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mercredi 3 mai 2017
   
Brèves
Mardi 21 mai - La Revue Z à Terra Nova
lundi 20 mai
Mardi 21 mai 2013 à 19h, rencontre à la Librairie Terra Nova de Toulouse avec l’équipe de la revue Z à l’occasion de la parution du dernier numéro Thessalonique & Grèce, aux éditions Agone. Après une enquête collective au nord de la Grèce, la revue Z viendra présenter son dernier numéro : Thessalonique dans la dépression européenne. Bricolages quotidiens et résistances insolvables.
Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs
lundi 6 février
Le sommaire des articles de la revue Lutte de classe, publiée par le GLAT, a été largement augmenté, notamment sur la période 1971-1975. Pour tous les numéros listé, une version PDF est maintenant accessible en ligne. Bonnes lectures !
Mise à jour du catalogue du fonds documentaire
jeudi 1er septembre
Une nouvelle version mise à jour du Catalogue du Fonds Documentaire Smolny, très largement étendue (une vingtaine d’entrées supplémentaires) est en ligne ce jeudi 1er septembre 2011. Merci aux contributeurs. D’autres titres à suivre...
Ouverture des archives numériques du CERMTRI
lundi 15 août
Le CERMTRI a décidé de créer une bibliothèque numérique avec l’objectif de numériser le maximum de ses archives et de ses collections. Pour démarrer : La revue « Bulletin Communiste » (1920-1933) ; le journal « La Vérité » (1957-1958) ; la revue des « Cahiers du mouvement ouvrier » (2002-2011). Soit déjà 428 documents ce qui représente 6395 pages. Bravo pour cette excellente initiative !
Sur le Web
[infokiosques.net]
Nous nous auto-organisons et nous montons un infokiosque, une sorte de librairie alternative, indépendante. Nous discutons des publications, brochures, zines et autres textes épars qui nous semblent intéressants ou carrément nécessaires de diffuser autour de nous. Nous les rassemblons dans cet infokiosque, constituons ainsi nos ressources d’informations, et les ouvrons au maximum de gens. Nous ne sommes pas les troupes d’un parti politique, ni les citoyen-ne-s réformateurices de nos pseudo-démocraties, nous sommes des individus solidaires, qui construisons des réseaux autonomes, qui mettons nos forces et nos finesses en commun pour changer la vie et le monde.
Premiers pas sur une corde raide Montreuil (93) : concert de soutien au Rémouleur, samedi 11 octobre 2014 qcq Tout mais pas l'indifférence Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce Bruxelles : programme de septembre 2014 au local Acrata
Bibliolib
Catalogue de textes d’origine libertaire ou anarchiste, sans habillage particulier (pas de commentaire, d’édition critique, de note). Les textes bruts donc avec une liste d’auteurs qui commence à être significative. Un bon point d’entrée donc pour ceux qui savent à l’avance ce qu’ils cherchent. Attention : ce site s’est fait subtilisé sa précédente adresse par un site pornographique. Notre propre lien a donc été incorrect quelque temps. Nous en sommes désolé.
Pelloutier.net
Sur l’histoire du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme, avec des études, documents et synthèses intéressantes sur Pelloutier, Monatte, La Vie Ouvrière (1909-1914) et sur les mouvements syndicalistes en France, Europe, USA...
Balance
Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier international et de la Guerre d’Espagne. Nombreux articles en espagnol. Textes de Bordiga, entre autres.
Classiques des sciences sociales
Une bibliothèque numérique entièrement réalisée par des bénévoles, fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, sociologue. Comprend de très nombreuses oeuvres du domaine public. La section des "auteurs classiques", en particulier, est une véritable mine, où l’on trouve Bebel, Bordiga, Boukharine, Engels, Fourier, Gramsci, Kautsky, Labriola, Lafargue, Lukacs, Luxemburg, Marx, Trotsky et bien d’autres.
GLAT (1969) : Pour un regroupement révolutionnaire
Manifeste hors série - Juin 1969
8 février 2012 par eric

1. LA SOCIÉTÉ DE CLASSE

1.1 Depuis la dissolution de la communauté primitive, l’histoire de l’humanité a été celle de la société de classe. Passant par différents stades qui correspondaient au développement des forces productives et à la transformation parallèle des rapports de production, la société de classe a atteint avec le capitalisme sa forme la plus perfectionnée. Dans la société capitaliste, en effet, l’exploitation des producteurs par la classe dirigeante ne prend pas une forme directe et visible comme dans les sociétés esclavagiste ou féodale. C’est apparemment en toute liberté que le prolétaire vend sa force de travail au capitaliste et c’est à la suite d’échanges parfaitement réguliers que ce dernier réalise une plus-value, qui semble résulter du fonctionnement de lois économiques objectivement valables pour tous. Mais derrière l’apparence du contrat libre et égal se dissimule la division de la société en une classe de prolétaires qui ne possèdent que leur force de travail (et sont contraints de la vendre pour subsister) et une classe de capitalistes qui possèdent les moyens de production et ont à leur service un État chargé de leur en garantir la jouissance. Dans ces conditions, le travail mort accumulé sous forme de capital domine entièrement le travail vivant, à la fois par l’appropriation de son produit et par la direction du procès de production.

1.2 Les conditions de l’établissement du capitalisme ont donc été la dépossession des producteurs de leurs moyens de travail (paysans chassés des campagnes, artisans devenus salariés) et parallèlement l’accumulation par les capitalistes des moyens d’acheter la force de travail des prolétaires. Ce double aspect - création de nouveaux prolétaires et accumulation de nouveaux capitaux - se retrouve tout au long de la phase d’expansion pendant laquelle le capitalisme envahit le monde entier, détruisant les rapports de production caractéristiques des sociétés qui l’avaient précédé. Mais à mesure que s’affirme la domination capitaliste, la nécessité de l’accumulation prend une autre forme. Contrairement aux producteurs exploités des sociétés antérieures, le prolétariat ne peut pas être enchaîné à la production par la seule violence. Une pression continue est nécessaire, qui ne peut provenir que du bouleversement permanent du mode de production. La classe capitaliste est condamnée à organiser ce bouleversement, qui suppose une accumulation toujours croissante, donc un renforcement de l’exploitation - que ce soit par la baisse du salaire réel ou par l’accroissement de la productivité du travail. Le fait que le renforcement de l’exploitation se heurte à la résistance du prolétariat ne fait qu’accroître le besoin d’accumulation. Cette tendance fondamentale du capitalisme se manifeste à chaque capitaliste par la pression de la concurrence qui élimine à la longue ceux dont les profits sont insuffisants, de sorte que le progrès de l’accumulation s’accompagne d’une concentration croissante des capitaux.

2. LES ORGANISATIONS BUREAUCRATIQUES

2.1 Si la résistance du prolétariat à l’exploitation détermine en dernière analyse l’évolution du capitalisme, le cadre capitaliste a profondément marqué le développement de cette résistance. Les organes de lutte formés par la classe ouvrière - syndicats et partis politiques - qui dès l’origine traduisaient à la fois le mouvement spontané d’auto-émancipation du prolétariat et la mainmise d’une couche de « spécialistes », ont rapidement basculé dans ce dernier sens, et servi de véhicules à l’extension des rapports sociaux capitalistes au sein même du prolétariat. Cette extension - marquée notamment par une hiérarchisation de plus en plus poussée, et la concentration croissante du pouvoir de décision entre les mains de dirigeants spécialisés - reflétait un rapport général des forces défavorable au prolétariat, aussi bien que le caractère hybride des organisations ouvrières compromis entre le prolétariat et la société de classe.

2.2 La bureaucratie qui s’est développée dans les organisations syndicales et politiques de la classe ouvrière joue un rôle différent selon les vicissitudes de l’accumulation capitaliste. Dans la mesure où la bourgeoisie parvient tant bien que mal à assurer cette accumulation, la bureaucratie politico-syndicale est confinée dans le rôle de soutien plus ou moins camouflé de la bourgeoisie. Le syndicat, intervenant d’abord comme honnête courtier dans la fixation du prix de la force de travail, est conduit à assumer de plus en plus vis-à-vis de celle-ci des fonctions disciplinaires, qui finissent par faire de lui un rouage de l’entreprise capitaliste. De même, la social-démocratie, derrière les proclamations incendiaires et les parades révolutionnaires s’est préparée par un exercice assidu de la prostitution parlementaire au rôle de sauveur du capital qu’elle a joué en maintes occasions.

2.3 La bureaucratie n’intervient au service de la bourgeoisie que pour autant que celle-ci se montre apte à jouer elle-même son rôle historique. Là où l’accumulation du capital s’est trouvée compromise par la faiblesse permanente ou temporaire de la classe dirigeante, on a vu se développer des bureaucraties « révolutionnaires » qui cherchaient par la violence à prendre elles-mêmes en mains l’accumulation. Une telle révolution, lorsqu’elle réussit, aboutit à la mise en place d’un capitalisme bureaucratique d’État, qui unifie la classe capitaliste autour de l’appropriation collective du capital social sans modifier en rien la situation du prolétariat, ni les rapports entre le capital et le travail, C’est ainsi qu’en Russie le parti bolchevik, porté au pouvoir par l’effondrement du tsarisme, a fourni une bonne partie des cadres dirigeants du premier capitalisme bureaucratique d’État.

2.4 Dans plusieurs pays d’Europe occidentale, l’affaiblissement du capitalisme au lendemain de la première guerre mondiale entraînait la majorité des organisations social-démocrates dans le sillage du stalinisme. Le fait qu’il ne s’agissait que d’une évolution circonstancielle s’est confirmé par le retour progressif des bureaucrates staliniens dans le giron social-démocrate, à mesure que la bourgeoisie démontre qu’elle est encore en mesure de faire fonctionner le capitalisme. En revanche, dans les pays sous-développés où la bourgeoisie est trop faible pour créer les conditions de son propre pouvoir, notamment en se débarrassant des survivances féodales dans l’agriculture, la révolution capitaliste est prise en charge par des bureaucraties qui, du reste, tirent plus souvent leur origine de l’armée de métier que d’organisations ouvrières faibles ou inexistantes.

