
Un des principaux dirigeants du Parti social-démocrate de Pologne et de Lituanie (SDKPiL), compagnon de Rosa Luxemburg pendant 15 ans. Arrêté pour la première fois en 1888. Il joue un rôle important pendant la révolution de 1905 en Pologne. Il y est condamné à six ans de travaux forcés mais il s’évade et regagne l’Allemagne.
Rompu au travail clandestin, prudent et efficace, il est à lui seul presque (vu le nombre de militants incarcérés ou au front à partir de 1915) toute l’organisation qui publie pendant la guerre les Lettres de Spartakus (dépassant les 30 000 exemplaires fin 1916) ou diffuse la Brochure de Junius (imprimée à Zurich). « Une bonne part du meilleur de Léo est renfermé dans l’oeuvre et la vie de Rosa. Son insistance fougueuse et inlassable et sa critique créatrice ont également contribué à ce que la Brochure de Junius ait vu le jour aussi rapidement et d’une manière aussi magistrale, de même que si elle a pu être imprimée et diffusée malgré les difficultés extraordinaires résultant de l’état de siège, c’est à sa volonté de fer que nous le devons », dit Clara Zetkin dans la deuxième édition allemande de la brochure. Participant à la fondation du KPD, élu à sa direction, il est assassiné alors qu’il essaie de faire toute la lumière sur la mort de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg.
Né à Vilna (Lituanie)en 1867, Léo Jogichès y organise des cercles socialistes pour rejeter le populisme à partir de 1885. Pour échapper à la police, il quitte l’empire russe en 1890 en emportant une grande partie de sa fortune personnelle. Cela lui permet de financer le 1er numéro du journal "la cause ouvrière" paru à Paris et lancé par Rosa Luxemburg alors étudiante à Zurich et membre du Parti Socialiste Polonais auquel elle va s’opposer, en particulier sur la question nationale, en fondant la Social-Démocratie du Royaume de Pologne dès 1894, puis la Social-Démocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie (celle-ci dirigée par Félix Djerzinski) en 1899. A Zurich, dès 1892 et après le Congrès de la IIe Internationale de 1893, Léo Jogichès était entré en conflit avec Plekhanov et son groupe "L’Emancipation du travail" à propos de l’impression et de la diffusion d’écrits marxistes en Russie. Refusant les exigences de ce dernier, Jogichès avait créé sa propre maison d’édition. Leurs désaccords s’amplifièrent et, avant la mort d’Engels, Plekhanov lui avait décrit le compagnon de Rosa Luxemburg comme "une seconde édition de Netchaïeff en format réduit" (Lettre du 16 mai 1894).
cf. voir la suite dans "la Gauche polonaise (1883-1917)", annexe de "Les Racines d’Octobre 17", brochure du PIC disponible aus éditions Spartacus.
En janvier 1919, Léo Jogiches, grâce à son habitude de la clandestinité et à ses multiples pseudonymes, échappa aux massacres des corps-francs et aux recherches des sbires de EBert/Noske/Scheidemann. Il fut dénoncé (sans doute par Wilhem Pieck, futur chef stalinien du PC Allemand), arrêté et abattu dans sa cellule au milieu du mois de mars 1919.
La plupart des informations sont tirées de l’ouvrage de J.P Nettl (biographie en 2 tomes de Rosa Luxemburg).