
De famille noble, elle devint en 1867 institutrice et se lie au terroriste Netchaïev. Incarcérée de 1869 à 1871, elle devient sage-femme à sa sortie de prison.
En 1878, elle tire sur le gouverneur militaire de Saint-Pétersbourg, Trépov, mais ne fait que le blesser. Cet attentat marque l’ouverture d’une nouvelle période pour les “progressistes” qui, décus par le populisme, vont glisser soit dans l’action terroriste, soit s’orienter vers le socialisme.
Ainsi Véra Zassoulitch part en Suisse où elle va se rapprocher des positions marxistes. Elle prit part (1883) à la fondation du premier regroupement marxiste en Russie, Libération du Travail et participa au comité de rédaction de l’Iskra.
Elle donne cette appréciation de ses plus proches compagnons de travail au journal : « Plekhanov est un lévrier, disait Véra, il saisit le gibier, le secoue, joue avec lui, puis le lâche. Lénine, lui, est un bouledogue : une fois qu’il tient sa proie, impossible de lui faire desserrer les mâchoires. »
Véra Zassoulitch rentre en Russie dès 1905 ; elle accueillera avec hostilité la révolution d’Octobre.
Son activité politique reflète l’évolution de certains populistes ou terroristes qui sont passés d’actes radicaux contre le tsarisme au rejet de la révolution.
Bibliographie indicative :
— FAURÉ Christine, Quatre femmes terroristes contre le tsar : Vera Zassoulitch, Olga Loubatovitch, Elisabeth Kovalskaïa, Vera Figuer, textes réunis et présentés par Christine Fauré, Maspéro, Paris, 1978 ;
Sur le site :
— RUBEL Maximilien, Karl Marx et le socialisme populiste russe, article publié dans La Revue Socialiste, n° 11, Mai 1947 ;