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Brèves
Les OCRL en ligne
mercredi 12 novembre
La section des Œuvres complètes de Rosa Luxemburg accueille maintenant l’édition en ligne des OCRL, complémentaire des volumes parus au format papier, incluant également des textes inédits, d’auteurs tiers, en rapport avec les thématiques des volumes parus. Voir le Journal des parutions.
Vive l’Internationale !
CHOLLET Antoine / Recension OCRL4 - Pages de gauche, décembre 2014
27 mars 2015 par eric

L’année 2014 prend fin, et avec elle sans aucun doute les nombreuses commémorations du déclenchement de la Grande Guerre. Comme il y a un siècle, l’attention désertera tôt les tranchées et leurs horreurs, car « l’arrière » sera passé à autre chose. C’est à ce moment-là qu’il faut donner la parole à ces quelques sentinelles vigilantes qui nous empêchent de sommeiller, comme si nous étions sûrs d’avoir payé au passé son dû.

Et parmi celles-ci, comment oublier Rosa Luxemburg ? À l’aube de la tuerie, alors que, de son propre aveu, « le monde entier est soudain devenu un asile de fous », elle cherche encore à empêcher le pire. La trahison des députés du SPD qui, au Reichstag (où, comme femme, elle ne pouvait siéger), votèrent les crédits de guerre l’ulcère, tout comme les contorsions théoriques d’un Kautsky pour justifier cette soudaine adhésion au nationalisme, puis l’effondrement général du mouvement ouvrier qui suivit et permit l’entrée en guerre de toutes les puissances de la vieille Europe. L’intraitable internationaliste nous adresse, par-delà ce siècle, un avertissement qui résonne aussi vivant qu’au jour où il a été prononcé : que le mouvement socialiste oublie son internationalisme et il sera incapable d’empêcher les catastrophes qui, toujours, se préparent contre lui. À l’heure où de sinistres bruits de bottes se font entendre à l’Est de l’Europe, cet avertissement n’est nullement intempestif.

La Première Guerre mondiale aura montré aux plus lucides des militants du mouvement ouvrier que la société capitaliste n’est pas condamnée à disparaître, mais qu’elle sécrète en elle une terrible alternative, celle-là même que Rosa Luxemburg énonce dans la Brochure de Junius, écrite en prison et publiée en 1916 : « socialisme ou barbarie ». Que le second terme de l’aternative paraissent bien souvent le plus probable ne doit pas faire désespérer de l’advenue du premier. Dans tous les cas, ce ne seront que la mobilisation et l’action du plus grand nombre qui permettront d’échapper à la barbarie. Cette vérité ne s’est pas émoussée depuis le temps de Luxemburg, ni dans l’Allemagne de 1918, ni dans celle de 1933, ni dans l’Égypte, la Tunisie ou l’Ukraine d’aujourd’hui.

Poursuivant leur remarquable travail d’édition des Œuvres complètes de Rosa Luxemburg, les éditions Agone et le collectif Smolny font paraître opportunément, en cette fin d’année, les textes de la militante consacrés à la guerre et à l’Internationale. On ne peut qu’en recommander la lecture !

Antoine Chollet