AccueilPublicationsBilan (1933-1938)
Dernière mise à jour :
samedi 29 avril 2017
   
Brèves
« Lutte de Classe » (GLAT) - Série complète !
samedi 27 octobre
La couverture chronologique de la revue du GLAT, Lutte de Classe, a été considérablement étendue (premier numéro de mars 1964) et comprend maintenant un renvoi sur une version numérisée des 128 numéros !
Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
Premiers scans des Cahiers du Communisme de Conseil
dimanche 5 août
Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
Derniers numéros de la revue Communisme
dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
Mise à jour sommaires GLAT
samedi 11 février
Le sommaire général de la revue du GLAT, Lutte de Classe vient d’être encore étendu. Merci de signaler manques ou corrections.
Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
Août - Septembre 1936 / pp. 1127-1132
21 juin 2014 par eric
Le livre du camarade Rosmer et le problème de la guerre

Nous voudrions essayer dans cette première étude d’aborder quelques-uns des problèmes que Rosmer a posés dans son livre dont nous avons publié de larges extraits dans « Bilan ». Nous souhaitons vivement que notre effort pour déclencher une discussion internationale au sujet des problèmes de la guerre trouvera un terrain favorable. L’expérience de 1914 prouve qu’ils représentent la pierre d’achoppement du mouvement prolétarien et les répercussions internationales des événements d’Espagne sont là pour indiquer avec une cruelle netteté que sans l’armement idéologique des groupes communistes, il sera impossible de résister à une ambiance de mobilisation pour la guerre. Elle s’effectue actuellement en Espagne au travers d’une transposition de sursauts de classe des travailleurs sur le terrain des compétitions inter-impérialistes.

Le livre de Rosmer est consacré à l’étude de la période qui va de l’Union Sacrée à la Conférence internationale de Zimmerwald. Mais dans le dernier chapitre consacré aux conclusions l’auteur effleure des problèmes qui se rattachent à la situation actuelle et qui découlent d’ailleurs de la cruelle expérience qu’il a enregistré au nom et pour le compte du prolétariat français. C’est cela en particulier que nous voudrions examiner car notre but est de dégager les positions autour desquelles les travailleurs de tous les pays, la Russie y comprise, doivent se concentrer pour opposer à l’issue capitaliste de la guerre, l’issue prolétarienne de la révolution. Il est évidemment regrettable que le camarade Rosmer n’ait pas encore eu la possibilité de compléter son ouvrage par une étude des problèmes actuels de la guerre, pour préciser plus particulièrement la position prolétarienne envers la Russie, car ainsi la discussion aurait pu immédiatement prendre les proportions que nous voudrions lui voir.

La première notion qui nous paraît se dégager de l’enchaînement des faits que Rosmer rapporte au sujet de la France est la suivante : lorsque les conditions historiques de la décomposition du mouvement ouvrier se frayent leur voie, aucune résolution, aucune proclamation de Congrès ne peut sauver le prolétariat de la guerre. Les proclamations antérieures perdent foute valeur et les menaces envers la bourgeoisie si la guerre éclatait « quand même », les ordres impératifs de déclencher des grèves révolutionnaires, de refuser à prendre les armes, révèlent leur nature réelle : ils n’ont servi qu’à masquer l’œuvre de corrosion sur le prolétariat, ils ont été le soporifique destiné à en faire la proie du capitalisme. La dernière semaine vécue par le prolétariat français est à ce point de vue significative car elle prouve qu’au terme de leur dissolution, les ouvriers sont bien capables de déterminer d’imposantes manifestations de classe mais qu’ils ne peuvent faire surgir de leur sein des organismes capables de leur faire remonter en quelques jours le courant et de les mettre sur la seule voie qui puisse empêcher la guerre : la révolution.

C’est seulement lorsque à la putréfaction du mouvement ouvrier correspond — et dans toutes ses phases — l’ascension idéologique d’une avant-garde révolutionnaire que des fractions infimes du prolétariat peuvent se préserver de l’emballement chauvin général et maintenir haut et ferme le drapeau de la lutte des classes. À ce point de vue une expérience reste nette et concluante : celle des bolcheviks qui se sont formés au cours de dix-sept années de luttes fractionnelles au sein de la Deuxième Internationale.

Aussi importante qu’ait été l’action individuelle des militants syndicalistes de la « Vie Ouvrière », l’expérience est là pour nous prouver que c’est seulement un groupement sélectionné dans le milieu historique où s’est développé le prolétariat d’avant-guerre : la Deuxième internationale, que la lutte prolétarienne contre la guerre impérialiste a pu être poussée a ses conséquences extrêmes ; car il est le seul ayant pu formuler un programme avancé de la révolution prolétarienne et par là, le seul qui ait pu jeter les bases pour le nouveau mouvement prolétarien.

Une analyse comparative de l’évolution du prolétariat français et russe au cours de la guerre serait fort instructive car elle nous permettrait de saisir le moteur réel de l’histoire lorsque passe le rouleau compresseur de la guerre impérialiste. En France, le prolétariat voit ses organisations de classe emprisonnées par un capitalisme puissant et développé et se trouve dans l’impossibilité historique de donner naissance à une avant-garde marxiste. Ses réactions de classe se disperseront sur le front revendicatif et revêtiront la forme du syndicalisme révolutionnaire. En Russie, par contre, les convulsions de classe qui accompagneront l’ascension de la bourgeoisie russe permettront la constitution du groupe bolchevik qui trouvera, dans les fondements mêmes de la société russe, la force d’acquérir un programme international de la révolution qui fera du prolétariat russe, pendant la guerre, le secteur le plus avancé de la révolution prolétarienne.

