puisque le parti se fonde sur la notion de la lutte contre l’État capitaliste, si les conditions pour cette lutte disparaissent momentanément ou pour une période donnée, le problème du parti ne peut se poser car, pour un marxiste, quand un problème se pose, les éléments pour le résoudre se posent également. Par contre, théoriquement, historiquement et politiquement, on peut prouver que la fraction surgit comme l’expression de la faiblesse, de l’immaturité du prolétariat qui est dévoyé, par les forces du capitalisme, du chemin de la révolution, alors que s’ouvre un cours de situations contre-révolutionnaires. Le parti et la fraction sont donc deux expressions de la vie du prolétariat qui parvient a entrevoir une perspective insurrectionnelle à ses luttes ou bien qui traverse les premiers moments de sa formation en classe, ou bien - et cela découle de l’expérience de la Ière, IIe et de la IIIe Internationales - du triomphe de l’opportunisme qui met le parti au service du capitalisme.

Le problème de la fraction et du parti est donc le problème de la substitution d’un cours d’événements à un autre et, une fois posé, le problème sur ses fondements idéologiques, nous nous efforcerons de trouver une certaine confirmation dans les différentes périodes du mouvement ouvrier.

Le camarade Jacob fait maintenant un commentaire du rapport contenu dans le numéro 17 de « Bilan » et qu’il soumet à la discussion.

GATTO : Le rapporteur a affirmé un principe juste, celui que le parti peut se fonder seulement quand la fraction contient un bagage idéologique résultant de l’examen des événements. Dans ses grandes lignes, la subdivision en trois phases, Ière, IIe et IIIe Internationales, est juste, mais trop schématique, car une pareille façon d’aborder le problème accrédite l’idée de l’existence de quelque chose de diabolique dans l’action des individus. Pour la Première Internationale, il n’est pas tout à fait juste de considérer la Commune comme l’ultime épisode des mouvements révolutionnaires. Pour la IIe Internationale, s’il est vrai que Lénine et les bolcheviks représentèrent une fraction, leur action est restée, d’autre part, presque sans influence sur la scène mondiale et ils ne se sont pas efforcés de développer internationalement leurs expériences.

Pour les thèses de Rome, elles contiennent les éléments fondamentaux sur la nature du parti. Elles ne pouvaient naturellement contenir la réponse aux autres problèmes qui se sont présentés ensuite.

Le rapporteur a sérié les deux éléments nécessaires pour pouvoir passer à la fondation du parti : 1) l’État prolétarien et la révolution russe ; 2) les problèmes de la démocratie, et, enfin, ceux de pays coloniaux. Pour le premier, pour autant que nous devons chercher à donner une solution, nous ne pouvons attendre d’être à même de donner une réponse définitive avant de passer à la fondation du parti. La question démocratique est un problème pour nous déjà résolu et dépassé, comme du reste l’a prouvé notre lutte contre Trotsky. Pour les colonies, la faillite de toute l’expérience de l’I.C. peut nous fournir les éléments afin de donner une solution à ces problèmes. Nous sommes d’accord que l’on ne peut passer immédiatement à la fondation du parti, mais, d’autre part, il peut se présenter des situations nous mettant devant la nécessité de passer à sa constitution. L’exagération du rapporteur peut conduire à une espèce de fatalisme. Pour finir, j’ajouterai que le parti italien, avec les thèses de Rome, et avec ses interventions aux Congrès de l’I.C., s’est efforcé de porter l’expérience italienne du terrain national sur celui de l’Internationale.

TULLIO : Le rapporteur a parlé en bon polémiste, mais n’a pas affronté le problème dans ses véritables termes : Quand se fonde le parti ? Le mot d’ordre de sortir des partis communistes est un peu hasardé parce qu’aux ouvriers nous devons offrir un moyen d’organisation pour pouvoir continuer la lutte. Il est nécessaire de savoir se situer dans le cours des événements pour élargir les cadres et, par là, il ne s’agit pas d’un simple changement d’étiquette. Le parti de classe ne se crée pas seulement à la veille de la prise du pouvoir. Si nous disons que lorsque manque un parti de classe, il manque le guide, nous voulons dire que celui-ci est indispensable également dans une période de dépression. Il persiste toujours une maturité de classe qui doit être polarisée. Pour ce qui regarde le travail des communistes dans les syndicats, celui-ci pourrait être préjugé par une conception qui estime indispensable la solution de certains problèmes fondamentaux. Il ne s’agit pas de former immédiatement le nouveau parti, mais de chercher une configuration plus adaptée aux nécessités du moment, élargissant nos bases sur le terrain national et international.

BIANCO est d’accord sur la substance. La divergence porte sur la possibilité d’intervention de la fraction et sur l’appréciation des conditions objectives. Nous nous trouvons dans une situation où le prolétariat est dissout et dans l’impossibilité de devenir un facteur décisif. Il existe une rupture entre ce que l’on se propose et les conditions d’impuissance dans lesquelles nous nous trouvons. Deux âmes dans un corps, comme il résulta de l’affaire Beiso, de notre travail dans les syndicats, de la contribution à la presse. À Pantin, quand nous avons constitué la fraction, nous avons constitué les cadres du nouveau parti. Sur le terrain international, notre travail devra être plus adapté au développement des événements.

VERCESI : Le débat porte sur la question centrale. Je pense devoir intervenir pour ajouter quelques éléments qui n’ont pas été exposés par le camarade Jacobs. Je m’inspirerai de ce critère : obtenir la plus grande clarté, non seulement pour la situation actuelle, mais aussi pour l’avenir. La meilleure méthode me semble être celle qui se réfère aux positions de nos maîtres et à l’analyse des expériences capitales effectuées sur ce terrain.

On a dit, au sujet de la polémique qui opposa Lénine à Luxembourg sur la question du parti, que le premier concevait la possibilité de faire servir l’organisation du parti afin de déchaîner des mouvements de classe, alors que la seconde considérait que ces mouvements sont complètement indépendants de l’action du parti et surgissent uniquement des contrastes de classe. La divergence porta, par contre, sur des problèmes divers et c’est uniquement à l’inévitable déformation de la polémique de cette époque que l’on dut de pouvoir accréditer l’opposition entre la théorie de la « spontanéité » de Luxembourg et celle du « plan » des mouvements de Lénine. En effet, tous deux étaient parfaitement d’accord pour considérer que la formule lutte de classe en tant que centre moteur des situations et de l’évolution de la lutte révolutionnaire, devait être prise dans sa signification correcte d’opposition entre les classes et non entre partis. La victoire révolutionnaire n’est pas le triomphe d’un parti qui a obtenu son succès au travers d’une série de manœuvres habiles et astucieuses, mais le triomphe de la classe prolétarienne qui a atteint la vision de ses intérêts historiques. La voie qui conduit à la maturation de cette conscience est celle de la lutte des masses pour leurs intérêts de classe. Sur cette même voie se trouvent la fondation et le développement du parti de classe qui condense, au travers de l’élaboration idéologique, les notions programmatiques et tactiques qui sont indispensables pour la victoire. Sur ces termes du problème, aucune divergence n’existe entre Lénine et Luxembourg. La polémique s’est faite sur le rôle de l’organisation et sur la structure de ce dernier afin d’habiliter le parti à ses tâches historiques, polémique de portée plus limitée bien que toujours d’une grande importance et à propos de laquelle il me paraît que Lénine, soutenant la nécessité d’une organisation centralisée, revendiquait une position indispensable pour la lutte prolétarienne. Mais sur la question essentielle, l’accord était total et tous les deux considéraient que la lutte des classes n’est pas le résultat de manœuvres d’individus ou de partis, mais le produit des contrastes historiques qui minent la base de la société capitaliste.