3. LA CRISE GÉNÉRALE DU CAPITALISME

3.1 Malgré des succès spectaculaires dans le développement des techniques de production, le capitalisme a éprouvé tout au long de son histoire des difficultés de fonctionnement croissantes. Si comme on l’a vu plus haut (paragraphe 1.2) l’accumulation du capital apparaît toujours comme insuffisante pour surmonter la résistance du prolétariat à l’exploitation, d’un autre côté la plus-value destinée à cette accumulation apparaît le plus souvent comme excessive. En effet, il ne suffit pas d’exploiter les travailleurs ; encore faut-il réaliser sur le marché la production qui contient la plus-value extorquée. Or le fonctionnement même du capitalisme limite la capacité d’absorption du marché : le capitalisme souffre simultanément de boulimie et d’indigestion. Au cours de la première phase du développement du capitalisme, le problème était momentanément résolu par les crises périodiques de « surproduction », au prix de la destruction d’une partie du capital et de l’élimination des capitalistes les plus faibles. Cette solution devenant partiellement inopérante avec la concentration croissante du capital - qui entraînait l’élimination partielle ou totale de la concurrence dans les industries les plus importantes - un exutoire fût trouvé sous la forme de l’exportation de capitaux vers les zones précapitalistes. Une fois effectué le partage du monde entre un petit nombre d’États impérialistes, il ne restait plus à ceux-ci qu’à s’affronter militairement pour tenter de modifier la répartition à leur profit. Cette succession de conflits a réduit le nombre des prétendants possibles à la domination mondiale, mais sans qu’aucun d’eux ait pu s’imposer comme capitaliste unique. La survivance des appareils d’État nationaux continue à freiner la concentration du capital sur le plan mondial, et ce d’autant plus que certains des impérialismes actuels se sont développés sur la base du capitalisme d’État. En outre, les possibilités d’expansion vers des sociétés pré-capitalistes tendent à se réduire du fait de la disparition progressive de ces sociétés, phénomène marqué notamment par le violent mouvement national qui secoue les pays sous-développés, à mesure que le capital local tend à constituer de nouveaux états, capables d’imposer un repartage de la plus-value coloniale.

3.2 En définitive, le capitalisme ne trouve de solution à ses problèmes les plus immédiats que dans l’emprise croissante exercée par l’appareil d’État sur l’économie. Or, cette solution ne peut en être une - au moins partiellement - que par l’élimination complète de l’appropriation privée des moyens de production ; et la transformation en capitalisme bureaucratique d’État se trouve encore freinée, dans les pays capitalistes les plus avancés, par les conflits au sein de la bourgeoisie. Mais l’étatisation partielle de l’économie et l’aggravation de la tension entre les classes ont déjà entraîné une évolution sensible des superstructures politiques. La phase d’expansion du capitalisme avait été marquée par l’épanouissement de la démocratie bourgeoise, régime commode qui permettait aux différentes couches capitalistes de régler leurs problèmes par l’intermédiaire du parlement, tout en répandant dans le prolétariat les illusions petites bourgeoises et bureaucratiques. Le rôle de plus en plus important joué par l’appareil d’État, et l’impossibilité de consentir désormais les concessions économiques nécessaires pour s’assurer le soutien électoral de la petite bourgeoisie, ont conduit à l’établissement de l’État fort qui, derrière une façade démocratique des plus minces représente de plus en plus nettement la dictature sans phrase du grand capital. Il suffit du reste d’une aggravation de la crise pour que tout simulacre de démocratie disparaisse, que ce soit dans l’État bureaucratique soi-disant « soviétique » ou « populaire » ou dans l’État fasciste, forme bourgeoise de la transition vers le capitalisme bureaucratique d’État.

3.3 La classe dirigeante est ainsi conduite à faire reposer de plus en plus ouvertement sa domination sur la seule violence, ce qui sape la base des rapports de production capitalistes. La même constatation vaut pour les rapports entre les différentes fractions de la classe capitaliste sur le plan mondial, ce qui fait planer en permanence la menace d’une destruction de la civilisation, voire de l’humanité elle-même. Et même en l’absence d’une catastrophe provoquée par la nouvelle tentative de solution militaire aux problèmes du capitalisme, les bases de la vie humaine se trouvent progressivement sapées par la généralisation des rapports capitalistes à toutes les sphères de l’existence. Le renversement du capitalisme est ainsi posé dans les faits comme une condition de la survie de l’humanité.

4. LA RÉVOLUTION COMMUNISTE

4.1 Le remplacement du capitalisme par une société mieux adaptée aux nécessités actuelles ne peut pas résulter de la définition abstraite d’une telle société, ou de bêlements sur la justice, l’humanité, la fraternité, etc. La nouvelle société sera ou ne sera pas, selon qu’elle se trouve ou non contenue dans l’action réelle du prolétariat qui n’est pas animé, en règle générale, par le désir de transformer la société, mais par la nécessité de se défendre contre l’exploitation. C’est la dynamique de la lutte qui fait découvrir la véritable nature de l’ennemi, et conduit au perfectionnement des méthodes d’attaque et de défense. Ainsi se constitue progressivement la base matérielle de la société communiste fondée sur l’appropriation par le prolétariat des conditions de la vie sociale. Cette analyse n’implique nullement la possibilité d’une substitution graduelle du communisme au capitalisme. Aucune classe dirigeante n’a jamais été délogée du pouvoir autrement que par la violence, et il n’y a aucune raison que la classe capitaliste - dont la domination prend une forme de plus en plus totalitaire - fasse exception. Mais pour qu’une révolution soit possible, les nouveaux rapports sociaux doivent pré-exister, au moins à l’état embryonnaire, au renversement des rapports existants. Le prolétariat n’a que faire des idéalistes qui prétendent lui insuffler une conscience dont il serait dépourvu. Ce sont ses conditions d’existence elles-mêmes qui le préparent au communisme.

4.2 Les seules caractéristiques du communisme qu’il soit utile et possible de préciser dès maintenant sont donc celles que contient d’ores et déjà le mouvement d’auto-émancipation du prolétariat. L’expropriation des capitalistes implique la destruction de l’appareil d’État qui a pour fonction principale la sauvegarde de leur propriété individuelle ou collective. Cet appareil, par sa nature, n’est pas susceptible d’un usage autre que répressif, et ne peut être ni conquis ni transformé en instrument d’un mythique « pouvoir populaire ». L’élimination des corps de répression spécialisés et la liquidation des séquelles du capitalisme impliquent l’armement général du prolétariat. La construction de la société communiste implique le pouvoir de la classe qui incarne les nouveaux rapports de production. La forme que prendra ce pouvoir, et en particulier le type d’organe qui assurera la centralisation nécessaire des décisions, ne peuvent pas être définis actuellement. Mais la destruction du capitalisme implique que la gestion de la production et de la vie sociale reviennent intégralement et sans intermédiaire à l’ensemble des travailleurs, ce qui exclut toute espèce de hiérarchie et toute délégation d’autorité à des représentants, quel que soit leur mode de désignation. La dictature du prolétariat, c’est-à-dire le pouvoir des travailleurs, est l’exact opposé de tous les régimes aujourd’hui existants, y compris ceux qui s’en réclament.

4.3 Les conditions de la révolution mûrissent donc dans la mesure où le prolétariat apprend à gérer sa propre activité. Tant que dure le capitalisme, il ne peut pas s’agir d’une gestion de la production, sous quelque forme que ce soit ; car les conditions mêmes de la production échappent alors au prolétariat. Les coopératives ouvrières et les différentes nuances de la « participation à la gestion » ne sont que des mystifications destinées à mieux enchaîner le prolétariat à la production capitaliste. La seule activité dont le prolétariat peut dès maintenant assurer la gestion, c’est sa propre lutte contre l’exploitation. C’est donc sur ce terrain que se déroule effectivement la lutte des classes : chaque pas fait par une fraction du prolétariat vers l’autogestion de la lutte nous rapproche de la révolution communiste, chaque abandon aux mains d’une direction spécialisée prolonge l’agonie du capitalisme. Historiquement, les progrès accomplis par le prolétariat sont indéniables, et se marquent de façon spectaculaire lors des assauts contre la domination capitaliste que sont les grandes grèves et les insurrections ouvrières. Mais dans l’intervalle de deux crises nodales le progrès est loin d’être linéaire, et fait souvent place à des reflux prolongés. Les organes embryonnaires du pouvoir ouvrier - comités de grève, de lutte ou de défense, conseils ouvriers, etc. - s’effondrent alors ou deviennent des instruments de récupération au service du capitalisme. Seule une fraction numériquement minime du prolétariat - et quelques éléments non prolétariens poussés par la crise du capitalisme sur les positions du prolétariat - parviennent à conserver avec plus ou moins de déformations l’expérience acquise pendant la crise.

5. L’ORGANISATION RÉVOLUTIONNAIRE

5.1 En dehors des périodes de crise sociale - qui sont forcément brèves et espacées - le prolétariat ne peut disposer dans la société capitaliste d’aucune organisation de masse qui lui soit propre. Ce n’est pas par hasard que les partis et syndicats qui ont la prétention de jouer ce rôle ne sont en fait que des instruments du capitalisme. Le fonctionnement du capitalisme implique que l’immense majorité du prolétariat - à plus forte raison les couches non prolétariennes - soit hors d’état de participer à des institutions autres que capitalistes. Le refus de cette participation - souvent dénoncé comme symptôme d’apathie - peut au contraire être considéré comme traduisant le début d’une prise de conscience du rôle réel de la bureaucratie politico-syndicale. Mais il s’en faut de beaucoup que ce refus soit total et s’étende à l’ensemble du prolétariat. Les nécessités de la vie quotidienne et la domination de l’idéologie capitaliste se conjuguent pour entretenir une certaine acceptation, aussi bien des comédies électorales que des appendices bureaucratiques du capital.