Quand éclate la guerre, et même au cours de son déroulement, il n’est pas vrai que, spontanément, sous l’effet des contrastes sociaux mis à nu par le massacre des ouvriers, se vérifie la constitution de groupes acquérant immédiatement la perception profonde du nouveau cours des situations, ou même que se produise une évolution de ces groupes occupant une position intermédiaire entre l’opportunisme et le marxisme, évolution aboutissant directement à des positions révolutionnaires. Cela peut être vrai pour des personnalités, mais les groupes politiques ne font que poursuivre leur évolution antérieure et malgré leur participation à Zimmerwald, les indépendants de Ledebour, les socialistes à la Grimm ou le parti socialiste italien n’en resteront pas moins profondément opportunistes. L’expérience prouve même que les espoirs de Lénine lorsqu’il signa le manifeste de Zimmerwald rédigé par Trotsky, sur le pas en avant qui venait d’être fait malgré les insuffisances de ce dernier, étaient peut-être fondés quant à la première manifestation internationale qui venait d’être posée, mais qu’ils étaient peu fondés quant au pas en avant qu’auraient accompli la plupart de ses co-signataires. Ce problème nous l’examinerons d’ailleurs plus en détail lorsque nous aborderons l’étude de Zimmerwald.

Un autre point que Rosmer a eu le grand mérite de situer en pleine clarté, bien qu’il n’en ait exposé que les faits et non la doctrine, est celui des conditions sociales de la guerre et, partant, celui des racines des guerres. « Quand la guerre passe, cela signifie que les gouvernements relèvent le défi de la classe ouvrière ». Et « quand le gouvernement relève le défi, dédaigne ces menaces, c’est qu’il a acquis la conviction de pouvoir le faire impunément : il sent que la préparation de la guerre a entamé les organisations socialistes et révolutionnaires, et l’Union Sacrée se réalise presque instantanément parce qu’elle est déjà sous-entendue ». Et, au début de la guerre, ajoute Rosmer, il y a déjà un vaincu, c’est la classe ouvrière. L’enchaînement des faits, lors de la guerre de 1914, donne parfaitement raison à Rosmer et pour peu que ces constatations soient généralisées à l’ensemble du système capitaliste on peut aboutir au postulat marxiste posé par notre fraction, à savoir que les racines des guerres doivent être recherchées dans le déchaînement même de la lutte des classes.

Les grèves qui accueillent Poincaré à St-Pétersbourg et qui se placent d’ailleurs dans une atmosphère internationale d’effervescence ouvrière font comprendre au capitalisme mondial que l’on est arrivé à un point extrême de la tension sociale et qu’aucune voie intermédiaire n’existe plus : ou la guerre ou la révolution. Dès lors la solidarité des différents capitalismes s’exprimera nettement pour mobiliser les ouvriers sur les différents fronts nationaux. Le capitalisme en France et en Allemagne laissera agir la social-démocratie qui aura carte blanche et bien vite il mettra au rancart les mesures répressives prévues en cas de mobilisation. Il comprendra que les ouvriers ne peuvent exprimer leur réaction dans des manifestations sans lendemains alors qu’il aura à sa solde les organisations ouvrières qui manœuvreront habilement pour jeter les ouvriers dans la mêlée. Avant même de commencer les hostilités il y aura un vaincu : le prolétariat et c’est alors que se déclencheront les appétits impérialistes, de même que ces appétits reflueront au second plan lorsque le prolétariat se réveillera pour rechercher son chemin révolutionnaire. Ce que la guerre de 1914 avait déjà mis en lumière, la première phase d’après-guerre l’a mis cruellement en relief. L’appui de la France pour le réarmement allemand fut le prix de l’écrasement du prolétariat. La solidarité internationale du capitalisme lors du conflit italo-abyssin pour étrangler les ouvriers de tous les pays, c’est ce qui permit à l’Italie de conquérir l’Éthiopie. Et peut-être verrons-nous ce même impérialisme mondial faire de nouvelles concessions à l’Allemagne afin de la maintenir sur le front de la transposition de la guerre civile en Espagne de son terrain de classe sur celui des compétitions inter-impérialistes.

Puisque la défaite du prolétariat est la condition du déchainement de la guerre impérialiste, c’est aussi son réveil qui est la condition de la fin de cette dernière et ici l’expérience de la révolution russe est décisive.

Nous avons voulu insister sur cet argument car si la thèse de notre fraction est juste, il est évident que, lorsque les conditions de la défaite du prolétariat se présentent et que surgissent celles de la guerre, il appartient aux groupes communistes de préparer les armes du réveil du prolétariat qui, loin d’être celles du pacifisme ou de la « paix » seront celles de la révolution puisqu’elles seules sont susceptibles d’arrêter le massacre mondial et d’en terminer avec le capitalisme.

C’est précisément au sujet de cette préparation idéologique avant la guerre impérialiste que nous voudrions rencontrer le camarade Rosmer. L’argument qui consiste à croire que Lénine résidant en 1914 dans un pays non belligérant aurait échappé à l’atmosphère de débâcle régnant dans les pays en guerre et, qu’au surplus, il se basait sur la situation moins désespérée en Russie, n’explique évidemment pas le programme net et intransigeant qu’il opposa dès 1914 aux manifestations confuses contre la guerre qui s’élevèrent en France et ailleurs. L’argument qui nous montre de nombreux bolcheviks résidant en France et s’engageant dans l’armée française ne nous paraît pas corroborer cette thèse. Il ne s’agit pas, à notre avis, de rechercher les circonstances atténuantes de la faiblesse des opposants des autres pays, car à ce compte l’on pourrait invoquer les mêmes arguments pour tous ces révolutionnaires qui se laissent entraîner par l’ambiance actuelle et courent se faire massacrer sous les drapeaux du Front Populaire en Espagne.

Il s’agit plutôt de rechercher les conditions pour échapper à l’ambiance que le capitalisme parvient à créer autour de la conflagration mondiale. Et l’expérience des événements en Espagne prouve qu’il ne s’agit pas d’un argument quelconque car même des communistes éprouvés se laissent entraîner dans une atmosphère qui est bien celle spécifique où se vérifie la mobilisation du prolétariat pour la guerre, le capitalisme agitant les deux « mystiques » : démocratie et fascisme.