Si, à présent, nous allons appliquer ces conceptions générales à l’expérience qu’a vécue le prolétariat, nous apercevrons nettement que les quatre organisations du prolétariat qui ont existé jusqu’à ce jour correspondent à quatre phases progressives de la conscience des masses, à quatre phases progressives de la lutte des classes, à quatre types progressifs de parti de classe du prolétariat. Je ne répéterai pas ce qu’a déjà dit le camarade Jacobs à ce propos, mais me limiterai à rappeler les conclusions. La Ligue des communistes se fonde sur la perspective de la possibilité de la transformation de la révolution bourgeoise (encore en action) en révolution prolétarienne. Une fois fini le cycle de ces révolutions, la Ligue des Communistes s’éteint et Marx prendra l’initiative de sa dissolution. La Première Internationale ne surgira pas à la suite d’un plan préétabli, mais à l’occasion d’une manifestation de solidarité contre les persécutions tsaristes contre la Pologne, et son plan sera d’appuyer les États progressistes contre la réaction qui se concentrait avant tout autour de la Russie, puisqu’elle concevait possible de faire surgir la victoire prolétarienne de la résistance qu’aurait offerte la Russie au développement des États bourgeois d’Occident. Mais déjà s’affirme la première position indépendante de la classe prolétarienne, l’idée de la possibilité d’un front international des travailleurs se présente nettement et, en conséquence, aussi celle de la constitution des organisations syndicales de classe. Les massacres du Père Lachaise clôturent le cycle des situations dans lesquelles a vécu la Première Internationale (la guerre franco-allemande se termina non en offrant au prolétariat la possibilité de profiter de la lutte entre ces deux capitalismes, mais alors que ces derniers peuvent établir un front solidaire pour étouffer la première tentative de révolution prolétarienne) et Marx, en 1872, prendra l’initiative de transférer en Amérique le siège de l’Internationale, ce qui - comme Engels devait l’expliquer par la suite - était une forme dissimulée de liquidation de l’organisation. Il est vrai qu’Engels expliqua cette liquidation comme la seule voie de salut pour empêcher la mainmise sur l’organisation par les anarchistes, mais il est bien évident que le seul fait de devoir se reconnaître impuissants à sauvegarder, au sein de l’organisme, les positions marxistes, prouve que les conditions historiques n’existaient plus pour laisser subsister l’organisation internationale. La Ligue des Communistes et la Première Internationale s’éteignent et ne trahissent pas, comme il en sera le cas pour la Deuxième et la Troisième Internationales, et cela pour deux raisons : il n’existe encore aucune organisation autonome de classe du prolétariat (les conditions historiques pour cela n’ayant pas encore mûri), la lutte des classes n’a pas encore déterminé une conscience des masses qui dépasse celle de tentatives d’intervention dans le cours des révolutions bourgeoises, afin de faire progresser jusqu’à une phase supérieure prolétarienne, au travers de l’appui aux bourgeoisies progressistes. Les conditions historiques et sociales se sont modifiées profondément depuis la Commune et avec la formation des grands États capitalistes en Europe ; il se détermina alors la possibilité et la nécessité de la formation des organisations syndicales de masse. À partir de ce moment, le centre moteur des situations, la lutte des classes, se développe autour du duel que se livrèrent les deux classes protagonistes : le prolétariat qui voulait conserver à ses fins historiques les syndicats, en faire une arme de la révolution prolétarienne, et le capitalisme, qui voulait gagner ces organismes les arracher au prolétariat et en faire des bastions lui permettant de pénétrer au sein même de la classe ouvrière. Les grandioses luttes théoriques et politiques au sein de la IIe Internationale se développèrent en fonction de ce duel fondamental, pendant que la tranchée de la défense du prolétariat se construisait, non en dehors de ces débats fondamentaux, mais en leur sein même. Les théories syndicalistes qui surgirent en dehors de ces polémiques centrales sont, pour cela même, en dehors des termes réels de la lutte des classes et, en 1914, quand se vérifia la liquidation de la bataille prolétarienne au travers de la trahison de la IIe Internationale, le syndicalisme restera absent en tant qu’idéologie prolétarienne quand, toutefois, il ne deviendra pas une autre maille de la manœuvre bourgeoise pour jeter les masses dans la guerre (France et Italie). Il en sera de même pour la position des syndicalistes dans les mouvements révolutionnaires de l’après-guerre.

Quand la position du prolétariat évolua du plan de la construction des organismes pour la défense des intérêts immédiats au plan supérieur de la lutte pour la conquête du pouvoir, surgira un nouvel organisme de la lutte : l’État ; et, dès 1917, commencera à nouveau le duel entre le prolétariat voulant faire servir ce nouvel organisme à la lutte pour la révolution mondiale et le capitalisme qui comprend qu’il ne peut conserver son pouvoir qu’à la condition de gagner à sa cause l’État soviétique. Cette bataille s’est conclue par la victoire du capitalisme, l’État russe est devenu un instrument à la disposition des plans de l’ennemi. Encore une fois, toutes les tendances qui, au sein du prolétariat, ont rejeté les termes réels dans lesquels s’est développé l’antagonisme historique entre bourgeoisie et prolétariat, la lutte des classes, se sont rejetés du processus réel de la lutte du prolétariat et, pour cela même, se sont mis dans l’impossibilité de travailler pour la construction des nouveaux partis. Notre fraction est restée correctement sur ce terrain et, pour cela, a pu maintenir sa cohésion, malgré l’attaque brutale du centrisme et la manœuvre d’enveloppement de Trotsky.

Il faut se rendre compte que, sur le terrain politique, comme sur le terrain économique, existent des lois qui ne peuvent être violées par des individus, groupes ou partis. Sur le terrain économique, il est utopique et contre-révolutionnaire de construire la nouvelle économie sans préalablement avoir détruit, en l’État capitaliste, le bastion de l’ennemi et l’organe de compulsation des contrastes du régime capitaliste. Sur le terrain politique, il est tout aussi impossible d’ œuvrer dans le chemin de la lutte révolutionnaire (emprunter le chemin de la construction ou reconstruction des nouveaux partis de classe) sans avoir détruit, en le réformisme et le centrisme, le pont que l’ennemi construit au travers des syndicats et de la dégénérescence de l’État soviétique, au sein même de la classe ouvrière donnant ainsi à la lutte des classes une signification historique bien déterminée.

Celles-ci sont les lois qui président à l’évolution historique. Par son caractère contradictoire même (caractère de classe des syndicats et de l’État et politique anti-prolétarienne de ces organismes), l’évolution est destinée à culbuter dans la guerre de laquelle surgira la reprise de la lutte prolétarienne en une phase plus avancée. La guerre est l’accouplement du prolétariat et de la bourgeoisie, accouplement devenu possible par le succès des traîtres réformistes et centristes. L’éclosion de mouvements révolutionnaires dépend de la nature purement provisoire de cet accouplement destiné à exploser à cause des contrastes insolubles qui opposent le prolétariat à la bourgeoisie. Avant, pendant et après l’après-guerre, le chemin de la construction du parti est celui contresigné par des limites historiques, non à inventer mais a reconnaître et qui contiennent le duel indiqué autour des organismes centraux de la lutte des classes (syndicats, État).

