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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
Octobre - Novembre 1937 / p. 1422 - 1426
3 septembre 2012 par eric

Une nouvelle vague d’Union Sacrée déferle sur l’Espagne républicaine. « Entente à l’arrière-garde », « cordialité entre les secteurs antifascistes » et tous voudraient faire revivre les semaines qui suivirent la constitution du premier Gouvernement Caballero. Autour des mineurs asturiens s’échafaudent d’ignobles campagnes pour effacer dans l’esprit des prolétaires les crimes du gouvernement Negrin et de ses complices socialo-centristes ou anarchistes. Dans nos pays les « Comités pour Bilbao » ont changé d’étiquettes et sont devenus les « Comités pour les Asturies ».

Pauvres prolétaires ! Après plus d’un an de guerre impérialiste, de carnage épouvantable, de répression féroce de Franco comme des chefs républicains, ils seront encore une fois les dupes des traîtres qui exploitent la tragédie asturienne pour maintenir et consolider l’Union Sacrée.

Comment peut-on ne pas réfléchir et rester figé dans de stupides illusions lorsqu’en examine le déroulement et surtout le mécanisme capitaliste qui actionne les événements dans la péninsule ibérique. Le prolétariat est incapable de par sa fonction historique même de faire la guerre « antifascisme » (qui est le nom dont on affuble le carnage des ouvriers) et de lutter parallèlement pour la révolution prolétarienne. Il fallait choisir entre le terrain de classe où les ouvriers ont prouvé le 19 juillet qu’ils pouvaient vaincre, et le terrain capitaliste où la bourgeoisie depuis des mois et des mois montre qu’elle sait obtenir sa victoire.

Du mirage qui aveuglait tant de soi-disant communistes de gauche, Don Quichotte de révolutions inexistantes, que reste-t-il ? Des mots, des déclamations alors que la réalité capitaliste se dresse imposante et leur lance des soufflets qu’ils encaissent en protestant : « nous n’avons jamais dit ceci ou cela ». Pauvres « révolutionnaires » qui n’ont pas le courage de reconnaître leurs monstrueuses aberrations et qui continuent, malgré tout, à naviguer dans les eaux de l’antifascisme.

Aujourd’hui, qu’un vent de « concorde » souffle sur la zone républicaine et que les fils d’un nouvel acte de mobilisation chauvine apparaissent, peut-être criera-t-on encore «  au triomphe » des forces révolutionnaires « imposant » l’Union Sacrée, « imposant » leur présence dans le gouvernement de Valence, « imposant » toutes les mesures possibles de collaboration de classe au nom des intérêts futurs de la « révolution ».

Et pourtant, pour nous, jamais la situation ne fut aussi claire et ne fit apparaître la nécessité d’une position de classe, basée sur la théorie marxiste, pour sortir les ouvriers de la situation terrible qu’ils connaissent.

Que nous apprennent, en effet, les évènements de ces derniers mois ? Le gouvernement Negrin vient au pouvoir après la « victoire », autour de Madrid, contre les troupes italiennes et l’offensive en pays basque ; il poursuit l’œuvre de répression féroce que son collègue Caballero avait commencée le 4 mai à Barcelone, et dès lors, jusqu’à la chute de Bilbao et Santander, ce fut une attaque permanente contre les prolétaires, un nettoyage des comités ouvriers, le massacre des militants du POUM, des Amis de Durruti : le triomphe complet et intégral de la légalité bourgeoise.

À peine Santander se rend-elle et immédiatement Madrid, Valence bouillonnent de complots fascistes dans lesquels les Corps Armés de la République participent activement. Alors que les « victoires » militaires permettent le déclenchement de la répression et aux « trahisons » de se préparer au grand jour, le gouvernement Negrin avec ses canailles centristes accouche de la défaite totale en Biscaye. Tout fut tellement évident dans la façon dont les républicains remirent Santander à Franco, qu’il n’est pas étonnant si les franquistes se démenèrent à Madrid, à Valence, presque avec la certitude de jouir des bontés de Negrin et de ses alliés centristes.

