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Brèves
Mardi 21 mai - La Revue Z à Terra Nova
lundi 20 mai
Mardi 21 mai 2013 à 19h, rencontre à la Librairie Terra Nova de Toulouse avec l’équipe de la revue Z à l’occasion de la parution du dernier numéro Thessalonique & Grèce, aux éditions Agone. Après une enquête collective au nord de la Grèce, la revue Z viendra présenter son dernier numéro : Thessalonique dans la dépression européenne. Bricolages quotidiens et résistances insolvables.
Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs
lundi 6 février
Le sommaire des articles de la revue Lutte de classe, publiée par le GLAT, a été largement augmenté, notamment sur la période 1971-1975. Pour tous les numéros listé, une version PDF est maintenant accessible en ligne. Bonnes lectures !
Mise à jour du catalogue du fonds documentaire
jeudi 1er septembre
Une nouvelle version mise à jour du Catalogue du Fonds Documentaire Smolny, très largement étendue (une vingtaine d’entrées supplémentaires) est en ligne ce jeudi 1er septembre 2011. Merci aux contributeurs. D’autres titres à suivre...
Ouverture des archives numériques du CERMTRI
lundi 15 août
Le CERMTRI a décidé de créer une bibliothèque numérique avec l’objectif de numériser le maximum de ses archives et de ses collections. Pour démarrer : La revue « Bulletin Communiste » (1920-1933) ; le journal « La Vérité » (1957-1958) ; la revue des « Cahiers du mouvement ouvrier » (2002-2011). Soit déjà 428 documents ce qui représente 6395 pages. Bravo pour cette excellente initiative !
Sur le Web
[infokiosques.net]
Nous nous auto-organisons et nous montons un infokiosque, une sorte de librairie alternative, indépendante. Nous discutons des publications, brochures, zines et autres textes épars qui nous semblent intéressants ou carrément nécessaires de diffuser autour de nous. Nous les rassemblons dans cet infokiosque, constituons ainsi nos ressources d’informations, et les ouvrons au maximum de gens. Nous ne sommes pas les troupes d’un parti politique, ni les citoyen-ne-s réformateurices de nos pseudo-démocraties, nous sommes des individus solidaires, qui construisons des réseaux autonomes, qui mettons nos forces et nos finesses en commun pour changer la vie et le monde.
Premiers pas sur une corde raide Montreuil (93) : concert de soutien au Rémouleur, samedi 11 octobre 2014 qcq Tout mais pas l'indifférence Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce Bruxelles : programme de septembre 2014 au local Acrata
Bibliolib
Catalogue de textes d’origine libertaire ou anarchiste, sans habillage particulier (pas de commentaire, d’édition critique, de note). Les textes bruts donc avec une liste d’auteurs qui commence à être significative. Un bon point d’entrée donc pour ceux qui savent à l’avance ce qu’ils cherchent. Attention : ce site s’est fait subtilisé sa précédente adresse par un site pornographique. Notre propre lien a donc été incorrect quelque temps. Nous en sommes désolé.
Pelloutier.net
Sur l’histoire du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme, avec des études, documents et synthèses intéressantes sur Pelloutier, Monatte, La Vie Ouvrière (1909-1914) et sur les mouvements syndicalistes en France, Europe, USA...
Balance
Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier international et de la Guerre d’Espagne. Nombreux articles en espagnol. Textes de Bordiga, entre autres.
Classiques des sciences sociales
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MARTOV Julius (1907) : La leçon des événements russes
Article du journal « Le Socialisme », le 29 décembre 1907.
27 février 2013 par eric

Le 5 décembre à Saint-Pétersbourg, 75 000 ouvriers ont abandonné le travail ; à Moscou, le même jour, 300 000 travailleurs des plus importantes fabriques ont également chômé. À Tiflis, Bakou, Kharbine (en Mandchourie), ce fut la grève complète ; les magasins sont restés fermés, les tramways n’ont pas circulé. À Vilna, Saratov, Ivano-Vosnesensk, dans quelques autres grandes cités ouvrières, les usines ne s’ouvrirent pas. Enfin, les étudiants de toutes les écoles supérieures de Saint-Pétersbourg et de Moscou, on déserté les cours.