Si nous examinons maintenant l’attitude de nos chefs en relation avec le processus historique, nous aurons des notions bien claires qui nous permettront de comprendre sur quel terrain nous devons nous mouvoir. Nous entendons parler de Luxembourg, Lénine, Bordiga, comme de trois moments différents et progressifs de l’évolution de la classe prolétarienne et de son parti. Luxembourg verra le problème des frontières programmatiques dans sa lutte contre le réformisme de Bernstein et contre le centrisme de Kautsky, mais elle n’arrivera pas à la perception de la nécessité de construire des cadres, organisme centralisant ces positions théoriques : dans le mouvement allemand, nous n’aurons pas la formation d’un fraction avant la guerre ; au cours de cette dernière, nous assisterons à la formation d’une « Ligue » (les Spartakistes) qui ne pose pas le problème du parti dans ses termes de filiation du précédent parti social-démocrate, filiation qui est évidemment la phase supérieure et la négation du réformisme bernsteinien et du centrisme kautskyste. Lénine, par contre, non seulement arrivera à une vision plus complète des problèmes théoriques de la lutte contre le réformisme, mais il se concentrera, pendant de nombreuses années, dans le travail de fraction pour la construction du parti bolchevik, sur le plan d’une constante sélection des idées et des cadres dans la lutte contre le menchévisme et l’économisme. On peut dire que la fraction de gauche représentant la réaction prolétarienne au réformisme allemand surgit non en Allemagne, mais en Russie. Bordiga reprendra le chemin de Lénine, mais avec les caractéristiques imposées par la phase plus avancée de la lutte du prolétariat, de la lutte des classes. Quand surviendra le moment où le nouvel organisme que le prolétariat se sera donné, l’État, deviendra l’objet de la manœuvre d’enveloppement de l’ennemi et que l’Internationale brisera les termes du problème en faisant passer les partis au service de l’État russe, au lieu de faire de ce dernier un instrument de l’Internationale, Bordiga sentira que l’heure est venue, non d’accepter le terrain de la manœuvre pour essayer d’opposer sa volonté ou celle du parti italien au développement du plan historique qui s’ ouvrait, mais de poser le problème dans ses véritables termes : ou bien il existait une possibilité de défendre, en Italie comme dans tous les autres pays, les notions fondamentales qui doivent présider au développement de la révolution mondiale, ou bien abandonner la direction du parti italien pour ne pas compromettre la continuité de la lutte révolutionnaire et, par cela même, ne pas compromettre le processus ne reconstruction des cadres et des notions théoriques de la lutte ouvrière au sein des partis et de l’Internationale. Le dilemme qui se posa n’était pas de faire ou de ne pas faire, mais bien celui-ci : établir le retranchement du prolétariat (nature du parti, tactique communiste en face de la démocratie, ce qui est la substance théorique des thèses de Rome) et seulement ensuite poser le problème quantitatif de l’extension de ces positions de principe. Rester à la direction du parti signifiait sacrifier les principes, soit pour ce qui concerne le mouvement italien, soit pour ce qui regarde l’Internationale ; aucune autre voie de sortie n’existait en dehors de la démission des postes du parti à la tête duquel on ne pouvait rester qu’à la condition de porter un coup aux principes.

Je me souviens avoir dit, dans une réplique à la discussion sur la situation internationale, à propos du plan de Lénine de faire de l’État le pivot de la révolution mondiale, que cela l’a conduit à contredire les positions qu’il avait défendues auparavant pour le mouvement russe sur deux questions fondamentales : fondation des partis (à l’inverse du processus de la fraction, celui de la plus grande concentration des masses à Tours et à Halle), l’insurrection prolétarienne (en 1923, en Allemagne, une tentative de coalition voit le jour bien plus à droite que la tendance de Zinoviev-Kamenev en Octobre 1917 et contre laquelle Lénine mena une lutte aiguë).

Les prémisses théoriques posées, il s’agit d’établir le chemin que nous devons suivre. Gatto a dit de Jacobs qu’il voulait conditionner la fondation du nouveau parti à l’achèvement du travail idéologique d’élaboration des notions devant présider à la politique de la nouvelle révolution prolétarienne. À part la déformation de la pensée de Jacobs qui répondra pour son compte, j’affirme d’une façon catégorique qu’à nouveau peut se présenter la nécessité de devoir passer à la fondation des partis, alors que les conditions idéologiques indispensables ne seraient pas encore réalisées, mais nous aurons alors les pires des conditions pour la construction du parti. Par contre, notre devoir actuel consiste à travailler pour que le prolétariat se trouve dans les meilleures conditions pour fonder son parti et nullement dans les plus mauvaises.

À mon sens, le problème consiste donc dans l’établissement de la tendance sur laquelle nous devons nous mettre, tendance qui ne s’invente pas, mais qu’il s’agit de repérer dans le processus historique et de déployer alors le maximum de nos forces ; toute activité qui se développe en dehors de ces cadres naturels de la lutte des classes est une activité qui empêche et ne favorise pas la fondation du parti.

Dans l’ensemble du travail de notre fraction, il est évident que c’est parce que nous avons suivi le chemin réel du prolétariat que nous nous sommes préservés de la décomposition qui a détruit les bases mêmes des partis de demain dans tous les pays (voir l’expérience de Trotsky). Mais je vois nettement aujourd’hui une erreur de laquelle je suis directement responsable et qu’il m’a été possible de délimiter particulièrement après les observations des camarades Piero et Antonio. Au sein des organes dirigeants de la fraction, j’ai bien mis en évidence la signification de la déclaration de Staline consacrant la légitimité des armements de l’impérialisme français ; dans de nombreux écrits, j’ai bien mis en évidence que le voyage de Laval à Moscou ne se développa aucunement sur le terrain des intérêts particuliers des deux États, mais sur le terrain de l’appui direct de l’État russe à la manœuvre capitaliste pour la guerre. Mais lorsque j’ai été chargé d’écrire un manifeste se concluant par un appel aux ouvriers d’abandonner les partis communistes devenus des organes de la contre-révolution, j’ai bien fait dépendre cet appel de la signification du 14 juillet, ayant une portée analogue à la Marche sur Rome et à la prise du pouvoir par le fascisme en Allemagne, mais ce que je n’ai pas compris immédiatement et ce que ces deux camarades m’ont permis de comprendre par après, c’est la répercussion que ces différentes positions politiques devaient avoir sur le terrain du développement du processus de la fraction devant se diriger vers la construction des partis de demain. C’est pourquoi mon erreur consista à ne pas avoir fait découler le manifeste et les positions de principe indiquées de l’établissement de la position centrale que « fraction de gauche du P.C. Italie » devenait une formulation en contraste aigu avec la nouvelle phase de la lutte des classes qui s’était ouverte et qui était contresignée par le passage des partis communistes au service direct du capitalisme.

