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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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LCS 03a : L’économie dirigée
Lucien LAURAT - N° 3 - Octobre 1931 / pp. 97 - 103
26 février 2011 par eric

L’économie dirigée est à l’ordre du jour. La dernière débâcle de Wall Street, faillite de la « monnaie dirigée » et de nombre d’autres mesures considérées comme amorces d’économie dirigée, l’avait discréditée. À présent, devant la crise chronique on préconise comme remède ce qui s’est avéré inefficace comme préventif. On en appelle de l’économie mal dirigée à l’économie mieux dirigée.

Dans les différents projets récents, il s’agit de diriger l’économie actuelle, donc capitaliste. Mais pour dominer les mouvements d’un organisme social, il faut en connaître les lois, comme il est indispensable de connaître les lois naturelles pour maîtriser les forces de la nature.

* * *

Sous sa forme la plus générale, la plus abstraite, le problème est d’accorder la production et la consommation. Le mal de l’économie moderne étant la surproduction, il faut adapter soit la consommation à la production, soit la production à la consommation. Cependant, comme il s’agit de production capitaliste, il importe de faire dès le début plusieurs restrictions.

L’économie capitaliste produit et répartit des marchandises, des valeurs d’échange. Dans une économie naturelle, où n’existe ni marché, ni valeurs d’échange, il suffit d’accorder la production et la consommation de certaines quantités d’objets : s’il faut à la société annuellement tant de boisseaux de blé, tant de mètres de tissus, tant d’hectolitres de vin, etc., la production sera organisée de manière à fournir les quantités requises.

Dons une économie marchande, et la société capitaliste en est une, les valeurs d’échange se superposent aux valeurs d’usage. La production se mesure par la valeur d’échange des objets fournis : le producteur, s’intéresse moins il la quantité de produits qu’au prix réalisable, et il fixera les quantités à produire suivant les avantages, quant au prix, soit d’une restriction soit d’une extension de sa production.

Ensuite, et c’est la deuxième réserve à formuler, cette loi de la valeur d’échange agit du côté de la consommation comme de la production. Certes, les besoins effectifs de la société sont constitués par des quantités données de produits, mais ils ne peuvent se manifester que par l’intermédiaire des valeurs d’échange, des moyens d’achat des consommateurs, et dans la mesure où ceux-ci en disposent. L’économie capitaliste ne connaît que des consommateurs solvables, des acheteurs. Diriger l’économie dans le cadre du capitalisme signifie donc, non point accorder la production tout court avec la consommation tout court, mais accorder une production d’une valeur d’échange donnée avec une consommation munie d’un pouvoir d’achat donné. Il ne s’agit plus d’organiser la production en vue de satisfaire les besoins. mais en vue d’écouler les produits parmi des consommateurs solvables. Il ne s’agit plus d’accorder le volume de la production au volume de la consommation, mais d’accorder les valeurs produites avec une demande exprimée en valeur.

Enfin, la production capitaliste est régie par le profit. Le capital ne peut accorder la production et la consommation que dans la mesure où l’écoulement de ses marchandises lui assure un profit considéré comme normal et « équitable ». Toute tentative de diriger l’économie capitaliste doit donc réaliser l’équilibre entre la production et la consommation sans toucher au principe du profit, ressort indispensable. Conception qui consiste à vouloir maintenir le profit dans sa fonction de ressort des initiatives individuelles, tout en voulant le remplacer, en tant que régulateur de la répartition des forces productives entre les différentes branches économiques, par le principe de la direction consciente et collective.

* * *

Il s’agit donc de régler l’activité économique en sorte que le pouvoir d’achat et la valeur de la production s’équilibrent sans porter atteinte au profit ; il s’agit d’assurer au capital une rémunération « équitable » et constante, aux salariés une occupation stable et des salaires satisfaisants, grâce à l’écoulement régulier et ininterrompu des marchandises. Le problème peut-il être résolu sur cette base ?

Pour les adeptes de J.-B. Say, cette dernière question ne saurait se poser. S’il était vrai, comme l’affirme Say, que la capacité d’achat de la société s’accroît parallèlement à la production, toute surproduction générale serait impossible, et il serait vain de vouloir chercher des remèdes à un mal inexistant. Un problème irréel n’a pas besoin d’être résolu.

