AccueilBibliothèqueCollection de textes
Dernière mise à jour :
mardi 6 juin 2017
   
Brèves
Mardi 21 mai - La Revue Z à Terra Nova
lundi 20 mai
Mardi 21 mai 2013 à 19h, rencontre à la Librairie Terra Nova de Toulouse avec l’équipe de la revue Z à l’occasion de la parution du dernier numéro Thessalonique & Grèce, aux éditions Agone. Après une enquête collective au nord de la Grèce, la revue Z viendra présenter son dernier numéro : Thessalonique dans la dépression européenne. Bricolages quotidiens et résistances insolvables.
Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs
lundi 6 février
Le sommaire des articles de la revue Lutte de classe, publiée par le GLAT, a été largement augmenté, notamment sur la période 1971-1975. Pour tous les numéros listé, une version PDF est maintenant accessible en ligne. Bonnes lectures !
Mise à jour du catalogue du fonds documentaire
jeudi 1er septembre
Une nouvelle version mise à jour du Catalogue du Fonds Documentaire Smolny, très largement étendue (une vingtaine d’entrées supplémentaires) est en ligne ce jeudi 1er septembre 2011. Merci aux contributeurs. D’autres titres à suivre...
Ouverture des archives numériques du CERMTRI
lundi 15 août
Le CERMTRI a décidé de créer une bibliothèque numérique avec l’objectif de numériser le maximum de ses archives et de ses collections. Pour démarrer : La revue « Bulletin Communiste » (1920-1933) ; le journal « La Vérité » (1957-1958) ; la revue des « Cahiers du mouvement ouvrier » (2002-2011). Soit déjà 428 documents ce qui représente 6395 pages. Bravo pour cette excellente initiative !
Sur le Web
[infokiosques.net]
Nous nous auto-organisons et nous montons un infokiosque, une sorte de librairie alternative, indépendante. Nous discutons des publications, brochures, zines et autres textes épars qui nous semblent intéressants ou carrément nécessaires de diffuser autour de nous. Nous les rassemblons dans cet infokiosque, constituons ainsi nos ressources d’informations, et les ouvrons au maximum de gens. Nous ne sommes pas les troupes d’un parti politique, ni les citoyen-ne-s réformateurices de nos pseudo-démocraties, nous sommes des individus solidaires, qui construisons des réseaux autonomes, qui mettons nos forces et nos finesses en commun pour changer la vie et le monde.
Premiers pas sur une corde raide Montreuil (93) : concert de soutien au Rémouleur, samedi 11 octobre 2014 qcq Tout mais pas l'indifférence Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce Bruxelles : programme de septembre 2014 au local Acrata
Bibliolib
Catalogue de textes d’origine libertaire ou anarchiste, sans habillage particulier (pas de commentaire, d’édition critique, de note). Les textes bruts donc avec une liste d’auteurs qui commence à être significative. Un bon point d’entrée donc pour ceux qui savent à l’avance ce qu’ils cherchent. Attention : ce site s’est fait subtilisé sa précédente adresse par un site pornographique. Notre propre lien a donc été incorrect quelque temps. Nous en sommes désolé.
Pelloutier.net
Sur l’histoire du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme, avec des études, documents et synthèses intéressantes sur Pelloutier, Monatte, La Vie Ouvrière (1909-1914) et sur les mouvements syndicalistes en France, Europe, USA...
Balance
Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier international et de la Guerre d’Espagne. Nombreux articles en espagnol. Textes de Bordiga, entre autres.
Classiques des sciences sociales
Une bibliothèque numérique entièrement réalisée par des bénévoles, fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, sociologue. Comprend de très nombreuses oeuvres du domaine public. La section des "auteurs classiques", en particulier, est une véritable mine, où l’on trouve Bebel, Bordiga, Boukharine, Engels, Fourier, Gramsci, Kautsky, Labriola, Lafargue, Lukacs, Luxemburg, Marx, Trotsky et bien d’autres.
GLAT (1969) : Luttes et organisations de classe
Thèses - Sans date, probablement 1969
5 octobre 2013 par eric

En traitant de l’organisation dans la lutte de la classe ouvrière, nous distinguerons deux problèmes : celui de l’organisation générale de la classe, c’est-à-dire l’organisation de tous ses membres en vue d’une action commune, et celui de l’organisation et de l’action d’une partie des éléments de la classe, les minorités révolutionnaires.