Donc, sur le terrain même du processus de la formation du parti de demain, une profonde modification était intervenue qu’il s’agissait de consacrer au travers d’un changement de nom de notre organisation qui ne peut plus se référer à un parti passant au capitalisme, à un parti qui assume la fonction équivalente à celle du fascisme pour l’éclosion de la guerre, mais nous devons, à partir d’aujourd’hui, nous référer à une notion exclusivement historique et politique, en tant que filiation et phase supérieure de la révolution russe. Pour cela, je propose que le Congrès adopte la dénomination de « fraction italienne de la gauche communiste ». Nous devons enregistrer politiquement un profond changement politique qui s’est déjà vérifié et, sur la base des considérations théoriques et politiques que je me suis efforcé de mettre en évidence, continuer le travail entrepris pour être à même de remplir le rôle qui est dévolu à notre fraction pour la construction du parti qui conduira le prolétariat italien à l’insurrection au nom et pour le compte du prolétariat international.

PIERO affirme que sa position n’est pas déterminée par la conception qu’il défendit dans le groupe du « Réveil ». Il analyse la fonction de la fraction. Aujourd’hui, si nous étions encore dans le parti, l’heure de la scission aurait sonné. Notre orientation doit être correcte, il faut rendre notre presse plus accessible aux ouvriers. Il faut, en un mot, se relier à la lutte des classes. Il n’est pas d’accord avec la définition de la constitution du parti de classe seulement dans la période de reprise prolétarienne.

CANDIANI : Tout d’abord, il faut débarrasser le terrain des formules vagues sur le dynamisme. Il lit un passage du document Jacobs. Il polémise contre les affirmations de Vercesi sur la fonction du parti politique de classe, sur la fonction négative des différents groupes d’opposition et il s’en rapporte - pour détruire les conclusions négatives quant à l’élargissement de la base de la fraction - aux mêmes explications données par Vercesi sur ces problèmes. Il est vrai que de 1928 à aujourd’hui, ne se sont pas vérifiés de grands événements, cela est vrai et on ne peut nous accuser de vouloir faire des miracles. Vercesi a fait une affirmation grave quand il a dit qu’avec l’extinction de la classe se vérifie aussi celle de la fonction du parti. Au contraire, le parti reste en fonction au travers d’une activité théorique et organique également dans la période dépressive. Le manifeste lançant le mot d’ordre de sortir des P.C. n’est pas un manifeste historique, mais l’indication d’une période qui se clôture et d’une autre qui s’ouvre avec la possibilité d’un travail politique. Également, sur l’échelle internationale, notre travail doit être plus intense.

GIGI n’admet pas que, dans la situation actuelle qui se dirige vers la guerre, situation qui voit la dissolution du prolétariat, on puisse passer à un travail politique de nouvelle orientation. Il trouve étrange que des camarades soutiennent de telles positions, qui se heurtent avec l’analyse de la situation internationale. Bordiga a bien fait - à son avis - de ne pas accepter le marché offert par les dirigeants de l’Internationale et qui consistait à avoir les mains libres en Italie, en 1924, à la condition de ne pas prendre position sur le problème russe.

PIERI : Je m’aperçois maintenant que ce problème, d’une importance capitale, aurait dû suivre et non précéder la discussion sur la situation italienne, car cet examen nous aurait mieux permis de faire apparaître les divergences qui, actuellement, prennent l’aspect du changement de nom de notre organisation et ne se manifestent pas dans leur substance. En effet, je pense que le changement de nom proposé par certains camarades signifie également un changement de position et de direction de tout le travail de la fraction. Il est facile d’apercevoir cette tendance quand on examine la position soutenue par des camarades envers de récents conflits de classe, où ceux-ci défendirent que la fraction pouvait assurer également, dans la phase actuelle de décomposition du prolétariat, une fonction de direction dans ces mouvements, faisant par là abstraction du véritable rapport entre les forces. Cette façon d’aborder le problème revient à fausser toute la base du document Jacobs et je crois que ces camarades auraient facilité la discussion si, à l’aide d’un contre-rapport, ils avaient permis de mettre en évidence la divergence réelle qui porte, non seulement sur le changement de nom, mais sur ce que doit être la fonction de la fraction. Le camarade Vercesi, dans son intervention, a confessé avoir seulement revu aujourd’hui sa position et il affirme avoir commis une erreur si, avec le mot d’ordre de sortir des P.C. devenus des instruments de l’ennemi de classe, il n’a pas ajouté le changement de nom de notre organisation. À part ce changement foudroyant, il reste à examiner si, en réalité, il existe une contradiction entre le mot d’ordre approuvé par tous, de la sortie des P.C. et celui de la conservation du nom de la fraction de gauche du P.C. Jusqu’aujourd’hui, tous nous étions d’accord pour soutenir que la définition de fraction de P.C.I. avait exclusivement une signification historique et non formelle, c’est-à-dire représentait la continuité du parti fondé sur les bases fondamentales et constitutives de Livourne et non une fraction organique de ce parti que le centrisme avait d’abord corrompu pour en faire ensuite un instrument de l’ennemi de classe. Mais alors, aujourd’hui, on affirme que la déclaration de Staline, la signification du 14 juillet et les déclarations conséquentes des partis centristes pour une participation ministérielle, signent l’ouverture d’une nouvelle phase pour la fraction, laquelle exigerait d’être contresignée également par une modification du nom de la fraction. Pour ma part, cette entrée en matière suit plus un critère moral que politique, parce que, aussi bien que, hier, la référence au parti avait une signification historique et non organique, de même, aujourd’hui, cette référence n’implique aucune responsabilité pour la fraction, tandis qu’elle assure à celle-ci une filiation, je dirais naturelle, et, seuls, les événements de classe pourront conduire à la maturation des conditions pour la fondation du nouveau parti. Il n’existe pas une forme intermédiaire entre parti et fraction, une forme organisationnelle supérieure comme le camarade Gatto a affirmé, mais simplement un développement, plus ou moins rapide, selon l’intensité des événements qui, inévitablement, mettra à l’ordre du jour la fondation du nouveau parti de classe. Et si, à ce sujet, nous nous référions à l’expérience du passé et si nous examinons la vie du parti bolchévik, nous pourrions constater que, malgré le passage de la social-démocratie à l’ennemi consacrant sa trahison et sa participation à la dernière guerre impérialiste, les bolcheviks ne parlèrent pas de l’incompatibilité de la référence à ces partis, mais comme notre manifeste le fit, ils invitèrent les ouvriers à abandonner ces partis passés ouvertement dans le camp de la contre-révolution. Ceci fut vrai pour les bolcheviks qui, soit dit entre parenthèses, étaient une fraction de la social-démocratie (bolcheviks signifie majorité) comme pour les autres groupes et tendances qui se précisèrent sur le terrain international.