D’un seul coup, nous avons assisté à un revirement de la situation. La défaite militaire et les appels désespérés des mineurs asturiens vont déterminer une campagne pour rétablir l’Union Sacrée. D’une pierre on fera deux coups : comme la situation devient impossible à Barcelone, à Valence où les masses sont rationnées à l’extrême, où la vie augmente et où le pacte U.G.T./C.N.T. avait déjà essayé de canaliser le mécontentement des ouvriers travaillant pour la guerre, les mineurs asturiens seront le point de ralliement de tous les secteurs antifascistes qui - y compris la C.N.T. - feront confiance à Negrin.

Ainsi, la victoire ou la défaite militaire servent tour à tour de moyen pour étrangler le prolétariat. C’est que la classe ouvrière oppose à la guerre capitaliste sa guerre de classe et ne réalise pas l’Union Sacrée lors de la défaite « pour battre le fascisme » car elle sait que la moindre victoire verra son massacre. Les conditions exigées des prolétaires pour secourir les mineurs asturiens, pour attaquer en Aragon, sont l’abandon de leur esprit de classe, leur soumission à l’État capitaliste (en Aragon l’offensive a commencé seulement après que les anarchistes furent obligés d’accepter le général républicain Pozas et les directives militaires de Valence). Et lorsque sur le terrain militaire on progresse, les conditions se sont réalisées pour la répression de la bourgeoisie.

C’est vraiment une évolution excessivement tortueuse que celle que nous vivons actuellement en Espagne. Des faits contradictoires se suivent, s’enchaînent et nous donnent quand même le tracé que suit la guerre du capitalisme contre le prolétariat. Ainsi, nous aurons d’une part, les déclarations publiques des centristes donnant l’ordre à leurs adhérents de cesser toute campagne contre les anarchistes afin de maintenir le front antifasciste ; la campagne de la C.N.T. pour « l’intégration de tous les secteurs et organisations antifascistes dans un gouvernement de guerre dans lequel doivent figurer, en premier lieu, les deux Centrales syndicales » (Solidarided Obrero). D’autre part, les Cortès s’ouvriront avec la participation de Miguel Maura, chef du parti conservateur, et Portela Vallandares, leader influent de la droite républicaine, qui avaient fui en juillet 1936. Dans la Dépêche de Toulouse, Portela Vallandares a fait des déclarations, avant de rentrer à Valence, qui méritent d’être reportées [1] : « Le gouvernement de la République espagnole agit comme un gouvernement d’ordre, d’autorité et de respect de la loi ; il se comporte conformément à la Constitution. Les droits des citoyens sont assurés. Les Comités de Contrôle, plus ou moins arbitraires, sont dissous. Il existe une seule autorité : celle de la loi, la même pour tous les citoyens. Il y a plus. On a voulu vérifier le passé et poursuivre les délits commis dans une époque où le pouvoir n’avait pas d’autorité, etc... »

Quelle signification peut-on donner à ce double mouvement : la tentative de concilier toutes les organisations dans un renforcement de l’Union Sacrée et la possibilité pour la droite républicaine de réapparaître sur l’arène politique avec son langage d’autorité si caractéristique ?

La nécessité de la campagne pour un « Front Populaire Antifasciste » (l’adjectif indique l’intégration des Centrales Syndicales dans le Front Populaire, particulièrement la C.N.T.) découle de la manœuvre qu’il faut effectuer pour permettre l’anéantissement complet des mineurs asturiens et étouffer le mécontentement aigu a fait naître la politique de Negrin qui, tout en massacrant les ouvriers, a livré la Biscaye à Franco. Les centristes qui sont les complices directs dans cette affaire, ont tout intérêt à publier des lettres ouvertes où l’on considère comme « provocateur ou agent du fascisme » celui qui travaille contre l’unité et ne veut pas adopter une attitude cordiale envers la C.N.T. Hier encore, les anarchistes étaient considérés comme des alliés de la « cinquième colonne » et les arrestations pleuvaient sur eux comme une manne céleste.