Pourquoi cette grève imprévue ?

Le 5 décembre s’ouvrait le tribunal devant lequel le tsarisme traduisait les députés du parti social-démocrate de la deuxième Douma et, contre ce nouveau crime de l’autocratie, le prolétariat russe protestait.

Protestation grandiose des principales villes industrielles ; protestation des cités moins importantes où, à défaut de la grève, des ordres du jour de solidarité étaient pris en faveur de la fraction parlementaire poursuivie ; protestation des syndicats professionnels dont l’organisation centrale est distincte du parti social-démocrate, mais est lié avec lui par des sentiments de profonde sympathie.

Le mouvement a dépassé, par son ampleur, les prévisions les plus optimistes. Nous n’osions espérer que la classe ouvrière, qui avait subi et qui subissait une terreur administrative et patronale inouïe, accepterait de nouveau les risques d’un conflit survenant en plein hiver — l’hiver russe. À la veille de la manifestation, les syndicats doutaient du succès. Mais un irrésistible courant d’indignation s’est emparé des masses prolétariennes russes et, le 5 décembre, dans un ordre parfait — afin de ne pas donner prétexte aux interventions policières — dès le matin, les ouvrières abandonnèrent le travail pour voter des résolutions de flétrissure contre le tsarisme.

Dans plusieurs usines, ce furent les femmes qui prirent l’initiative de la grève.

La portée de ce mouvement a si vivement troublé le Pouvoir que les représailles ont commencé. Les arrestations, les expulsions, les coupes sombres sont considérables. Trois mille ouvriers des ateliers des chemins de fer ont été jetés sur le pavé. Pour résister à la terreur patronale et administrative, de nouvelles grèves ont dû être engagées.

La bande réactionnaire est consternée. Stolypine avait déclaré, il y a quelques temps, que la Révolution était complètement écrasée. Or voici ce qu’avoue le Novoïé Vremia, journal ultra-réactionnaire : « Peut-on sérieusement parler de l’écrasement de la Révolution lorsque dans la capitale, 75 000 ouvriers ont pu manifester ouvertement en faveur de leurs opinions républicaines ? »

Au moment de la grève de St-Pétersbourg, deux autres manifestations se produisirent dans la même ville. Au Sénat impérial, devant lequel étaient traduits les anciens députés et des militaires, les accusés réclamèrent les débats publics. Sur le refus qui leur fut opposé, ils quittèrent la Haute-Cour accompagnés de leurs avocats, en criant : « À bas l’autocratie ! »

À la Chambre Introuvable de Nicolas II, au milieu des fonctionnaires et privilégiés qui composent la troisième Douma, un député ouvrier, modestement vêtu, le camarade Kossorotov, s’est levé pour lire la déclaration de la fraction social-démocrate. Dès les premiers mots : « flétrissant le fait sans précédent dans l’histoire d’un procès intenté à des députés pour avoir rempli leur mandat », un tumulte effroyable fut déchaîné. On eût dit les hobereaux de l’Assemblée versaillaise couvrant le voix de Garibaldi, tant il est vrai que les mœurs de « l’élite des privilégiés » sont toujours et partout les mêmes. Mais le représentant du prolétariat russe ne se laissa pas démonter. Il jeta aux hurleurs des paroles méprisantes et la fraction social-démocrate quitta la salle.

Le jugement inique a été rendu ; les députés socialistes de la deuxième Douma ont été condamnés aux travaux forcés, ou à l’exil en Sibérie, augmentant ainsi la longue liste des victimes de la Révolution commencé le 17 octobre 1905.

Ce nouveau crime du tsarisme n’arrêtera pas la marche des événements. En écrasant les révolutionnaires de décembre 1905, en prononçant la dissolution de la première Douma, l’autocratie avait cru en finir avec la Révolution. Quelques mois après, elle voyait cependant se dresser contre elle l’extrême-gauche de la deuxième Douma, que les subterfuges de la loi électorale n’avaient pas empêchée d’arriver puissante et compacte. Après avoir lutté dans la rue, par la grève, le prolétariat révolutionnaire s’était servi de la « légalité » octroyée par le tsar à ses sujets. Et dès les premières séances, les mandataires de la Révolution, en dépit des menaces du régime des conseils de guerre, montrèrent ce que peut un parti de classe sachant utiliser la plus misérable « légalité ». C’est ainsi que lorsque la majorité libérale décida de ne pas répondre à la Déclaration effrontément réactionnaire du Gouvernement impérial, les social-démocrates surent rompre cette conspiration du silence pour flétrir énergiquement le régime impérial et déclarer, une fois pour toutes, que ce serait ni par la Douma, ni par pourparlers avec la monarchie, mais dans la rue et par la force que se déciderait le sort de la Liberté Russe.

Les social-démocrates n’ont jamais cessé de réagir contre la désespérance que la défaite avait pu jeter dans le peuple russe. Ils ont lutté pour le refus du budget, contre l’augmentation de l’armée, pour la mise en accusation des bourreaux policiers. Ils ont utilisé la tribune de la Douma pour agiter les masses. Ils ont fait tomber la muraille que, par l’interdiction de la publication du compte-rendu des séances, le gouvernement avait voulu élever entre les élus et les électeurs.

L’acte d’accusation du Fouquier-Tinville de la Contre-Révolution, le procureur Kamychantsty, établit que la fraction social-démocrate était le quartier-général de l’armée révolutionnaire, le centre vers lequel convergeaient, de tous les points de la Russie, les espérances des travailleurs restés fidèles aux revendications d’Octobre demandant une Constituante et la République démocratique. À ce même centre parlementaire allaient les témoignages de solidarité des soldats et des marins frères du peuple russe.

Sans cesse, nos députés répétaient que ni eux, ni la Douma ne pouvaient émanciper la nation et qu’il appartenait au prolétariat lui-même de reprendre la lutte jusqu’à complète satisfaction.

Lorsque, le 31 mai dernier, le ministre de la justice réclama la levée de l’immunité parlementaire pour la fraction social-démocrate, le leader de cette fraction, notre camarade Tseretelli, répondit : « Nous considérons avoir rempli tout notre devoir de représentants du peuple en disant au peuple que, seule, sa propre action sauvera la cause de la Liberté ! »

L’arme de la « légalité », le gouvernement a résolu de l’arracher des mains des social-démocrates. Il a livré la fraction parlementaire au tribunal sous prétexte d’une conspiration qui n’a jamais existé. Il a, illégalement, mutilé la loi électorale. Pour priver le prolétariat de son arme légale, l’autocratie a brisé, par un coup d’État, sa propre légalité. Pour « épurer » le Parlement des socialistes, elle a foulé aux pieds les droits parlementaires et violé les lois fondamentales de la Constitution. Elle espère ainsi rendre inoffensive l’institution que la révolution d’octobre lui a arrachée. Le prolétariat étant écarté, placé face à face devant les réactionnaires et les trembleurs, le gouvernement espère rétablir l’Autocratie absolue sous le masque d’un régime parlementaire. Si, malgré tout, une petite fraction social-démocrate est parvenue à franchir les barrières de la troisième Douma, la majorité réactionnaire se charge de couvrir sa voix par des hurlements.

Quoi qu’il advienne, les événements que je viens de relater montrent quel usage révolutionnaire peut être fait de la légalité par le prolétariat socialiste. Ils montrent aussi, par l’action du 5 décembre, que la légalité étant brisée, les socialistes savent employer d’autres moyens révolutionnaires. Ils prouvent, en résumé, que, pour un parti d’avant-garde, toutes les armes sont utilisables dans la lutte émancipatrice.


Source :

— Le Socialisme, directeur Jules Guesde, 29 décembre 1907 ;

— Première transcription par marxists.org ; corrections et mise en forme HTML : Smolny, 2013.

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