C’est seulement dans les thèses d’avril de 1917 que Lénine affronta pleinement le changement de nom du nouveau parti du prolétariat et expliqua pourquoi, scientifiquement, le nom de la social-démocratie ne répondait plus aux conditions objectives et aux particularités de la nouvelle époque. Et ici, il faut poser le problème : pourquoi Lénine a-t-il attendu, malgré la trahison consommée, archi-consommée de la social-démocratie au cours de la guerre, quelques années ? Pourquoi, en avril 1917 et non en 1914 ou 1915 ? Pourquoi parler de « changer la chemise » seulement à la veille de la révolution ? La réponse est simple et vient encore confirmer la justesse de la position que nous défendons, c’est-à-dire que, seule la maturation des événements avait posé d’une manière définitive et sans équivoques (non pour les militants, mais pour le prolétariat), le problème de la fondation du parti de classe qui est appelé à diriger la révolution. Ainsi, pour notre fraction, le problème de sa transformation en parti - et ceci non pour vouloir suivre un schéma abstrait, mais je dirais en vertu d’une loi qui semble se répéter dans l’histoire du mouvement prolétarien - sonne seulement quand des bouleversements sociaux se manifestent, qui comportent une perspective de situation révolutionnaire. À la période concrète actuelle répond une forme particulière de l’organisation de l’avant-garde prolétarienne. Dans la période de retraite et de victoire de l’opportunisme qui termine son cours dans la trahison ouverte, la classe prolétarienne exprime sa finalité historique par le canal de la fraction de gauche qui a su rester fidèle au bagage idéologique qui a permis la fondation du parti. Et ici il s’agit non du nombre, du nom, mais bien de l’expression fidèle des idées, de la politique du prolétariat vraiment révolutionnaire. Tandis qu’à la période de reprise ascensionnelle des mouvements prolétariens répond, on peut dire « fatalement », la nécessité de la présence du parti de classe, du vrai parti communiste. Et ici des camarades qui sont partisans du changement de nom concluront : mais est-il nécessaire d’attendre que les événements révolutionnaires se présentent pour passer à la fondation du nouveau parti, ou, inversement, ne serait-il pas mieux que les événements se manifestent avec la présence du parti ? Si, pour nous, ce problème se limitait à un simple problème de volonté, nous serions tous d’accord et il n’y aurait personne qui s’efforcerait de discuter. Mais je pense que l’élément de volonté n’est qu’un complément au problème que nous ne sous-évaluons pas ; nous retenons cependant que, nous laisser guider ou pousser trop en avant par cet élément, peut préjuger du sort de la fraction en vue de la fondation du parti de demain.

Je retiens que la référence au P.C.I. ne comporte aucun obstacle à la fonction future de la fraction et au lieu de faire un obstacle, elle facilite le développement des cadres de la fraction qui, demain, en Italie, reconstitueront dans les tempêtes révolutionnaires, le vrai parti communiste. Elle le facilitera parce que la référence est encore reliée à un corps historique qui est ancré avec la fondation du parti à Livourne et avec la guerre civile ensuite, dans les chairs du prolétariat italien. Nous appeler fraction italienne communiste semble vouloir faire abstraction de ces faits historiques et rendre plus difficile le processus du regroupement en Italie qui, aujourd’hui, doit s’effectuer sous la morsure de fer de la dictature et de la terreur fascistes. C’est pour ces considérations fondamentales que je pense nécessaire de conserver le nom de la fraction admettant, comme tout le monde, que la trahison ouverte du centrisme et la course des situations vers la guerre ont ouvert pour la fraction une nouvelle orientation plus vaste, soit pour cimenter ses idées, soit pour un travail plus intense. Seuls, les événements pourront prouver si la perspective que je défends ensemble avec d’autres camarades est la plus correspondante à la situation que nous traversons et si elle sauvegardera la fraction d’expériences « nouvelles » qui pourraient, au lieu d’anticiper, retarder son aboutissement dans la reconstruction du parti de classe du prolétariat italien.

BIANCO : Je suis contre le changement de nom de la fraction qui résulte d’un accord entre individualités et non d’une clarification se basant sur la discussion. Je déclare que si ce changement se produit je constituerai la fraction dans la fraction.

BALILLA dit que, dans sa localité, existe la forteresse du centrisme. Le travail de clarification n’a pas donné de grands résultats ; cela est la caractéristique générale de la situation qui ne peut permettre une nouvelle orientation de la fraction.

GATTO : Je suis d’accord avec la préparation idéologique dans les limites de l’exposé de Vercesi, parce que celui-ci permet, plus que l’exposé du rapporteur, de trouver un point d’accord. La divergence porte forcément sur l’appréciation du temps qui sépare encore la fraction de la constitution du parti. La trahison est déjà venue avec la déclaration de Staline. Quand on juge la portée de la signification de notre manifeste où il est dit de sortir des partis, nous devons aussi concrétiser celle-ci avec une formulation supérieure de celle de « fraction ».

TOTO : Après m’être associé avec l’intervention du camarade Pieri, je veux préciser que, dans la Fédération parisienne, la discussion porta sur la démarcation entre fraction et nouveau parti. Je crois que, malgré tous nos documents, si nous nous aventurons sur le terrain de cette tendance qui ne s’est pas exprimée assez ouvertement aujourd’hui, nous compromettrons le travail de la fraction.

AGOSTINA : J’ai l’impression que, plus on parle et plus on s’éloigne des faits : on ne peut créer un organisme qui ne soit ni fraction ni parti. La fraction est déjà le parti en gestation, dans ce sens que le nouveau parti ne pourra se construire qu’autour de la fraction. La défaite de l’après-guerre s’explique, non par le fait que les partis furent constitués trop tard, mais bien parce qu’ils furent fondés sur des bases fausses. Le problème de la trahison ouverte que l’on considérait comme devant se vérifier seulement avec l’aboutissement de la guerre, peut être constaté aujourd’hui, avant son déchaînement, au travers de la déclaration de Staline et du passage du centrisme dans le camp des impérialismes.

TULLIO est contre la solution de Vercesi pour le changement de nom et en même temps pour une modification de la position au sujet du travail de la fraction.

VERCESI : Je revendique le droit, dans la période précédente au Congrès, d’avoir des conversations avec des camarades au sujet de la solution des problèmes contestés. La situation a posé l’axe de la discussion sur le grave problème de l’évolution de la fraction sur le terrain politique. La correspondance immédiate entre le passage des partis communistes au capitalisme et le déchaînement de la guerre ne s’est pas vérifié ; par contre, nous avons eu la déclaration de Staline et les décisions du VIIe Congrès de l’I.C. qui ont signifié le passage du centrisme à l’ennemi. Il faut donner un réponse à cette situation. Le changement de nom signifie la rupture totale du prolétariat et de la lutte des classes avec un organisme passé au capitalisme. Vercesi conclut avec la possibilité d’intervenir dans les mouvements sporadiques du prolétariat ; il pose le problème de leur direction, mais à la condition que leur évolution se conclue avec l’expulsion des partis socialistes et centristes des rangs du prolétariat.

PIERI : Si le changement de nom est accepté, cela permettra de juger, sur la base d’une définition générale, des interventions futures de la fraction dans les conflits de classes, la divergence d’aujourd’hui et d’en mesurer les conséquences.

ROMOLO est convaincu que si la situation révolutionnaire devait se produire avant que se soit vérifiée la transformation de la fraction en parti, l’on irait incontestablement vers une nouvelle défaite. Vercesi a rappelé la phase de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile en Russie et il a mis en évidence que les bolcheviks étaient absents à la chute du tsarisme, en février 1917, alors que leur heure ne sonna que dans la troisième phase, après la seconde étape occupée par Kerensky. Mais, en Russie, nous n’avions pas un État bourgeois et nous devons tenir compte que l’absence du parti dans nos pays dans la première phase peut préjuger du sort de tout le mouvement révolutionnaire.