LUTTES ET ORGANISATIONS DE CLASSE

I

Aucune lutte sociale efficace n’est concevable sans que la couche ou la classe sociale intéressée à cette lutte ne soit parvenue à se donner une forme d’organisation qui lui permette de mener à bien cette lutte. Cela est déjà vrai pour les luttes de couches telles que la paysannerie qui ne portent pas en elles une solution à l’échelle de l’histoire, et l’est d’autant plus pour les classes appelées à transformer la société et à instaurer une société sur des bases nouvelles, comme l’était la bourgeoisie autrefois et comme l’est le prolétariat aujourd’hui.

II

L’ampleur de l’organisation comme sa structure correspondent nécessairement dans la période décisive de la lutte à la nature historique et aux objectifs globaux que la classe en question se propose et est appelée à réaliser.

III

Toutes les classes qui ont joué un rôle révolutionnaire de transformation sociale dans l’histoire ont fondé leur pouvoir économique au sein de l’ancienne société ; ce pouvoir servait de base et de garant à leur triomphe contre les anciennes classes dominantes.

Rien de pareil pour ce qui est du prolétariat, qui est l’unique classe révolutionnaire qui ne peut fonder sa lutte sur un pouvoir économique préalable. L’unique force matérielle de sa lutte est son organisation. C’est pourquoi la question de l’organisation est pour le prolétariat à l’encontre des autres classes, une condition décisive et fondamentale de sa lutte.

Sa capacité de s’organiser est la mesure de son passage d’une classe en soi en une classe pour soi, passage d’une simple catégorie économique au sein de la production capitaliste, en une classe historique.

IV

Avec Marx, nous considérons l’organisation autonome du prolétariat comme la principale acquisition de toutes les luttes ouvrières au sein du capitalisme puisqu’elle est un aspect, un moment inséparable du processus de la prise de conscience de sa finalité et de la capacité de sa réalisation.

V

Le type d’organisation que la classe ouvrière se donne au cours de l’histoire, est nécessairement lié aux différentes étapes que traverse le capitalisme lui-même, et varie selon les objectifs que ces étapes suscitent et imposent à la lutte de classe du prolétariat. Ainsi, l’organisation en syndicats et partis ouvriers parlementaires, correspondait à l’étape du capitalisme s’épanouissant du 19ème au début du 20ème, quand la lutte du prolétariat se déroulait sur la base de la défense et de l’aménagement de la condition ouvrière à l’intérieur du capitalisme et que le socialisme restait un idéal lointain. Les organisations ne regroupaient alors qu’une fraction plus ou moins grande de la classe ouvrière car, pour atteindre ces objectifs limités, la pression et l’action dune minorité organisée suffisaient. Les conditions mêmes de cette lutte réformiste ne remettant pas en cause les fondements de la société capitaliste, permettaient une séparation entre l’action portant sur des objectifs économiques dévolue aux syndicats, et celle portant sur des objectifs politiques, relevant des partis ouvriers parlementaires, de même qu’elles permettaient que ces organisations de masse se maintiennent de façon permanente.

Tout autre est le caractère de la lutte dans la période actuelle de déclin du capitalisme. La défense de la condition ouvrière se lie et débouche directement sur la crise générale de la société ; l’aménagement et les réformes cèdent devant l’impératif de la nécessité de la transformation totale de l’ordre social ; l’absence de réformes durables possibles, tout ceci rend caduques les anciens types d’organisation et les transforme en forces conservatrices du régime actuel.

Pour les nouveaux objectifs de la lutte, l’organisation d’une fraction de la classe ouvrière est absolument insuffisante, ces objectifs ne pouvant être réalisés que par la participation effective et active de l’ensemble de la classe. Cette lutte révolutionnaire qui remet en cause les fondements mêmes de la société capitaliste abolit toute séparation entre objectifs économiques et objectifs politiques. Elle ne peut non plus s’appuyer sur des organisations de masse permanentes édifiées dans le cadre du régime actuel.

Il s’impose donc la nécessité d’une organisation d’un type nouveau, susceptible d’unifier et d’englober tous les ouvriers appelés à prendre directement en charge les destinées de leur lutte et l’ensemble de la société. Ce nouveau type d’organisation est celui des Conseils Ouvriers, dont les comités de grève élus pour la durée de celle-ci et révocables à tout moment ne sont que la préfiguration tant que la lutte reste limitée.