Du point de vue des disciples de Say, le problème de l’économie dirigée peut se poser tout au plus sous forme de la recherche d’une proportionnalité rigoureuse entre les différentes branches de l’économie, afin d’éviter des sous-productions et des surproductions partielles et simultanées. La thèse de Say a été trop souvent réfutée, par la théorie comme par les faits, pour qu’il soit nécessaire d’y insister.

Le problème ne semble pas se poser non plus, à première vue, pour les adeptes des théories monétaires selon lesquelles les crises, loin d’être imputables à la surproduction, s’expliquent par des troubles de circulation, par l’insuffisance où la mauvaise répartition des moyens de paiement, notamment de l’or. Diriger l’économie ne peut signifier, pour cette école, que régler la distribution du crédit et diriger la monnaie en vue d’éviter la congestion des artères principales de la circulation du capital.

Cependant, un examen approfondi des théories monétaires révèle que celles-ci expriment d’une manière confuse et détournée le fait de la surproduction générale. Dans la mesure où le professeur Cassel et ses disciples attribuent les crises au manque de moyens de paiement et à l’insuffisance de l’extraction d’or, ils conviennent implicitement que la production est supérieure à la capacité d’achat de la société. Mais au lieu de rattacher l’insuffisance de cette capacité d’achat à la répartition des revenus, ils incriminent une soi-disant pénurie d’or, comme si l’or était acheteur lui-même, et non moyen d’achat, comme si le manque de demande solvable découlait du manque d’or, et non de la répartition des revenus.

Par surcroît, ils ne songent point à expliquer comment et pourquoi une pénurie d’or prévue pour 1940 a pu provoquer le déséquilibre actuel entre la production et la consommation. En dépouillant les théories monétaires de leur parure « dorée », on s’aperçoit que pour elles aussi, l’économie dirigée se ramène, en dernière analyse, à l’établissement de l’équilibre entre la production et la consommation, et non à la simple guérison de certaines perturbations circulatoires.

En un mot, l’économie dirigée se conçoit, sauf pour les adeptes de Say, comme la mise en équilibre d’une production excédentaire et d’une consommation déficitaire. Le problème existe et exige une solution. Deux questions sont à résoudre dans cet ordre d’idées : 1° Par quoi sont déterminées la capacité d’achat de la société et sa répartition entre les classes sociales ? 2° Est-il possible d’agir sur cette répartition afin de faire coïncider la valeur de la production et le pouvoir d’achat social ?

À première vue, et c’est ce qui rend la thèse de Say si attrayante pour des esprits simplistes, la valeur créée dans la production d’une période donnée semble exactement équivalente à la capacité d’achat sociale, au total des revenus. La valeur produite pendant cette période apparaît en effet de deux façons : d’une part, incorporée aux marchandises, d’autre part, sous forme de revenu, comme plus-value et comme salaire entre les mains des capitalistes et des salariés. À chaque parcelle de valeur nouvellement produite correspond une parcelle équivalente de revenu nouveau.

On s’aperçoit de la faiblesse du raisonnement de Say si l’on tient compte de la répartition de ce revenu entre capitalistes et salariés ainsi que de la subdivision de la plus-value en fonds de consommation et en fonds d’accumulation. La valeur créée pendant un laps de temps donné et correspondant rigoureusement aux revenus des classes impliquées dans la production se présente donc comme la somme des salaires, de la plus-value destinée à la consommation, et de la plus-value destinée il l’élargissement de la production, subdivisée à son tour en moyens de production supplémentaires et en salaires additionnels.

Les proportions respectives de ces trois éléments sont loin d’être invariables. Au cours du développement général de l’économie capitaliste, de même qu’au cours de chaque cycle industriel (d’une crise à l’autre) l’accroissement de ces éléments obéit à un rythme différent. Le total des salaires augmente moins vite que le total de la plus-value ; la plus-value consommable, tout en augmentant en chiffres absolus, diminue relativement à la plus-value accumulable. Les deux tendances reposent sur une loi inhérente à l’économie capitaliste, sur l’accroissement de la productivité du travail imposée au capital par la pression impérieuse de la concurrence. Celle-ci oblige chaque capitaliste (ou chaque société anonyme) à agrandir l’échelle de la production, à développer les forces productives, à affecter une part toujours croissante de la plus-value à l’accumulation. La baisse du salaire par rapport à la plus-value en est la conséquence inévitable, déduite théoriquement par Karl Marx et confirmée par les statistiques.