VERCESI propose que l’on suspende la discussion et que l’on demande aux camarades en désaccord sur la fonction de la fraction de se réunir et d’élaborer des documents séparés.

CANDIANI clarifie l’orientation de la pensée des camarades qui veulent, non un parti, mais une intervention active de la fraction dans les mouvements de résistance du prolétariat. Il développe une perspective de reprise des mouvements prolétariens en Italie, qui doivent trouver la fraction à la pointe des situations.

SCIANGAI : Je ne trouve pas claire la position de Vercesi sur le changement du nom de la fraction.

VERCESI insiste sur sa proposition, qui est adoptée à l’unanimité.

On suspend la réunion pour permettre la présentation des résolutions.

Le président ouvre la séance et donne la parole au camarade Vercesi, qui donne lecture de la résolution suivante :

Le Congrès de la fraction considère que le processus de sa transformation en parti est le processus même de la transformation de la situation réactionnaire actuelle en une nouvelle situation révolutionnaire. Cette dernière résultera de l’explosion des contradictions insolubles entre le prolétariat et la bourgeoisie, contradictions qui ont pu être provisoirement suffoquées par la victoire obtenue par les fascistes, les centristes et les socialistes qui, au terme de leur travail, ne pouvaient arriver qu’à accoupler le prolétariat au capitalisme pour l’éclosion de la guerre.

Les conflits de classe actuels, du fait qu’ils ne peuvent se vérifier que dans la situation indiquée, ne peuvent acquérir la valeur d’actes de la révolution communiste et, pour cela, ne peuvent offrir un terrain pour la transformation en parti ni en déterminer les prémisses indispensables.

Pour éviter de soulever des problèmes d’hypothèses sur la signification des conflits de classes actuels, le Congrès réaffirme que jamais, et sous aucun prétexte, la fraction ne se départira des critères fondamentaux suivants :

1) Une opposition irréductible envers toutes les formations démocratiques, socialistes, centristes de toutes tendances et oppositions ; envers toutes les notions politiques qui se rattachent à ces courants.

2) Rassemblement, sur la seule base syndicale et de classe, de tous les mouvements et refus de participer à tous les mouvements, même de masse, qui ne se situent sur pareille base.

3) Développement de notre travail dans les différentes situations dans la seule direction de l’expulsion des rangs du prolétariat, des socialistes, centristes, quelles qu’en soient les tendances et quelle que soit la composition prolétarienne ou non de ces courants et dans la direction du triomphe de la fraction de gauche se transformant en parti.

Chaque moment de la situation actuelle est un moment vers notre inévitable transformation en parti. La déclaration de Staline et la manifestation du 14 juillet ont la même signification que la victoire fasciste en Italie et en Allemagne : les partis communistes ont abandonné le terrain où l’équivoque était encore possible et où ils développaient une activité contre-révolutionnaire (depuis l’expulsion des gauches marxistes) et ont acquis une fonction d’instruments directs au service du capitalisme. En conséquence de cela, le Congrès de la fraction décide de changer son nom de « fraction de gauche du parti communiste italien » en « fraction italienne communiste de gauche ».

Ce changement de nom n’est que la consécration d’une modification qui s’est vérifiée dans la situation qui a porté les partis communistes à occuper la position indiquée, au service direct du capitalisme.

PIERI donne lecture de la résolution suivante :

1) La substance et la forme de l’organisation du prolétariat en classe ne découlent pas des proclamations ou des décisions abstraites des militants révolutionnaires, mais du cours historique des situations, du rapport de force entre les classes fécondé par ce cours. La fraction et le parti sont deux expressions de deux périodes de la vie du prolétariat ; le reflux et le flux de la révolution, l’incapacité et la capacité du prolétariat révolutionnaire de poser le problème du pouvoir. La transformation de l’une dans l’autre ne résulte pas d’un changement de nom, mais de la conversion d’un cours des situations en un autre, de la rupture du rapport entre les classes qui a permis la victoire de l’opportunisme, déterminé la nécessité des fractions et résulte de l’apparition d’un rapport nouveau de forces ouvrant la voie à des batailles révolutionnaires pour la conquête du pouvoir.

2) Le triomphe de l’opportunisme sonne l’heure des fractions de gauche, déplace la vie du prolétariat dans la fraction, qui croît, élabore les notions politiques nécessaires au prolétariat avec le développement du cours des situations. Fraction de gauche du P.C.I. ne signifiait pas exclusivement action de la fraction sur le parti, mais élaboration des solutions nécessaires au prolétariat pour sa lutte immédiate et historique, élaboration se situant sur le terrain même où l’opportunisme a vaincu alors que la fraction reprend à son compte l’expérience historique sur laquelle s’est fondé le parti.

3) La déclaration de Staline, le 14 juillet, depuis la mort de l’Internationale en 1933, signifient le passage ouvert des partis centristes au sein du capitalisme, leur transformation en forces gouvernementales œuvrant pour incorporer le prolétariat à la préparation de la guerre. À ce point de vue, une certaine analogie peut être établie avec le passage de la social-démocratie avec armes et bagages en 1914.

4) La fraction de gauche du P.C.I. proclame la nécessité de sortir des partis communistes en réponse à la trahison de ces partis. Mais cela ne signifie pas que la condition existe pour une affluence à la fraction, puisqu’à ce moment se vérifie la dissolution extrême de la classe prolétarienne, dissolution dont la déclaration de Staline est d’ailleurs une consécration, comme cela ne justifie pas le changement de nom (enlever P.C.I.). Cette période ouvre une phase supérieure du travail de la fraction adéquate à l’étape supérieure qui conduit à la guerre. La fraction exprime ses positions (sortir des partis) au travers du travail de formation des cadres tenant compte que, seule, la guerre pourra opposer à la trahison du centrisme les prémisses des mouvements de classe qui permettront à la fraction de se transformer en parti. Enlever P.C.I. signifie prendre une position qui suppose l’existence de ces prémisses et, avant tout, pouvant permettre le développement d’équivoques déformant la nature de la filiation historique que représente la fraction. C’est seulement au cours de la guerre, dans une situation qui comporte des perspectives de mouvements révolutionnaires, que la fraction pourra prendre des positions s’orientant directement vers sa transformation en parti.

JACOBS, PIERI, BIANCO.

CANDIANI donne lecture de la résolution suivante :

La fraction, en tant que filiation historique et politique du P.C.I., a tenté, de toutes ses forces, dans le cours de dégénérescence du centrisme, de rétablir, au sein des organismes officiels, les prémisses idéologiques qui ont assuré l’Octobre victorieux en Russie.

Le cours de la dégénérescence a conclu sa parabole avec la trahison ouverte qui s’exprime dans l’incorporation de l’État russe dans une des constellations impérialistes qui déboucheront dans le nouveau carnage mondial.

En face de cette trahison, qui situe les partis communistes sur la nouvelle plateforme de la défense nationale et de la collaboration avec l’ennemi de classe, la fraction a lancé un cri d’alarme à la base des militants en les invitant à sortir d’organismes au service du capitalisme mondial.