VI

L’inéluctable bureaucratisation des anciennes organisations devenues depuis longtemps des rouages de la société capitaliste a suscité une répulsion croissante amplement justifiée contre toute tendance à la bureaucratisation. Cette réaction comporte cependant un danger dans la mesure où certains tendent à identifier bureaucratie et organisation de même qu’avec une superficialité d’esprit invraisemblable, ils identifient spontanéité à désorganisation anarchique et concluent à l’alternative spontanéité ou organisation.

Le mouvement spontané des masses ; cela veut dire que les masses n’entrent pas dans la lutte sur injonction ou sur ordre d’une organisation extérieure ou séparée d’elles mais qu’elles sont amenées dans la lutte par une aggravation des conditions de vie qui leur sont devenues insupportables. Mais pour mener cette lutte, elles sont également obligées de l’organiser, autrement dit, de s’organiser elles-mêmes pour la mener à bien.

Contrairement aux têtes chaudes et vides qui exaltent la spontanéité synonyme de non-organisation et voudraient maintenir les ouvriers dans cet état, nous opposons l’idée que la spontanéité de la lutte est le mouvement même de la tendance vers l’organisation.

DU RÔLE DES REVOLUTIONNAIRES

I

Les révolutionnaires sont des éléments de la classe. Ils sont la manifestation d’un processus de prise de conscience qui s’opère dans la classe.

II

La conception des révolutionnaires apportant de l’extérieur la conscience socialiste au prolétariat (conception Kautsky-Lénine) est à rejeter catégoriquement. Cette conception est fondamentalement idéaliste car elle maintient la séparation entre l’existence sociale de la classe d’une part et sa conscience d’autre part, et ce, non seulement à leur origine, mais encore tout au long de leur développement. Elle est de nature bourgeoise car elle reproduit au sein de la classe ouvrière tant en théorie que dans la pratique, des rapports bourgeois de séparation, de sélection, de spécialisation, de hiérarchie et de domination, d’une minorité destinée à diriger et à imposer sa direction à l’ensemble de la classe.

III

Non moins fausse et non moins à rejeter, est la conception ouvriériste, d’origine syndicaliste révolutionnaire qui prétend que la prise de conscience de classe est le fait de chaque ouvrier pris isolément de par sa situation individuelle dans la production.

Cette conception mécaniste ne conçoit la classe que comme une SOMME d’individus s’additionnant, et la conscience de classe comme autant de consciences personnelles liées à des intérêts particuliers, affaire de chaque individu.

Si la première conception sépare la conscience de la classe et fait de cette dernière un simple support matériel d’une conscience venue on ne sait trop d’où, la seconde conception tend à dissoudre la classe dans une poussière d’individus, et, où la conscience, l’organisation et l’action cessent d’être un fait social pour n’être plus que le résultat des intérêts, des volontés et des intelligences des individualités isolées et rassemblées au GRÉ DU HASARD.

IV

La classe est une donnée objective, produit social historiquement déterminé par le degré atteint dans le développement des forces productives de la société, des rapports de production et de la division du travail qui s’ensuivent nécessairement. Les relations qui s’établissent entre les hommes : relations de solidarité, d’opposition et d’antagonisme, ne sont donc pas des relations individuelles, mais des relations sociales telles que la société les a fait surgir, dans lesquelles l’individu s’intègre, et sur lesquelles l’individu isolé — quels que soient son intérêt et sa volonté — n’a pas de prise.

La conscience individuelle, partant de la situation individuelle, n’est donc qu’une fausse conscience. Il ne peut y avoir de conscience réelle — la perception raisonnée de sa situation — que partant de la situation sociale globale dans laquelle l’individu se trouve inclus. Dans une société fondée sur la division en classes, toute conscience ne peut être qu’une conscience de classe, même si cette conscience se manifeste et s’exprime à travers la pensée et l’action des individualités.

V

Les révolutionnaires existent parce qu’il existe une classe en DEVENIR révolutionnaire. Ce ne sont pas les révolutionnaires qui font de leur classe une classe révolutionnaire, c’est l’obligation historique dans laquelle se trouve cette classe d’agir révolutionnairement. La prise de consciences qui s’opère en elle de cette nécessité et de son rôle, se manifeste en faisant surgir en son sein des courants et des groupes révolutionnaires. En d’autres termes, par le surgissement des tendances révolutionnaires, la classe manifeste le processus de son développement et de sa vitalité révolutionnaire.

Sécrétés par la classe, les révolutionnaires le sont en vue d’une fonction active dans la vie et le devenir de la classe. Il est évident que la prise de conscience nécessaire ne s’opère pas d’emblée, ni simultanément dans tous les membres de la classe. Comme pour tout autre corps vivant, nous assistons ici également à un processus plus ou moins long, constamment favorisé ou contrarié par les conditions générales dans lesquels ce processus se développe.

Rien n’est plus aberrant que cette conception selon laquelle les révolutionnaires, c’est-à-dire les éléments parvenus à une plus ou moins grande conscience de classe n’ont d’autre rôle que celui de se mettre de côté au fur à mesure de leur formation et de se maintenir en réserve comme un corps d’armée dans l’attente du jour J. Le révolutionnaire n’est pas seulement un produit, une résultante de ce processus, il en est également un facteur actif. Il est autant une conséquence qu’une condition de la lutte de classe.

VI

Le révolutionnaire n’est révolutionnaire que pour autant qu’il est conscient de sa fonction et qu’il s’emploie à la réaliser effectivement. En plus d’être un élément participant le plus résolument et le plus activement dans la lutte constante de la classe, il a pour fonction essentielle d’œuvrer pour le développement de la conscience théorique de la classe et dans la classe.

VII

Pas plus que tout autre, cette fonction n’est et ne peut être une œuvre individuelle. Appelés à une tâche nécessaire à la classe, cette tâche ne peut s’accomplir que collectivement et donc d’une façon organisée, parce qu’il n’y a pas de conscience réelle en dehors d’une praxis c’est-à-dire indépendamment d’une action, et qu’il n’y a pas d’action tant soit peu efficace qui ne soit organisée.

L’organisation politique est donc la condition qui rend possible l’accomplissement de la fonction des révolutionnaires en même temps qu’elle est leur œuvre consciemment voulue et réalisée. Elle est par sa nature un fait objectif et subjectif à la fois, une nécessité et une liberté indissolublement liées.

VIII

Du fait de la constatation évidente que les organisations politiques (ou partis) ont trop souvent dégénéré au cours de l’histoire du mouvement ouvrier, en commençant par se rendre « indépendantes » de la classe, s’imposant ensuite à elle pour finir par devenir des forces contre la classe ouvrière, certains tirent la conclusion que l’organisation politique des révolutionnaires, distincte de l’organisation générale de la classe est par elle-même un phénomène nocif. Aussi combattent-ils avec acharnement toute tendance à l’organisation politique, les dénonçant comme autant de tentatives de mainmise bureaucratique sur la classe pour leurs intérêts propres, dénoncent les interventions de ces organisations comme autant de viols de la classe et ne sont pas loin de vouloir interdire leur existence. Cependant, c’est là plus une réaction sentimentale qu’une argumentation valable.

D’abord, une constatation aussi évidente soit-elle n’est pas suffisante en soi et ne démontre rien. Il faut analyser et expliquer un fait pour le comprendre et en tirer les conclusions qui s’imposent. La simple constatation prise comme argument ne dépasse pas la profonde philosophie du petit boutiquier affirmant que « les hommes feront toujours la guerre parce qu’ils ont toujours guerroyé dans le passé ». Une telle « argumentation », si elle vaut pour l’organisation révolutionnaire vaut pour la classe ouvrière dans son ensemble. En effet, il est facile de constater qu’à ce jour, la classe ouvrière s’est manifestée plutôt en défenseur qu’en destructeur de l’ordre capitaliste, et que dans des moments aussi tragiques que décisifs comme la première et la deuxième guerre mondiale impérialiste, les classes ouvrières dans leur quasi totalité se sont trouvées aux côtés de leur bourgeoisie nationale et non contre elle. S’en suit-il qu’il doit toujours en être ainsi ?

Si les organisations révolutionnaires dégénèrent, ce n’est pas à cause de leur nature « maléfique » en soi, mais cela est dû d’une part à des raisons historiques, à des circonstances et des conditions précises de la lutte de classes qu’il importe d’élucider minutieusement, et d’autre part, à une fausse conception de leur fonction et du rôle qu’elles s’attribuent à l’intérieur de la classe.

Ensuite, ce qui doit retenir notre attention bien plus que la simple constatation de la dégénérescence des organisations politiques, c’est le fait qu’en dépit et malgré les dégénérescences successives, explicables par ailleurs, la classe ouvrière ne cesse de fomenter la création de nouveaux groupements en son sein, ce qui ne s’explique que par la nécessité absolue éprouvée par la classe de se donner une expression théorique politique correspondant à ces intérêts fondamentaux de classe.

