AccueilPublicationsLutte de Classe (1964-1978)
Dernière mise à jour :
samedi 29 avril 2017
   
Brèves
« Lutte de Classe » (GLAT) - Série complète !
samedi 27 octobre
La couverture chronologique de la revue du GLAT, Lutte de Classe, a été considérablement étendue (premier numéro de mars 1964) et comprend maintenant un renvoi sur une version numérisée des 128 numéros !
Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
Premiers scans des Cahiers du Communisme de Conseil
dimanche 5 août
Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
Derniers numéros de la revue Communisme
dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
Mise à jour sommaires GLAT
samedi 11 février
Le sommaire général de la revue du GLAT, Lutte de Classe vient d’être encore étendu. Merci de signaler manques ou corrections.
Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
GLAT 1972-06a : Capitalistes et travailleurs face à la crise
Lutte de Classe - Juin 1972 / p. 1 - 15
9 mars 2013 par eric

Les données dont on dispose pour l’année 1971 et les premiers mois de 1972 permettent de faire le point sur une situation qui avait été analysée dans le numéro de juin 1971 de Lutte de Classe [1].

Caractérisée sur le plan économique par la coexistence de l’inflation avec une accumulation ralentie, la période écoulée a vu le rapport des forces se modifier au détriment de la classe ouvrière ; la demi-victoire des capitalistes n’a pourtant pas été décisive, à en juger par l’acuité des problèmes qu’ils doivent affronter.

ACCUMULATION RALENTIE ET INFLATION

Manque de rigueur de la production

Si la production a augmenté en 1971 dans tous les pays importants, le rythme d’accroissement a en général été faible (cf. tableau 1).

TABLEAU 1 — CROISSANCE DU PRODUIT NATIONAL BRUT [2] (variation en pourcentage)

PaysMoyennes1958-1959 à 1968-196919701971
États-Unis4,5-0,73
Canada4,83,35
Japon11,210,76,1
Allemagne5,15,43,5
France5,75,95,5
Italie5,75,20,5
Grande-Bretagne3,12,21,0
Total de ces pays5,42,43,3

Par rapport à 1970, seuls les États-Unis et le Canada ont obtenu de meilleurs résultats en 1971 ; la reprise qui a eu lieu aux États-Unis a du reste été inférieure à celle qui était généralement attendue.

Pour tous les autres pays, à l’exception de la France, les taux ne progression ont nettement diminué ; ils ont même été très faibles pour la Grande-Bretagne et surtout l’Italie.

Aussi l’amélioration du pourcentage d’augmentation de la production qui apparaît entre 1970 et 1971, si l’on totalise les chiffres des différents pays considérés, s’explique-t-elle uniquement par le poids prédominant des États-Unis.

La faiblesse des résultats de 1971 apparaît encore plus nettement si l’on prend pour période de référence la décennie précédente.

Seul le Canada a maintenu son taux de croissance. Tous les autres pays, exception faite de la France, ont vu leur rythme de progression baisser fortement, la chute étant particulièrement spectaculaire pour l’Italie.

Persistance de l’inflation

Et pourtant, dans ce contexte caractérisé par une activité économique peu vigoureuse, l’inflation s’est poursuivie, comme le montre le tableau 2.

TABLEAU 2 — PRIX À LA CONSOMMATION

PaysPourcentage d’augmentation de 1971 par rapport à 19701963-1969
États-Unis4,13,3
Canada2,83,7
Japon6,15,7
Allemagne5,12,7
France5,64,1
Italie4,93,6
Grande-Bretagne9,44,5

À l’exception du Canada, seul pays où la tendance se soit renversée, la hausse des prix en 1971 est nettement supérieure à celle qui avait atteinte en moyenne au cours de la période 1963-1969.

Il semble néanmoins que le rythme d’augmentation ait eu tendance à se stabiliser au fur et à mesure que l’année avançait.

Mais si sur le plan de la conjoncture économique, 1971 a vu se confirmer une évolution apparue l’année précédente, il n’en a pas été de même du point de vue du rapport des forces entre capitalistes et travailleurs.

DEMI-DÉFAITE OUVRIÈRE

L’année passée a permis aux capitalistes de rétablir en partie une situation qui, au cours des années précédentes, leur était devenue nettement défavorable.

En effet, la classe ouvrière, dont la combativité a diminué, a subi une série de défaites partielles, et les grèves ont, dans l’ensemble, diminué en nombre et en intensité.