En conséquence de cette position qui répond pleinement à la nouvelle phase historique du moment, la fraction - sans pour cela se placer sur le terrain de son immédiate transformation en parti - entend développer son activité afin de polariser actuellement les énergies saines du prolétariat qui, avec la précipitation des situations vers la guerre, se manifestent au travers de mouvements de réaction de classe contre le capitalisme et les forces qui agissent au sein du prolétariat dans l’intérêt de la bourgeoisie.

Seule, cette nouvelle orientation représente pour nous la condition indispensable pour la formation des cadres de ce parti qui devra être présent - et non pas à constituer - dans l’immanquable reprise des luttes de demain.

Le Congrès estime, pour ces considérations, ne plus pouvoir se dénommer fraction d’un parti passé définitivement dans les rangs de l’ennemi et décide d’adopter la dénomination de « fraction italienne communiste de gauche ».

VERCESI affirme que son intention de provoquer une clarification part de ces considérations fondamentales : voir sur quelles questions essentielles du rapport Jacobs existe un accord réel. Il faut détacher le problème central de celui des perspectives politiques au sujet de la possibilité de passer à la construction du parti ou de la nécessité d’y passer uniquement dans le cours des événements révolutionnaires. Les motions présentées ne permettent pas de dissiper complètement les équivoques. Pour rechercher la clarification la plus élevée, je déclare retirer ma motion et voter celle de Candiani, Gatto, Piero, à la condition que vous ajoutiez le paragraphe suivant :

« Le Congrès de la fraction conçoit le processus de sa transformation en parti uniquement au travers du triomphe de ses positions, de ses cadres et de l’expulsion de tous les courants socialistes, centristes et autres au sein de la classe ouvrière. C’est sur cette base uniquement qu’elle pourra intervenir dans les conflits de classe et au cours de la guerre.

Les positions de la fraction sont consacrées dans les thèses de Rome et dans les autres documents qui seront approuvés par le Congrès. L’adhésion à la fraction est admise uniquement sur la base de l’adhésion individuelle ; la fraction pose comme condition d’un travail - au point de vue international - avec d’autres groupes issus de la dégénérescence centriste, la. rupture avec les organisations soit des partis communistes, soit des organisations socialistes ».

Et je suis absolument convaincu que, pratiquement, l’extension de la base de la fraction n’est possible, en dehors d’un changement radical des situations, qu’au travers d’une atténuation des règles fondamentales et programmatiques. Une fois que cette garantie est consacrée, tout péril d’adultération de la base politique de la fraction est écarté.

JACOBS : Je désire expliquer mon vote au sujet des motions présentées. Notre motion, dont Pieri vous a donné lecture, part de la reconnaissance de la trahison du centrisme comme d’un fait désormais acquis. Mais il n’y a pas synchronisme entre trahison et éclosion de mouvements de classe, bien au contraire : la trahison s’exprime au moment de la dissolution du prolétariat. Enlever P.C.I. pour maintenir seulement fraction pourrait permettre d’accréditer la conception que des prémisses de mouvements de classe existent aujourd’hui et, par là, porter à des positions pouvant altérer les principes de la fraction, compromettre son travail pour demain. Or, la discussion a prouvé que ce danger n’était pas vain. Jusqu’à la guerre, la fraction doit maintenir la filiation historique qu’elle représente et s’opposer aux formations bourgeoises (socialistes et centristes) par le travail du renforcement de ses cadres, de l’élaboration des solutions pour les luttes prolétariennes. La guerre seulement doit, en ouvrant une perspective de catastrophes sociales, représenter la phase ultime de la vie de la fraction qui est dispersée par le capitalisme et qui se reconstituera alors, dans une perspective montante, en parti. Maintenir P.C.I signifie proclamer notre volonté de maintenir la fraction jusqu’à ce que les événements permettent sa transformation en parti, mais maintien sur une base progressive, en concentrant toutes les énergies, de la fraction autour de l’élaboration du programme de la révolution.

On passe au vote des deux résolutions présentées.

VERCESI affirme que la phrase de la résolution Candiani, Gatto, Piero : « pour la formation des cadres de ce parti qui devra être présent - et non à constituer - dans l’immanquable reprise de la lutte de demain, que cette phrase est un impératif sans aucune signification politique possible. Il propose l’amendement suivant, qui est accepté : « de ce parti que notre travail tend à ce qu’il soit présent ».

On décide de passer au vote du rapport Jacobs avec l’une et l’autre des ajoutes.

GATTO déclare voter contre le rapport Jacobs.

VERCESI affirme que s’il vote contre la partie théorique du rapport Jacobs, il devra présenter un contre-rapport.

GATTO affirme son désaccord sur le synchronisme qui doit exister entre la tâche du travail idéologique et les conditions pour la fondation du nouveau parti qui, dans le rapport Jacobs, est poussé à l’absurde.

VERCESI insiste pour que la clarification soit définitive. L’opposition de Gatto n’a plus de raison de subsister depuis l’ajoute de la résolution qui sauve la question de la perspective. Si l’opposition persiste, elle ne sera désormais possible que sur les questions de principe.

On passe au vote :

Pour le document Jacobs avec l’ajoute de la résolution Jacobs, Pieri, Bianco, sept délégués.

Pour le document Jacobs avec Ja résolution amendée par Candiani, Gatto, Piero, Vercesi, huit délégués.

BALILLA vote le document Jacobs avec la simple ajoute du changement de nom.

PIERO insiste pour que l’on procède à un vote en rapport avec la votation effectuée dans les fédérations qui ont accepté le document.

Ce nouveau vote confirme la majorité pour le documents jacobs avec la motion amendée Candiani, Gatto, Piero, Vercesi.

Après ce vote, le rapporteur prend la parole pour répondre aux camarades qui sont intervenus dans la discussion.

JACOBS : Je ne pourrai malheureusement que me borner à répondre sur quelques points avant la clôture. On a dit que ma vision des conditions historiques au sujet des possibilités de la formation du parti, procédait d’une conception mécanique des événements. Mais je n’affirme pas que le parti ne peut être constitué qu’à la veille de la prise du pouvoir comme je n’ai jamais affirmé que l’élaboration du matériel idéologique doit être terminée avant la fondation du parti. J’ai démontré que le parti ne peut se fonder que sur la base de la rupture du front de classe qui a vu la victoire de l’opportunisme ; que sur une perspective révolutionnaire d’ensemble et que nous avons pour fonction de préparer aussi profondément que possible le matériel idéologique pour la révolution. Cette façon d’envisager le problème a une importance par rapport à la manière d’affronter le travail actuel de la fraction. Nier l’élément fondamental exposé dans « Bilan » à ce sujet peut permettre aujourd’hui l’altération de la fraction au point de vue de sa substance. Ainsi, comme la discussion l’a prouvé, on pourrait croire que nous puissions intervenir dans les événements actuels de désespoir (Brest-Toulon) pour en diriger le cours. Nous avons toujours affirmé que la fraction devait intervenir dans tous les événements mais uniquement pour expliquer aux ouvriers les solutions qu’elle a élaborées et qui contiennent des possibilités de lutte conséquente contre le capitalisme. La fraction élabore la solution pour tous les conflits prolétariens mais explique aux ouvriers pourquoi ses solutions ne peuvent être reprises par les masses. Autrement notre position dans la fraction ne s’expliquerait jamais puisque nous proposons, appuyons toutes les interventions de la fraction soit par voie de manifeste soit DIRECTEMENT au sein des masses. Croire que la fraction puisse diriger des mouvements de désespoir prolétarien c’est compromettre son intervention dans les événements de demain.

