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Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
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Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
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BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
Juillet - Août 1936 / pp. 1102-1108
27 mai 2014 par eric

Nous publions ci-dessous un dernier chapitre du livre du camarade Rosmer, chapitre ou celui-ci tire les premières conclusions de son important ouvrage. Nous pensons pouvoir commencer maintenant la discussion de ce livre dans les prochains numéros de « Bilan », et notre souhait est quelle soit la plus large et la plus profonde possible, car il s agit d’armer le prolétariat international des enseignements qui découlent de la dernière et sanglante conflagration de 1914.

La Rédaction.


CONCLUSION

De l’information ici rassemblée se dégagent des enseignements si précis qu’il nous sera possible de conclure brièvement. Ils seront plus évidents encore quand on aura sous les yeux l’entier développement de la guerre, les traités secrets conclus par les gouvernements en cours de route et les traités dits de paix qui la couronnèrent. Mais il est deux questions pour lesquelles nous n’avons pas besoin de lumières nouvelles : c’est l’effondrement de l’internationalisme prolétarien et sa renaissance, début et aboutissement de la période que nous venons d’étudier, l’union sacrée et Zimmerwald. Entre ces deux extrêmes, la lutte ouvrière contre la guerre s’élabore et se précise.

Nous avons noté des appréciations sommaires qui règlent la première de ces questions en quelques mots. La IIe Internationale — et aussi la C.G.T. — était réformiste ; en 1914, elle était mûre pour la défense nationale et pour l’union sacrée. Rien d’étonnant dans sa trahison. Mais la pensée de Lénine là-dessus est sensiblement différente. D’abord, il convient de faire remarquer que la IIe Internationale était celle des bolcheviks. Ils y étaient parfois minorité, opposition, formaient le noyau d’une gauche ; dans les congrès, ils s’efforçaient d’améliorer les résolutions proposées par des amendements — comme ils réussirent à le faire à Stuttgart par une addition désormais fameuse. Néanmoins, ils ne songeaient pas à la quitter. Et même quand elle se fut effondrée honteusement, le jugement qu’ils portent sur elle, sur ce qu’elle a accompli, reste sympathique. Le 1er novembre 1914, dans le premier numéro de guerre du Sozialdemokrat, Lénine en parle en ces termes :

La IIe Internationale a rempli sa tâche, utile, préparatoire, d’organisation des masses prolétariennes pendant une longue époque de paix qui a été celle de l’esclavage capitaliste le plus cruel et du progrès capitaliste le plus rapide.

... Et encore le 12 décembre :

La IIe Internationale, ayant réussi à remplir (...) une œuvre extrêmement importante et utile, celle de la diffusion du socialisme et de l’organisation préliminaire la plus simple de ses forces, a terminé sa mission historique.

L’appréciation de Trotsky est exactement la même :

La IIe Internationale n’a pas vécu en vain. Elle a éduqué et assemblé les classes opprimées. Le prolétariat n’a plus besoin maintenant de reprendre les choses au commencement.

Et Rosa Luxembourg : « La IIe Internationale, si récemment encore notre fierté et notre espérance... »

Tous les morceaux, du reste, n’en étaient pas mauvais. Il y en avait d’excellents, ne seraient-ce que ces socialistes serbes dont l’attitude nous a été décrite dans la lettre émouvante de Douchan Popovitch.

Il est important de constater que l’effondrement consécutif à la guerre n’entraîna pas seulement la IIe Internationale. Le syndicalisme révolutionnaire ne fut pas davantage épargné, l’anarchisme non plus. Il faut se demander pourquoi. Une des raisons de cet effondrement général réside sans doute dans le fait que la lutte contre la guerre était menée avec l’idée dominante que la protestation et la menace ouvrière feraient toujours reculer les gouvernements, qu’ils n’oseraient pas passer outre. De là le désarroi quand la guerre passe quand même.

Nous avons vu la C.G.T. rappeler les décisions de ses congrès, proclamer que ses décisions « devenaient exécutoires » dès la déclaration de guerre. Si le sujet n’était tragique, on serait tenté de sourire de cette formule juridique qu’aucune mesure pratique n’accompagne. Qu’avait-on prévu pour cette application quasi automatique des décisions — et quelles décisions ! La grève générale révolutionnaire. Rien, Et comme on n’avait rien prévu ni préparé, la proclamation resta vaine. La mobilisation fut décrétée et réalisée sans encombre, et les chefs sans clairvoyance ni courage estimèrent alors n’avoir plus que la ressource de se rallier à la guerre sur la base d’une idéologie de rechange.