Pour être une classe exploitée économiquement, le prolétariat est forcément soumis à l’influence de l’idéologie de la classe dominante dans la société. La lutte effective pour son émancipation est impossible sans un effort théorique qui lui permet de se dégager de l’influence et de la pression idéologique de la classe ennemie qui pèsent sur elle de tout leur poids.

IX

L’ouvriérisme ignore la réalité complexe, difficile et contradictoire dans laquelle se meut la classe ouvrière. Aussi se fait-il de celle-ci une image aussi idéalisée que trompeuse, l’image d’une classe homogène accédant automatiquement, individuellement et simultanément à la conscience. La crainte superstitieuse et l’aversion qu’il éprouve pour toute tentative d’organisation politique fait que l’ouvriérisme tourne le dos à une activité révolutionnaire essentielle : la recherche d’une cohérence théorique, et se contente de la flatterie la plus plate, vidant de leur contenu des formules telles que « les ouvriers par eux-mêmes ».

X

Pour paradoxal que cela puisse paraître, il n’en est pas moins vrai que l’ouvriérisme relève de la même démarche que le pur léninisme. Pour l’un comme pour l’autre, classe ouvrière et organisation politique sont extérieure l’une à l’autre, en même temps qu’elles peuvent se substituer entre elles par simple identification.

La différence entre eux réside dans le fait que là où pour le léninisme, c’est l’organisation politique existant séparément de la classe qui se substitue à celle-ci, pour l’ouvriérisme, ce sont les ouvriers dans leur situation économique, chargés de toutes les vertus, qui se séparent des tendances et éléments politiques organisés et se suffisent à eux mêmes.

Là où léninisme et ouvriérisme pensent et opèrent en termes de séparation et identification absolus les révolutionnaires opposent une conception faisant intervenir des fonctions distinctes mais inséparables dans l’unité totale. Là où entre organisation des révolutionnaires et classe, les uns et les autres voient une opposition stérile ou une identification aussi stérile que dangereuse, les révolutionnaires découvrent une relation nécessaire et féconde entre le tout et une partie du tout.

XI

Une organisation fondant ses activités sur la seule information est une organisation qui n’est pas venue à terme. Se refuser à intervenir comme organisation, c’est prêcher la castration volontaire, c’est faire de l’impuissance son idéal.

La classe ouvrière attend de ses éléments révolutionnaires une intervention et une participation active à l’élaboration de ses positions politiques et à leur diffusion parmi les ouvriers.

Une telle organisation n’a rien de commun avec un activisme s’agitant dans le vide, ni avec la prétention mégalomane d’être LA CONSCIENCE, le guide prédestiné, et d’avoir des exigences bureaucratiques l’imposant comme dirigeante à la classe.

Une telle organisation rejette catégoriquement la conception de la troisième Internationale selon laquelle « le pouvoir politique ne peut être pris organisé et dirigé que par un parti politique » (résolution du 2ème Congrés de l’I.C. sur le rôle du parti dans la révolution prolétarienne). Elle lui oppose une conception selon laquelle c’est la classe elle-même, organisée en Conseils Ouvriers qui prend le pouvoir.

Une telle organisation, si elle n’a aucune intention d’être ou de devenir une direction, ne saurait se réduire à une mutuelle d’information des luttes particulières et locales.

Sa raison d’être est de représenter dans toutes les luttes les idées motrices générales des buts finaux du mouvement et de la voie qui y conduit.

Les normes de fonctionnement interne d’une telle organisation découlent nécessairement de la conception qu’on a de sa raison d’être et de ses tâches.

C’est dire qu’une telle organisation révolutionnaire politique et active, ne saurait reproduire en son sein, les rapports bureaucratiques et hiérarchiques propres à toutes les organisations classiques connues.


Sur le site :

— Présentation et sommaire de la revue du GLAT : Lutte de classe

Autres articles de cette rubrique
  1. ABENSOUR Miguel (1974) : Manifeste de la collection « Critique de la politique »
  2. ANONYME : Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1937
  3. APPEL Jan (1966) : Autobiographie
  4. APPEL Jan (1966) : Autobiography [english version]
  5. BENBOW William (1832) : Grand National Holiday, and Congress of the Productive Classes
  6. BORDIGA Amadeo (1922) : Le principe démocratique
  7. BORDIGA Amadeo (1922) : Thèses de Rome
  8. BORDIGA Amadeo (1951) : Crue et rupture de la civilisation bourgeoise
  9. BORDIGA Amadeo (1951) : Filling and bursting of bourgeois civilisation