Au sujet de la fraction, je ne suis pas d’accord avec les camarades qui ont vu en elle une partie du parti. La fraction représente la vie et l’évolution de la conscience prolétarienne dès lors que triomphe l’opportunisme au sein du parti. La vie du prolétariat se déplace du parti dans la fraction et chaque moment du développement de la fraction est un pas soit vers la conquête de l’organisation du parti en chassant l’opportunisme soit vers sa transformation en parti. Pas seulement la phase actuelle doit marquer la transformation de la fraction en parti, mais chaque moment de la vie de la fraction signifie et signifierait un pas vers la transformation du parti. Sur la notion même de la fraction je crois qu’il existe des divergences qui pourraient compromettre le travail de la fraction dans le court délai qui nous reste jusqu’à la guerre, cela s’exprime par le fait qu’il est indifférent à certains camarades de s’intituler Ligue ou fraction pourvu que l’on enlève P.C.I.

Avec Vercesi nous ne voyons aucune divergence fondamentale puisque nous sommes complètement d’accord sur le fait qu’aujourd’hui la fraction ne peut se relier aux mouvements prolétariens que par son élaboration des solutions pour ces mouvements, alors que le parti ne peut se constituer que sur la base de la dislocation du rapport de classe existant et qui a permit la trahison du centrisme et la dissolution du prolétariat. Cependant je ne suis pas d’accord au sujet des conséquences qu’il tire de son affirmation qui veut qu’une position politique s’exprime dans l’évolution de l’organisation. Au point de vue substantiel c’est parfaitement juste et chaque position que nous prenons représente un nouveau pas vers notre transformation en parti, mais pour qu’une modification de la structure de l’organisation puisse se vérifier - ce que le changement de nom pourrait faire supposer - il faut que se vérifie aussi une modification du rapport entre les classes. Aujourd’hui par exemple, [le changement [1]] de nom correspond à la trahison du centrisme, c’est la réplique de la fraction à cette trahison mais au lieu de se vérifier sur la base d’un renouveau de mouvement de classe, elle se vérifie au moment de la dissolution du prolétariat et au lieu de représenter une réponse positive résultant des perspectives de lutte prolétarienne elle représente une réponse, certes pour les événements de demain, mais qui peut donner lieu aujourd’hui à des interprétations erronées des principes.

La séance est levée.

Après cette réplique, la discussion est close.

Nous publions ci-dessous les résolutions adoptées par notre Congrès.


AUX VICTIMES DU CAPITALISME MONDIAL

(acceptée à l’unanimité)

Le Congrès de la fraction envoie son salut ému à toutes les victimes du capitalisme international qui sont tombés dans les pays fascistes, démocratiques et soviétique, et retient qu’elle peut honorer toutes ces victimes uniquement au travers du développement d’un travail qui se dirige vers la construction des nouveaux partis qui porteront à la victoire de la révolution communiste mondiale.


RÉSOLUTION SUR LA PRESSE (« Bilan », « Prometeo »)

(acceptée à l’unanimité)

Le Congrès de la fraction, après avoir amplement discuté sur l’orientation politique de la presse (journal et revue) souligne son accord total avec cette orientation, sur la base des suggestions et remarques des camarades qui sont intervenus dans la discussion. Le Congrès adopte une série de mesures organisatives afin d’améliorer le contenu et la forme rédactionnelle de nos publications :

1) Charge un camarade de veiller paritculièrement à la rédaction du journal et à la régularité de la collaboration des groupes de la fraction.

2) Les fédérations et comités de groupes devront être tenus responsables de la continuité constante de la collaboration non afférente à la volonté de quelques camarades, mais conditionnée par l’activité de la fraction dans son ensemble.

Pour ce qui concerne l’organicité du contenu politique, compris dans le sens de discipliner la documentation et la formation du bagage idéologique communiste, une série de rubriques devront être établies, maintenues et continuellement développées :

1) Sur la situation italienne, qui devra être particulièrement et attentivement suivie au cours de la guerre éthiopienne.

2) Sur la situation russe, au sujet de laquelle il faudra établir une rubrique de documentation tendant à fournir les éléments aptes à suivre le cours de dégénérescence de l’État russe.

3) La revue « Bilan » restera l’organe de liaison idéologique internationale des futures forces de gauche.

L’appel à la collaboration des camarades ne doit pas rester vain. La rédaction d’une chronique du mois sur la situation française permettra de faciliter le travail de clarification. Les camarades résidant en France contribueront à cette tâche.


RÉSOLUTION SUR LE RAPPORT MORAL

(approuvé à l’unanimité)

Le Congrès de la fraction, examinant le travail politique de l’organisation depuis la conférence de Pantin en 1928,

AFFIRME que la politique de la fraction s’est inspirée d’une correcte application, aux situations des différents pays, des notions politiques que le prolétariat italien a exprimé lors de la fondation du parti à Livourne, et dans les thèses de Rome ;

RELÈVE que, pour ce qui concerne le nouveau problème surgi après la rupture de l’expérience de la direction de gauche du parti italien (rupture déterminée par l’orientation prévalant au sein de l’Internationale), pour l’analyse de la question russe, la fraction a commis l’erreur de se solidariser avec les positions de l’opposition russe qui ont été pleinement démenties par les événements ;

CONSIDÈRE que la première tentative faite dans la direction d’une fixation des critères de guide de l’État prolétarien devra être accompagnée d’un effort collectif de toute l’organisation, et que la solution ne pourra être obtenue qu’au travers d’une confrontation internationale ou de la reprise de la lutte révolutionnaire en Italie ;

RETlENT que la politique de la fraction a permis de réaliser les prémisses pour la construction des cadres des nouveaux partis.


RÉSOLUTION SUR LES PROBLÈMES D’ORGANISATION

(approuvé à l’unanimité)

Le Congrès de la fraction :

CONSIDÈRE que le critère de guide de l’organisation devra être celui du centralisme organique basé sur la responsabilité des comités élus ;

AFFIRME que le travail du Congrès permettra d’asseoir la hiérarchie de la fraction sur un plan de développement d’une activité politique qui intègre le travail idéologique dans le travail qui tend à soulever l’attention des masses autour d’un plan de revendications de classe, sur la base des organisations syndicales ;

FAIT APPEL à tous les camarades pour que la hiérarchie qui sera élue soit considérée comme responsable des tâches politiques qui lui seront assignées ;

DÉCIDE d’appliquer rigoureusement les mesures qui assurent la vie de la fraction d’un point de vue organisationnel et financier et de supprimer l’envoi de la presse à tous les groupes qui ne soldent pas régulièrement leurs comptes ;

CONSIDÈRE que, dans l’état actuel des rapports internationaux et seulement en vue d’appuyer la construction des partis dans les divers pays (au travers du processus du travail de fraction), il est concevable d’admettre dans la fraction des éléments qui acceptent nos positions fondamentales, même s’ils militent dans des groupes avec lesquels s’est établie une possibilité de travail commun, et passe à la nomination des organes directeurs.

[1] La séquence de mots « le changement » est manquante dans l’original, mais il ne peut s’agir que d’une erreur dans le compte-rendu.

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  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche