
Métallo, membre du POSDR en 1901, bolchevik dès 1903. Condamné à deux ans de prison après la révolution de 1905, il émigre en Occident et milite dans le mouvement ouvrier français. Après 1914, il assure liaison et financement des activités en Russie.
Dirigeant, avec Molotov et Zaloutski, du Bureau russe du Comité Central, il est dépassé par les évènements de février 1917. Il s’oppose ainsi à l’armement des ouvriers réclamé par les dirigeants de Vyborg (comme Kaiourov). Il assiste à la réunion constitutive du Soviet de Pétrograd, le 27 janvier au soir mais n’y définit aucune ligne politique, méritant le jugement que porte Kaiourov sur son compte : « Le camarade Chliapnikov était incapable de donner des directives pour le lendemain. » Il s’oppose cependant à la ligne conciliatrice de Kamenev et Staline.
D’abord Commissaire du peuple au travail, il fonde l’Opposition Ouvrière (1920-22) avec A. Kollontaï et des dirigeants du syndicat des métallos (Medvedev) et des mineurs (Kisselev). En février 1922, Chliapnikov signe la déclaration des 22 par laquelle l’Opposition Ouvrière fait appel auprès de l’Internationale des sanctions prises contre elle. Il prononce un discours ironique et mordant devant le XI° Congrès du PCR (mars 1922) où il déclare le Parti aussi démoralisé qu’en 1907, dénonce la NEP comme anti-ouvrière... Mais à partir de ce moment l’Opposition Ouvrière, démoralisée, décimée, débordée sur sa gauche par des groupes clandestins (La Verité Ouvrière, le Groupe Ouvrier de Miasnikov) se dissout.
Au début de 1924, alors que la bataille fait rage entre l’Opposition de gauche et l’appareil, Chliapnikov déclare qu’il n’existe aucune différence entre les deux parties et que le sort de la classe ouvrière leur est parfaitement égal.
Eloigné à Paris de 24 à 26 - c’est l’époque des affectations diplomatiques des opposants - il capitule en 1926. Exclu de nouveau en 1933 comme « dégénéré », arrêté en 1935, il est exécuté en décembre 1937.