Les mineurs des Asturies ne doivent pas retirer des enseignements de la reddition de Santander et liquider avant tout la canaille contre-révolutionnaire qui ne vise qu’à les livrer au bourreau. Les travailleurs de Barcelone et de Valence ne doivent pas s’alerter et tenter de se révolter contre le gouvernement de Valence, allié de Franco : leur lassitude de cette guerre devra être combattue.

Et ici la manœuvre sera claire : l’État bourgeois a rétabli l’ordre et l’autorité partout : eh bien ! on fera appel à ces mêmes anarchistes qui ont permis le massacre de Mai pour mieux manœuvrer les ouvriers. Mais, cette fois-ci, la C.N.T. devra évoluer ouvertement sur le terrain de la légalité bourgeoise.

Ils répondront à l’appel de la bourgeoisie en déclarant dans un de leurs manifestes que Bakounine très certainement aurait agi comme eux s’il avait vécu en Espagne. Leur raisonnement sera simple : on nous a chassés du gouvernement parce que nous étions dangereux et pouvions empêcher les « trahisons » ; en réintégrant le gouvernement le prolétariat marquera, au travers des ministres anarchistes, un succès. Et Negrin aux Cortès tendra, par ses allusions discrètes, la perche à ces nouveaux traîtres qui dans le gouvernement Caballero n’ont pas hésité à tremper leurs mains dans le sang ouvrier. Le POUM aussi luttait pour reprendre sa place dans le gouvernement capitaliste de Companys et cela ne l’a pas sauvé des fusils centristes. Les anarchistes ont beau donner des preuves d’attachement au régime, participer à la manifestation patriotique du 11 septembre pour fêter, en commun avec les centristes, la révolte de Casanova contre Phillipe V, s’abstenir de toute attaque contre la Russie (conformément au décret de Irujo), découvrir un sens particulier à la défense de la patrie (discours de Garcia Oliver à Madrid, publié par Frente Libertario), rien n’y fera : aujourd’hui la bourgeoisie les emploiera pour les livrer demain aux prisons ou aux bourreaux rouges ou noirs. On les gonflera à bloc autour de l’aide aux mineurs d’Asturie et ils oublieront tout : les meurtres, les emprisonnés, les trahisons, pour ne plus songer qu’à battre le fascisme par un véritable « front antifasciste » formant un gouvernement de guerre.

À côté d’eux se déroulera pourtant un phénomène curieux au sujet duquel nous ne connaissons pas encore les réactions de la C.N.T. L’U.G.T. verra la victoire de la tendance réformiste-centriste, celle de Gonzalès Pena, député des Asturies, sous le double effet de la campagne centriste contre Caballero et la pression du gouvernement Negrin. Le « Lénine espagnol » sera défenestré avec une facilité inouïe et la personnalité de Pena indiquera symboliquement aux masses que ces changements vont permettre à l’U.G.T. de mieux participer à la guerre antifasciste, particulièrement dans les Asturies. Il ne suffira pas ici, aux anarchistes, d’opposer l’homogénéité de la C.N.T. aux querelles des courants marxistes dans l’U.G.T. Hier ils s’opposaient à la campagne contre Largo Caballero, dirigeant de l’U.G.T., et maintenant, au nom de la « cordialité », vont-ils saluer Pena qu’accompagne le revirement des communistes officiels envers la C.N.T. ?

