AccueilPublicationsCahiers du Bolchevisme (1940-1944)
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lundi 20 novembre 2017
   
Brèves
« Lutte de Classe » (GLAT) - Série complète !
samedi 27 octobre
La couverture chronologique de la revue du GLAT, Lutte de Classe, a été considérablement étendue (premier numéro de mars 1964) et comprend maintenant un renvoi sur une version numérisée des 128 numéros !
Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
Premiers scans des Cahiers du Communisme de Conseil
dimanche 5 août
Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
Derniers numéros de la revue Communisme
dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
Mise à jour sommaires GLAT
samedi 11 février
Le sommaire général de la revue du GLAT, Lutte de Classe vient d’être encore étendu. Merci de signaler manques ou corrections.
Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
CDB 40-01l : Maurice Thorez nous dit...
Janvier 1940 / p. 41 - 42
20 juillet 2014 par eric
Lire l’avertissement sur ces parutions en tête des sommaires de la revue.

L’activité d’un journaliste communiste français est forcément réduite depuis que le gouvernement Daladier-Sarraut à suspendu l’« Humanité », « Ce Soir », et les divers hebdomadaires régionaux du Parti, sans parler de « Regards » et de la « Vie Ouvrière ». Aussi éprouvai-je une joie immense lorsque, voici quelques jours, un camarade vînt ma demander de prendre une interview sans d’ailleurs me dire qui j’allais interviewer et sans me préciser non plus comment cette interview serait publiée.

Je me gardais bien de demander des précisions me fiant à l’habileté et à l’expérience de mon guide, mais j’avais comme le pressentiment que j’allais voir un des dirigeants de notre Parti Communiste Français recherchés par la police.

Les voyages dans la zone de l’intérieur se passent sens histoires ; Nous sommes descendus dans une ville qu’administre une de nos Excellences et quelques minutes plus tard, sans que j’ai pu repérer exactement le lieu où j’avais été conduit, je me trouvais en présence d’un homme dont le nom est inséparable de l’histoire et de l’action du Parti Communiste Français, j’avais devant moi Maurice Thorez.

Après m’avoir demandé des renseignements sur ma nouvelle vie depuis la guerre, sur la vie des miens et sur la vie d’amis communs, Maurice me fait signe qu’il est à ma disposition et sans plus attendre je m’arme de mon stylo, prêt à écrire les déclarations qui vont m’être faites en réponse à des questions que je me propose de poser. Ça y est, commençons.

— QUE PENSES-TU DE LA GUERRE QUE FONT FAIRE AU PEUPLE DE FRANCE LES ENNEMIS DU COMMUNISME ?

—  La réaction, les hommes du 6 février, leur homme de confiance ! Daladier et les chefs traîtres du Parti Socialiste S.F.I.O. sont furieux parce que nous dénonçons les buts impérialistes de la guerre qu’ils imposent au peuple français. Tous ces messieurs ont le front de recouvrir leur politique criminelle du manteau de l’anti-hitlérisme dans l’espoir de tromper les travailleurs, mais entre eux ils n’hésitent pas à dire que le but qu’ils voudraient atteindre, c’est la destruction du pays du socialisme, l’U.R.S.S. et l’anéantissement de l’immense espoir qu’il représente pour les prolétaires du monde entier.

On fait tuer des hommes, on se prépare à en faire tuer pour défendre les coffre-forts des capitalistes, pour permettre de fabuleux profits aux Schneider, aux de Wendel et autres profiteurs de guerre dont toute la politique depuis des mois et des mois tendait non pas à sauver la paix, mais à préparer la guerre contre l’U.R.S.S. avec le concours de Hitler, ce qui a été rendu impossible par la conclusion du pacte germano-soviétique.

C’est parce que nous dénonçons la politique de rapine et de duplicité des impérialistes que notre Parti Communiste est persécuté sur l’ordre des banquiers et des marchands de canons, mais patience, nous avons raison et le peuple de France nous donnera raison demain.

— LES MUNICHOIS PARLENT MAINTENANT D’ANTI-HITLERISME ET ILS DISENT QUE LES COMMUNISTES ONT TRAHI LEUR MANDAT...

Sans me laisser aller plus loin, Maurice Thorez me dit aussitôt :

—  L’anti-hitlérisme de M. Daladier, nous le connaissons. Si aujourd’hui Hitler. dispose de 1 500 avions, de 500 chars de combat, de 3 500 canons, de 40 000 mitrailleuses, de tout le matériel et des munitions de l’ancienne armée tchécoslovaque ; si tous ces engins de guerre peuvent être utilisés contre les soldats français, qui donc est responsable ? Le responsable, c’est M. Daladier signataire du Diktat de Munich et s’il y avait une justice en France, cet homme devrait comparaître devant elle pour avoir trahi les intérêts de la paix et du peuple de notre pays.

Nous communistes, nous sommes anti-hitlériens, antifascistes, mais nous n’avons jamais séparé la lutte contre le fascisme du dehors de la lutte contre le fascisme du dedans.

Le 5 avril 1936 parlant au nom du Comité Central de notre Parti, j’ai déclaré que la lutte contre le fascisme exigeait d’abord la mise hors d’état de nuire des fascistes français et rappelant l’héroïque attitude de Karl Liebknecht, au cours de la première guerre impérialiste, j’ajoutais que l’ennemi est chez nous.

L’ennemi est chez nous, voilà ce que nous avons dit à la veille des élections de 1936 et nous avons conscience d’être restés fidèles au mandat qui nous a été donné par le peuple de France, mandat qui se résume dans la défense du pain des travailleurs centre les 200 familles ; dans la défense de la liberté contre les hommes du 6 février et dans la défense de la paix contre les fauteurs de guerre.

Ceux qui ont trahi le mandat à eux confié, ce sont ceux qui ont permis à La Rocque de reconstituer les « Croix de Feu » sous l’étiquette du Parti Social Français (à vous citoyen Léon Blum).

Ceux, qui ont trahi leur mandat, ce sont ceux qui permettent aux fascistes de l’intérieur de se livrer à une abominable politique de réaction.

Ceux qui ont trahi leur mandat, ce sont ceux qui se servent de la guerre qu’ils veulent faire durer pour détruire les libertés démocratiques et les conquêtes sociales, pour domestiquer les organisations syndicales, pour permettre aux spéculateurs et aux voleurs de réaliser de scandaleux profits et pour persécuter les communistes défenseurs de la paix et des intérêts des masses populaires.

— QUE PENSES-TU DU RÔLE JOUÉ PAR LES IMPERIALISTES ANGLAIS ?

—  Il serait très intéressant à ce propos, me dit Maurice Thorez, de faire le bilan de la politique constante de l’Angleterre impérialiste depuis vingt ans pour montrer deux choses simples et irréfutables. Chaque fois que la France capitaliste a essayé de tirer de plus grands avantages de sa victoire de 1918, elle a trouvé en face d’elle l’Angleterre et chaque fois que l’Allemagne a marqué des points au détriment de la France, elle a été aidée par l’Angleterre.

À Londres, on n’a rien dit quand Hitler a occupé la zone rhénane démilitarisée, tandis que ce bavard sénile de Sarraut déclarait ne pas vouloir laisser Strasbourg sous le feu des canons allemands.

Mieux, en signant un accord naval et un accord aérien avec l’Allemagne hitlérienne, l’Angleterre conservatrice poussait une pointe contre la France, tout comme en signant le « gentlemen’s agreement » avec l’Italie fasciste.

D’autre part, il faut rappeler le rôle joué par le gouvernement anglais contre l’Espagne républicaine, ainsi que la servilité dont le gouvernement Blum-Daladier fit preuve à l’égard des banquiers de la Cité de Londres en étranglant la République espagnole.

Après avoir favorisé l’Allemagne hitlérienne pour affaiblir les positions de la France en Europe en sacrifiant au fascisme international tour à tour la Tchécoslovaquie et l’Espagne démocratique, l’Angleterre de M. Chamberlain veut maintenant se servir de la France pour disputer à Hitler l’hégémonie impérialiste en Europe et dans le monde.

Le peuple de France commence à se rendre compte du rôle spécial joué par l’Angleterre impérialiste qui a pour défendre sa politique les valets de la IIème Internationale et qui si elle n’admet nullement l’égalité devant les sacrifices, sait s’assurer toujours la suprématie dans les profits.

Nous aimons le peuple anglais que nous ne confondons pas avec le gouvernement conservateur d’Angleterre, comme je le disais au banquet de la presse anglo-américaine en mai 1936. Nous aimons tous les peuples, nous ne confondons pas le peuple allemand avec ses maîtres du moment et nous agissons en défenseurs du peuple français en ne voulant pas que la jeunesse de notre pays soit jetée en holocauste aux capitalistes anglais en lutte d’intérêts avec les capitalistes allemands.

Nous souffrons de voir qu’un Daladier peut froidement sacrifier des vies françaises à des intérêts qui ne sont pas ceux du peuple de France ; nous souffrons de voir qu’on veut à la faveur de la guerre faire de notre beau pays de France un pays de réaction et de régression sociale. C’est pourquoi nous avons conscience d’agir en vrais fils du peuple de France, en luttant contre la guerre impérialiste, en luttant contre le gouvernement de déshonneur, de misère et de guerre qui est à la direction des affaires publiques.

— ET SI NOUS PARLIONS DE L’UNION SOVIÉTIQUE ?

—  Maurice Thorez commence aussitôt ses explications et me dit : « Les réactionnaires français, leur Daladier et les chefs socialistes avaient pensé pouvoir semer la méfiance à l’égard de l’U.R.S.S. dans l’âme des travailleurs de France. Leur campagne contre le pacte germano-soviétique et contre la libération des populations de l’Ukraine et de la Biélorussie occidentales n’avaient pas d’autre but, mais leur coup a manqué. Le peuple de France sait que l’U.R.S.S. agit toujours dans l’intérêt des peuples, dans l’intérêt de la paix et il sait aussi que le gouvernement Daladier agit toujours dans l’intérêt des 200 familles.

Il n’y a pas un seul travailleur français qui ne se réjouisse de voir le pouvoir des ouvriers et des paysans rétabli, là où naguère régnait la dictature barbare des gros propriétaires fonciers polonais et du gouvernement des Colonels.

Désormais, grâce aux traités qu’elle vient de conclure avec les États baltes, l’U.R.S.S. est plus forte, son rôle en Europe et dans le monde est encore plus grand et de cela tous les prolétaires français se félicitent, car ils savent que chaque victoire de l’Union Soviétique est aussi leur victoire et leur ouvre de plus grandes possibilités de libération pour demain.

La pierre de touche de la fidélité du prolétariat français aux enseignements de l’Internationale Communiste dans la lutte contre la guerre impérialiste, c’est l’attachement indéfectible à l’Union Soviétique qui sous la direction du Parti de Lénine et de Staline a fait du socialisme une réalité triomphante. De ce point de vue le Parti Communiste Français a le droit d’être fier de ses militants.

— EN EFFET, LE PARTI RÉSISTE MAGNIFIQUEMENT À TOUTES LES PRESSIONS ET AUX PERSÉCUTIONS.

—  Quelques hommes à peine, les uns par peur, les autres parce que tenus par l’ennemi de classe, se sont reniés, mais qu’est-ce que cela à côté de la fermeté à toute épreuve dont l’ensemble de nos militants donnent l’exemple, aussi bien en prison qu’en liberté et aux armées.

Nos camarades députés et militants, poursuivis et emprisonnés montrent ce que représente la volonté de lutte et l’esprit d’abnégation des communistes ; leur exemple portera des fruits et contribuera à susciter de nouveaux dévouements à la cause immortelle du Communisme.

Daladier ne veut pas que les communistes puissent parler à la Chambre, car ils y feraient entendre quelques vérités qui porteraient loin dans le pays, c’est pourquoi il emprisonne nos élus, tandis que Blum qui s’est fait le fourrier de la répression anticommuniste déclare que les députés communistes étant enfermés, le Parlement pourrait se réunir. Ces messieurs veulent fermer la bouche aux défenseurs de la paix, aux représentants des véritables intérêts de la France laborieuse opposés aux intérêts des marchands de canons et des magnats de la finance. Tout cela, le peuple le comprend et il le comprendra encore mieux au fur et à mesure que vont peser lourdement sur ses épaules les frais et les malheurs de la guerre.

Les masses populaires sont fidèles à notre Parti et à ses élus. M. Sarraut a suspendu les municipalités communistes, mais les populations privées de leurs élus peuvent constater : 1) que les pouvoirs publics placent dans les mairies des personnages, soit réactionnaires, soit radicaux, soit socialistes condamnés par le suffrage universel ; 2) que ces créatures du gouvernement se montrent impitoyables pour les pauvres gens, pour les chômeurs, pour les familles nombreuses, pour les assistés qui trouvaient toujours aide et secours auprès des élus communistes.

Ainsi le gouvernement, en même temps qu’il foule aux pieds les principes démocratiques les plus élémentaires, poursuit une politique égoïste dont les travailleurs lui demanderont compte un jour.

Les masses laborieuses nous gardent leur confiance et cela explique pourquoi la C.G.T., les agents du gouvernement, ont dû agir anti-statutairement en profitant de la mobilisation de nombreux syndiqués pour chasser les militants communistes des directions syndicales et envoyer les principaux d’entre eux en prison.

Le gouvernement et ses auxiliaires de la C.G.T. se trompent s’ils croient qu’ils pourront manœuvrer la classe ouvrière selon leur bon plaisir. Quand par exemple un Chevalme signe un accord au nom des travailleurs métallurgistes qu’il ne représente nullement et dont le secrétaire général Ambroise Croizat est en prison, les ouvriers de la métallurgie savent ce que vaut un tel accord conclu sous le signe de la trahison et de la soumission complète aux volontés du Comité des Forges. Les ouvriers sentent bien que si on traque les communistes dans les syndicats, c’est pour soumettre la classe ouvrière pieds et poings liés aux volontés despotiques des grands exploiteurs qui veulent prendre des revanches et tenir les travailleurs à leur merci, mais tout cela finira autrement que par des chants et des apothéoses.

— ET MAINTENANT, QUE VAS-TU FAIRE ?

—  Ce que je vais faire, répond aussitôt Maurice Thorez, c’est très simple ; je vais avec les camarades de la direction du Parti continuer la lutte, l’organiser, l’adapter aux circonstances actuelles, car le Parti vit, il vivra et il vaincra.

La presse vendue dit que je suis déserteur. J’aurais été un déserteur si je n’avais pas fait le nécessaire pour rester à mon poste dans la bataille de classe que le peuple de France doit livrer aux fauteurs de guerre, aux fascistes, aux exploiteurs capitalistes.

La direction du Parti est à son poste et elle fera son devoir. Nous entendons défendre de toutes nos forces les ouvriers dont les conquêtes sociales et dont les légitimes intérêts sont foulés aux pieds par des capitalistes égoïstes et rapaces qui veulent faire de la France un pays de régression sociale et de réaction politique.

Nous entendons défendre les paysans qui ont été durement frappés par des réquisitions faites souvent selon la loi du bon plaisir, sous le signe de l’incurie et du gaspillage ; nous voulons qu’on indemnise les paysans, que leur soient assurés des prix rémunérateurs pour la vente de leurs produits et que leur soient fournis les moyens de faire leurs travaux.

Nous entendons défendre les commerçants contre l’injustice fiscale qui les accable, contre les trusts qui les rançonnent et contre la politique de spoliation et de ruine poursuivie par le gouvernement des 200 familles.

Nous entendons défendre les femmes des mobilisés et leurs enfants, les réfugiés victimes de la carence gouvernementale, les vieux à qui on pourrait assurer une retraite décente avec ce que coûte une semaine de guerre.

Nous entendons défendre les soldats dont le prêt est ridiculement insuffisant, les soldats qui sont nombreux à voir dans notre grand Parti leur soutien de toujours et leur espoir.

Nous entendons, en un mot, continuer notre action pour la défense du pain, de la liberté et de la paix. Ce que nous ne pouvons pas faire au moyen de tracts à grand tirage, nous le faisons et nous le ferons par d’autres moyens plus discrets, mais non moins efficaces. En tout cas, rien ne pourra empêcher le Parti Communiste de remplir sa mission de défenseur du peuple.

— UNE DERNIERE QUESTION MAINTENANT. NE CROIS-TU PAS QUE D’AUTRES CAMARADES DU PARTI POURRAIT ÊTRE TENTÉS DE S’EN ALLER DE L’ARMÉE POUR POURSUIVRE LA LUTTE DANS L’ILLÉGALITÉ ?

—  Non, mon cher camarade, sois sans crainte, les communistes savent où et comment ils doivent lutter. Il fallait assurer envers et contre tout la direction du Parti ; c’est à cette préoccupation que j’ai obéi et tous les travailleurs qui pensent aux luttes qui se préparent m’approuvent. Les membres du Parti luttent et lutteront là où sont les masses populaires, là où ils peuvent les influencer et les organiser, là où ils peuvent défendre leurs intérêts. Cela signifie que les communistes ont leur tâche toute tracée parmi les soldats à l’armée, parmi les ouvriers dans les usines, parmi les paysans dans les villages, parmi les réfugiés dans les centres d’évacuation, parmi les femmes des mobilisés dans toutes les localités.

Les communistes seront les meilleurs défenseurs, du peuple de France, ils lutteront de toutes leurs forces contre la guerre impérialiste, pour la paix et contre le gouvernement Daladier dont il faut débarrasser notre pays.

Au cours de la première guerre impérialiste de 1914 à 1918, il fallut attendre trois ans avant d’assister au réveil du mouvement ouvrier dans les usines et au front. Maintenant, tout va plus vite et de plus la classe ouvrière qui au cours de l’autre guerre vécut dans l’ambiance de la trahison socialiste, sait que maintenant elle n’est pas et ne sera pas trahie.

Blum, Paul Faure, Jouhaux et Belin ont ajouté une trahison de plus à leurs trahisons passées, mais le Parti Communiste Français reste la grande espérance des travailleurs de notre pays.

Nous serons dignes de la mission qui nous échoit de faire demain de notre pays une France libre, forte et heureuse. Pour cela, nous lutterons en soldats fidèles de l’Internationale Communiste avec la volonté de suivre les traces du héros de Leipzig, le camarade Dimitrov. Pour cela, nous défendrons sans trêve et sans répit l’Union Soviétique de notre grand Staline, car tout ce qui sert le pays du socialisme aide les peuples à se libérer plus vite des chaînes du capital et de la barbarie fasciste.

C’est fini, il ne me reste plus qu’à prendre congé du secrétaire général de notre Parti qui va continuer dans l’illégalité son action de dirigeant clairvoyant et ferme. Et la tranquille assurance de Maurice Thorez m’emplit de confiance, d’une confiance que je voudrais pouvoir crier à tous échos, d’une confiance oui fait du bien et qui. donne la certitude de la victoire.

Quelque part en France, le 20 octobre 1939. [1]


CONSEILS

  1.  Méfie-toi du téléphone.
  2.  Ne déchire pas les papiers, brûle-les et réduis-les en cendres.
  3.  N’exagère pas l’esprit de conspiration, ne rase pas les murs avec un air de prendre tout le monde pour des policiers.
  4.  Prends une allure normale, sans affectation. La meilleure façon de passer inaperçu est de ne se différencier extérieurement en rien de tous ceux-qui t’environnent.
  5.  Quand tu es au café, ne parle pas à tes amis dans le creux de l’oreille, non : parle normalement. Si on t’observe, change de conversation. Sois prudent.

Mais prudence ne signifie pas inaction. Ce qu’il faut par-dessus tout, c’est agir, agir, agir !

PETITS CONSEILS

  1.  Ne détruis aucun exemplaire des imprimés qui te parviennent. Ton devoir est de les multiplier et de les diffuser.
  2.  Garde le moins possible des brochures, des tracts sur toi et dans ta maison.
  3.  Si tu édites ou reproduis du matériel, fais en sorte que la distribution suive immédiatement l’impression.
  4.  Il faut que tu organises soigneusement la reproduction pour que personne ne te soupçonne.
  5.  Organise méthodiquement la diffusion, ne laisse rien au hasard. Fais le maximum de travail avec le minimum de risques.

[1] En fait Maurice Thorez, qui a déserté début octobre sur ordre de l’IC, passe immédiatement en Belgique et arrive à Moscou le 8 novembre 1939, après un long voyage via Stockholm. Il est donc impossible qu’il soit encore en France le 20 octobre...