5.2 Il est donc exclu de voir dans le prolétariat un bloc homogène tout entier tendu vers la révolution, de même que l’on ne peut pas considérer les couches non prolétariennes comme étant dans leur totalité des soutiens du capital. S’il est illusoire de classer une fois pour toutes les différentes catégories de travailleurs en « avancés » et « arriérés » - car des mutations brusques se produisent au sein du prolétariat - il est indéniable qu’à un moment donné certains éléments sont plus combatifs que les autres, ou plus enclins à prendre eux-mêmes en mains la défense de leurs intérêts. Ce sont ces éléments qui, en période de lutte, provoquent la formation d’organes du pouvoir ouvrier qui, aussi éphémères qu’ils soient, jouent un grand rôle dans la constitution des rapports sociaux communistes. En dehors de ces périodes, les éléments les plus dynamiques n’ont le choix qu’entre l’inaction ou la formation de regroupement qui, n’étant pas représentatifs de la classe, ne peuvent être que des organisations politiques. Condamner en bloc ce genre de regroupement comme étant de nature bureaucratique, c’est se refuser toute possibilité d’accélérer l’évolution historique, et de réduire éventuellement le risque d’une rechute de la société dans la barbarie. Mais il ne s’ensuit pas que toute organisation qui reconnaît la nécessité d’un bouleversement violent de la société joue nécessairement un rôle positif. Les divergences qui séparent les organisations ou groupes révolutionnaires recouvrent, en effet, des influences sociales opposées.

5.3 La quasi-totalité des groupes ou organisations qui se réclament aujourd’hui de la révolution sont en fait des courroies de transmission de l’idéologie et des rapports sociaux capitalistes au sein du prolétariat et des couches sociales qui gravitent autour de lui. Cette transmission s’opère selon deux axes apparemment opposés, mais complémentaires.

a) Les groupes directivistes, se réclamant pour la plupart de la tradition bolchevik (trotskystes, maoïstes, castristes, guévaristes et autres cultivateurs de personnalités mortes ou vivantes) veulent se substituer au prolétariat - qui serait voué par sa nature au réformisme trade-unioniste - pour construire à sa place la direction révolutionnaire, seule capable de coordonner la lutte contre le capital. Ce faisant, et malgré l’incontestable dévouement de leurs militants, ils apportent au capitalisme un renfort inespéré, en consolidant l’adhésion des prolétaires les plus combatifs aux rapports sociaux capitalistes, fondés précisément sur la subordination des producteurs à ceux qui détiennent, en même temps que les moyens de production, la conscience des buts à atteindre et des moyens à utiliser. Que les nouveaux dirigeants réussissent, à la faveur d’une crise aiguë du régime, à imposer au prolétariat et à prendre effectivement le contrôle du capital social, et nous n’aurons fait que troquer une forme de capitalisme pour une autre. En attendant, cette tendance représente objectivement l’embryon d’une éventuelle bureaucratie capitaliste d’État, la possibilité toujours ouverte d’un passage au capitalisme d’État en cas d’effondrement temporaire du régime sous la pression d’une révolution prolétarienne avortée, dont les néo-bolcheviks, à l’instar de leurs modèles, ne pourraient être que les fossoyeurs.

b) Pour être moins évidente, l’influence capitaliste qui s’exerce par l’intermédiaire des groupes et tendances confusionnistes ou platement « spontanéistes » n’en est pas moins réelle. Refusant en général de se reconnaître pour ce qu’ils sont - c’est-à-dire des groupes politiques - ces regroupements, munis ou non d’une étiquette, opposent une obstruction systématique à toute tentative de clarification des positions, et à plus forte raison à toute initiative en vue d’un regroupement organisé des révolutionnaires. Suscitant chez ceux qu’ils parviennent à influencer un quiétisme démobilisateur, ou une agitation brouillonne et sans perspectives, ils répandent sous sa forme primaire - le mythe de la toute puissance de l’individu isolé - l’individualisme bourgeois que les directivistes diffusent sous la forme la plus élaboré du culte du chef. Prenant le contre-pied de la thèse bolchevik, les spontanéistes soutiennent que le prolétariat fera la révolution sans l’intervention d’aucune organisation ; ils sont dès lors bien en peine de justifier leur propre activité - qui n’est certes pas celle du prolétariat tout entier - de même qu’ils sont incapables de faire servir cette activité à autre chose qu’à la stérilisation de quelques militants potentiels.

5.4 En réalité seuls peuvent être considérés comme révolutionnaires ceux qui favorisent systématiquement le développement des rapports sociaux communistes, à la fois en formulant théoriquement l’expérience historique du prolétariat et en appuyant pratiquement son auto-émancipation. Un tel travail implique un combat sans concession contre les bureaucraties politico-syndicales - combat qui sera d’autant plus efficace qu’il prendra la forme, non de dénonciations abstraites, mais de propositions pratiques tendant à l’établissement de la démocratie ouvrière dans la direction des luttes. Il ne s’agit pas de se situer par rapport à la bureaucratie, en réagissant à chacune de ses initiatives - ce qui est une manière de se mettre à sa remorque et finalement de se modeler sur elle - mais de porter l’attaque, théoriquement et pratiquement, contre les rapports sociaux qu’incarne cette bureaucratie. En d’autres termes, le rôle des révolutionnaires n’est pas de donner des directives - ou même des conseils - aux travailleurs quant aux objectifs ou aux modalités de la lutte, mais d’insister en toute circonstance sur l’adoption de formes d’organisation qui permettent la participation consciente du plus grand nombre possible de travailleurs à sa direction.

5.5 La continuité nécessaire de l’action révolutionnaire suppose un minimum d’organisation. Les conditions d’existence dans la société de classe font que les révolutionnaires seront forcément très peu nombreux et très dispersés, et que beaucoup d’entre eux ne feront pas partie du prolétariat. Si l’on prend au sérieux le travail révolutionnaire, il est inconcevable de refuser les mesures pratiques qui seules permettent de le développer en employant au mieux le temps et l’énergie dont on dispose. Mais la nature même du projet révolutionnaire exclut une organisation hiérarchisée. Le principe de base de l’organisation révolutionnaire est que les décisions doivent être prises par l’ensemble des militants, sans que puisse exister un organe de direction spécialisée. Si l’organisation devient trop importante par ses effectifs ou son extension géographique pour qu’une assemblée générale unique soit possible, il n’est pas difficile de centraliser les résultats d’assemblées générales fractionnées. Les prétendues raisons « techniques » qui sont censées justifier le soi-disant « centralisme démocratique » ne font que dissimuler une option politique en faveur du dirigisme, c’est-à-dire en fin de compte en faveur du capitalisme.

5.6 Il est certain qu’aucun statut ne peut protéger l’organisation révolutionnaire d’une dégénérescence bureaucratique. La seule sauvegarde est dans l’assimilation par l’ensemble des militants du contenu réel du projet révolutionnaire. De même l’intervention d’une poignée de révolutionnaires ne peut pas à elle seule influencer de façon décisive le rapport des forces entre le prolétariat et les capitalistes, et donc l’issue de la crise de la société de classe. L’organisation révolutionnaire n’est que l’un des instruments, nés au cours de la lutte des classes qui peut infléchir le résultat de cette lutte. Son rôle propre est de rappeler constamment aux exploités la possibilité qu’ils ont de se libérer par leurs propres moyens de la servitude capitaliste. Ce faisant elle peut être l’instrument d’une réappropriation par le prolétariat de la théorie révolutionnaire, devenue idéologie pendant la montée des organisations bureaucratiques.

Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs (G.L.A.T.)

Juin 1969


Sur le site :

— Sommaire des articles de la revue « Lutte de Classe » ;

Autres articles de cette rubrique
  1. ABENSOUR Miguel (1974) : Manifeste de la collection « Critique de la politique »
  2. ANONYME : Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1937
  3. APPEL Jan (1966) : Autobiographie
  4. APPEL Jan (1966) : Autobiography [english version]
  5. BENBOW William (1832) : Grand National Holiday, and Congress of the Productive Classes
  6. BORDIGA Amadeo (1922) : Le principe démocratique
  7. BORDIGA Amadeo (1922) : Thèses de Rome
  8. BORDIGA Amadeo (1951) : Crue et rupture de la civilisation bourgeoise
  9. BORDIGA Amadeo (1951) : Filling and bursting of bourgeois civilisation

  10. BORDIGA Amadeo (1951) : Piena e rotta della civiltà borghese
  11. BOUKHARINE Nicolas (1917) : La guerre et le socialisme révolutionnaire
  12. BOUKHARINE Nicolas (1937) : À la future génération des dirigeants du Parti
  13. BRENDEL Cajo (1953) : L’insurrection ouvrière en Allemagne de l’Est - juin 1953
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  15. BRETON André & COLLECTIF (1934) : Planète sans visa
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  17. BRETON André (1956) : Hongrie, Soleil levant
  18. CAMUS Albert (1953) : Moscou sous Lénine
  19. CHIRIK Marc (1976) : Présentation de textes de « Bilan »
  20. COLLECTIF (1973) : Garde-fous arrêtez de vous serrer les coudes — Documents
  21. CONTRE-ATTAQUE (1935) : Union de lutte des intellectuels révolutionnaires
  22. DARWIN Charles & WALLACE Alfred (1858) : On the Tendency of Species to form Varieties ; and on the Perpetuation of Varieties and Species by Natural Means of Selection
  23. EISNER Kurt (1918) : An die Bevölkerung Münchens !
  24. ENGELS Friedrich (1842) : Die innern Krisen
  25. ENGELS Friedrich (1842) : Englische Ansicht über die innern Krisen
  26. ENGELS Friedrich (1842) : Stellung der politischen Parteien
  27. FISR (1943) : À tous les travailleurs de la pensée et des bras
  28. GAPONE George & VASSIMOV Ivan (1905) : Pétition des ouvriers au Tsar
  29. GLAT (1969) : Luttes et organisations de classe
  30. GLAT (1969) : Pour un regroupement révolutionnaire
  31. GRANDJONC Jacques (1989) : Introduction à « Communisme / Kommunismus / Communism »
  32. GTM (1937) : Le massacre de Barcelone, une leçon pour les ouvriers du Mexique !
  33. GUILLAMON Augustin (2002) : Chronologie d’Amadeo Bordiga
  34. HAASE Hugo (1919) : Reichstagsreden gegen die deutsche Kriegspolitik
  35. HOBSBAWM Eric (1961) : « La situation de la classe laborieuse en Angleterre »
  36. HOWARD Roy (1936) : Interview with J. Stalin
  37. ISTRATI Panaït (1929) : Conclusion pour combattants
  38. JANOVER Louis (1977) : Les nouveaux convertis
  39. JANOVER Louis (1981) : Actualité de Panaït Istrati
  40. JANOVER Louis (1985) : Lire Spartacus
  41. JANOVER Louis (1989) : Daniel Guérin, le trouble-fête
  42. JANOVER Louis (1991) : Les vraies leçons de Marx
  43. JANOVER Louis (1996) : Maximilien Rubel, une œuvre à découvrir
  44. JANOVER Louis (2007) : Les habits neufs de la feinte-dissidence
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  46. JANOVER Louis (2009) : De la rétrocritique considérée comme le dernier des arts
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  48. JAURÈS Jean (1914) : Discours de Vaise
  49. JOUHAUX Léon (1914) : Discours sur la tombe de Jean Jaurès
  50. KAUTSKY Karl (1922) : Socialisation ou nationalisation des banques ?
  51. LAFARGUE Paul (1885) : Une visite à Louise Michel
  52. LÉNINE & SVERDLOV Iakov (1918) : Position du Comité Central du P.O.S.D.R.(b) dans la question de la paix séparée et annexionniste
  53. LÉNINE (1914) : Der Krieg und die russische Sozialdemokratie
  54. LÉNINE (1918) : Additif au décret du Conseil des Commissaires du Peuple « La Patrie socialiste est en danger ! »
  55. LÉNINE (1918) : Chose étrange et monstrueuse
  56. LÉNINE (1918) : De la gale
  57. LÉNINE (1918) : Discours à la réunion commune des fractions bolchevique et socialiste-révolutionnaire de gauche du Comité Exécutif Central de Russie du 23 février 1918
  58. LÉNINE (1918) : Interventions sur la question de la paix de Brest-Litovsk
  59. LÉNINE (1918) : Leçon sérieuse et sérieuse responsabilité
  60. LÉNINE (1918) : Note sur la nécessité de signer la paix
  61. LÉNINE (1918) : Paix ou guerre ?
  62. LÉNINE (1918) : Projet d’ordre du jour à tous les soviets de députés
  63. LÉNINE (1918) : Projet de résolution du Conseil des commissaires du peuple sur l’évacuation du gouvernement
  64. LÉNINE (1918) : Rapport sur la question de la paix
  65. LÉNINE (1918) : Sur le terrain pratique
  66. LÉNINE (1918) : Une leçon dure, mais nécessaire
  67. LÉNINE (1918) : Une paix malheureuse
  68. LÉNINE (1919) : Discours d’ouverture au Premier Congrès de l’Internationale Communiste
  69. LÉNINE (1919) : Discours prononcé le 19 janvier après l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht
  70. LERMONTOV Michel (1840) : Un fataliste
  71. LEVI Paul (1924) : Einleitung zu Rosa Luxemburg: «Einführung in die Nationalökonomie»
  72. LIEBKNECHT Karl & MEYER Ernst (1918) : Die nächsten Ziele eures Kampfes
  73. LIEBKNECHT Karl (1914) : Déclaration au Reichstag
  74. LIEBKNECHT Karl (1915) : Lettre à la Conférence de Zimmerwald
  75. LIEBKNECHT Karl (1918) : Für die freie sozialistische Republik Deutschland
  76. LIEBKNECHT Karl (1918) : To the Workers and Soldiers of the Allied Countries
  77. LIEBKNECHT Karl (1918) : Trotz alledem !
  78. LIEBKNECHT Karl (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  79. LIEBKNECHT Karl (1919) : Kamaraden ! Arbeiter !
  80. LIEBKNECHT Karl (1919) : Malgré tout !
  81. LIEBKNECHT Karl, USPD & SPD (1918) : Bedingungen zum Eintritt in die Regierung
  82. LUXEMBURG Rosa & SPARTAKUSBUND (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  83. LUXEMBURG Rosa (1893) : L’année 1793 !
  84. LUXEMBURG Rosa (1898) : À quoi sert la politique coloniale ?