Mais il y a aussi le retour des politiciens d’opposition au Front Populaire, lesquels ont été accueillis chaleureusement aux Cortès. C’est que la machine étatique de Negrin est solide et toutes les illusions de révolution bien mortes. Le glissement vers la droite permet enfin aux politiciens de droite de revenir dans une atmosphère calme et l’Union Sacrée que s’apprêtent à consolider les anarchistes n’en devient que plus significative : pas seulement l’entente avec N egrin mais aussi avec Maura et Vallandares.

Là est la réalité de la situation qui voit se développer une manœuvre qui permettra de pousser les mineurs asturiens, jusqu’au dernier, sous les bombes de Franco, alors que les ouvriers des autres zones devront applaudir pendant que Negrin aiguisera toujours plus les armes de la répression étatique.

Dans un article de M. Chaves Nogales, ancien directeur de l’Ahora de Madrid, on pose la question : « Pourquoi la guerre d’Espagne n’est pas encore finie ? » et l’auteur fait nettement ressortir que de part et d’autre les mobiles de Juillet 1936 ont disparu : Negrin massacre les ouvriers, rétablit la démocratie bourgeoise ; Franco tente de recourir aux politiciens de la monarchie et de la république tout en bridant les phalangistes. Pourquoi ne s’entendrait-on pas pour faire cesser la guerre, puisqu’on ne lutte ni pour le communisme, ni pour le fascisme, mais au nom du système capitaliste ?

Et la question reste, en effet, posée : pourquoi et autour de quoi se poursuit la guerre d’Espagne ? Économiquement, la péninsule ibérique est à bout de forces ; politiquement les ouvriers sont tombés par dizaines de milliers et la bourgeoisie sort vainqueur sur les deux zones.

Ce qu’il y a ? C’est une situation internationale qui domine la lassitude qui existe dans les deux camps et qui empêche l’évolution des tendances vers le compromis (les fameux complots fascistes) d’éclore et d’arriver à terme. Même les déclarations de Companys sur l’absurdité pour « nous Catalans » de cesser la lutte contre le fascisme et de traiter séparément avec Franco ne sont pas tellement orthodoxes pour dissimuler les préoccupations de la bourgeoisie catalane.

La guerre d’Espagne continue parce qu’elle est devenue l’axe de la situation mondiale de guerre impérialiste que nous vivons dans tous les pays, particulièrement au point de vue des rapports entre les classes. Ce sont les pays démocratiques, fascistes, centristes - en participation avec la bourgeoisie espagnole - qui l’entretiennent et qui actionnent le jeu politique et militaire qui permet l’offensive en Aragon lorsque Franco occupe Santander ; qui laisse la France organiser la Conférence de Nyon pour « légaliser » la « piraterie » en Méditerranée ou, du moins, permettre à l’Italie d’être brigand et gendarme à la fois, conférence qui semble apporter une aide au gouvernement de Valence ; c’est la Russie, le Mexique avec leurs fournitures d’armes ; c’est l’Angleterre avec ses capitaux aux deux parties ; c’est l’Italie, l’Allemagne avec leurs envois de corps d’armée.

Sur les cadavres des prolétaires espagnols l’Union Sacrée dans tous les pays démocratiques peut se maintenir alors qu’en Italie, en Allemagne, un formidable exutoire fonctionne pleinement. Qui peut finir la guerre espagnole (aujourd’hui véritable guerre internationale) ? Le gouvernement de Valence ? Il craint trop les ouvriers et préfère laisser se poursuivre jusqu’au dernier moment les avances de Franco ! Et puis, n’a-t-il pas sur le dos la puissance des pays démocratiques et centristes qui veulent « localiser » mais non finir le carnage ? Franco ? Ce sont l’Italie, l’Allemagne qui ne peuvent s’arrêter sans déterminer un colapsus dans leurs systèmes de domination.

Comme la dernière guerre mondiale qui dès la fin de 1916 apparaissait tel un champ de massacre sans possibilité d’issue, sans « logique », sans les « idéaux » initiaux de 1914, ainsi apparaît aujourd’hui la guerre espagnole et dans les deux phases historiques, le prolétariat par son réveil de classe peut seulement en finir avec le carnage.