Ces deux tendances conduisent périodiquement, vers la fin de chaque cycle, au déséquilibre connu entre la production et la consommation, en dépit de la coïncidence absolue entre le total des valeurs produites et le total des revenus. Bien que le but véritable de l’économie capitaliste soit la production de plus-value, le capital est obligé, pour atteindre ce but, de produire pour la consommation. Or, si l’on examine les trois éléments constitutifs du revenu total, on trouve que les deux éléments représentant la capacité de consommation, le salaire et la plus-value consommable, diminuent par rapport à la plus-value affectée à l’élargissement de la production. À un moment donné, il y a trop de moyens de consommation par rapport aux revenus consacrés à cet usage ; le pouvoir d’achat total de la société pourrait les absorber, mais une part exagérée de ce pouvoir d’achat étant destinée à fonctionner comme capital, à acheter des moyens de production, et non à être consommée, la mévente des objets de consommation devient inévitable et entraîne par ricochet l’arrêt de l’accumulation, la non-utilisation du pouvoir d’achat prévu pour l’achat de moyens de production. La surproduction générale survient.

Telle est la loi de l’économie capitaliste qu’il faut connaître ; c’est à la question de savoir s’il y a moyen de lutter efficacement contre les tendances ci-dessus indiquées qu’il faut répondre, si l’on veut résoudre le problème de l’économie dirigée. Ceux qui préconisent aujourd’hui l’économie dirigée dans le cadre du capitalisme n’ont pas encore répondu à cette question ; ils sont même loin de l’avoir posée.

C’est plutôt instinctivement qu’ils cherchent des remèdes contre les manifestations extérieures des deux lois qu’ils ignorent, mais dont ils sentent l’action.

Contre la loi qui fait baisser le salaire par rapport à la plus-value, on fait appel aux « hauts salaires », à la coopération, à la législation sociale, au « capitalisme ouvrier » (actionnariat ouvrier, etc.), à la « démocratisation de la fortune ». Tous ces remèdes peuvent sans doute, en période de prospérité, contribuer à augmenter en chiffres absolus le revenu de la classe salariée. Mais rien ne saurait en arrêter la baisse relative, qui repose sur le fait que la force de travail est une marchandise, fondement de toute l’économie capitaliste.

Quant à la diminution de la plus-value consommable par rapport à la plus-value accumulable, le capital s’efforce lui-même de supprimer ou du moins d’atténuer cette tendance. La monopolisation n’est en dernière analyse qu’un effort désespéré en vue d’enrayer l’accumulation pour adapter la production à une capacité de consommation trop restreinte. Mais la concurrence continue au sein et en dépit des monopoles. Elle ne peut être supprimée que par une monopolisation absolue et générale, embrassant toutes les branches essentielles de l’économie capitaliste, non seulement sur le plan national, mais à l’échelle mondiale, par une organisation universelle de la production et de la circulation, que Hilferding a laissé entrevoir dans son Finanzkapilal et dont Boukharine a tracé, quinze ans plus tard, une caricature bien involontaire, en opposant à Rosa Luxembourg son « capitalisme d’État ».

Cependant, un tel « cartel général » (Hilferding) ou « capitalisme d’État » (Boukharine) ne serait plus du capitalisme. Il serait sans doute une économie dirigée, mais une économie dirigée par une nouvelle oligarchie ploutocratique s’apparentant à l’oligarchie féodale d’antan.

Il n’y a aucun remède, sur la base du capitalisme, contre la loi de la baisse du salaire relatif, ni contre celle de l’accroissement du taux d’accumulation. La suppression de la première exige l’abolition de l’antagonisme salaire - plus-value, donc du salariat et l’instauration du socialisme ; cette abolition implique celle de l’accroissement du taux d’accumulation, qui procède de la première loi. La suppression de la seconde loi réclame l’abolition générale et universelle de la concurrence, ce qui ouvrirait la voie à l’avènement d’une dictature ploutocratique, aussi sévère et implacable sur le plan politique que rigide et absolue sur le plan économique.

Comme la suppression des deux lois en question est indispensable à la réalisation de l’économie dirigée, nous en arrivons à cette conclusion générale que l’économie dirigée est au-delà du capitalisme, soit comme solution réelle, socialiste, soit comme solution imaginaire, ploutocratique.

* * *

L’économie dirigée ploutocratique est une solution irréelle, parce que son instauration ne saurait être que l’aboutissement d’une série de conflagrations impérialistes anéantissant la civilisation moderne : au moment où le dernier vainqueur impérialiste, ayant réduit tous les autres à sa merci, serait parvenu à imposer sa loi au monde, celui-ci, ruiné, dévasté, avec ses villes tentaculaires en décombres, son appareil de production ravagé et sa population décimée, se prêterait à tout sauf à une organisation mondiale et rationnelle de l’économie. Il faut choisir entre le socialisme et la rechute dans la barbarie ; Seul le premier terme du dilemme peut réaliser l’économie dirigée.

Pourtant, un coup d’œil sur l’économie moderne permet d’apercevoir tant d’embryons d’économie dirigée qu’on peut se demander pourquoi ces embryons, en grandissant et en fusionnant, ne pourraient transformer graduellement le capitalisme en économie dirigée.

Chaque nation capitaliste constitue, sur son territoire, une sorte d’économie dirigée, incomplète, il est vrai, mais susceptible d’une certaine évolution. La législation dirige l’économie dans une certaine mesure : les lois édictées sur les tarifs de douane règlent les importations ; une législation spéciale sur l’immigration agit sur le marché du travail ; l’influence de l’État sur les tarifs des transports favorise l’exportation et permet, soit de limiter l’importation, soit de la prohiber, soit de la faciliter dans l’intérêt de l’industrie nationale ; la législation sociale (par exemple l’assurance chômage) pénètre toute l’économie d’une certaine dose de conscience et de direction ; la législation fiscale peut stimuler ou étrangler la production nationale et influer, dans une certaine mesure, sur la répartition du revenu ; la politique des subventions à l’égard de telle ou telle industrie peut favoriser le dumping et procurer des primes à l’exportation dont les contribuables font les frais ; en tolérant les ententes industrielles nationales, voire en donnant suite à leurs velléités protectionnistes, l’État leur permet de spolier les consommateurs nationaux et de se procurer de nouvelles primes à l’exportation.

Incontestablement, l’ensemble des mesures législatives relatives à l’économie, en un mot, toute la politique économique d’une nation capitaliste, y compris la monopolisation des principales industries, est une amorce d’économie dirigée. Il s’agit seulement de savoir jusqu’à quel point une telle direction de l’économie est possible. Le vice essentiel de l’économie nationalement dirigée réside en ce que l’économie nationale, si réelle soit-elle au point de vue juridique, est, économiquement parlant, une fiction. Il n’existe aujourd’hui qu’une économie mondiale, cette puissante unité et entité dont les différents lambeaux imprégnés de législations et organisations nationales diverses sont parties intégrantes et inséparables. La production et la consommation dans le cadre national sont absolument étrangères l’une pour l’autre : il est impossible d’établir entre elles la correspondance que réclame l’économie dirigée, car à notre époque caractérisée avant tout par la division internationale du travail, cette correspondance ne saurait se réaliser qu’internationalement. Il est encore plus impossible dans le cadre national que sur le plan international, d’influer sur les deux lois énoncées plus haut, car la concurrence sur le marché mondial exige de plus en plus impérieusement, à mesure que se rétrécissent les débouchés, la diminution des salaires (non seulement relative, mais absolue) et l’accélération de l’accumulation.

Aussi la politique économique de chaque capitalisme national, visant à « diriger » l’économie surtout dans le sens d’un renforcement des exportations, va-t-elle directement à l’encontre de ce que le capital devrait faire - s’il le pouvait - pour équilibrer la production et la consommation. Il en résulte une désorganisation encore plus grave de l’économie mondiale, la lutte de tous contre tous, autour des débouchés en voie de rétrécissement. Et même si un capitalisme national exceptionnellement outillé et particulièrement bien « dirigé » réussissait à se soustraire à la crise en en rejetant le poids sur ses rivaux, il finirait cependant par en être atteint puisque des concurrents ruinés sont des clients défaillants.

Mais il y a les ententes internationales. La cartellisation internationale, en se développant et en se multipliant, ne présente-t-elle pas plus de chances de succès ? Elle souffre, malheureusement, d’une faiblesse organique : la fragilité.

Pour les monopoles, nationaux ou internationaux, la direction de l’économie est loin d’être un but ; elle n’est qu’un sous-produit accidentel et accessoire de la lutte des monopoleurs pour l’accroissement du taux de profit. Si les monopoles nationaux font preuve d’une certaine solidité, les monopoles internationaux sont dans la plupart des cas d’une extrême faiblesse. Les industriels d’une branche donnée sont souvent obligés de maintenir l’entente nationale qu’ils ont créée, même s’ils la jugent onéreuse, pour échapper aux inconvénients encore plus graves qui résulteraient de la rupture du monopole. La reprise de la concurrence sous sa forme aiguë menacerait l’un ou l’autre d’entre eux de la faillite. Les ententes internationales, au contraire sont généralement des monopoles de second degré, constitués par des monopoles nationaux. Aussi la reprise de la concurrence aiguë entre monopoles nationaux n’a-t-elle pas les mêmes conséquences que l’exacerbation de la concurrence entre ex-membres d’une entente nationale. Tandis que ces derniers, réduits à leurs ressources propres risquent de se ruiner à bref délai, les monopoles nationaux rompant une entente internationale peuvent mobiliser les ressources de leurs nations respectives : chacun dispose plus ou moins de l’appareil d’État de son pays, et la lutte entre monopoles nationaux peut dégénérer rapidement en lutte des différentes économies nationales dirigées, se combattant les unes les autres par le renforcement du protectionnisme, la multiplication des primes à l’exportation, le dumping sous toutes ses formes. Pour que les ententes internationales soient autre chose que des formations fragiles et éphémères, il faudrait commencer par supprimer les différentes économies nationales dirigées. Mais la suppression de celles-ci présupposerait la dissolution des monopoles nationaux, possible seulement si les ententes internationales étaient des monopoles absolus d’où toute concurrence serait bannie. Cercle vicieux, que les lois du capitalisme ne permettent pas de briser.

Par ailleurs, tout succès du principe de l’économie dirigée dans une branche quelconque, sous forme de monopolisation nationale ou internationale, est obtenu par l’accroissement de l’anarchie générale, par la désorganisation des branches non monopolisées. Tout en s’efforçant vainement de freiner l’accroissement du taux d’accumulation, les monopoles renforcent la baisse du salaire relatif, par leur politique des prix surélevés, des impôts et des droits de douane exagérés qui frappent la grande masse des consommateurs.

* * *

Les récents projets d’économie dirigée peuvent être divisés en deux catégories : il y a des projets absolument utopiques, et d’autres, d’apparence plus modeste, qui contiennent une certaine dose de réalisme.

De la première catégorie relèvent les projets de monnaie dirigée et le programme de la revue Plans (supplément au numéro de juillet dernier).

À la seconde appartiennent le plan Delaisi, le plan Francqui et les solutions préconisées par M. Jean Dessirier depuis que la crise a atteint la France.

Les programmes de M. Bertrand de Jouvenel (Cahiers Bleus du 28 mars 1931) et de M. Georges Valois (Cahiers Bleus du 27 juin-4 juillet 1931) se placent entre les deux.

La revue Plans préconise la création des « États confédérés de France et d’Allemagne », fondés sur l’union douanière, l’unité monétaire et le désarmement. Ce que nous avons développé plus haut nous dispense de commenter ce projet dans les détails. L’unité monétaire n’apporte aucun remède à la surproduction chronique qui est à la base des maux à guérir. L’union douanière simplement franco-allemande ou généralement européenne, est irréalisable parce que les intérêts menacés s’appuient sur de puissants appareils d’État entièrement à leur service. C’est le cercle vicieux dont nous avons parlé en analysant les monopoles nationaux et internationaux. Et même si, par miracle, cette union douanière pouvait se réaliser, elle n’apporterait aucune solution, car il s’agit de diriger l’économie mondiale, toute tentative de « diriger » des économies parcellaires (qu’elles soient nationales ou continentales) menaçant d’aggraver le chaos universel. L’expérience de l’économie yankee, continentalement « dirigée », l’a démontré à satiété. La solution européenne n’abolirait pas les compétitions impérialistes ; elle ne ferait que les poser sur un plan plus vaste. Elle ne résoudrait point le problème central, celui des débouchés ; elle ne ferait que l’aggraver parce qu’elle conférerait au bloc économique franco-allemand (ou européen) une force de propulsion décuplée, un besoin accru de consommateurs solvables. L’équipe de Plans devrait se demander, avant de présenter des projets, si l’économie dirigée est possible sur la base du système capitaliste.

En ce qui concerne les différents projets de monnaie dirigée, il en est qui préconisent avant tout la stabilisation des prix, soit par la stabilisation de l’or, soit par sa suppression en tant que mesure des valeurs, soit par un maniement approprié des leviers du crédit. D’autres, sans s’attaquer aux fluctuations des prix, voudraient remédier au déséquilibre entre la production et la consommation par une répartition, plus rationnelle de l’or au moyen d’une distribution plus judicieuse du crédit.

La réfutation de toutes les illusions concernant la stabilisation des prix, voire celle de la valeur de l’or (sic), exigerait une étude spéciale. Bornons-nous à indiquer que l’instabilité de la valeur du matériel monétaire est une condition sine qua non à l’existence même de toute économie marchande, et partant aussi de l’économie capitaliste : les oscillations des prix sont la force régulatrice essentielle de cette économie et la monopolisation de l’or, préconisée par certains champions de ces projets, supprimerait pour la mesure même des valeurs la loi de la valeur, sur laquelle repose tout le processus de production et de circulation du capital. L’économie capitaliste privée de l’une de ses bases les plus essentielles - voilà une idée vraiment digne d’une école qui voit dans le mouvement des prix la cause, et non la manifestation du mouvement cyclique de la production moderne !

Les projets tendant à remédier à la « répartition défectueuse » de l’or, quoique moins saugrenus que les thèses monétaires ci-dessus, sont cependant aussi irréalisables. Pour se rendre compte qu’une distribution, si judicieuse soit-elle, du crédit ne peut faire concorder la production et la consommation, il suffit de mettre en évidence les différentes modalités d’une telle opération. Il existe, en effet, de grosses quantités de capital-argent à la recherche de placements rémunérateurs. Ces sommes peuvent être mises à la disposition de trois catégories de consommateurs : les salariés, les capitalistes, le milieu non capitaliste (pays d’outre-mer, Europe orientale).

Pour ce qui est des salariés, il serait insensé de demander au capital d’effectuer des placements parmi eux. Le crédit à la consommation, pratiqué aux États-Unis jusqu’au krach de Wall Street, n’a pas donné de résultats particulièrement encourageants. Le capital cherche à se placer pour produire de la plus-value, et non pour financer la consommation d’une catégorie de gens dont la fonction essentielle est d’être privée des moyens de production et qui, par conséquent, ne saurait mettre ce capital-argent en valeur.

Si une classe sociale est prédestinée à bénéficier du crédit, c’est bien la classe capitaliste elle-même. Mais le capital ne fait appel au crédit que pour alimenter son fonds d’accumulation. Le fait que tel ou tel capitaliste se procure à crédit certaines parties de son fonds de consommation ne change rien à cette constatation générale. Or, l’existence d’une grande masse de capital-argent disponible ne fait que traduire la dépression chronique, la pléthore du capital productif. Les capitalistes industriels n’ont pas besoin du crédit pour élargir leur appareil de production, celui-ci étant déjà trop vaste. Et lorsque, en temps de crise, ils font appel au crédit, c’est avant tout pour le financement de leurs stocks invendables et pour la consolidation de leur situation devenue précaire. Mais dans ce cas, le capital disponible refuse le plus souvent de se placer, en raison des risques accrus. Ainsi, le circuit est interrompu des deux côtés par des causes objectives, et les projets de rétablir la prospérité au moyen d’une « répartition judicieuse » du crédit sont condamnés à demeurer des vœux stériles. Le crédit ne peut ni « corriger » ni supprimer les deux lois qui président à la répartition du revenu dans l’économie capitaliste.

Reste le crédit accordé au milieu non capitaliste. Pas plus que les deux formes précédentes du crédit, cette dernière ne peut influer sur la répartition du revenu social, ni modifier les lois de la baisse du salaire relatif et de l’accroissement du taux d’accumulation. Ce n’est d’ailleurs point étonnant, puisque le crédit ne peut ni créer des débouchés ni rendre solvables des consommateurs qui ne le sont pas. Mais le crédit accordé au milieu non capitaliste constitue, dans certaines limites une solution viable, précisément parce qu’il déborde le cadre du système capitaliste et la répartition du revenu propre au capitalisme. Les bénéficiaires de cette troisième forme du crédit sont des pays dont les populations ont une source de revenu indépendante du capital et dont la capacité d’achat, loin de procéder de la production capitaliste, s’ajoute au pouvoir d’achat de cette. dernière. Certes, le crédit ne crée point ces débouchés extra capitalistes, mais de virtuels, il les rend réels : son rôle est celui d’un catalyseur.

C’est en ce sens qu’on peut qualifier de relativement réalistes les projets de M. Delaisi et de M. Francqui. Ceux-ci renoncent d’avance à vouloir diriger le capitalisme par les méthodes utopiques caractérisées plus haut. Ils se bornent à préconiser ce qui est théoriquement réalisable sur la base du système capitaliste, sans demander à celui-ci des prodiges impossibles. Ils proposent simplement l’octroi de crédits massifs aux régions à peine industrialisées du globe, susceptibles de constituer des débouchés d’envergure. M. Delaisi a surtout en vue l’Europe agricole, tandis que M. Francqui s’abstient de spécifier les régions à irriguer de crédits catalyseurs. Si ces projets sont théoriquement réalisables, leur mise en pratique se heurte cependant à une série d’obstacles : l’insécurité politique de ces régions qui rend les capitaux disponibles extrêmement circonspects, la crise agricole qui compromet le remboursement ultérieur de ces crédits, et enfin, le fait que les régions extracapitalistes encore libres deviennent de plus en plus rares. Le résultat que pourrait donner l’application de ces programmes serait forcément aussi modeste que le but poursuivi : une atténuation passagère de la crise chronique, mais non point une économie effectivement et durablement dirigée.

Le projet de M. Georges Valois, esquisse d’un plan décennal de mise en valeur rationnelle de l’Afrique par l’Europe, est réaliste dans sa partie critique, dans l’exposé des causes de la crise, mais la partie constructive ne répond guère aux prémisses. L’auteur constate que la crise actuelle est la conséquence de la fermeture progressive des anciens marchés de l’Europe industrielle, « fermeture venant du fait que les nationaux de ces différents marchés sont devenus producteurs, non seulement pour leurs besoins, mais pour l’exportation », et en conclut qu’il faut trouver, immédiatement, un nouveau débouché à l’activité européenne. Aussi est-on un peu surpris de voir M. Valois préconiser en fin de compte la mise en valeur de l’Afrique qui, il en convient, n’est qu’un « marché de l’avenir », la faible densité de ses populations et le caractère primitif de ses peuples équatoriaux l’empêchant d’être un marché du présent. Il s’agirait, bien entendu, d’une entreprise « collective, européenne (et non plus anglaise ou française, allemande ou italienne, etc.) ».

Cependant, l’Europe capitaliste a un besoin immédiat de débouchés. L’Afrique ne pouvant en fournir tout de suite, la pénurie de débouchés oblige les différents pays européens à se combattre de plus en plus âprement, et l’action collective devient impossible. En outre, l’Afrique, après être passée par le stade de « chantier », pourra-t-elle devenir, plus tard, le marché tant désiré ? En supposant - pure hypothèse - la première étape franchie, l’Afrique aura absorbé une quantité notable de moyens de production et de main d’œuvre d’Europe. Sera-t-elle pour cela un débouché ? Ce fut le cas de l’Amérique, avant qu’elle ne devint concurrente de l’Europe. Mais l’Amérique a pu être, pendant une certaine période, un débouché parce que les immigrants s’établirent comme fermiers, comme producteurs indépendants : la première phase de la colonisation américaine ne détruisit pas le milieu non capitaliste, elle le recréa et le développa, au contraire. La pénétration rationnelle de l’Afrique, dans les conditions actuelles, ne saurait aboutir qu’à l’implantation des rapports capitalistes sur le continent noir. Le niveau des forces productives européennes et la nécessité de l’aménagement rationnel du chantier africain ne toléreraient point l’établissement d’un grand nombre de producteurs indépendants. Si l’Europe parvenait à canaliser vers l’Afrique une partie tant soit peu considérable de son trop plein de main-d’œuvre, celle-ci n’aurait aucune chance d’y échapper à la domination du capital. Et le salariat demeurant à la base des rapports sociaux, on aurait à nouveau l’action incoercible des deux lois régissant le mouvement du pouvoir d’achat social : loin de constituer un marché pour l’Europe, l’Afrique serait contrainte de chercher des débouchés pour sa propre production.

M. Bertrand de Jouvenel a ébauché un plan de valorisation coloniale et de collaboration européenne apparenté sur quelques points à celui de M. Valois, et sur quelques autres aux plans de MM. Delaisi et Francqui. Son idée directrice est réaliste, mais dans le cadre du capitalisme : l’octroi de crédits aux colonies pour les substituer aux débouchés défaillants de l’Europe. L’auteur du projet envisage, pour l’octroi de ces crédits et la répartition des commandes, la coopération des pays européens, et c’est en cela que nous voyons le côté utopique de sa thèse. Néanmoins, M. de Jouvenel fait preuve, dans son opuscule, d’un remarquable esprit constructif en développant tout un système de compensation et d’indemnisation destiné à faciliter l’unification de l’Europe et la suppression graduelle des barrières douanières. Pour illusoire que soit ce système sur la base de l’économie capitaliste, les propositions techniques, relatives au fonctionnement des organismes de compensation, méritent d’être retenues pour l’époque où l’unification économique de l’Europe se présentera sous des auspices plus favorables, c’est-à-dire dans une économie « mixte », où la propriété privée sera abolie ou en voie d’abolition dans les branches essentielles et vitales de l’économie.

* * *

L’analyse théorique démontre que le problème de l’économie dirigée est insoluble dans le cadre du capitalisme. La pratique confirme cette constatation. Dans la mesure où l’on s’est efforcé de « diriger » l’économie capitaliste, on s’est vu obligé d’en contrarier les lois fondamentales, d’en entraver le fonctionnement normal, et l’aggravation de toutes les contradictions internes du système en a été la conséquence. Les différents projets d’économie dirigée ne sont viables que dans la mesure où ils renoncent à diriger effectivement l’automatisme des lois capitalistes qui règlent d’une manière impérative la répartition du revenu social, dans la mesure où ils tentent, non point de violer cet automatisme, mais de lui échapper en recherchant des débouchés situés hors du système, dans la mesure oil ils se soumettent à ces lois, au lieu de vouloir les forcer. C’est là, en effet, le seul moyen de « diriger » une économie indirigeable par définition. Mais, soumission à ces lois signifie participation, active ou passive, consciente ou inconsciente, à l’expansion implacable que le système est forcé de poursuivre en vertu des tendances inaltérables qu’il engendre sans cesse et qu’il subit sans pouvoir les dominer. C’est, en fin de compte, la participation à une politique qui, loin d’aboutir à la direction de l’économie, finit par aggraver toutes les contradictions et augmenter la désorganisation et l’anarchie. Puisque l’économie dirigée se situe hors du cadre du système économique existant, toute action en sa faveur ne peut être efficace qu’en se manifestant, théoriquement et pratiquement, comme critique de ce système, comme dépassement de son cadre, comme atteinte réelle à ses lois fondamentales. Cette œuvre, seul le socialisme peut l’accomplir.

Lucien LAURAT.

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