Le tournant du milieu de l’année

La majorité des grèves les plus dures et les plus longues ont eu lieu au premier semestre : chez Ford en Grande-Bretagne (où une augmentation des salaires de 32 % sur deux ans est obtenue), chez Volvo, les électriciens et les fonctionnaires en Suède, aux Batignolles, chez Renault (O.S.) et chez les cheminots en France.

Le milieu de l’année semble marquer également un tournant en ce qui concerne le nombre de grèves et des journées de travail perdues : celui-ci a été nettement plus élevé durant le premier semestre qu’au cours du second. Le phénomène est particulièrement marqué en Grande-Bretagne : 10 975 000 jours de grève sur un total de 13 558 000 ; du reste, dans ce pays, le nombre des conflits et des travailleurs en grève a été plus faible en 1971 qu’en 1970 : 2 223 conflits ont débuté en 1971 (au lieu de 3 906 en 1970) et il y a eu 1 173 000 grévistes au lieu de 1 831 000 l’année précédente (le nombre des jours de grève, en revanche, a été plus important en raison de la durée des conflits des postiers et de Ford).

Raidissement des capitalistes

Dans le même temps, on a assisté au raidissement des gouvernements et ces patrons : politique de limitation des augmentations de salaires aux États-Unis et en Grande-Bretagne notamment, nombreux licenciements dans tous les pays et dans des branches très diverses, recours de plus en plus fréquent au lock-out en cas de grève (exemples de Babcock-Atlantique et de l’industrie métallurgique du Wurtemberg).

La détermination des capitalistes est du reste apparue avec force à l’occasion de ce dernier conflit et d’un autre qui a eu lieu à peu près au même moment, en novembre dernier, celui de Coventry. En Allemagne les patrons n’hésitèrent pas à perdre 410 millions de DM par jour (pendant 19 jours) pour parvenir à leurs fins : 360 000 travailleurs furent privés de travail et l’industrie automobile fut paralysée à 65 %. À Coventry, les employeurs avaient remis en cause au mois d’août le statut privilégié dont bénéficiaient depuis 30 ans les outilleurs qualifiés de l’industrie mécanique de la région (ce statut obtenu pendant la guerre indexait le salaire de base de ces outilleurs sur celui des travailleurs à la pièce les mieux payés de la région) : les intéressés avaient répliqué par une série d’arrêts de travail pendant les mois suivants ; en novembre, après 10 jours de grève d’une journée chacune, les ouvrière déclenchèrent une grève continue ; celle-ci concernait plus de 6 000 ouvriers employés dans 80 usines ; ce conflit, l’un des plus onéreux pour l’industrie en cause depuis plusieurs années, entraîna la mise en chômage technique de 24 000 ouvriers de la région et coûta plus de 50 millions de livres aux employeurs (appartenant notamment à l’industrie automobile) ; mais ceux-ci obtinrent gain de cause et trois jours après le début de la grève illimitée un accord intervenait qui officialisait la suppression du statut antérieur.

Ces deux épreuves de force tournèrent donc à l’avantage des capitalistes ; il en avait été de même auparavant à l’occasion de la longue grève des postiers en Grande-Bretagne. L’issue de toute une série de conflits de moindre envergure fut identique : ainsi en France chez les cheminots, les fonctionnaires et les conducteurs de la RATP.

Ce qui s’est passé au cours des premiers mois de 1972 confirme du reste cette tendance au raidissement de la part des capitalistes. Ceux-ci recourent de plus en plus souvent à la violence sous ses différentes formes : appel aux forces de police pour expulser les ouvriers qui occupent des usines ou pour briser des piquets de grève (comme lors de la grève des mineurs britanniques), attaque d’ouvriers grévistes par des non-grévistes composés de cadres et d’employés (usines Paris à Nantes), formation de groupes d’intervention de style fasciste qui descendent dans la rue (en Italie), enfin recours au meurtre (celui d’Overney en France, celui d’un mineur en Grande-Bretagne, ceux de grévistes espagnols à Barcelone, Madrid, El Ferrol, etc.). En France, la CGT se montre un excellent auxiliaire des capitalistes dans ce domaine, notamment par sa politique de dénonciation des « gauchistes ».

