Ouvrier, il adhère au parti en 1912. Un des organisateurs du parti bolchevik à Moscou, il est un des ouvriers bolchevik les plus connu en Russie, d’après Ante Ciliga. D’abord membre de la Fraction de gauche du parti bolchevik en 1918, il est ensuite un des animateurs du groupe « Déciste » (ou centralisme démocratique). Puis il est à la base de la lettre des 46 (15 octobre 1923) et de celle des 80 de l’Opposition unifiée (25 mai 1927 sur la question chinoise). Les Décistes quittent l’opposition unifiée en octobre1926 en la traitant de « capitularde » car ils deviennent convaincus qu’il faut créer un deuxième parti comme Miasnikov.
« Le groupe du « Centralisme démocratique » se trouvait dans une position très difficile quand on mettait Lénine en cause. A la différence des trotskistes, ce groupe avait ses origines dans la vieille garde bolchevique (...) Sans vouloir se l’avouer, il opposait au Lénine de la période décadente de la révolution le Lénine de la période ascendante. Il critiquait la politique pratiquée par Lénine au pouvoir en s’appuyant sur le principes léninistes de l’Etat et la Révolution (...) Finalement, le groupe avait piétiné pendant dix ans (1919-1929), tantôt capitulant devant un ultimatum de Lénine, tantôt appuyant les trotskistes dans leur lutte contre Staline (...) Le plan quinquennal ébranla le groupe jusque dans ses fondements. La majorité, comme chez les trotskistes, capitula. Elle justifia sa capitulation en disant : dès l’instant qu’on liquide la Nep et les classes bourgeoises, c’est que nous nous sommes trompés et que l’on construit le socialisme ... » (’Ante Ciliga, Au pays du grand mensonge, p. 261).
Exclu du parti en 1927 puis arrêté en 1934 et emprisonné à Verkhné Ouralsk (cf. : p. 279, Ciliga), il reste enfermé dans les geôles staliniennes jusqu’à la fin de sa vie. Dans les années 30, les Décistes comme le groupe ouvrier de Miasnikov estiment qu’il faut lancer le mot d’ordre d’un nouveau parti révolutionnaire ouvrier. Le moment est venu d’abandonner les tentatives de réformes à l’intérieur du parti pour une lutte de classes révolutionnaire. Mais, ils se scindent en deux groupes. Celui de Sapronov qui défend l’idée qu’en Russie il faut passer par une deuxième étape, celle de la liquidation de la dernière classe capitaliste : celle des petits-bourgeois ; la bureaucratie étant l’expression d’un Etat petit-bourgeois. (cf. : Ciliga, page 261 et suivantes). L’autre fraction défend l’idée que la Russie est maintenant un pays capitaliste ; capitaliste d’Etat et que la bureaucratie y formait la classe dominante.
Il est fusillé sur ordre de Staline en 1939.
Bibliographie indicative :
— CILIGA Ante, Au pays du mensonge déconcertant, Champs libres, Paris ;