Mais ici la réalité se montre terrible : comme les ouvriers russes s’avèrent actuellement incapables de bouleverser la domination centriste sans l’aide du prolétariat mondial, les travailleurs espagnols ne paraissent pouvoir transformer la guerre impérialiste en guerre civile que si du dehors éclatent des mouvements révolutionnaires contre le capitalisme et sa guerre. À ce point de vue la situation dans les autres pays n’est pas brillante, surtout si l’on examine le mouvement ouvrier et l’isolement dans lequel luttent les fractions de la gauche communiste. Mais, le conflit sino-japonais nous montre que le bouillonnement des contrastes de la société capitaliste est devenu l’élément dominant de la situation et ces mêmes contrastes qui obligent le capitalisme à se jeter dans la guerre, agitent en permanence le prolétariat mondial, s’exprimant dans l’œuvre progressive des fractions de gauche, et pourraient, enfin, faire sauter la bombe révolutionnaire là où du martyre sanglant des ouvriers a surgi une avant-garde.

La guerre d’Espagne a été décisive pour tous : pour le capitalisme elle fut le moyen d’élargir le front des forces qui agissent pour la guerre, d’incorporer à l’antifascisme, les trotskistes, les soi-disant communistes de gauche et d’étouffer le réveil ouvrier qui se dessinait en 1936 ; pour les fractions de gauche ce fut l’épreuve décisive, la sélection des hommes et des idées, la nécessité d’affronter le problème de la guerre. Nous avons tenu et, contre le courant, nous tenons toujours.

Pourtant, des anarchistes aux trotskistes, des centristes aux socialistes, nous a-t-on abreuvé d’injures, de calomnies ? Nous osions défendre la destruction des fronts territoriaux capitalistes, la fraternisation immédiate de tous les exploités, par dessus les tranchées ennemies, contre tous les exploiteurs. À la guerre civile de la bourgeoisie contre le prolétariat nous opposions la guerre civile du prolétariat contre la bourgeoisie. Et si les événements qui se sont déroulés depuis un an ont confirmé notre opinion, justifié nos mots d’ordre, rien n’a altéré l’ardeur belliqueuse des traîtres anciens et nouveaux. Que l’on nous accuse donc d’être agent de celui-ci ou de celui-là : de Franco, de Hitler, ou de Mussolini. Les prolétaires comprendront que les véritables agents du capitalisme, payés, stipendiés comme de vulgaires laquais, sont les massacreurs centristes des journées de Mai de Barcelone ; les ministres anarchistes de hier et peut-être d’aujourd’hui ; les bourreaux de la Russie. Et si les trotskistes veulent se joindre à ce concert, pour faire preuve de « loyalisme » républicain, ils seront en bonne place pour recevoir les réponses qu’ils méritent.

Notre fraction tient toujours bien haut, face aux provocateurs de la bourgeoisie, le drapeau de la transformation de la guerre impérialiste d’Espagne en guerre civile, par la destruction des fronts militaires, la fraternisation des prolétaires, seule base pour déclencher dans la zone républicaine et fasciste la lutte pour la destruction de l’État capitaliste.

Après l’expérience vécue, il faut savoir choisir entre les positions de la classe prolétarienne et les positions du capitalisme dissimulées sous ses différentes versions. Tous les partis ou groupes ont fait faillite en Espagne : le trotskisme est lui aussi un « cadavre puant » et aucune déclamation de Trotski ne pourra le faire revivre. Les militants communistes ont à tirer le bilan des derniers événements : ils doivent rompre avec les organisations traîtres, se mettre au travail pour reconstruire un organisme sur une base de classe : une fraction de la gauche communiste.

[1] Nous citons d’après le Nuovo Avanti, organe des socialistes italiens, qui est tout heureux de voir saluer l’œuvre de Negrin, par un réactionnaire.

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  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche