
De divers côtés, on nous a demandé des renseignements sur le sort de D. Riazanov et de l’Institut Marx-Engels (cf. La Critique Sociale, n° 2).
La cruelle injustice dont Riazanov a été victime n’a pas manqué d’émouvoir les plus anciens membres du parti bolchevik dont l’intervention n’a pu cependant qu’atténuer les mesures de rigueur prises contre lui. Le fondateur de l’Institut Marx-Engels est déporté à Saratov. Aux dernières nouvelles, il était malade.
Quant à l’Institut, il est supprimé en fait, sous l’apparence d’une « fusion » avec l’Institut Lénine. Presque tous ses collaborateurs ont été révoqués, dispersés, quelques uns déportés ou emprisonnés sans motif connu. Les Archives Marx-Engels, les Annales du Marxisme ne paraissent plus. On n’entend plus parler de l’édition des Œuvres Complètes de Marx et Engels, commencée par Riazanov et dont plusieurs tomes étaient pourtant déjà prêts pour l’impression. Toutes les publications de l’Institut, et notamment le Manifeste communiste préfacé et annoté par Riazanov, sont retirées de la circulation.
Cela seul suffirait à caractériser un régime politique.