  10. BORDIGA Amadeo (1951) : Piena e rotta della civiltà borghese
  11. BOUKHARINE Nicolas (1917) : La guerre et le socialisme révolutionnaire
  12. BOUKHARINE Nicolas (1937) : À la future génération des dirigeants du Parti
  13. BRENDEL Cajo (1953) : L’insurrection ouvrière en Allemagne de l’Est - juin 1953
  14. BRENDEL Cajo (1999) : « Garde-toi de tout mythe ! »
  15. BRETON André & COLLECTIF (1934) : Planète sans visa
  16. BRETON André (1936) : La vérité sur le procès de Moscou
  17. BRETON André (1956) : Hongrie, Soleil levant
  18. CAMUS Albert (1953) : Moscou sous Lénine
  19. CHIRIK Marc (1976) : Présentation de textes de « Bilan »
  20. COLLECTIF (1973) : Garde-fous arrêtez de vous serrer les coudes — Documents
  21. CONTRE-ATTAQUE (1935) : Union de lutte des intellectuels révolutionnaires
  22. DARWIN Charles & WALLACE Alfred (1858) : On the Tendency of Species to form Varieties ; and on the Perpetuation of Varieties and Species by Natural Means of Selection
  23. EISNER Kurt (1918) : An die Bevölkerung Münchens !
  24. ENGELS Friedrich (1842) : Die innern Krisen
  25. ENGELS Friedrich (1842) : Englische Ansicht über die innern Krisen
  26. ENGELS Friedrich (1842) : Stellung der politischen Parteien
  27. FISR (1943) : À tous les travailleurs de la pensée et des bras
  28. GAPONE George & VASSIMOV Ivan (1905) : Pétition des ouvriers au Tsar
  29. GLAT (1969) : Luttes et organisations de classe
  30. GLAT (1969) : Pour un regroupement révolutionnaire
  31. GRANDJONC Jacques (1989) : Introduction à « Communisme / Kommunismus / Communism »
  32. GTM (1937) : Le massacre de Barcelone, une leçon pour les ouvriers du Mexique !
  33. GUILLAMON Augustin (2002) : Chronologie d’Amadeo Bordiga
  34. HAASE Hugo (1919) : Reichstagsreden gegen die deutsche Kriegspolitik
  35. HOBSBAWM Eric (1961) : « La situation de la classe laborieuse en Angleterre »
  36. HOWARD Roy (1936) : Interview with J. Stalin
  37. ISTRATI Panaït (1929) : Conclusion pour combattants
  38. JANOVER Louis (1977) : Les nouveaux convertis
  39. JANOVER Louis (1981) : Actualité de Panaït Istrati
  40. JANOVER Louis (1985) : Lire Spartacus
  41. JANOVER Louis (1989) : Daniel Guérin, le trouble-fête
  42. JANOVER Louis (1991) : Les vraies leçons de Marx
  43. JANOVER Louis (1996) : Maximilien Rubel, une œuvre à découvrir
  44. JANOVER Louis (2007) : Les habits neufs de la feinte-dissidence
  45. JANOVER Louis (2008) : À propos de la réédition des « Pages choisies » de Karl Marx
  46. JANOVER Louis (2009) : De la rétrocritique considérée comme le dernier des arts
  47. JANOVER Louis (2009) : Vous avez dit minuit dans le siècle ?
  48. JAURÈS Jean (1914) : Discours de Vaise
  49. JOUHAUX Léon (1914) : Discours sur la tombe de Jean Jaurès
  50. KAUTSKY Karl (1922) : Socialisation ou nationalisation des banques ?
  51. LAFARGUE Paul (1885) : Une visite à Louise Michel
  52. LÉNINE & SVERDLOV Iakov (1918) : Position du Comité Central du P.O.S.D.R.(b) dans la question de la paix séparée et annexionniste
  53. LÉNINE (1914) : Der Krieg und die russische Sozialdemokratie
  54. LÉNINE (1918) : Additif au décret du Conseil des Commissaires du Peuple « La Patrie socialiste est en danger ! »
  55. LÉNINE (1918) : Chose étrange et monstrueuse
  56. LÉNINE (1918) : De la gale
  57. LÉNINE (1918) : Discours à la réunion commune des fractions bolchevique et socialiste-révolutionnaire de gauche du Comité Exécutif Central de Russie du 23 février 1918
  58. LÉNINE (1918) : Interventions sur la question de la paix de Brest-Litovsk
  59. LÉNINE (1918) : Leçon sérieuse et sérieuse responsabilité
  60. LÉNINE (1918) : Note sur la nécessité de signer la paix
  61. LÉNINE (1918) : Paix ou guerre ?
  62. LÉNINE (1918) : Projet d’ordre du jour à tous les soviets de députés
  63. LÉNINE (1918) : Projet de résolution du Conseil des commissaires du peuple sur l’évacuation du gouvernement
  64. LÉNINE (1918) : Rapport sur la question de la paix
  65. LÉNINE (1918) : Sur le terrain pratique
  66. LÉNINE (1918) : Une leçon dure, mais nécessaire
  67. LÉNINE (1918) : Une paix malheureuse
  68. LÉNINE (1919) : Discours d’ouverture au Premier Congrès de l’Internationale Communiste
  69. LÉNINE (1919) : Discours prononcé le 19 janvier après l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht
  70. LERMONTOV Michel (1840) : Un fataliste
  71. LEVI Paul (1924) : Einleitung zu Rosa Luxemburg: «Einführung in die Nationalökonomie»
  72. LIEBKNECHT Karl & MEYER Ernst (1918) : Die nächsten Ziele eures Kampfes
  73. LIEBKNECHT Karl (1914) : Déclaration au Reichstag
  74. LIEBKNECHT Karl (1915) : Lettre à la Conférence de Zimmerwald
  75. LIEBKNECHT Karl (1918) : Für die freie sozialistische Republik Deutschland
  76. LIEBKNECHT Karl (1918) : To the Workers and Soldiers of the Allied Countries
  77. LIEBKNECHT Karl (1918) : Trotz alledem !
  78. LIEBKNECHT Karl (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  79. LIEBKNECHT Karl (1919) : Kamaraden ! Arbeiter !
  80. LIEBKNECHT Karl (1919) : Malgré tout !
  81. LIEBKNECHT Karl, USPD & SPD (1918) : Bedingungen zum Eintritt in die Regierung
  82. LUXEMBURG Rosa & SPARTAKUSBUND (1918) : Was will der Spartakusbund ?
  83. LUXEMBURG Rosa (1893) : L’année 1793 !
  84. LUXEMBURG Rosa (1898) : À quoi sert la politique coloniale ?
  85. LUXEMBURG Rosa (1902) : Martinique
  86. LUXEMBURG Rosa (1904) : Social-démocratie et parlementarisme
  87. LUXEMBURG Rosa (1906) : Blanquisme et social-démocratie
  88. LUXEMBURG Rosa (1908) : Tolstoï, comme penseur social
  89. LUXEMBURG Rosa (1912) : Dans l’asile de nuit
  90. LUXEMBURG Rosa (1912) : Im Asyl
  91. LUXEMBURG Rosa (1914) : Discours devant le Tribunal de Francfort
  92. LUXEMBURG Rosa (1914) : Le revers de la médaille
  93. LUXEMBURG Rosa (1918) : Assemblée nationale ou gouvernement des Conseils ?
  94. LUXEMBURG Rosa (1918) : Das alte Spiel
  95. LUXEMBURG Rosa (1918) : Der Anfang
  96. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die kleinen Lafayette
  97. LUXEMBURG Rosa (1918) : Die Nationalversammlung
  98. LUXEMBURG Rosa (1918) : Eine Ehrenpflicht
  99. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Achéron s’est mis en mouvement
  100. LUXEMBURG Rosa (1918) : L’Assemblée nationale
  101. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les petits Lafayette
  102. LUXEMBURG Rosa (1918) : Nationalversammlung oder Räteregierung ?
  103. LUXEMBURG Rosa (1918) : Parteitag der Unabhängigen SP
  104. LUXEMBURG Rosa (1918) : Protestresolution gegen das Vorgehen der deutschen Regierung im Osten
  105. LUXEMBURG Rosa (1918) : Schlussrede
  106. LUXEMBURG Rosa (1918) : Un devoir d’honneur
  107. LUXEMBURG Rosa (1918) : Unser Programm und die politische Situation
  108. LUXEMBURG Rosa (1918) : Korreferat zur Politik der USPD
  109. LUXEMBURG Rosa (1918) : Les masses « immatures »
  110. LUXEMBURG Rosa (1919) : Der erste Parteitag
  111. LUXEMBURG Rosa (1919) : Das Versagen der Führer
  112. LUXEMBURG Rosa (1919) : Die Ordnung herrscht in Berlin
  113. LUXEMBURG Rosa (1919) : Kartenhäuser
  114. LUXEMBURG Rosa (1919) : L’ordre règne à Berlin
  115. LUXEMBURG Rosa (1919) : Versäumte Pflichten
  116. LUXEMBURG Rosa (1919) : Was machen die Führer ?
  117. LÖWY Michael (1969) : Le marxisme révolutionnaire de Rosa Luxemburg
  118. MALATESTA Errico & COLLECTIF (1915) : L’Internationale anarchiste et la guerre
  119. MARAT Jean-Paul (1791) : Sur la loi Le Chapelier
  120. MARTOV Julius (1907) : La leçon des événements russes
  121. MARTOV Julius (1908) : Le Marxisme en Russie
  122. MARTOV Julius (1918) : À bas la peine de mort !
  123. MARTOV Julius : La Troisième Douma et les socialistes
  124. MARX Karl & ENGELS Friedrich (1848) : Le Manifeste du Parti Communiste
  125. MARX Karl (1852) : Pauperism and Free Trade. - The approaching commercial crisis
  126. MARX Karl (1856) : Appel au prolétariat anglais
  127. MARX Karl (1865) : Salaire, Prix et Plus-value
  128. MATTICK Paul (1960) : Anton Pannekoek, une biographie politique
  129. MATTICK Paul (1977) : Interview à Lotta Continua
  130. MEHRING Franz (1914) : Ein Protest
  131. MÜHSAM Erich (1918) : Revolutionäre, internationalistisch gesinnte kommunistische Arbeiter und Soldaten !
  132. O’CASEY Sean : The Story of the Irish Citizen Army
  133. PANNEKOEK Anton (1933) : L’acte personnel
  134. PANNEKOEK Anton (1933) : La destruction comme moyen de lutte
  135. PÉRET Benjamin (1945) : Le déshonneur des poètes
  136. PIATAKOV, BOSCH, BOUKHARINE (1915) : Thèses sur le droit des nations à l’autodétermination
  137. PIECK Wilhelm ( 1918) : Arbeiter, Soldaten, Genossen !
  138. POSPOLOV Pavel (1938) : Aperçu historique - La lutte de Boukharine contre Lénine et le Parti
  139. PROUVOST Léon (1921) : Le code bolchevik du mariage
  140. PYATAKOV, BOSCH, BUKHARIN (1915) : Theses on the right of nations to self-determination
  141. RADEK Karl (1919) : Nachruf auf Karl Liebknecht
  142. RUBEL Maximilien (1947) : Karl Marx et le socialisme populiste russe
  143. RUBEL Maximilien (1980) : Le socialisme réellement inexistant
  144. SCHEIDEMANN Philipp (1924) : Bericht über den 9. November 1918
  145. SCHMIDT Véra (1923) : Éducation psychanalytique en Russie soviétique
  146. SOREL Georges (1899) : L’éthique du socialisme
  147. SOREL Georges (1906) : Le caractère religieux du Socialisme
  148. SOVNARKOM (1918) : La patrie socialiste est en danger !
  149. SPD (1914) : Aufruf zum Massenprotest gegen die Kriegsgefahr
  150. SPD (1914) : Resolution der Berliner Arbeiterschaft gegen das Ultimatum Österreich-Ungarns an Serbien
  151. SPD Württembergs (1914) : Bericht über eine öffentliche Versammlung mit Karl Liebknecht
  152. TROELSTRA (1914) : Kautsky und der Zusammenbruch der II. Internationale
  153. TROTSKI Léon (1910) : Les intellectuels et le socialisme
  154. TROTSKI Léon (1916) : Salut à Franz Mehring et Rosa Luxemburg
  155. TROTSKI Léon (1919) : Karl Liebknecht, Rosa Luxemburg
  156. TROTSKI Léon (1929) : Paris et Zimmerwald
  157. TROTSKI Léon (1939) : Un nouveau grand écrivain, Jean Malaquais
  158. TROTSKI Léon et al. (1915) : Manifeste de Zimmerwald
  159. TROTZKI Leo et al. (1915) : Das Zimmerwalder Manifest
  160. VOLINE (1939) : La naissance des « Soviets » ( janvier - février 1905 )
  161. VOLINE (1939) : Souvenirs sur Gapone et Janvier 1905
  162. WEIL Simone (1933) : Déclaration à la conférence d’unification des groupes de la gauche communiste
  163. ZETKIN Clara (1914) : Resolution für den Kampf gegen den Krieg