Pas de nouvelles formes d’organisation

Cette évolution de la situation s’explique par le fait que la classe ouvrière n’a pas su dépasser le palier sur lequel elle avait placé ses luttes des trois années précédentes. N’ayant pas avancé, elle a reculé. Mais pour avancer, il aurait fallu donner une nouvelle impulsion aux grèves sauvages, c’est-à-dire notamment, s’organiser de telle sorte que, une fois lancé, le conflit puisse déborder le cadre où il était né (atelier, usine ou secteur d’activité), et rester sous la seule autorité de la base. Ces nouvelles formes d’organisation n’étant pas apparues, les syndicats ont pu récupérer des mouvements qui leur avaient échappé au début (exemple de la grève du métro à Paris) et les condamner ainsi à l’échec. De tels échecs découragent évidemment le lancement de nouvelles actions ; ils laissent ainsi la voie libre à des accords entre patrons et gouvernements d’une part, dirigeants syndicaux d’autre part, accords générateurs de paix sociale (cf. la politique contractuelle en France, les accords Fiat en Italie).

C’est donc l’impuissance des travailleurs à garder le contrôle des luttes lancées par eux, qui constitue la cause profonde de la moindre efficacité des conflits de classe et de leur diminution en 1971.

Du reste, en de nombreuses occasions, ce sont les syndicats qui ont pris l’initiative des grèves, contrôlant ainsi celles-ci de bout en bout. Tel a été notamment le cas lors des conflits dans les postes britanniques, dans l’industrie métallurgique du Wurtemberg, chez les cheminots en France...

Cette syndicalisation des grèves, que l’on retrouve également en Italie, s’est confirmée au cours des premiers mois de 1972. Ce phénomène montre qu’il y a eu une certaine reprise en mains de la base par les organisations bureaucratiques : il constitue un renversement de tendance par rapport à la période 1967-1970, au cours de laquelle la proportion des conflits « sauvages » n’avait cessé d’augmenter.

DÉGRADATION DE LA SITUATION OUVRIÈRE

Cette évolution du rapport des forces a provoqué une dégradation des conditions de travail et de vie des ouvriers.

Augmentation des salaires

Il est vrai que la hausse des salaires s’est poursuivie en 1971. (cf. Tableau 3)

TABLEAU 3 — POURCENTAGES D’AUGMENTATION DES SALAIRES

Pays19711er trim. 70 / 711963-1969
États-Unis5,56,34,5
Canada8,49,36,2
Japon13,715,912,2
Allemagne11,212,17,1
France11,111,08,0
Italie13,422,47,0
Grande-Bretagne11,214,26,7

Dans tous les cas, l’augmentation est supérieure à celle des prix à la consommation (voir tableau n° 2).

Toutefois l’augmentation des salaires a eu tendance à se ralentir. Les hausses de 1971, si elles sont nettement supérieures à celles intervenues en moyenne de 1963 à 1969, sont en revanche inférieures, parfois fortement, à celles de la période allant du début 1970 au début 1971 (une seule exception, la France).

Cette tendance s’est confirmée au cours des derniers mois. Ainsi, en Allemagne, les accords de salaires intervenus en novembre 1971 dans l’industrie métallurgique du Wurtemberg, et en janvier 1972 chez les employés des services publics, les postiers et les cheminots (soit 1 700 000 travailleurs), se traduisent par une sensible diminution du taux de hausse : respectivement 7,5 % et 6 % ; l’accord conclu un peu plus tard dans l’industrie chimique s’inscrit dans cette évolution (augmentation de 6,4 % ).

Or, dans le même temps, d’autres facteurs ont joué, qui ont provoqué une détérioration de la situation ouvrière.

TABLEAU 4 - CHOMAGE EN JANVIER 1972 [3]

PaysNombre de chômeursPourcentage du chômage par rapport à la pop. active
États-Unis5 071 0005,9
Canada544 0006,2
Japon583 0001,1
Allemagne207 0001,2
France520 0002,4
Italie1 112 0005,5
Grande-Bretagne968 0004,0

Accroissement du chômage

Les principaux pays capitalistes connaissent actuellement des taux de chômage relativement importants (cf. tableau 4). Les pays les plus touchés étant le Canada, les États-Unis, l’Italie et la Grande-Bretagne où un tel chiffre n’avait pas été atteint depuis 1947.

Dans les pays du Marché Commun où le nombre des chômeurs est moins élevé, la situation s’est pourtant aggravée : progression de 39 % en 14 mois en France, hausse de 25 % en Allemagne par rapport au printemps 1971.

Partout le chômage a été plus élevé en 1971 qu’en 1970, année dont les chiffres avaient déjà été supérieurs à ceux de 1969.

Or cette évolution semble devoir se poursuivre en 1972. Ainsi, dans le cas de la France, alors que le taux d’accroissement de la production prévu par le Plan pour assurer le plein emploi était de 5,9 %, les experts envisagent maintenant un taux de 4,7 %. En Italie, le Ministère du Travail prévoit pour l’année en cours une baisse de 1,2 % de l’emploi industriel. En Grande-Bretagne et aux États-Unis, des experts de plus en plus nombreux font observer que même si la production augmente conformément aux prévisions officielles (ce qui semble plus que douteux) le chômage risque de demeurer très important, étant donné l’accroissement de la productivité du travail.