  85. LUXEMBURG Rosa (1902) : Martinique
  86. LUXEMBURG Rosa (1904) : Social-démocratie et parlementarisme
  87. LUXEMBURG Rosa (1906) : Blanquisme et social-démocratie
  88. LUXEMBURG Rosa (1908) : Tolstoï, comme penseur social
  89. LUXEMBURG Rosa (1912) : Dans l’asile de nuit
  90. LUXEMBURG Rosa (1912) : Im Asyl
  91. LUXEMBURG Rosa (1914) : Discours devant le Tribunal de Francfort
  92. LUXEMBURG Rosa (1914) : Le revers de la médaille
  93. LUXEMBURG Rosa (1918) : Assemblée nationale ou gouvernement des Conseils ?
  94. LUXEMBURG Rosa (1918) : Das alte Spiel
  95. LUXEMBURG Rosa (1918) : Der Anfang
  96. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die kleinen Lafayette
  97. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die Nationalversammlung
  98. LUXEMBURG Rosa (1918) : Eine Ehrenpflicht
  99. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Achéron s’est mis en mouvement
  100. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Assemblée nationale
  101. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les petits Lafayette
  102. LUXEMBURG Rosa (1918) : Nationalversammlung oder Räteregierung ?
  103. LUXEMBURG Rosa (1918) : Parteitag der Unabhängigen SP
  104. LUXEMBURG Rosa (1918) : Protestresolution gegen das Vorgehen der deutschen Regierung im Osten
  105. LUXEMBURG Rosa (1918) : Schlussrede
  106. LUXEMBURG Rosa (1918) : Un devoir d’honneur
  107. LUXEMBURG Rosa (1918) : Unser Programm und die politische Situation
  108. LUXEMBURG Rosa (1918) : Korreferat zur Politik der USPD
  109. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les masses « immatures »
  110. LUXEMBURG Rosa (1919) : Der erste Parteitag
  111. LUXEMBURG Rosa (1919) : Das Versagen der Führer
  112. LUXEMBURG Rosa (1919) : Die Ordnung herrscht in Berlin
  113. LUXEMBURG Rosa (1919) : Kartenhäuser
  114. LUXEMBURG Rosa (1919) : L’ordre règne à Berlin
  115. LUXEMBURG Rosa (1919) : Versäumte Pflichten
  116. LUXEMBURG Rosa (1919) : Was machen die Führer ?
  117. LÖWY Michael (1969) : Le marxisme révolutionnaire de Rosa Luxemburg
  118. MALATESTA Errico & COLLECTIF (1915) : L’Internationale anarchiste et la guerre
  119. MARAT Jean-Paul (1791) : Sur la loi Le Chapelier
  120. MARTOV Julius (1907) : La leçon des événements russes
  121. MARTOV Julius (1908) : Le Marxisme en Russie
  122. MARTOV Julius (1918) : À bas la peine de mort !
  123. MARTOV Julius : La Troisième Douma et les socialistes
  124. MARX Karl & ENGELS Friedrich (1848) : Le Manifeste du Parti Communiste
  125. MARX Karl (1852) : Pauperism and Free Trade. - The approaching commercial crisis
  126. MARX Karl (1856) : Appel au prolétariat anglais
  127. MARX Karl (1865) : Salaire, Prix et Plus-value
  128. MATTICK Paul (1960) : Anton Pannekoek, une biographie politique
  129. MATTICK Paul (1977) : Interview à Lotta Continua
  130. MEHRING Franz (1914) : Ein Protest
  131. MÜHSAM Erich (1918) : Revolutionäre, internationalistisch gesinnte kommunistische Arbeiter und Soldaten !
  132. O’CASEY Sean : The Story of the Irish Citizen Army
  133. PANNEKOEK Anton (1933) : L’acte personnel
  134. PANNEKOEK Anton (1933) : La destruction comme moyen de lutte
  135. PÉRET Benjamin (1945) : Le déshonneur des poètes
  136. PIATAKOV, BOSCH, BOUKHARINE (1915) : Thèses sur le droit des nations à l’autodétermination
  137. PIECK Wilhelm ( 1918) : Arbeiter, Soldaten, Genossen !
  138. POSPOLOV Pavel (1938) : Aperçu historique - La lutte de Boukharine contre Lénine et le Parti
  139. PROUVOST Léon (1921) : Le code bolchevik du mariage
  140. PYATAKOV, BOSCH, BUKHARIN (1915) : Theses on the right of nations to self-determination
  141. RADEK Karl (1919) : Nachruf auf Karl Liebknecht
  142. RUBEL Maximilien (1947) : Karl Marx et le socialisme populiste russe
  143. RUBEL Maximilien (1980) : Le socialisme réellement inexistant
  144. SCHEIDEMANN Philipp (1924) : Bericht über den 9. November 1918
  145. SCHMIDT Véra (1923) : Éducation psychanalytique en Russie soviétique
  146. SOREL Georges (1899) : L’éthique du socialisme
  147. SOREL Georges (1906) : Le caractère religieux du Socialisme
  148. SOVNARKOM (1918) : La patrie socialiste est en danger !
  149. SPD (1914) : Aufruf zum Massenprotest gegen die Kriegsgefahr
  150. SPD (1914) : Resolution der Berliner Arbeiterschaft gegen das Ultimatum Österreich-Ungarns an Serbien
  151. SPD Württembergs (1914) : Bericht über eine öffentliche Versammlung mit Karl Liebknecht
  152. TROELSTRA (1914) : Kautsky und der Zusammenbruch der II. Internationale
  153. TROTSKI Léon (1910) : Les intellectuels et le socialisme
  154. TROTSKI Léon (1916) : Salut à Franz Mehring et Rosa Luxemburg
  155. TROTSKI Léon (1919) : Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg
  156. TROTSKI Léon (1929) : Paris et Zimmerwald
  157. TROTSKI Léon (1939) : Un nouveau grand écrivain, Jean Malaquais
  158. TROTSKI Léon et al. (1915) : Manifeste de Zimmerwald
  159. TROTZKI Leo et al. (1915) : Das Zimmerwalder Manifest
  160. VOLINE (1939) : La naissance des « Soviets » ( janvier - février 1905 )
  161. VOLINE (1939) : Souvenirs sur Gapone et Janvier 1905
  162. WEIL Simone (1933) : Déclaration à la conférence d’unification des groupes de la gauche communiste
  163. ZETKIN Clara (1914) : Resolution für den Kampf gegen den Krieg