La force inébranlable de Lénine en 1914 réside dans la longue formation révolutionnaire d’un noyau marxiste ayant élaboré des positions communistes et ne laissant pas au hasard le soin de décider de son orientation. Qu’il y ait eu parmi les bolcheviks des faiblesses et des revirements c’est inévitable et nous devons nous attendre à la répétition de semblables épisodes regrettables. Mais l’essentiel pour nous c’est que le groupe bolchevik a pu se maintenir sur des positions intransigeantes de classe parce qu’il a suivi le chemin de la préparation minutieuse et souvent microscopique de ses positions révolutionnaires afin de pouvoir affronter les événements.

Et s’il faut rechercher ici un enseignement, il réside uniquement dans la nécessité de forger des groupes marxistes dans tous les pays, pouvant s’épauler les uns les autres et tentant, avec la dernière des énergies, d’aboutir à une confrontation des expériences passées afin de définir des positions politiques qui sont les seuls points de repère quand éclate la grande tourmente et que les militants risquent d être emportés comme des fétus de paille.

En partant de ces considérations, nous comprendrons l’opposition de Lénine à tous les courants confus qui se sont manifestés pendant la guerre. Non qu’il fallait les ignorer mais il fallait en montrer les dangers et les insuffisances. L’expérience a d’ailleurs donné pleinement raison à Lénine.

Les mots d’ordre de paix, par exemple, lancés en temps de guerre, prennent une signification nettement réactionnaire. En effet, le prolétariat étant le seul facteur pouvant arrêter la guerre au travers de ses mouvements de classe, ces mots d’ordre n’ont d’autre résultat que celui de canaliser l’inévitable reprise de la lutte des classes vers une compromission avec le capitalisme qui donne enfin la paix.

Qu’en France, à ses débuts, le mouvement d’opposition à la guerre se soit concentré autour de la revendication de la paix accompagnée d’une série de revendications de classe ainsi que le relate Rosmer ; qu’en Allemagne, Liebknecht ait lancé cette revendication dans un sens révolutionnaire, tout cela ne change rien au fond des choses et explique seulement la profonde faiblesse du mouvement en France et, très partiellement, les faiblesses de la gauche allemande qui s’est tout de même concentrée sur des bases plus avancées. À notre avis, la revendication de la paix ne peut jamais être une revendication de classe et cela n’est nullement contredit par l’attitude des bolcheviks en 1917. Ces derniers, en effet, en levant le drapeau de la cessation immédiate de la guerre, n’ont pas composé avec le capitalisme pour obtenir la paix, mais lui ont livré une attaque formidable, car à la politique de Kerensky préconisant la continuation de la guerre à outrance, ils ont opposé le déclenchement de puissants mouvements sociaux.

Nous devons lutter pour la cessation de la guerre impérialiste et pour la guerre civile et non pour une paix assaisonnée de phrases de lutte de classe, car paix et guerre ce sont deux phases de la vie du régime capitaliste.

Il est fort possible que la revendication de paix soit à nouveau propagée par l’ennemi au sein des masses au cours de la prochaine boucherie, mais il s’agira alors de faire comprendre aux ouvriers la signification réactionnaire d’un pareil mot d’ordre et de leur expliquer qu’ils ont le devoir suprême de diriger les mouvements de classe — les seuls capables d’arrêter la boucherie — vers la lutte révolutionnaire. Loin d’ériger en théorie le processus lent et difficultueux de la reprise de la lutte des classes en France, il s’agit de se baser sur la zone la plus avancée de la bataille de classe en 1914 : la Russie, pour y rechercher les enseignements définitifs à ce sujet. Et nous ne pensons pas que l’argument de Rosmer, disant que le programme de Lénine en novembre 1914 était excellent mais qu’il fallait tenir compte des conditions d’application dans les autres pays, soit très convaincant. Si les formes du réveil prolétarien sont nécessairement confuses il appartient aux communistes de formuler les positions de classe qui permettront, au travers des situations, l’évolution des masses. En reprenant à notre compte la revendication de la paix en temps de guerre, nous nous mettons contre le chemin de la révolution alors qu’il s’agit de jeter les points de repère de la reprise des luttes et ces points doivent nécessairement être de classe. Par là, à notre avis, se justifie pleinement la lutte de Lénine contre les militants français et aussi contre Trotsky et il n’y a là aucune contradiction avec son attitude en 1917, ainsi que nous l’avons vu. Durant la guerre les bolcheviks se sont concentrés autour de positions internationales visant à déterminer le prolétariat dans tous les pays à faire de son réveil le signal d’une guerre civile orientée vers la révolution communiste. La révolution de février 1917, en ouvrant les vannes de la guerre civile en Russie, en provoquant une désertion en masse des fronts militaires, voyait s’affronter deux positions : d’une part la bourgeoisie voulant maintenir le massacre des ouvriers sur le front, d’autre part les bolcheviks voulant accélérer le retour des ouvriers armés pour les jeter dans la guerre civile. Le mot d’ordre de paix n’était ici qu’un simple paravent d’une réalité de classe car le traité de Brest-Litovsk ne fut signé qu’après le triomphe de la révolution d’octobre et l’avènement des bolcheviks au pouvoir.

 *
* *

Les remarques du camarades Rosmer au sujet du défaitisme révolutionnaire nous paraissent aussi très actuelles et nous semblent mériter une étude plus sérieuse que les quelques observations que nous voudrions émettre.

Il est tout d’abord évident que toute formule politique juste peut être sujette à des déformations qui sont nécessaires aux traîtres pour mobiliser les masses autour d’objectifs capitalistes. Une série de formulations de Lénine sont aujourd’hui exploitées par le centrisme pour sa besogne contre-révolutionnaire, ce qui ne signifie pas que toutes doivent être révisées. S’il s’agit de juger la polémique entre Lénine et Trotsky, en 1915, au sujet du défaitisme révolutionnaire, nous pensons que c’est plutôt Lénine qui était dans le chemin du marxisme car il nous paraît que Trotsky se rapprochait de la fameuse formule de Luxembourg : ni victoire, ni défaite mais lutte contre sa propre bourgeoisie. Cette formule nous semble imparfaite car elle ne donne pas une réponse directe au fait dominant dans la situation de guerre, à savoir la tendance à la désagrégation des fronts militaires au profit de la guerre civile. Toutefois, cette divergence ne nous semble pas d’une importance fondamentale. Son exagération, la lutte centre le « luxembourgisme, » au nom de Lénine, conduit aux pires trahisons. Rosmer signale le cas de la Sarre où le parti communiste allemand, au nom du défaitisme révolutionnaire défendit le statu-quo qui n’était en réalité qu’une alliance avec l’impérialisme français et non une lutte contre sa propre bourgeoisie. D’autre part, le conflit italo-abyssin nous a montré les socialo-centristes italiens devenir les agents de l’impérialisme anglais au nom de la lutte contre leur propre impérialisme. Enfin, Rosmer cite les batailles révolutionnaires de 1920 en Italie pour prouver que des menaces de révolution ne surgissent pas nécessairement de la défaite d’un impérialisme puisque l’Italie faisait partie du bloc des pays vainqueurs. L’argument essentiel de Rosmer est le suivant : « le défaitisme, même suivi de l’épithète « révolutionnaire », met l’accent sur la défaite alors que nous devons le mettre sur la révolution ». Et il fait aussi remarquer que cette formule en temps de guerre est très employée par la presse pour égarer et effrayer. Nous estimons également que la position du prolétariat en temps de guerre gagnerait à être précisée sur son terrain de classe et la formule : lutte contre sa propre bourgeoisie pour la révolution communiste est de beaucoup plus précise que l’expression de défaitisme révolutionnaire car elle vise à maintenir l’objectif de classe du prolétariat dans toutes les éventualités. Mais il en est de cette formule comme de l’autre — transformation de la guerre impérialiste en guerre civile — elles pourront toujours être exploitées par des forces capitalistes, de même qu’aujourd’hui en Espagne des Giral, des Companys n’hésitent pas à endosser la chemise rouge pour égarer le prolétariat et l’évincer de son terrain de classe.

Ce à quoi nous devons rester fidèles c’est à la signification internationaliste donnée par Lénine à l’expression « défaitisme révolutionnaire ». Pour lui, il s’agissait de désagréger les fronts militaires par le déchaînement de la lutte des classes dans tous les pays et il est évident qu’il ne voyait pas dans ce bouleversement l’effet de manœuvres d’agents bolcheviks mais le résultat des situations. Aujourd’hui, les centristes mobilisent les ouvriers afin qu’ils pratiquent le défaitisme révolutionnaire lorsque « leur » impérialisme aura vaincu car alors les ouvriers posséderont les armes et pourront régler leur compte aux capitalistes. Exactement le même raisonnement que celui tenu aux ouvriers d’Espagne pour qu’ils se fassent tuer sous un drapeau bourgeois.

Ne fut-ce que pour réagir contre cette déformation, il serait bon d’employer actuellement l’expression de « lutte contre sa propre bourgeoisie pour la révolution communiste » comme seule interprétation de classe du défaitisme révolutionnaire qui permette aux prolétaires de tous les pays de se retrouver dans une éventuelle conflagration impérialiste autour de la lutte pour abattre leur propre bourgeoisie.

 *
* *

Rosmer consacre de nombreuses pages à la Conférence de Zimmerwald. Il s’agirait, à notre avis, de retirer des enseignements de cette expérience,alors qu’il a été si souvent question d’organiser des nouveaux Zimmerwald, soit pour lutter contre la guerre, soit pour faire un pas en avant dans la voie de la construction d’une nouvelle Internationale.

Il est tout d’abord évident que ce n’est pas la participation d’une série de groupes et de personnalités opportunistes qui lui donna une telle importance. Mais cela dépendait des circonstances mêmes de l’époque, à savoir la réunion de militants de différents pays en pleine boucherie impérialiste en vue d’opposer la première digue de classe du prolétariat mondial à la guerre. Enfin, il ne faut pas perdre de vue qu’à la Conférence, c’est la gauche groupée auteur de Lénine qui représenta cette digue et que, par la suite, les opportunistes italiens et allemands se servirent de leur participation à cette conférence pour empêcher l’évolution des travailleurs vers les positions communistes. Il ne s’agit donc pas d’idéaliser Zimmerwald, avec ses faiblesses et lacunes profondes, mais de comprendre que l’évolution subie dans l’après-guerre par le prolétariat nous commande non de recopier Zimmerwald mais d’aller plus loin et d’entrevoir plutôt comme étape décisive dans la lutte contre la guerre impérialiste et la reconstruction d’une Internationale, une Conférence susceptible de mettre en contact les quelques groupes de communistes internationalistes qui subsistent encore de par le monde. Zimmerwald marque une étape importante du développement prolétarien pendant la guerre car elle établit sur le front de la lutte contre la guerre la ligne de démarcation fondamentale qui existe entre le communisme et les avants-postes de l’idéologie social-démocrate. Il ne nous appartient pas de briser cette démarcation pour répéter l’histoire, mais de tenir en vue qu’elle a été sanctionnée définitivement par la révolution russe et qu’aujourd’hui une alliance avec des groupes opportunistes comme on en trouva à Zimmerwald représenterait une erreur profonde qui reviendrait à faciliter le travail nocif de ces derniers au sein du prolétariat.

Mais il est un enseignement qui se dégage lumineusement des éléments que Rosmer apporte au sujet des répercussions de cette Conférence. En plein carnage impérialiste, une liaison internationale de groupes communistes peut avoir une importance colossale pour le réveil du prolétariat et cela est prouvé par le fait que même avec la prédominance de droite, Zimmerwald secoua de nombreux ouvriers en France et en Allemagne.

Puisque dès maintenant nous vivons la mobilisation pour la guerre et que les événements d’Espagne nous montrent que déjà il devient impossible de lancer des proclamations de classe sans risquer de se faire frapper par les ouvriers eux-mêmes, le problème des liaisons internationales entre les différents groupes de communistes qui restent sur le terrain du marxisme devient une nécessité vitale et pour le présent et pour l’avenir immédiat. Nous vivons une période où le prolétariat est vaincu comme si la guerre impérialiste existait déjà. Des positions de classe se heurtent de front à la mobilisation des ouvriers autour de drapeaux capitalistes et lorsque en réponse à la remise de l’échéance de la guerre par le capitalisme, éclatent des sursauts prolétariens, ils sont immédiatement jetés sur des rails capitalistes par les forces du Front Populaire.

Le fait qu’à Zimmerwald le parti bolchevik fut presque seul, explique un peu les difficultés que rencontrèrent les bolcheviks pour la fondation de la IIIe Internationale. Il s’agit de comprendre cette expérience et d’œuvrer pour que dans tous les pays puissent se former des noyaux marxistes reliés internationalement.

Nous voudrions espérer que l’important travail du camarade Rosmer, fruit mûri de l’expérience vécue par le prolétariat français, puisse représenter un pas en avant pour relier les différents groupes communistes qui doit se faire et se fera non seulement sur la base des enseignements de « la dernière », mais aussi sur la base d’une prise de positions envers les aspects actuels de la guerre impérialiste. Il ne s’agira pas seulement de rejeter le mythe de la défense des démocraties contre le fascisme (et à ce propos les communistes auront à s’armer fortement pour ne pas tomber dans des pièges capitalistes du type de l’Espagne), mais il faudra répondre au problème de la défense de l’U.R.S.S. qui a permis antérieurement au centrisme de coller le prolétariat français à la défense de la patrie.

Autres articles de cette rubrique
  1. BILAN 00 : Sommaire des numéros de la revue "Bilan"
  2. BILAN 01a : Note liminaire
  3. BILAN 01b : Introduction
  4. BILAN 01c : Seizième anniversaire de la révolution russe
  5. BILAN 01d : Vers l’Internationale deux et trois quarts... ?
  6. BILAN 01e : Projet de constitution d’un bureau international d’information
  7. BILAN 02a : Massacre des travailleurs en Espagne
  8. BILAN 02b : Six communistes décapités dans les prisons de Cologne
  9. BILAN 02c : Une victoire de la contre-révolution mondiale - Les États-Unis reconnaissent l’Union Soviétique
  10. BILAN 02d : Désertions, trahisons et difficultés réelles de la doctrine marxiste
  11. BILAN 02e : Le principe démocratique - première partie
  12. BILAN 02f : Vers la construction d’une véritable fraction de gauche en France
  13. BILAN 02g : Pas de « Bordiguisme »
  14. BILAN 03a : A propos de la commémoration de Lénine - Liebknecht - Luxemburg
  15. BILAN 03b : Van der Lubbe - Les fascistes exécutent - Socialistes et centristes applaudissent
  16. BILAN 03c : Pour les funérailles des victimes du « Diana »
  17. BILAN 03d : Résolution de Ligue des Comunistes Internationalistes sur la IVe Internationale
  18. BILAN 03e : Le principe démocratique - suite et fin
  19. BILAN 03f : Roosevelt au gouvernail
  20. BILAN 03g : Le cas Calligaris
  21. BILAN 03h : Appel aux lecteurs et souscription
  22. BILAN 04a : Le capitalisme marque un point décisif dans la préparation de la guerre
  23. BILAN 04b : Le plan De Man
  24. BILAN 04c : Mouvement Communiste International - Belgique
  25. BILAN 04d : La nature du Parti
  26. BILAN 04e : En marge d’un anniversaire
  27. BILAN 04f : Le cas Calligaris
  28. BILAN 05a : Quatre jeunes camarades du S.A.P. sont arrêtés...
  29. BILAN 05b : Les principes, armes de la Révolution
  30. BILAN 05c : Parti - Internationale - État : Prémisses
  31. BILAN 05d : Le plan De Man - suite et fin
  32. BILAN 05e : Organisation et discipline communiste - Prémisses du problème
  33. BILAN 05f : Les difficultés de l’Opposition russe : Rakovsky dépose les armes
  34. BILAN 05g : Le cas Calligaris
  35. BILAN 06a : 1er Mai 1934
  36. BILAN 06b : La bourgeoisie française expulse Léon Trotsky
  37. BILAN 06c : Les problèmes du Front Unique
  38. BILAN 06d : Où va l’impérialisme français
  39. BILAN 06e : Parti - Internationale - État / I : La classe et sa signification
  40. BILAN 06f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième
  41. BILAN 06g : Salut à la « Verita »
  42. BILAN 06h : Maximo rejoint le front de la contre-révolution centriste
  43. BILAN 06i : Une tragédie de l’émigration italienne
  44. BILAN 07a : Pour le retour de Trotsky en Russie
  45. BILAN 07b : L’Antifascisme, formule de confusion
  46. BILAN 07c : La grève de Verviers
  47. BILAN 07d : Parti - Internationale - État / II : Classe et État
  48. BILAN 07e : Le communisme et la question nationale
  49. BILAN 07f : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (2)
  50. BILAN 07g : A propos de Staline et du Stalinisme
  51. BILAN 07h : La catastrophe de Pâturages
  52. BILAN 08a : La Russie soviétique dans le concert des brigands impérialistes
  53. BILAN 08b : La mort de la concentration antifasciste italienne
  54. BILAN 08c : La situation de la classe ouvrière japonaise
  55. BILAN 08d : Une quatrième internationale ou une réplique de la Troisième (3)
  56. BILAN 08e : Parti - Internationale - État / III : Classe et Parti
  57. BILAN 08f : L’arabisation du C.C. du Parti Communiste Syrien
  58. BILAN 08g : A propos de la Sarre
  59. BILAN 09a : Chronique du mois
  60. BILAN 09b : La situation en France (résolution de la C.E.)
  61. BILAN 09c : La chine soviétique
  62. BILAN 09d : Parti - Internationale - État / IV : Parti et Internationale
  63. BILAN 09e : La Campagne pour Thaelmann
  64. BILAN 10a : En marge du front unique
  65. BILAN 10b : L’acte désespéré des mineurs de l’Escarpelle
  66. BILAN 10c : A Constantine : l’impérialisme tire profit du massacre de ses instruments
  67. BILAN 10d : Les événements du 30 juin en Allemagne
  68. BILAN 10e : De l’Internationale 2 et 3/4 à la Deuxième Internationale
  69. BILAN 10f : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (1ère partie)
  70. BILAN 10g : La Mongolie « Rouge », convoitise de l’impérialisme japonais
  71. BILAN 10h : Mouvement Communiste international - Une résolution de la Ligue des Communistes de Belgique
  72. BILAN 11a : L’Entrée de la Russie dans la S.D.N.
  73. BILAN 11b : Le Syndicat unique et le « procédé de fusion »
  74. BILAN 11c : Comment les réformistes belges torpillent les grèves
  75. BILAN 11d : Les bolcheviks-léninistes entrent dans la S.F.I.O.
  76. BILAN 11e : Les Problèmes de l’Extrême-Orient
  77. BILAN 11f : Les compétitions inter-impérialistes en Chine
  78. BILAN 11g : La Mandchourie
  79. BILAN 11h : Crises et cycles dans l’économie du capitalisme agonisant (2eme partie)
  80. BILAN 11i : Hermann Gorter (sa place dans le mouvement théorique du communisme international)
  81. BILAN 11j : Les Jeunesses léninistes belges récidivent
  82. BILAN 11k : Marcel Cachin a 65 ans
  83. BILAN 12a : À nos lecteurs
  84. BILAN 12b : L’écrasement du prolétariat espagnol
  85. BILAN 12c : Vers un « Parti Unique » en France
  86. BILAN 12d : La prison de la faim - Une grève de mineurs hongrois
  87. BILAN 12e : Le capitalisme français marque un nouveau point
  88. BILAN 12f : Le problème de la Sarre : Non ! Non ! Non !
  89. BILAN 12g : Le problème de la jeunesse
  90. BILAN 12h : Parti - Internationale - État / V : L’État démocratique
  91. BILAN 13a : À propos de la crise ministérielle en France
  92. BILAN 13b : Le problème de la Sarre et la guerre
  93. BILAN 13c : Fascisme - Démocratie : Communisme
  94. BILAN 13d : La comédie de Mussolini : L’État corporatif en Italie
  95. BILAN 13e : Le problème de la jeunesse (2)
  96. BILAN 13g : Des exclusions en Italie
  97. BILAN 13h : Communiqué sur la répression internationale
  98. BILAN 14a : L’assassinat de Kyrov
  99. BILAN 14b : La suppression de la carte de pain en U.R.S.S.
  100. BILAN 14c : La situation en France
  101. BILAN 14d : Le problème des minorités nationales
  102. BILAN 14e : Le problème de la jeunesse (3)
  103. BILAN 14g : À tous nos lecteurs
  104. BILAN 14g : Quand manque un parti de classe... À propos des événements d’Espagne
  105. BILAN 15a : Deux époques : en marge d’un anniversaire
  106. BILAN 15b : Mathias Rakosy
  107. BILAN 15c : L’attentat de Nicolaïev
  108. BILAN 15d : Ce qu’il faut retenir de l’expérience sarroise
  109. BILAN 15e : À nos lecteurs
  110. BILAN 15f : Le problème de la jeunesse (4)
  111. BILAN 15g : Parti - Internationale - État / VI : L’État fasciste
  112. BILAN 15h : Parti et Classe
  113. BILAN 15i : Au sujet de la répression en Russie
  114. BILAN 16a : Le « dernier problème africain » et l’Italie
  115. BILAN 16b : Doumergue, compétence médiocre et maladroite
  116. BILAN 16d : L’écrasement du prolétariat allemand et l’avènement du fascisme
  117. BILAN 16e : La grève générale, expression de la lutte des classes
  118. BILAN 17a : De la Commune de Paris à la Commune Russe
  119. BILAN 17b : La Grèce, champ de manoeuvre des antagonismes inter-impérialistes
  120. BILAN 17e : Le problème de la jeunesse (5)
  121. BILAN 17g : Au sujet de Victor Serge et de Calligaris
  122. BILAN 18a : Premier Mai 1935
  123. BILAN 18c : Parti - Internationale - État / VII : L’État prolétarien
  124. BILAN 18f : Le problème de la jeunesse (6 et fin)
  125. BILAN 19a : Calligaris en Sibérie
  126. BILAN 19b : Lettre au B.P. du Parti Communiste russe Moscou
  127. BILAN 19c : Teresa Reechia
  128. BILAN 19d : Défaite du prolétariat, victoire du capitalisme : De Hitler à Staline, de Staline à Blum
  129. BILAN 19e : Ce qu’a été l’occupation des mines en Belgique
  130. BILAN 19e : Parti - Internationale - État / VII - 2e partie : l’État soviétique
  131. BILAN 19g : Les fondements de la production et de la distribution communistes
  132. BILAN 20a : De la déclaration de Staline à la manifestation du 14 Juillet
  133. BILAN 20b : L’impérialisme italien à la conquête de l’Abyssinie
  134. BILAN 20c : Projet de rapport sur la situation en Italie
  135. BILAN 20d : Calligaris
  136. BILAN 20f : Les fondements de la production et de la distribution communistes (2)
  137. BILAN 21a : Et voici le cas Calligaris
  138. BILAN 21a : Sous le signe du 14 juillet
  139. BILAN 21c : Projet de rapport sur la situation en Italie (suite)
  140. BILAN 21d : La première et la deuxième internationale devant le problème de la guerre
  141. BILAN 21e : Les fondements de la production et de la distribution communistes (3)
  142. BILAN 21f : Parti - Internationale - État / VII - 3e partie : l’État soviétique
  143. BILAN 22a : L’attentat de Beiso
  144. BILAN 22b : L’Italie en Abyssinie
  145. BILAN 22c : Nous, Calligaris et le Centrisme
  146. BILAN 22e : Rapport sur la situation en Italie (suite et fin)
  147. BILAN 22f : Les internationalistes hollandais sur le programme de la révolution prolétarienne
  148. BILAN 22g : Projet de résolution sur le problème des liaisons internationales
  149. BILAN 23a : Manifeste de la Fraction italienne de la Gauche communiste
  150. BILAN 23b : Sur quelle base s’est effectuée l’unité syndicale - Les Mussolini et Hitler de la France démocratique
  151. BILAN 23c : Compte rendu du Congrès de la fraction - Résolutions adoptées
  152. BILAN 23d : Thèses de Rome - Préface de 1928 et première partie
  153. BILAN 23e : En dehors des partis communistes devenus des instruments du capitalisme mondial
  154. BILAN 24a : Vers une consolidation du front capitaliste en France
  155. BILAN 24b : Pendant que réformistes et centristes scellent l’union sacrée, des mineurs anglais font la grève au fond des puits
  156. BILAN 24c : La résolution du Congrès des Italiens de Bruxelles
  157. BILAN 24d : La motion présentée par la fraction au Congrès des Italiens
  158. Bilan 24e : La tension de la situation italienne et internationale
  159. BILAN 24f : Le déroulement de l’aventure africaine
  160. BILAN 24g : La fraction dans les partis socialistes de la seconde internationale
  161. BILAN 24h : Thèses de Rome - Deuxième partie
  162. BILAN 24i : Lettre du camarade Soep
  163. BILAN 25a : Un mois après l’application des sanctions
  164. BILAN 25b : À la confusion des problèmes monétaires les ouvriers français opposeront leur front de classe
  165. BILAN 25c : Les réfugiés italiens dans la Russie Soviétique
  166. BILAN 25d : Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
  167. BILAN 25e : L’unité syndicale et les fractions
  168. BILAN 25f : Le nouveau bond de l’impérialisme japonais dans la Chine du nord
  169. BILAN 25g : À nos lecteurs
  170. BILAN 25h : Parti - Internationale - État / VII - 4e partie : l’État soviétique
  171. BILAN 25i : Mouvement ouvrier international
  172. BILAN 25j : Staline et le Bolchevisme
  173. BILAN 25k : Thèses de Rome - Troisième partie
  174. BILAN 26a : La réconciliation des français et l’Unité Syndicale
  175. BILAN 26b : La situation en Allemagne : L’exécution de R. Claus
  176. BILAN 26c : Sur le chemin du capitalisme - Le Stakhanovisme en Russie
  177. BILAN 26d : La situation actuelle en Italie, pivot de la situation internationale
  178. BILAN 26e : La situation en Amérique du Sud
  179. BILAN 26f : Parti - Internationale - État / VII - 5e partie : l’État soviétique
  180. BILAN 26g : L’échec des premières discussions avec le groupe « Communist Class Struggle »
  181. BILAN 26h : En marge des Thèses de Rome
  182. BILAN 27a : Quels sont les héritiers de Lénine, Luxemburg, Liebknecht ?
  183. BILAN 27b : Comment, dans la Russie des Soviets, on assassine la camarade Mariottini
  184. BILAN 27c : L’évolution de la situation italienne
  185. BILAN 27d : Le problème du Pacifique et la faillite de la Conférence de Londres
  186. BILAN 27e : Quinze années après Livourne
  187. BILAN 27f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (1)
  188. BILAN 27g : Petrini
  189. BILAN 28a : M. Albert Sarraut, symbole de la cohérence capitaliste
  190. BILAN 28b : Wupperwald et Neukölln
  191. BILAN 28c : L’impudence et les faux de M. Germanetto
  192. BILAN 28d : Le Japon devant la guerre impérialiste
  193. BILAN 28e : Le « Front Populaire » triomphe en Espagne
  194. BILAN 28f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux (2)
  195. BILAN 28g : Problèmes de la période de transition (partie 1)
  196. BILAN 28h : Dans la Fraction - Un peu de clarté s’il vous plait
  197. BILAN 28i : Dans la Fraction - À la recherche d’une clarification ?
  198. BILAN 29a : La course vers la guerre
  199. BILAN 29b : Pour le 65e Anniversaire de la Commune de Paris
  200. BILAN 29c : Au sujet du cas Mariottini
  201. BILAN 29d : Une réponse de Gatto Mammone
  202. BILAN 29e : Au sujet des problèmes du parti et de la tactique
  203. BILAN 29f : L’écrasement du prolétariat français et ses enseignements internationaux - Suite et fin
  204. BILAN 29g : Dans la Fraction. Un article de discussion de Gatto Mammone
  205. BILAN 30a : Premier Mai 1936 (Manifeste de la Fraction italienne de la gauche communiste)
  206. BILAN 30b : Le Front international de la répression capitaliste
  207. BILAN 30c : Le prolétariat italien est-il absent ?
  208. BILAN 30d : Premier Mai ( À propos de Calligaris )
  209. BILAN 30e : Les traîtres à l’œuvre
  210. BILAN 30f : Le mouvement ouvrier devant le problème de la guerre
  211. BILAN 30g : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - La dernière semaine
  212. BILAN 30h : Quelques brèves nouvelles
  213. BILAN 31a : La victoire du Front Populaire en France
  214. BILAN 31b : Après les élections en Belgique
  215. BILAN 31c : La victoire de l’impérialisme italien ouvre-t-elle un nouveau cours de la révolution mondiale ?
  216. BILAN 31d : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (première partie)
  217. BILAN 31e : « De l’Union Sacrée à Zimmerwald » par A. Rosmer
  218. BILAN 31f : Les traîtres à l’œuvre
  219. BILAN 31g : Problèmes de la période de transition (partie 2)
  220. BILAN 31h : Calligaris toujours déporté en Sibérie, sauvons-le !
  221. BILAN 31i : Victor Serge hors des griffes du centrisme
  222. BILAN 32a : La Société des Nations continue
  223. BILAN 32b : Beiso n’a pas été acquitté
  224. BILAN 32c : Ce que fut la Conférence du Droit d’Asile de Paris
  225. BILAN 32d : Le prolétariat français a répondu au Front Populaire
  226. BILAN 32e : La rafale gréviste en Belgique
  227. BILAN 32f : Le conflit Arabo-Juif en Palestine (suite et fin)
  228. BILAN 32g : Mouvement ouvrier international
  229. BILAN 33a : En Espagne — Bourgeoisie contre Prolétariat
  230. BILAN 33b : Francisco Ascaso
  231. BILAN 33c : Adieu Zanasi
  232. BILAN 33d : Nature et évolution de la Révolution russe
  233. BILAN 33e : De l’Union Sacrée à Zimmerwald - Conclusion (Alfred Rosmer)
  234. BILAN 33f : Errata sur « La rafale gréviste en Belgique »
  235. BILAN 34a : Communiqué de la Commission exécutive
  236. BILAN 34b : Au front impérialiste du massacre des ouvriers espagnols il faut opposer le front de classe du prolétariat international
  237. BILAN 34c : La boucherie de Moscou
  238. BILAN 34d : Démocratie formelle et démocratie socialiste
  239. BILAN 34e : De l’Union sacrée à Zimmerwald
  240. BILAN 34f : Problèmes de la période de transition (partie 3)
  241. BILAN 34g : Staline dépasse Mussolini
  242. BILAN 35a : L’abattoir des prolétaires en Espagne
  243. BILAN 35b : Le ventre du capitalisme français orné des plumes du paon socialiste
  244. BILAN 35c : La crise dans la Fraction — Communiqué de la CE
  245. BILAN 35d : La tragédie espagnole
  246. BILAN 35e : La révolution espagnole
  247. BILAN 35f : Les problèmes de la période de transition (partie 4)
  248. BILAN 35g : Nature et évolution de la Révolution russe : Réponse au camarade Hennaut
  249. BILAN 35h : La crise dans la Fraction — Communiqué du comité de coordination
  250. BILAN 36a : La consigne de l’heure : ne pas trahir
  251. BILAN 36b : Octobre 1917 - Octobre 1936
  252. BILAN 36c : Mario di Leone
  253. BILAN 36e : L’isolement de notre fraction devant les événements d’Espagne
  254. BILAN 36f : La crise de la Fraction - Communiqué de la Commission Exécutive
  255. BILAN 36g : Documents de la minorité
  256. BILAN 37a : La réalité d’un « gouvernement de façade »
  257. BILAN 37b : Mario de Leone est mort
  258. BILAN 37c : Salut du groupe de Marseille
  259. BILAN 37d : Salut du groupe de la minorité de Barcelone
  260. BILAN 37e : L’ « autre » aspect de la domination capitaliste. La « Démocratie » en fonction aux États Unis
  261. BILAN 37f : La bourgeoisie renverra-t-elle Blum ?
  262. BILAN 37g : Problèmes de la période de transition (partie 5)
  263. BILAN 37h : Nouveaux assassinats : Nouvelle Constitution en Russie
  264. BILAN 37i : La crise de la fraction - Ordre du jour de la Commission Exécutive
  265. BILAN 38a : Le capitalisme français n’a pas renvoyé Blum
  266. BILAN 38b : Trotski pourra-t-il rester au Mexique ?
  267. BILAN 38f : Problèmes de la période de transition (partie 6 - fin)
  268. BILAN 39a : Le procès de Moscou
  269. BILAN 39b : Le prolétariat français doit briser l’Union Sacrée
  270. BILAN 39c : Lénine - Luxemburg - Liebknecht
  271. BILAN 39d : À propos d’un anniversaire
  272. BILAN 39e : Sous le signe de la constitution « la plus démocratique du monde » on extermine en URSS la génération d’Octobre
  273. BILAN 39f : Nos divergences avec le camarade Hennaut
  274. BILAN 39g : Le Marxisme n’est pas de la littérature Camarade Victor Serge !
  275. BILAN 39h : Que faire ? Retourner au Parti Communiste, Messieurs !
  276. BILAN 40a : Premier Mai 1937
  277. BILAN 40b : La France « libre, forte et heureuse » assassine les prolétaires
  278. BILAN 41a : Plomb, Mitraille, Prison
  279. BILAN 41b : Quand les bourreaux parlent... Le discours de Staline
  280. BILAN 41f : Antonio Gramsci - Camillo Berneri
  281. BILAN 41g : Bilan en danger - La vie de Bilan
  282. BILAN 42a : La répression en Espagne et en Russie
  283. BILAN 42f : Antonio Gramsci
  284. BILAN 43a : Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
  285. BILAN 43b : Du travail et du pain
  286. BILAN 43c : Andrés Nin assassiné ?
  287. BILAN 43d : Les bourreaux soviétiques à l’oeuvre
  288. BILAN 43e : À propos de quelques élucubrations trotskistes
  289. BILAN 43f : Le Comité national de la C.G.T.
  290. BILAN 43g : L’évolution des évènements d’Espagne
  291. BILAN 43h : Le Front Populaire
  292. BILAN 43i : Pour le Bureau International des fractions communistes de gauche
  293. BILAN 43j : L’impérialisme japonais à la conquête de la Chine
  294. BILAN 43k : Documentation internationale
  295. BILAN 43l : La vie de Bilan
  296. BILAN 44a : Lettre ouverte au Centre pour la IVe Internationale et au Parti Socialiste Révolutionnaire de Belgique
  297. BILAN 44b : À bas le carnage impérialiste en Chine
  298. BILAN 44c : Le capitalisme passe à l’attaque « La France aux Français »
  299. BILAN 44d : La guerre impérialiste d’Espagne et le massacre des mineurs asturiens
  300. BILAN 44e : Le monde arabe en ébullition
  301. BILAN 44f : Marxisme et Dogmatisme
  302. BILAN 44g : Et Calligaris ?
  303. BILAN 45a : Pour le XXème anniversaire de la Révolution d’Octobre
  304. BILAN 45b : Le front populaire continue
  305. BILAN 45c : Le droit au soulèvement armé
  306. BILAN 46a : "Bilan" disparaît
  307. BILAN 46e : Un grand renégat à la queue de paon : Léon Trotsky
  308. BILAN 46g : Écho à l’étude de la période de transition
  309. BILAN 46h : "Octobre" bulletin mensuel du Bureau International des Fractions de Gauche