Accroissement de la productivité

Ce dernier aspect est important. En effet l’accroissement de la productivité (production par ouvrier) obtenu par les capitalistes en 1971 montre que l’exploitation de la classe ouvrière s’est intensifiée, ce qui implique une dégradation des conditions de travail (accélération des cadences, fatigue plus grande). Une exception toutefois, celle de l’Italie (cf Tableau 5).

TABLEAU 5 - VARIATION DE LA PRODUCTIVITÉ [4] EN 1971, ET ENTRE 1963 ET 1969 - EN POURCENTAGE

Pays1971Moyenne annuelle 1963-1969
États-Unis3,93,4
Canada4,33,2
Japon4,817,8
Allemagne2,67,3
France4,87,9
Italie-4,86,2
Grande-Bretagne4,24,0

Mais la comparaison des résultats obtenus en 1971 d’une part, et au cours de la période 1963-1969 d’autre part, révèle une évolution qui, dans l’ensemble, est défavorable aux capitalistes.

Les États-Unis et la Grande-Bretagne sont les seuls pays où l’augmentation se soit accélérée (du reste dans de faibles proportions). Partout ailleurs le ralentissement est net ; il est même spectaculaire au Japon et en Italie, seul pays où la productivité ait même baissé.

Ainsi, en dépit du rétablissement opéré en 1971 par les capitalistes, tout ne va pas pour le mieux pour le capital.

PROBLÈMES CAPITALISTES

Les intéressés, du reste, ne pavoisent pas ; leurs actes et leurs paroles révèlent un état d’esprit où la morosité le dispute à l’indécision.

C’est que l’avenir n’est pas tellement rose pour les capitalistes. La classe ouvrière, même si elle a essuyé un échec, reste néanmoins combative ; il en résulte une insuffisance du niveau de la plus-value ; ce fait contribue à accroître les tensions qui se sont développées depuis un certain temps entre les capitalistes.

L’HYPOTHÈQUE

Les luttes ouvrières, bien qu’ayant diminué en 1971, sont restées nettement plus nombreuses et plus dures que dans la période antérieure aux années 1968/1970 (en France, le nombre de jours de grève a même battu un record). La combativité ouvrière s’est donc maintenue à un niveau assez élevé ; du reste la récente grève des mineurs britanniques (voir Lutte de Classe d’avril 1972), et d’autres conflits qui ont éclaté depuis le début de l’année tant en Grande-Bretagne (industries mécaniques du Lancashire) qu’en Espagne (Catalogne, Pays Basque) et en France (à Nantes, à Saint-Brieuc) montrent qu’on est loin du calme plat.

Seule une véritable crise conduisant à un chômage massif, aurait pu éventuellement permettre à la classe dominante d’écraser la capacité de résistance des travailleurs. Mais les capitalistes n’ont pas tenté l’épreuve de force, peut-être par crainte de prendre le risque que le système s’écroule : mis au pied du mur, les travailleurs auraient pu, au lieu de s’incliner, faire preuve d’une réaction violente.

Cette voie extrême n’ayant donc pas été choisie, les capitalistes ont du mal à apprécier les ressources combatives de ceux qu’ils exploitent. Une grande partie d’entre eux hésite donc à rétablir une situation de plein emploi qui pourrait revigorer l’ardeur de la classe ouvrière.

D’où le peu d’empressement dont ils font preuve pour investir, en dépit des exhortations qui leur sont adressées par leurs collègues. L’appareil d’État, en effet, s’efforce de relancer l’économie, que ce soit en France ou en Grande-Bretagne, en Allemagne ou aux États-Unis ; d’un pays à l’autre, il est vrai, les moyens diffèrent nettement quant à leur importance : en France le plan de soutien ne prévoit que 2,2 milliards de crédits d’équipements supplémentaires, alors qu’aux États-Unis le gouvernement fédéral n’hésite pas à accepter un déficit de 35 milliards de dollars (soit 180 milliards de francs) !

Mais jusqu’à présent, ces initiatives n’ont pas rencontré le succès espéré. En effet, l’hypothèque de la combativité ouvrière n’ayant pas été levée, les capitalistes doivent faire face à un problème délicat.

L’INSUFFISANCE DE LA PLUS-VALUE

Il semble bien, en effet, qu’à l’heure actuelle la plus-value extorquée aux travailleurs soit insuffisante pour assurer aux capitalistes un taux de profit satisfaisant. Comme il a été expliqué précédemment (cf. Lutte de Classe de juin 1971) le taux de profit dépend en premier lieu du taux d’exploitation, c’est-à-dire de la répartition de la journée de travail entre temps payé et temps non payé [5]. Bien que la statistique bourgeoise ne fournisse sur ce point que des données très imparfaites, il est possible de se faire une idée de l’évolution du taux d’exploitation en comparant la variation de la productivité du travail (production par tête) avec celle du salaire réel (salaire moyen nominal corrigé de la hausse des prix à la consommation). Lorsque la productivité augmente plus vite que le salaire réel, le taux d’exploitation s’accroît, dans le cas contraire, il diminue.

En combinant les chiffres figurant aux tableaux 2, 3 et 5 ci-dessus, on obtient pour 1971 les résultats donnés au tableau 6 ci-après. On constate que, si les capitalistes américains et britanniques ont nettement amélioré leur position, il n’en est nullement de même dans les autres grands pays industriels, où les salaires réels ont augmenté plus vite que la productivité (la situation des capitalistes italiens étant particulièrement désastreuses à cet égard). Compte tenu du « poids » des différents pays (c’est-à-dire de leur part dans le capital mondial), on peut estimer que pour l’ensemble du capital étudié ici, le taux d’exploitation est resté en 1971 à peu près au même niveau qu’en 1970, année où — comme il a été démontré précédemment — il était nettement insuffisant pour permettre un fonctionnement « normal » du capitalisme.

TABLEAU 6 — PRODUCTIVITÉ ET SALAIRE RÉEL (variation en pourcentage entre 1970 et 1971). Une différence positive indique une augmentation du taux d’exploitation, une différence négative correspond à une diminution de ce dernier.

PaysProductivitéSalaire réelDifférence
États-Unis3,91,42,5
Canada4,35,6-1,3
Japon4,87,6-2,8
Allemagne2,66,1-3,5
France4,85,5-0,7
Italie-4,88,5-13,3
Grande-Bretagne4,21,82,4

Il faut toutefois se rendre compte que les résultats qui viennent d’être présentés se réfèrent à la moyenne de l’année écoulée. Il n’y a aucun doute qu’en cours d’année la situation a évolué à l’avantage des capitalistes, sans qu’il soit possible pour l’instant de dire si le taux d’exploitation a retrouvé le niveau antérieur à la crise.

En fait, il est peu probable que le redressement opéré jusqu’ici par les capitalistes leur permette de sortir de la crise, La meilleure preuve en est la persistance du chômage (cf. tableau 4 ci-dessus) qui s’accompagne dans la plupart des pays d’une chute absolue de l’emploi de la force de travail [6], source ultime de la plus-value (cf. tableau 7).

Le sous-emploi actuel a une double signification. D’une part il indique que le taux d’exploitation n’est pas encore jugé suffisant — ou du moins que le maintien d’un taux d’exploitation suffisant n’est pas considéré comme garanti par la plupart des capitalistes. D’autre part, il implique qu’une certaine proportion du capital existant n’est pas actuellement engagée dans la production, et ne permet donc l’extorsion d’aucune plus-value, ce qui tend à réduire le taux de profit moyen, et donc à prolonger la crise larvée de l’économie capitaliste.

TABLEAU 7 — POURCENTAGE DE VARIATION DE LA MAIN-D’OEUVRE EMPLOYÉE ENTRE 1970 ET 1971 (industries de transformation)

PaysPourcentages
États-Unis-3,9
Canada-0,9
Japon-0,1
Allemagne-0,6
France+0,5
Italie+2,1
Grande-Bretagne-3,4

Pour sortir de ce cercle vicieux, il existe classiquement deux moyens : soit la destruction d’une partie du capital productif (par la guerre ou par une crise ouverte qui élimine un certain nombre de capitalistes), soit le rétablissement du plein emploi par une intervention de l’État, permettant de compenser sur une période plus longue une insuffisance momentanée du taux de profit. Mais pour que cette méthode puisse s’appliquer, il faut d’abord que les principaux groupes capitalistes soient d’accord, et ensuite (et surtout) que l’élimination du chômage ne conduise pas à un renforcement de la combativité ouvrière, et donc à une nouvelle réduction du taux d’exploitation. C’est sur cette toile de fond que se développe une série de conflits au sein de la classe capitaliste.

TENSIONS ENTRE CAPITALISTES

Le gâteau à partager étant insuffisant la concurrence entre capitalistes s’est faite plus sévère. D’où un certain nombre de faillites retentissantes.

Une concurrence plus sévère

L’année 1971 a fait quelques grandes victimes qui, en raison de la détérioration de leur situation financière, n’ont eu que le choix entre la disparition ou la survie grâce à l’octroi de fonds publics. Ces victimes de marque appartiennent à des secteurs très divers : la Penn Central, société ferroviaire, et Lockheed, un des premiers constructeurs d’avions, aux États-Unis ; Rolls-Royce, autre firme aéronautique, mais aussi les chantiers navals de la Clyde en Grande-Bretagne, Zeiss Ikon, autre fabricant célèbre, dans le domaine photographique cette fois, en Allemagne.

D’où les difficultés rencontrées non seulement par des branches traditionnellement en crise comme l’industrie textile, mais aussi par des activités de pointe et prospères ces dernières années comme l’industrie chimique ou celle des composants électroniques.

C’est cette sévérité accrue de la concurrence qui a amené les États-Unis, première puissance mondiale, à renforcer leur politique protectionniste en août 1971, Nixon décidant notamment de taxer les produits importés et d’encourager financièrement l’achat sur le marché intérieur de produits américains au détriment de produits importés. En outre, la concurrence japonaise étant considérée comme la plus dangereuse, le gouvernement américain a contraint les industriels japonais à limiter « volontairement » leurs exportations textiles et sidérurgiques. Par la suite, cette limitation a été étendue à l’industrie électronique, et s’est appliquée également aux exportations japonaises vers l’Europe Occidentale, en même temps qu’étaient renforcées les restrictions sur les exportations européennes de produits sidérurgiques vers les États-Unis.

Une fois de plus, les capitalistes recherchent donc la solution de leurs difficultés dans une répartition du marché. Solution parfaitement illusoire, puisque le mal ne vient pas du fonctionnement du marché, mais des rapports entre capital et travail.

LA CRISE MONÉTAIRE INTERNATIONALE

L’intensification de la concurrence se traduit également par l’aggravation de la crise monétaire internationale qui se présente en premier lieu comme la crise du dollar.

Celle-ci, atténuée provisoirement et partiellement par la décision prise en décembre dernier de dévaluer la monnaie américaine, résulte en effet des oppositions d’intérêt entre les capitalistes américains d’une part, et d’autre part ceux des principaux pays européens occidentaux ainsi que du Japon. C’est la domination économique américaine qui est en jeu lorsque sont posés les problèmes de la valeur du dollar, de sa convertibilité et de son rôle de monnaie de réserve ; la place prééminente du dollar, née de la puissance de l’économie américaine, renforce à son tour le poids de celle-ci [7].

À l’origine de cette situation, la disproportion entre la masse des capitaux américains et celle des autres pays. La rentabilité des investissements étant moindre aux États-Unis que dans ces pays, les capitaux américains émigrent [8]. Les capitalistes non américains sont impuissants à lutter efficacement contre un tel phénomène ; ils ne disposent en effet que de deux moyens de parade, remèdes en général pires que le mal : ou ils réévaluent la monnaie nationale, ce qui rend leurs produits plus chers, donc moins compétitifs ; ou ils instituent un contrôle des changes, mais l’application de celui-ci est difficile, et pour être vraiment efficace, impliquerait le passage au capitalisme d’État.

Or, cette situation n’a rien de conjoncturel : elle correspond à une tendance qui s’inscrit sur une longue période. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale le dollar fait prime : au lendemain de la guerre, il s’était imposé facilement en raison de la ruine du capitalisme européen, principale victime du conflit qu’il avait fait naître. Depuis les années 60, la position prééminente du dollar s’explique par la difficulté d’aboutir à une solution de remplacement : celle-ci nécessiterait en effet un accord des principaux groupes capitalistes, soit pour le rétablissement de l’étalon-or, soit pour une monnaie-papier internationale (émise par exemple, par le Fonds Monétaire International). Mais les intérêt des divers capitalismes nationaux sont trop divergents pour qu’un accord soit possible dans l’actuelle situation de pénurie de plus-value.

En outre, la situation se complique en raison des sensibles divergences qui apparaissent au sein même de la classe capitaliste américaine. En effet, les intérêts des entreprises dont l’implantation est essentiellement nationale ne coïncident pas avec ceux des firmes à vocation multinationale. Par exemple, les premières sont favorables à une politique protectionniste qui leur réserve le marché américain, alors que les secondes sont défavorisées par ces mesures allant dans ce sens, une partie des productions qu’elles réalisent dans différents pays étant exportées aux États-Unis ; de même, la dévaluation du dollar rend plus compétitifs les produits des premières, alors qu’elle affaiblit la position des secondes, la même quantité de dollars ne leur permettent plus d’acheter à l’étranger autant de moyens de production qu’auparavant. La combinaison de ces différents facteurs explique la lenteur du processus qui a conduit à la récente dévaluation du dollar et les effets, en partie contradictoires d’une telle mesure pour l’économie américaine. En réalité, pour que soit obtenu un des effets attendus de cette dévaluation, à savoir la possibilité pour le capital américain de concurrencer plus efficacement les autres capitalismes sur le marché mondial (dans le contexte actuel, ceci revient à exporter le chômage à l’étranger), il faudrait que le Gouvernement réussisse à réduire le niveau de vie de la classe ouvrière américaine par rapport à celui des ouvriers étrangers ; ce ne semble pas être le cas jusqu’à présent. En revanche, la position de monnaie leader du dollar a été affaiblie par cette dévaluation et le retour espéré des capitaux (autre effet positif attendu) n’a même pas eu lieu.

Le problème du dollar n’est donc pas résolu. Il traduit l’existence de conflits aigus entre capitalistes qui se disputent un gâteau destiné à se réduire. La solution consisterait à diminuer le nombre de postulants à la dite pâtisserie, et à redistribuer les parts : historiquement, ce genre d’opération s’est à chaque fois effectué par l’entremise d’une guerre mondiale. Cette « solution » étant rendue difficile par l’élévation de la combativité ouvrière, l’incertitude se prolonge, et n’est pas faite, elle non plus, pour encourager les décisions d’investissement des capitalistes.

Il est du reste significatif que fleurissent depuis quelque temps des théories favorables à une évolution sans croissance (autrement dit sans accumulation) des économies capitalistes occidentales. Un même phénomène était apparu dans les années trente : quand on est dépassé par les événements, il est rassurant de sortir de ses cellules grises une « loi » qui vous donne l’impression d’être à nouveau maître du jeu. Mais ces éminents faiseurs de théories n’oublient qu’un petit détail dans leurs savantes constructions : l’existence des travailleurs et de la lutte des classes. S’il ne peut plus assurer l’accumulation sur une longue période, le capitalisme peut envoyer un faire-part annonçant sa propre mort : l’accumulation est en effet le seul moyen dont il dispose en fin de compte pour faire face aux revendications des exploités. Il n’a pas le choix mais est condamné à suivre cette voie s’il veut survivre.

Seulement le fait est là : la marge de manœuvre du capitalisme bourgeois [9] est de plus en plus étroite ; tel est le résultat de l’élévation du niveau des luttes et des revendications ouvrières au cours de ces dernières années. Ceci signifie que les capitalistes ne peuvent plus lâcher grand chose et qu’ils doivent même s’efforcer de reprendre une partie de ce qu’ils avaient cédé jusqu’à présent, qu’il s’agisse de rémunération, de durée ou de conditions de travail. Ceci à un moment où les exigences du prolétariat tendent à s’accroître, du moins sur une longue période.

On peut donc s’attendre que, dans les années à venir, les revendications de la classe ouvrière, même limitées à l’amélioration du niveau de vie, contraindront les capitalistes à engager l’épreuve de force, acculant ainsi les travailleurs au choix entre la capitulation et la révolution.

[1] « Crise du capitalisme et alternative révolutionnaire ». Comme la précédente, la présente analyse se limite aux principaux pays « occidentaux ». La situation particulière des pays de l’Est fera l’objet d’une étude plus approfondie, dont la rédaction est en cours.

[2] Ensemble de la production de marchandises et de « services », mesurée selon la comptabilité nationale bourgeoise (c’est-à-dire, y compris les prétendus « services » rendus par l’État, les banques, les compagnies d’assurances, etc.). La variation est mesurée à prix constants, donc sans tenir compte de l’accroissement apparent résultant de l’inflation. Bien que très imparfaite, cette mesure donne néanmoins une idée du rythme d’accumulation du capital.

[3] En réalité, au Japon et dans les pays européens, le chômage est plus important : seuls sont comptés ici les chômeurs officiellement enregistrés ; si les normes américaines étaient retenues, le nombre des chômeurs britanniques serait plus élevé de quelque 50 %.

[4] Il s’agit de la production par tête dans l’industrie de transformation (ensemble de l’industrie à l’exception de l’extraction et du bâtiment).

[5] Marx définit le taux d’exploitation comme le rapport entre la plus-value et le capital variable, c’est-à-dire la masse des salaires. Ce rapport représente simplement, sous une forme différente, la part des salaires dans le produit social, ou encore la part de ce produit qui revient au producteurs, par opposition à celle qui est accaparée par les capitalistes et leurs parasites. Mais l’accumulation ne consiste pas, pour l’essentiel, dans le développement du capital variable : elle vise avant tout à augmenter le capital constant (bâtiment, machines, stocks de matières premières, etc.). Le rapport critique est donc celui de la plus-value à l’ensemble du capital (constant et variable), rapport baptisé par Marx « taux de profit ».

[6] Le chômage peut augmenter, même en présence d’une augmentation de l’emploi : il suffit que la main d’œuvre disponible augmente plus vite que l’emploi. Mais il va de soi qu’une baisse de ce dernier entraîne une augmentation encore plus rapide du chômage.

[7] Par exemple le dollar étant la devise-clé, les États-Unis peuvent, tout en ayant une balance des paiements en déficit, prendre dans les autres pays le contrôle de firmes importantes en achetant tout ou partie de leur capital.

[8] Lorsque les sociétés américaines manquent de liquidités, elles n’ont aucun mal, du fait de leur puissance économique et financière, à investir dans les pays étrangers des sommes... qu’elles ont empruntées sur place.

[9] La situation des pays capitalistes d’État n’est pas plus brillante à cet égard.

Autres articles de cette rubrique
  1. GLAT 00 : Présentation et sommaires de la revue « Lutte de Classe »
  2. GLAT 1965-01a : Le pot de terre associé au pot de fer
  3. GLAT 1965-01b : Les ouvriers seuls capables de gérer la production
  4. GLAT 1965-01c : À quoi servent les ministres socialistes ?
  5. GLAT 1965-01d : Des ouvriers mauvais patriotes
  6. GLAT 1965-02a : Socialisme à gogo
  7. GLAT 1965-02b : Encore un bon apôtre
  8. GLAT 1965-02c : Têtes de bois et oreilles d’ânes
  9. GLAT 1965-02d : Les ouvriers tchèques et la planification
  10. GLAT 1965-02e : Mourir pour la production, c’est le sort le plus beau
  11. GLAT 1965-03a : La récession et les travailleurs
  12. GLAT 1965-03b : Correspondance d’un lecteur et sympathisant. Pas conforme à la tradition
  13. GLAT 1965-03c : De Madrid à Moscou (en passant par Casablanca)
  14. GLAT 1965-03d : Les fouilleurs
  15. GLAT 1965-03e : Syndicalisme et socialisme en Algérie
  16. GLAT 1965-03f : Dis-moi qui te défend, je te dirai qui tu es
  17. GLAT 1970-04a : Classe ouvrière et démocratie
  18. GLAT 1972-01a : Le dirigisme contre la révolution
  19. GLAT 1972-03a : L’enseignement en crise
  20. GLAT 1972-03b : Crise du capitalisme américain et réformisme des mouvements marginaux
  21. GLAT 1972-03c : La sécurisation
  22. GLAT 1972-06a : Capitalistes et travailleurs face à la crise
  23. GLAT 1972-06c : Pirelli - Répression capitaliste et riposte ouvrière
  24. GLAT 1972-07a : Classe ouvrière et communisme
  25. GLAT 1972-07b : Italie - situation de classe et agitation politique
  26. GLAT 1973-11a : Notes marginales sur la marginalité
  27. GLAT 1973-11b : Taylor aux abois - ou : les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel
  28. GLAT 1974-05a : Combativité ouvrière et tactique syndicale
  29. GLAT 1974-05b : Notes sur les luttes de quartier
  30. GLAT 1974-06a : Luttes de classe et luttes de quartier
  31. GLAT 1974-07b : Enseignement : économies, licenciements... et luttes
  32. GLAT 1974-09a : Les rapports sociaux communistes
  33. GLAT 1974-12b : Luttes d’usines et luttes de quartier
  34. GLAT 1975-01b : Profits et marchés (I-IV)
  35. GLAT 1975-01c : Profits et marchés - Appendice I : Symboles et rapports
  36. GLAT 1975-02a : Profits et marchés (V-VI)
  37. GLAT 1975-02b : Le Luxemburgisme, fausse solution d’un faux problème
  38. GLAT 1975-07b : Sexisme ou lutte des classes
  39. GLAT 1975-11a : Documents pour un débat
  40. GLAT 1976-03b : 35 X 40
  41. GLAT 1976-11a : Technologie et domination du capital
  42. GLAT 1978-03a : Réflexions sur le travail théorique