Même chose avec les anarchistes, quoique ici l’effondrement soit plus étonnant encore. Pour eux, il n’y avait pas de décisions de congrès ; ils étaient hostiles à l’organisation. Mais il y avait l’anarchisme, et il devait suffire avec son intransigeance et son absolu flottant au-dessus des frontières et des lois, avec sa haine particulière de tout ce qui était armée et militarisme. Il y eut, certes, des résistances individuelles — mais pas plus qu’ailleurs — et on n’entendit longtemps que les voix de Kropotkine, de Malato et de Jean Grave. Le faux départ de Sébastien Faure, son recul, le ton du récit de son entrevue avec Malvy laissèrent une impression de gêne, un malaise qui dut paralyser les anarchistes déjà prêts à se détacher de l’anarchisme de guerre, et c’est seulement en 1916 que des anarchistes, entre autres ceux des « Temps nouveaux », affirmèrent publiquement leur « désaccord » avec ceux d’entre eux, les plus éminents, qui jusque là avaient, seuls, parlé.

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Quand la guerre passe, cela signifie que les gouvernements relèvent le défi de la classe ouvrière. Celle-ci, par la voix de ses organisations nationales et internationales, s’est écriée : « Nous ne voulons pas la guerre. La guerre serait une chute dans la barbarie. Nous l’empêcherons. La révolution suit la guerre. Rappelez-vous 1871 et 1905. Si vous êtes assez criminels pour faire la guerre quand même, nous ne songerons qu’à utiliser la désorganisation créée pour vous abattre ! » Si le gouvernement relève le défi, dédaigne ces menaces, c’est qu’il a acquis la conviction de pouvoir le faire impunément ; il sent que la préparation de la guerre a entamé les organisations socialistes et révolutionnaires, et l’union sacrée se réalise presque instantanément parce qu’elle est déjà sous-entendue. Et au déclenchement de la guère, quand les armées belligérantes sont encore à peine rassemblées, il y a déjà un vaincu, c’est la classe ouvrière. La bourgeoisie renforce ses moyens ordinaires de domination par le régime de l’état de siège, la censure, une dictature sans limites. Les organisations de la classe ouvrière subsistent matériellement ; en fait, elles sont détruites, elles ne sont plus, sauf de rares exceptions, que des organismes gouvernementaux.

Telles sont les conditions dans lesquelles doit s’engager et se livrer la bataille ouvrière contre la guerre. Elles sont identiques dans tous les pays belligérants quant à l’essentiel, bien qu’on puisse relever des différences plus ou moins importantes. Il est évident que le ralliement à la guerre, autour du gouvernement, doit être plus difficile dans les nations autocratiques — comme l’exemple de la Russie, en 1914, le prouve ; il faut dire aussi que le socialisme y était d’une autre qualité que dans la plupart des autres pays.

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À distance, les premières protestations ouvrières contre la guerre paraissent timides. Les pédants dont nous avons eu l’occasion de nous occuper ne manquent pas de le noter, dédaigneusement, leur opposant le ferme programme que traça tout de suite Lénine. Il vaut sans doute la peine de chercher à préciser l’étendue des divergences et d’en souligner les raisons.

Lénine réside, en 1914, dans un pays non-belligérant. Il échappe ainsi à l’atmosphère de débâcle qui règne dans tous les pays en état de guerre. Comme il est naturel, son regard se porte d’abord sur la Russie où, précisément, la situation est moins désespérée que partout ailleurs. Les députés socialistes à la Douma se sont prononcés contre les crédits. Les bolcheviks organisent déjà leur travail clandestin. Pas d’union sacrée, ou un minimum d’union sacrée. D’autre part, il ne faut pas oublier que si Lénine et ses collaborateurs immédiats sont fermes, son parti n’a pas échappé aux défections, que des bolcheviks sont allés, comme nous l’avons vu, jusqu’à l’enrôlement dans l’armée française.

En opposition avec le programme établi par Lénine, les protestations contre la guerre qui s’élèvent dans les pays belligérants parlent d’abord de la paix. Les socialistes serbes parlent de paix, Monatte parle de paix, Liebknecht, aussi, parle de paix. Il y a là une rencontre qui n’est sûrement pas sans signification. C’est que, dans les pays belligérants, on est effrayé par les ravages de la guerre. La guerre détruit les richesses matérielles de la société capitaliste. Elle risque aussi d’anéantir les forces du prolétariat. Ce sentiment, cette appréhension, Trotsky les a exprimés dans sa brochure quand il écrivait :

D’autre part, la guerre avec ses armées de millions d’hommes et ses armes infernales de destruction peut épuiser non seulement les ressources de la société, mais aussi les forces morales du prolétariat. Si elle ne se heurte pas à une résistance intérieure, cette guerre peut durer encore pendant plusieurs années, avec des fortunes changeantes pour les belligérants jusqu’à l’épuisement des principaux d’entre eux. Mais alors toute l’énergie combattante du prolétariat international, déchaînée par le sanglant complot de l’impérialisme, sera complètement détruite par l’œuvre horrible d’une annihilation mutuelle. Le résultat serait que toute notre civilisation se trouverait rejetée bien loin en arrière. Une paix surgissant non de la volonté des peuples réveillés mais dz l’épuisement mutuel des belligérants ressemblerait à la paix qui mit fin à la guerre des Balkans ; ce serait une paix de Bucarest étendue à l’Europe entière.

Mais allons plus loin. Si le mot d’ordre de paix s’accompagne de la dénonciation de la guerre comme une guerre impérialiste, s’il constate l’effondrement de l’Internationale, s’il stigmatise l’union sacrée, s’il proclame que « cette guerre n’est pas notre guerre », s’il affirme la fidélité au socialisme, s’il dit : La lutte de classes continue ! — il est clair que le mot d’ordre de paix ne se réduit pas alors à une pieuse aspiration. Or, ce que craint Lénine, c’est une opposition passive, ce qu’il ne veut pas c’est « un internationalisme platonique », c’est que l’opposition socialiste à la guerre puisse se confondre avec celle du pape qui, tenu par son état, est obligé de temps à autre de lancer d’hypocrites homélies à la paix, ou avec les gens de Scheidemann qui parlent de paix quand le territoire de « leur » patrie est sauf et que « leurs » armées campent sur le territoire ennemi. Aucune crainte de ce genre n’est possible pour la France où toute allusion à la paix est considérée comme « manœuvre ennemie », où le seul mot de paix irrite les social-chauvins et est considéré par le gouvernement comme séditieux.

Le mot d’ordre de paix, entouré de développements qui lui donnent figure de revendication socialiste, permet le rassemblement autour des premiers opposants, condition indispensable pour rompre l’isolement paralysant. Nos pédants mobilisent les « masses » comme s’il s’agissait de troupes impatientes d’entrer dans l’action. Mais dans le premier temps de la guerre, les masses ce sont elles qui crient : « Vive la guerre ! À Berlin ! » Intoxiquées par la presse et par la préparation gouvernementale, abandonnées par leurs chefs, ce sont elles qui constituent ce courant auquel il est très difficile de résister. Ne nous faisons pas d’illusion. La conscience de classe n’est pas tellement répandue. Elle reste une vertu rare. L’internationalisme, c’est trop souvent des mots qu’on répète ; la déclaration de guerre abat cette façade trop fragile et réveille des préjugés, nationaux, raciaux, soigneusement entretenus par la bourgeoisie. Quand, travaillées par la lassitude, le mécontentement, la colère, le sentiment qu’on les a trompées, les masses commencent d’échapper à l’hypnose nationaliste, la propagande auprès d’elles se heurte encore à d’extrêmes difficultés, comme on pourra en juger par ce fait : même après Zimmerwald, après dix-huit mois de guerre, quand Hasfeld s’efforçait de répandre les brochures du Comité, il lui arriva plus d’une fois de se les voir refuser par des sympathisants qui lui disaient : « Si elles ne sont pas passées par la censure, nous n’en voulons pas. » Et des coopératives ouvrières refusaient de les imprimer.

La conclusion sur ce point est que si le programme formulé par Lénine en novembre 1914 était excellent, il fallait aussi tenir compte des conditions d’application, et ces conditions n’étaient pas les mêmes dans tous les pays ; les possibilités d’action qui en résultaient furent d’ailleurs indiquées par Lénine à diverses reprises, notamment quand il écrivait :

Malgré les protestations des socialistes chauvins qui déclarent que le mouvement révolutionnaire international en temps de guerre est impossible, nous voyons en Russie des démonstrations et des grèves politiques, en Allemagne des démonstrations contre la cherté de la vie, en Angleterre et en Italie des grèves, qui ne sont qu’un commencement, mais qui peuvent, avec le soutien d’éléments révolutionnaires, se transformer en luttes de masses contre la guerre et le capitalisme.

Voilà le grand point. Les socialistes chauvins déclarent que le mouvement révolutionnaire en temps de guerre est impossible parce qu’ils n’en veulent point, parce qu’il est incompatible avec leur politique de ralliement à la guerre et d’union sacrée, tandis que partout l’opposition témoigne de la volonté de le maintenir et agit à cette fin selon ses forces et les possibilités du moment. À la Conférence de Kienthal, réunie six mois après Zimmerwald, on constata une nette poussée à gauche, précisément parce que l’élan donné par Zimmerwald avait créé partout de nouvelles possibilités d’action.

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Prenons le projet de résolution préparé par Lénine pour la Conférence de Zimmerwald (il est reproduit aux Annexes). On peut le résumer ainsi : la guerre est une guerre impérialiste. Il faut appeler les masses à la lutte révolutionnaire. Cette lutte débutera par « la lutte contre la guerre mondiale et pour la cessation de la boucherie humaine » (notons que la cessation de la boucherie humaine c’est la paix). Les députés socialistes doivent refuser tous crédits militaires. Les ministres socialistes doivent démissionner. Il faut préparer la nouvelle Internationale.

Qu’on se reporte maintenant aux écrits des opposants syndicalistes français : on relèvera des points communs et pas de divergences essentielles. S’ils ne parlaient pas des crédits ni des ministres socialistes, c’est parce qu’ils n’étaient point membres du Parti socialiste, mais ils étaient là-dessus pleinement d’accord et disposés à appuyer vigoureusement tout socialiste décidé à voter contre les crédits de guerre. Merrheim, de tous le plus modéré, déclare dans tous ses textes que la « lutte de classes continue ». Or, ainsi que Zinoviev — coauteur de Contre le Courant — l’écrivait (le 29 février 1916) : « La lutte de classes pendant la guerre — surtout pendant une guerre comme celle d’à présent — devient nécessairement une guerre civile, elle ne veut pas dire autre chose que guerre civile ». Qu’on compare enfin le projet de manifeste, également rédigé par Lénine, et le discours que Dumoulin avait écrit, au début de juillet, pour la Conférence confédérale du 15 août, je suppose qu’on ne manquera pas d’être frappé par le nombre de points communs à ces deux textes.

Pas de divergences non plus sur la nécessité de travailler, sans plus attendre, a la création d’une nouvelle Internationale. Sur cette question importante, Trotsky, de son côté, n’était pas moins catégorique que Lénine, et écrivait, également dès octobre 1914 :

Tous les efforts pour sauver l’Internationale sur les anciennes bases, par des méthodes diplomatiques personnelles et des concessions mutuelles, sont tout à fait sans espoir... Toute cette brochure, de la première à la dernière page, a été écrite avec la pensée de la nouvelle Internationale, constamment présente à l’esprit, la nouvelle Internationale qui doit surgir du présent cataclysme mondial, l’Internationale des dernières batailles et de la victoire finale.

Il ne s’agit pas ici de rapprocher arbitrairement des attitudes qui, par certains côtés, demeuraient divergentes. Il s’agit de chercher à comprendre, pour pouvoir utiliser au maximum les leçons de la dure expérience de la guerre d’hier, pour être en état de mieux lutter demain.

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Une des divergences se manifeste à propos du « défaitisme révolutionnaire ». La polémique se déroule entre Lénine et Naché Slovo, plus particulièrement Trotsky. Il ne saurait être question de l’évoquer ici tout entière. Je me bornerai à quelques remarques. On trouve dans Contre le Courant plusieurs articles de Lénine et de Zinoviev sur cette question. Tous les arguments donnés en faveur du « défaitisme révolutionnaire » ne sont pas également probants, surtout ils n’imposent pas tous la même conclusion. Pour autant qu’ils permettent de dégager la pensée précise de Lénine, il semble qu’elle pose en principe que si l’on ne part pas du défaitisme révolutionnaire on sera fatalement paralysé dans l’action contre la guerre. On craindra de déclencher des grèves, des démonstrations de masses, la fraternisation des soldats au front parce que de telles actions pourraient compromettre la situation militaire du pays auquel on appartient, entamer ses chances de victoire. Mais on peut très bien pousser cette action au maximum sans adopter ce point de départ. On la mène sur la base de l’antagonisme des classes qui subsiste dans la guerre comme dans la paix, en disant avec Liebknecht : « L’ennemi principal est dans nôtre propre pays », et en précisant par la formule de Lénine : « Il faut transformer la guerre impérialiste en guerre civile ». Les conséquences de notre action ne nous intéressent que par rapport à notre but — la révolution, non par rapport à la « victoire » qui est l’affaire de la bourgeoisie impérialiste. Le « défaitisme révolutionnaire » apporte-t-il quelque chose de plus ? Je ne crois pas. Par contre, je vois clairement les dangers qu’il renferme. Le mot « défaitisme » est très employé pendant la guerre. La presse l’utilise sans cesse pour égarer et effrayer. Inutile de lui apporter du renfort si ce n’est pas absolument nécessaire. Je rappellerai ici une riposte de Noah Ablett que je mentionnai en 1915. Comme les mineurs du Pays de Galles faisaient grève, toute l’Angleterre chauvine se dressait contre eux, leur criant : « Vous favorisez l’ennemi ! Vous êtes des germanophiles ! » Et Noah Ablett, au nom des mineurs, ripostait tranquillement : « Nous ne sommes pas germanophiles ; nous sommes classe ouvrière. » Je crois que c’est là la meilleure base, une base sûre et suffisante pour mener la lutte ouvrière contre la guerre et pour la justifier aux yeux de tous les ouvriers. Le « défaitisme », même suivi de l’épithète « révolutionnaire », met l’accent sur la défaite alors que nous devons le mettre sur la révolution.

Si on considère que la formule du « défaitisme révolutionnaire », par la rigueur qu’elle implique (« c’est, écrit Lénine, le seul mot d’ordre qui fasse appel d’une manière conséquente à l’action révolutionnaire contre le gouvernement dont on est sujet, pendant la guerre »), est seule capable de prévenir absolument le ralliement de socialistes à la guerre, qu’elle ne comporte pas de fausse interprétation, je puis montrer par un récent exemple qu’il n’en est rien. Dans un article paru dans l’Internationale Communiste, W. Pieck, nouveau leader du Parti communiste allemand, invoque précisément le « défaitisme » pour justifier l’absurde tactique adoptée par son Parti dans la question du plébiscite de la Sarre [1].

Il y a encore autre chose dans le « défaitisme révolutionnaire » : l’idée que la révolution socialiste ne peut surgir que sur le terrain de la défaite militaire, et l’histoire semble la justifier. Mais ce n’est pas non plus rigoureusement vrai, et ce n’est pas non plus sans inconvénient. Pourquoi dire d’avance que sans la défaite la révolution n’est pas possible ? Il y a eu en Italie ; après la guerre, une situation aussi nettement révolutionnaire qu’on peut le souhaiter ; or, l’Italie appartenait au groupe des nations victorieuses.

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L’appréciation de Lénine sur la Conférence de Zimmerwald, la formation, autour de lui, d’une « gauche », ne diminuent en rien l’importance de la Conférence elle-même. C’est un premier pas vers la reconstruction de l’Internationale, déclare Lénine, ajoutant : « Ce premier pas a été fait timidement et ne saurait prouver en aucune façon que la majorité des participants de la Conférence aient été pleinement conscients de toutes les suites que ce premier pas impose. » Cela, en effet, ne faisait aucun doute ; d’après les débats qui avaient eu lieu, il apparaissait que certains participants resteraient en chemin. Mais leur défection n’empêcha nullement le travail amorcé de suivre son développement normal, et c’est cela qui importait. Il fallait avant tout faire le premier pas, même s’il devait être fait timidement ; et pour aboutir à ce résultat, on a vu que de longs et patients efforts avaient été nécessaires.

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Les enseignements pratiques qu’il faut tirer de toute cette expérience peuvent se résumer ainsi :

Le point de départ c’est de déterminer le caractère de la guerre. Les traits d’une guerre impérialiste sont désormais bien connus. Ils l’étaient déjà avant 1914. Tous les socialistes, en leurs congrès, les avaient très précisément formulés ; le fait que beaucoup d’entre eux se rallièrent à la guerre n’y change rien. Les faits ont montré que c’est une illusion absolue de croire qu’on peut, en entrant dans la guerre avec d’autres buts que les rapaces impérialistes — avec l’idée de lutter contre le militarisme, pour la défense de la démocratie — la purifier, éliminer sa tare originelle, lui imprimer un autre caractère : c’est l’erreur des socialistes russes qui se sont engagés dans l’armée française.

Toute guère qui répéterait celle d’hier, c’est-à-dire toute guerre menée pour la défense du « statu quo », pour la défense de l’Europe fabriquée à Versailles, serait une guerre impérialiste ; que les blocs de puissances dressés l’un contre l’autre soient les mêmes ou différents, qu’on baptise pacte ce qui était hier alliance, peu importe. C’est l’évidence même.

Toute guerre qualifiée d’antifasciste, toute guerre menée soi-disant pour abattre le fascisme, répéterait l’illusion de 1914, l’illusion de ceux qui croyaient sincèrement que la victoire de la Triple Entente signifierait la destruction du militarisme. Ni le militarisme ni le fascisme ne seront jamais détruits par la guerre ; la guerre peut seulement les renforcer, les étendre à travers le monde. Fascisme et militarisme ne seront et ne peuvent être abattus que par la classe ouvrière.

La classification des nations impérialistes en pacifistes et guerrières est fausse et dangereuse. Les nations impérialistes sont « pacifistes » ou « guerrières » selon leur intérêt. Un impérialisme nanti est pacifiste. Un impérialiste insatisfait est belliqueux. Les arguments qu’on reprend parfois aujourd’hui en faveur d’une telle classification sont ceux invoqués dans la déclaration des socialistes russes enrôlés volontaires dans l’armée française. Versailles, ses conséquences, la nouvelle menace de guerre leur apportent une réponse décisive.

La distinction entre guerre offensive et guerre défensive, la détermination de l’agresseur — sauf bien entendu lorsqu’il s’agit d’une guerre coloniale où l’agresseur est toujours la puissance colonisatrice, Mussolini aujourd’hui hier la France démocratique au Maroc — le respect des traités, etc., ne sont que prétextes à tromper les peuples pour les entrainer dans la guerre. Je ne puis que renvoyer à l’ouvrage de G. Demartial où tous les mensonges de guerre sont minutieusement étudiés et dévoilés. Ce qui se passe en ce moment sous nos yeux montre qu’ils n’ont pas encore perdu leur efficacité.

Mais le but de cet ouvrage n’est pas l’étude des problèmes d’aujourd’hui. Il est de rappeler ce qui s’est passé hier, de rapporter les faits, d’en montrer l’enchaînement, d’en dégager le sens ; leur enseignement doit alors être si clair qu’il apporte la réponse aux angoissantes questions présentes. Les gouvernements ne peuvent faire la guerre qu’en trompant le prolétariat, qu’en le persuadant que la guerre dans laquelle ils le précipitent est aussi sa guerre. S’il ne se dresse pas d’avance, résolument, contre ce mensonge, il risque d’être emporté par le courant. Une guerre impérialiste suivra une guerre impérialiste, avec toujours plus de ruines, de plus hauts monceaux de cadavres. C’est la leçon d’hier — et d’aujourd’hui — la dure leçon chèrement payée. Elle ne doit pas être perdue.

[1] « Notre mot d’ordre (statu quo) était conforme aussi au principe léniniste du défaitisme (défaite de notre propre gouvernement bourgeois) tel qu’il fut lancé par les bolcheviks pendant la guerre mondiale. » W. Pieck, Internationale Communiste, 20 mars 1935.

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  35. BILAN 06a : 1er Mai 1934
  36. BILAN 06b : La bourgeoisie française expulse Léon Trotsky
  37. BILAN 06c : Les problèmes du Front Unique
  38. BILAN 06d : Où va l’impérialisme français
  39. BILAN 06e : Parti - Internationale - État / I : La classe et sa signification
  40. BILAN 06f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième
  41. BILAN 06g : Salut à la « Verita »
  42. BILAN 06h : Maximo rejoint le front de la contre-révolution centriste
  43. BILAN 06i : Une tragédie de l’émigration italienne
  44. BILAN 07a : Pour le retour de Trotsky en Russie
  45. BILAN 07b : L’Antifascisme, formule de confusion
  46. BILAN 07c : La grève de Verviers
  47. BILAN 07d : Parti - Internationale - État / II : Classe et État
  48. BILAN 07e : Le communisme et la question nationale
  49. BILAN 07f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (2)
  50. BILAN 07g : A propos de Staline et du Stalinisme
  51. BILAN 07h : La catastrophe de Pâturages
  52. BILAN 08a : La Russie soviétique dans le concert des brigands impérialistes
  53. BILAN 08b : La mort de la concentration antifasciste italienne
  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche