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Dernière mise à jour :
mercredi 28 juin 2017
   
Brèves
Mardi 21 mai - La Revue Z à Terra Nova
lundi 20 mai
Mardi 21 mai 2013 à 19h, rencontre à la Librairie Terra Nova de Toulouse avec l’équipe de la revue Z à l’occasion de la parution du dernier numéro Thessalonique & Grèce, aux éditions Agone. Après une enquête collective au nord de la Grèce, la revue Z viendra présenter son dernier numéro : Thessalonique dans la dépression européenne. Bricolages quotidiens et résistances insolvables.
Groupe de Liaison pour l’Action des Travailleurs
lundi 6 février
Le sommaire des articles de la revue Lutte de classe, publiée par le GLAT, a été largement augmenté, notamment sur la période 1971-1975. Pour tous les numéros listé, une version PDF est maintenant accessible en ligne. Bonnes lectures !
Mise à jour du catalogue du fonds documentaire
jeudi 1er septembre
Une nouvelle version mise à jour du Catalogue du Fonds Documentaire Smolny, très largement étendue (une vingtaine d’entrées supplémentaires) est en ligne ce jeudi 1er septembre 2011. Merci aux contributeurs. D’autres titres à suivre...
Ouverture des archives numériques du CERMTRI
lundi 15 août
Le CERMTRI a décidé de créer une bibliothèque numérique avec l’objectif de numériser le maximum de ses archives et de ses collections. Pour démarrer : La revue « Bulletin Communiste » (1920-1933) ; le journal « La Vérité » (1957-1958) ; la revue des « Cahiers du mouvement ouvrier » (2002-2011). Soit déjà 428 documents ce qui représente 6395 pages. Bravo pour cette excellente initiative !
Sur le Web
[infokiosques.net]
Nous nous auto-organisons et nous montons un infokiosque, une sorte de librairie alternative, indépendante. Nous discutons des publications, brochures, zines et autres textes épars qui nous semblent intéressants ou carrément nécessaires de diffuser autour de nous. Nous les rassemblons dans cet infokiosque, constituons ainsi nos ressources d’informations, et les ouvrons au maximum de gens. Nous ne sommes pas les troupes d’un parti politique, ni les citoyen-ne-s réformateurices de nos pseudo-démocraties, nous sommes des individus solidaires, qui construisons des réseaux autonomes, qui mettons nos forces et nos finesses en commun pour changer la vie et le monde.
Premiers pas sur une corde raide Montreuil (93) : concert de soutien au Rémouleur, samedi 11 octobre 2014 qcq Tout mais pas l'indifférence Crise, totalitarisme, luttes sociales et de classe en Grèce Bruxelles : programme de septembre 2014 au local Acrata
Bibliolib
Catalogue de textes d’origine libertaire ou anarchiste, sans habillage particulier (pas de commentaire, d’édition critique, de note). Les textes bruts donc avec une liste d’auteurs qui commence à être significative. Un bon point d’entrée donc pour ceux qui savent à l’avance ce qu’ils cherchent. Attention : ce site s’est fait subtilisé sa précédente adresse par un site pornographique. Notre propre lien a donc été incorrect quelque temps. Nous en sommes désolé.
Pelloutier.net
Sur l’histoire du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarcho-syndicalisme, avec des études, documents et synthèses intéressantes sur Pelloutier, Monatte, La Vie Ouvrière (1909-1914) et sur les mouvements syndicalistes en France, Europe, USA...
Balance
Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier international et de la Guerre d’Espagne. Nombreux articles en espagnol. Textes de Bordiga, entre autres.
Classiques des sciences sociales
Une bibliothèque numérique entièrement réalisée par des bénévoles, fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, sociologue. Comprend de très nombreuses oeuvres du domaine public. La section des "auteurs classiques", en particulier, est une véritable mine, où l’on trouve Bebel, Bordiga, Boukharine, Engels, Fourier, Gramsci, Kautsky, Labriola, Lafargue, Lukacs, Luxemburg, Marx, Trotsky et bien d’autres.
MATTICK Paul (1960) : Anton Pannekoek, une biographie politique
Première parution non déterminée...
10 octobre 2006 par eric

La vie d’Anton Pannekoek coïncide presque entièrement avec l’histoire du mouvement ouvrier moderne. Il en a connu l’essor en tant que mouvement de protestation sociale, sa transformation en un mouvement de réforme sociale, et son éclipse comme mouvement de classe indépendant dans le monde contemporain. Mais Pannekoek a connu également ses possibilités révolutionnaires dans les soulèvements spontanés qui, de temps en temps, interrompirent le cours tranquille de l’évolution sociale. Il est entré marxiste dans le mouvement ouvrier, et il est mort marxiste, persuadé que s’il existe encore quelque avenir, ce sera un avenir socialiste.

Comme d’autres socialistes hollandais en vue, Pannekoek est issu de la classe moyenne et, comme il l’a fait remarquer une fois, son intérêt pour le socialisme provenait d’un penchant scientifique assez puissant pour embrasser à la fois la société et la nature. Pour lui, le marxisme était la science étendue aux problèmes sociaux ; et l’humanisation de la science, c’était un aspect de l’humanisation de la société. Il savait concilier son goût pour la science sociale avec sa passion pour les sciences de la nature : il devint non seulement un des théoriciens dirigeants du mouvement ouvrier syndical, mais aussi un astronome et un mathématicien de réputation mondiale.

Presque toute l’oeuvre de Pannekoek est empreinte de cette attitude vis-à-vis des sciences, de la philosophie de la nature et de la société. Une de ses premières publications, « Marxisme et darwinisme » éclaire la relation entre les deux théories. L’un de ses derniers travaux, « L’anthropogénèse » traite de l’origine de l’homme ; « l’importance scientifique du marxisme, tout comme du darwinisme, écrivait-il, consiste à développer jusqu’à ses dernières conséquences la théorie de l’évolution, le premier dans le domaine de la société, le second dans celui du monde organique ». L’importance de l’œuvre de Darwin réside dans la démonstration que « dans certaines conditions une espèce animale se transforme nécessairement en une autre ». Le processus de l’évolution obéit à un « mécanisme », à une « loi naturelle ». Le fait que Darwin avait identifié cette « loi naturelle » avec la lutte pour l’existence, analogue à la concurrence capitaliste, n’affectait pas sa théorie ; la concurrence capitaliste n’en devenait pas pour autant une « loi naturelle ».

C’est Marx qui révèle la force motrice du développement social. Le « matérialisme historique » se rapporte à la société, et bien que le monde soit à la fois nature et société — comme on le constate dans le besoin de l’homme de manger pour vivre — les lois du développement social ne sont pas des lois de la nature ; et bien entendu aucune loi, naturelle ou sociale, n’est absolue. Cependant, ces lois, dans la mesure ou elles se vérifient par l’expérience, peuvent être considérées comme « absolues » , pour les fins de la pratique humaine. Elle excluent l’arbitraire pur et le libre-choix, et se rapportent à des règles et des faits habituellement observables, qui permettent de prévoir et de donner ainsi un fondement aux activités humaines.

Avec Marx, Pannekoek affirmait que c’est « la production de la vie matérielle qui constitue la structure essentielle de la société et détermine les relations politiques et les luttes sociales ». C’est par la lutte de classes que les transformations sociales décisives se sont produites. Elles ont conduit à une élévation de la production sociale. Le socialisme implique également le développement des forces sociales de la production qui sont actuellement entravées par les rapports de classes existants. Ce but ne peut être réalisé que par la classe des producteurs capable de fonder ses espoirs sur la naissance d’une société sans classes.

Les étapes de l’existence humaine et sociale sont liées, dans l’histoire, aux instruments et formes de production qui changent et augmentent la productivité du travail social. L’ « origine » de ce processus se perd dans la préhistoire, mas on peut raisonnablement supposer qu’elle se situe dans la lutte de l’homme pour l’existence, dans un environnement naturel qui l’obligea à développer ses capacités productrices et son organisation sociale. Depuis l’écrit de F. Engels, Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme, toute une littérature est née autour du problème des instruments et de l’évolution sociale.

Dans L’anthropogenèse, Pannekoek revint aux problèmes qu’il avait abordés dans Marxisme et darwinisme. De même qu’il y a des mécanismes qui expliquent le développement social et l’évolution naturelle, de même il doit y avoir un mécanisme qui explique l’essor de l’homme dans le monde animal. La société, l’aide mutuelle et même l’emploi des « outils » caractérisent également d’autres espèces ; ce qui caractérise spécifiquement l’homme, c’est le langage, la raison et la fabrication d’outils. C’est cette dernière qui explique vraisemblablement le développement simultané du langage et de la pensée. Étant donné que l’emploi d’outils s’interpose entre un organisme et le monde extérieur, entre les stimuli et l’action, il force l’action et donc la pensée à taire un détour, à partir des impressions sensorielles par l’intermédiaire de l’outil, jusqu’à l’objet.

Sans la pensée humaine, le langage serait impossible. L’esprit humain est capable de pensées abstraites. Il sait former des concepts. La vie mentale de l’homme et de l’animal dérive des sensations, qui se combinent en représentations ; mais l’esprit humain sait distinguer entre les perceptions et les actes au moyen de la pensée, tout comme l’outil intervient entre l’homme et le but qu’il veut atteindre. La séparation entre les perceptions et les actes et la conservation de perceptions passées permettent la conscience et la pensée qui établit les liaisons intermédiaires entre les perceptions et formule des théories qui s’appliquent à des actes pratiques. La science de la nature est la preuve vivante d’une relation étroite entre les outils et la pensée.

Étant donné que l’outil est un objet isolé et inerte qui peut être remplacé et amélioré sous les formes les plus variées, il assure le développement extraordinaire et rapide de l’homme. Inversement, son emploi assure le développement du cerveau humain. Par conséquent le travail est le « devenir » et l’ « essence » de l’homme, quelles que soient la dégradation et l’aliénation de l’ouvrier. Le travail et la confection d’outils élève l’homme hors du monde animal au niveau des actions sociales pour se mesurer avec les nécessités de la vie.

La genèse de l’homme est un processus très long. Mais la transformation de l’homme primitif en homme moderne est relativement courte. Ce qui distingue l’homme primitif de l’homme moderne, ce n’est pas une capacité cérébrale différente, mais la différence dans l’emploi de cette capacité. Lorsque la production sociale stagne, la société stagne ; quoique la productivité du travail se développe lentement le changement social est également retardé. Dans la société moderne, la production sociale s’est développée rapidement en créant des nouveaux rapports de classe et en détruisant les anciens. Ce qui a déterminé le développement social, ce n’était pas la lutte naturelle pour l’existence, mais le combat social pour telle ou telle forme de l’organisation sociale.

Dès son origine, le socialisme fut à la fois théorie et pratique. En fait, il n’intéresse pas seulement ceux qui sont censés bénéficier de la transformation du capitalisme en socialisme. Préoccupé d’une société sans classes, et de la fin de tout conflit social, et attirant des intelligences de toutes les couches de la société, le socialisme prouve par avance la possibilité de sa réalisation. Encore jeune étudiant, en sciences naturelles, et se spécialisant en astronomie, Pannekoek entra au Parti ouvrier social-démocrate de Hollande et se trouva immédiatement à son aile gauche aux côtés de Herman Gorter et Frank van der Goes.

Sous l’influence de son fondateur non-marxiste, Domela Nieuwenhuis, ce parti fut plus combatif que les organisations strictement marxistes au sein de la Seconde Internationale. Il prit une position essentiellement antimilitariste. Domela Nieuwenhuis fit campagne pour l’emploi de la grève générale pour prévenir la guerre. Il ne put trouver de majorité, et il s’aperçut très tôt qu’à l’intérieur de l’Internationale, on se dirigeait vers la collaboration de classe. Il s’opposa à l’exclusion des anarchistes de l’Internationale honnie, et son expérience de membre du Parlement lui fit rejeter le parlementarisme comme arme de l’émancipation sociale. Les tendances « anarcho-syndicalistes » dont il était le représentant divisèrent l’organisation. Un nouveau Parti Socialiste en sorti, plus près du modèle de la social-démocratie allemande. Cependant, l’idéologie radicale de l’ancien Parti influença les traditions du mouvement socialiste hollandais.

Ce radicalisme traditionnel trouva son expression dans le nouvel organe mensuel du Parti « De Nieuw Tijd » particulièrement dans les contributions de Gorter et de Pannekoek. qui combattirent l’opportunisme croissant des dirigeants du Parti. En l9O9. l’aile gauche autour de Gorter fut expulsée et ce groupe constitua une nouvelle organisation, le Parti Social-démocrate. Pannekoek se trouvait alors en Allemagne. Il enseignait dans les écoles du Parti Social-démocrate allemand et écrivait pour des publications théoriques et pour différents autres journaux, comme par exemple la « Bremer Burgerzeitung ». Il s’associa à la nouvelle organisation de Gorter laquelle devint plus tard, sous la direction de van Ravesteyn, Wijnkoop et Ceton, le Parti communiste orienté vers Moscou.

Bien que fidèle à la tradition du « socialisme libertaire » de Domela Nieuwenhuis, l’opposition de Pannekoek au réformisme et au révisionnisme social-démocrate était d’inspiration marxiste. Elle se dressait contre le marxisme officiel dans ses deux formes, orthodoxe et révisionniste. Dans sa forme orthodoxe, le marxisme servait d’idéologie pour masquer une pratique non-marxiste, dans sa forme révisionniste, il ruinait à la fois la théorie et la pratique marxistes. Mais la défense du marxisme par Pannekoek n’était pas celle d’un doctrinaire. Mieux que quiconque il reconnut que le marxisme n’était pas un dogme mais une méthode de pensée s’appliquant aux problèmes sociaux dans le processus réel de la transformation sociale. La théorie marxiste, dans certains aspects, n’était pas seulement dépassée par le marxisme lui-même, mais certaines de ses thèses, issues de conditions déterminées, devaient perdre leur validité lorsque les conditions changeraient.

La première guerre mondiale ramena Pannekoek en Hollande. Avant la guerre, il avait été actif à Brême, en liaison avec Radek, Paul Fröhlich et Johann Knief. Ce groupe radical de communistes internationaux se fondit plus tard avec le Spartakus Bund, posant ainsi les fondements du Parti communiste d’Allemagne. Des groupes opposés à la guerre trouvèrent en Allemagne leurs chefs en Karl Liebknecht, Rosa Luxembourg et Franz Merhing. En hollande, cette opposition se groupa autour de Herman Gorter, Anton Pannekoek et Henriette Roland-Holst. A Zimmerwald et à Kienthal ces groupes se joignirent à Lénine et à ses compagnons pour condamner la guerre impérialiste, et préconisèrent des actions prolétariennes aussi bien pour la paix que pour la révolution. La révolution russe de 1917, saluée comme le début possible d’un mouvement révolutionnaire mondial, fut soutenue par les radicaux hollandais et allemands malgré les divergences profondes entre eux et les léninistes.

De sa prison, Rosa Luxembourg exprimait des appréhensions sur les tendances autoritaires du bolchevisme ; elle montra des craintes pour le contenu socialiste de la révolution russe au cas où l’appui d’une révolution prolétarienne à l’ouest viendrait à lui manquer. Gorter et Pannekoek partagèrent sa position d’appui critique au régime bolchevik. Néanmoins, ils travaillèrent dans le nouveau Parti Communiste et pour la création d’une nouvelle Internationale. Dans leur esprit, cette Internationale devait être nouvelle non seulement de nom, mais aussi dans ses perspectives, à la fois quant au but socialiste et au moyen de l’atteindre.

Dans la conception social-démocrate du socialisme, le socialisme d’État doit être atteint par la voie de la démocratie parlementaire. Le suffrage universel et le syndicalisme sont les instruments propres à réaliser la transition pacifique du capitalisme au socialisme. Lénine et les bolcheviks, eux, ne croyaient pas à une transformation pacifique. Ils appelaient au renversement révolutionnaire du capitalisme. La conception du socialisme était encore celle de la social-démocratie puisqu’elle impliquait l’emploi du parlementarisme et du syndicalisme pour atteindre le but.

Cependant le tsarisme ne fut pas renversé par des procédés démocratiques et des actions syndicalistes. L’organisation de la révolution fut l’oeuvre de soviets développés spontanément, des conseils d’ouvriers, de paysans et de soldats. Toutefois ces soviets et ces conseils laissèrent la place à la dictature des bolcheviks. Lénine était prêt à utiliser le mouvement des soviets tout autant que n’importe quelle forme d’action, y compris le parlementarisme et le syndicalisme, pour atteindre à ses fins : le pouvoir dictatorial pour son Parti sous le camouflage de la dictature du prolétariat. Ayant atteint son but en Russie, il s’efforça de renforcer son régime avec l’aide du mouvement ouvrier révolutionnaire en Europe Occidentale ; en cas d’échec, il comptait influencer suffisamment le mouvement ouvrier occidental pour s’assurer au moins son appui indirect. Vu les besoins immédiats du régime bolchevik et les idées politiques de ses chefs, l’Internationale Communiste ne fut pas le commencement d’un mouvement ouvrier nouveau, mais simplement une tentative pour gagner le contrôle du mouvement ancien et l’utiliser pour défendre le régime bolchevik en Russie.

Le social-patriotisme des organisations ouvrières de l’Ouest et leur politique de collaboration de classe pendant la guerre convainquirent les ouvriers révolutionnaires que ces organisations ne pouvaient pas être utilisées à des fins révolutionnaires. Elles étaient devenues des institutions liées au système capitaliste et elles devaient être détruites en même temps que lui. Inévitables et nécessaires lors du développement antérieur du socialisme et de la lutte et pour ses buts immédiats, le parlementarisme et le syndicalisme avaient cessé d’être des instruments de la lutte de classes. Dans tous les conflits sociaux, on les trouvait du côté du capital. Aux yeux de Pannekoek, ce n’était pas là une question de direction mauvaise à remplacer par une direction meilleure, mais une question de transformation des conditions sociales dans lesquelles le parlementarisme et le syndicalisme avaient cessé de jouer un rôle émancipateur. La crise capitaliste à la veille de la guerre posa la question de la révolution ; l’ancien mouvement ouvrier ne pouvait se changer on force révolutionnaire, puisque le socialisme n’a pas de place pour les syndicats ou la démocratie bourgeoise formelle.

Partout où, pendant la guerre, les ouvriers luttèrent pour des revendications immédiates, ils durent le faire contre les syndicats, comme dans les grèves de masse en Hollande, en Allemagne, en Autriche et en Écosse. Ils organisèrent leurs actions dans des comités d’entreprises, les shop stewards ou des conseils ouvriers, indépendamment des syndicats existants. Dans toute situation vraiment révolutionnaire, en Russie en 1905 et de nouveau en 1917, tout comme dans l’Allemagne et l’Autriche de 1918, des conseils (soviets) d’ouvriers et de soldats surgirent spontanément et tentèrent d’organiser la vie économique et politique en étendant leur système à l’échelle nationale. Le pouvoir des conseil est la dictature du prolétariat, car les conseils sont élus au niveau de la production, les couches sociales qui ne participent pas à la production restant sans représentation. En soi, ce mouvement peut ne pas conduire au socialisme. Ainsi les conseils ouvriers allemands en donnant leur appui à l’Assemblée Nationale se sont eux-mêmes liquidés. Or, la détermination du prolétariat par lui-même suppose une organisation sociale dans laquelle le pouvoir de décision concernant la production et la distribution se trouve entre les mains des ouvriers.

Pannekoek reconnut dans ce mouvement des conseils le commencement d’un nouveau mouvement ouvrier révolutionnaire, et en même temps le début d’une réorganisation socialiste de la société. Ce mouvement ne pouvait naître et se maintenir qu’en s’opposant aux formes traditionnelles. Ces principes attirèrent la partie la plus militante du prolétariat en révolte, au grand chagrin de Lénine qui ne pouvait concevoir un mouvement échappant au contrôle du Parti ou de l’État, et qui s’appliquait à émasculer les soviets en Russie. Il ne pouvait pas plus tolérer un mouvement communiste international hors du contrôle absolu de son propre parti. Par des intrigues d’abord et, après 1920, ouvertement, les bolcheviks s’efforcèrent de combattre les tendances antiparlementaires et antisyndicales du mouvement communiste, sous prétexte qu’il ne fallait pas perdre le contact avec les masses qui adhéraient encore aux anciennes organisations. Le livre de Lénine, la Maladie infantile du communisme, était surtout dirigé contre Gorter et Pannekoek, qui étaient les porte-parole du mouvement des conseils communistes. Le Congrès de Heidelberg en 1919 divisa le parti communiste allemand en une minorité léniniste et en une majorité qui adhérait aux principes de l’antiparlementarisme et de l’anti-syndicalisme sur lesquels le parti était fondé initialement. Une autre controverse vint s’ajouter à la première : dictature du parti ou dictature de classe ? Les communistes non-léninistes adoptèrent le nom de Parti des ouvriers communistes d’Allemagne (KAPD). Une organisation similaire fut fondée plus tard en Hollande. Les communistes du parti s’opposèrent aux communistes de conseils et Pannekoek se rangea au côté des seconds. Ceux-ci assistèrent au second congrès de la III° Internationale en qualité de sympathisants. Les conditions d’admission dans l’internationale — subordination totale des diverses organisations nationales à la volonté du Parti russe — sépara complètement le jeune mouvement des conseils et l’Internationale Communiste.

L’action de l’Internationale Communiste contre l’ultra-gauche fut la première intervention directe du Parti russe dans la vie des organisations communistes des autres pays. Le mode de contrôle ne changea jamais. En réalité, le mouvement communiste mondial tout entier passa sous le contrôle russe conformément aux besoins spécifiques de l’État bolchevik. Bien que ce mouvement n’ait jamais réussi, comme le prédirent Pannekoek et Gorter, à conquérir les syndicats occidentaux ni à dominer les vieilles organisations socialistes en séparant la base des dirigeants, il détruisit l’indépendance et le caractère radical du jeune mouvement communiste des conseils. Grâce à l’énorme prestige d’une révolution politique victorieuse, et à la faillite de la révolution allemande, le Parti bolchevik gagna aisément une grande majorité du mouvement communiste aux principes du léninisme. Les idées et le mouvement du communisme des conseils déclinèrent progressivement et disparurent pratiquement avec la montée du fascisme et la deuxième guerre mondiale.

Alors que la lutte de Lénine contre l’ « ultra-gauche » était le premier symptôme des tendance « contre-révolutionnaires » du bolchevisme, le combat de Pannekoek et de Gorter contre la corruption léniniste du nouveau mouvement ouvrier fut le commencement d’un anti-bolchevisme d’un point de vue prolétarien. Et c’est là, naturellement, le seul anti-bolchevisme conséquent. L’anti-bolchevisme bourgeois est i’idéologie courante de la conscience capitaliste des impérialismes qui change selon les rapports de forces nationaux. La République de Weimar par exemple combattit le bolchevisme d’une part et en même temps conclut des accords secrets avec l’Armée Rouge et des accords commerciaux officiels avec les bolcheviks afin de soutenir sa propre position politique et économique dans la concurrence mondiale. Il y a eu le pacte Hitler-Staline et l’invasion de la Russie. Les alliés occidentaux d’hier sont aujourd’hui ennemis dans la guerre froide, pour ne mentionner que la plus évidente des inconséquences qui sont on fait la politique du capitalisme déterminée uniquement par les intérêts du profit et du pouvoir.

L’anti-bolchevisme suppose l’anti-capitalisme, puisque le capitalisme d’État bolchevik n’est qu’un type de capitalisme. Bien entendu, en 1920, le phénomène était moins visible qu’aujourd’hui. L’expérience du bolchevisme peut nous servir de leçon pour savoir comment le socialisme ne peut pas être réalisé. Le contrôle des moyens de production, la propriété privée transférée à l’État, la direction centrale et antagonique de la production et de la distribution laissent intacts les rapports capital-travail en tant que relation entre exploiteurs et exploités, maîtres et sujets. Ce développement conduit uniquement à une forme plus moderne du capitalisme, ou le capitalisme n’est plus indirectement mais directement la propriété collective d’une classe dominante à base politique. Le système capitaliste tout entier va dans cette direction et réduit ainsi l’anti-bolchevisme capitaliste à une simple lutte impérialiste pour le contrôle du monde.

Rétrospectivement, on n’a pas de peine à comprendre que les divergences entre Pannekoek et Lénine ne pouvaient être résolues à coup d’arguments. Toutefois, en 1920, un espoir restait permis : que les travailleurs occidentaux suivent une voie indépendante, non pas vers un capitalisme d’un nouveau genre, mais vers son abolition. Répondant à la « Maladie infantile » de Lénine, Gorter s’efforça de convaincre les bolcheviks de leur erreurs de méthode, en soulignant la différence des conditions socio-économiques entre la Russie et l’Occident : la tactique qui amena les bolcheviks au pouvoir en Russie ne pouvait pas s’appliquer à une révolution prolétarienne en Occident. Le développement ultérieur du bolchevisme montra cependant que les éléments bourgeois présents dans le léninisme n’étaient pas dus à quelque « théorie fausse », mais avaient leur source dans le caractère de la révolution russe elle-même. Elle avait été conçue et accomplie comme une révolution capitaliste d’État, appuyée sur une idéologie pseudo-marxiste.

Dans de nombreux articles publiés dans des journaux communistes anti-bolcheviks, et jusqu’à la fin de sa vie, Pannekoek s’efforça d’élucider la nature du bolchevisme et de la révolution russe. De même que dans sa critique antérieure de la social-démocratie, il n’accusa pas les bolcheviks d’avoir trahi les principes de la classe ouvrière. Il montra que le révolution russe, tout en étant une étape importante dans le développement du mouvement ouvrier, tendait uniquement vers un système de production qui pouvait être appelé indifféremment socialisme d’État ou capitalisme d’État. La révolution ne trahit pas ses propres buts, pas plus que les syndicats ne « trahissent » le syndicalisme. De même qu’il ne peut pas y avoir d’autre type de syndicalisme que le type existant, de même on ne doit pas s’attendre que le capitalisme d’État soit autre chose que lui même.

La révolution russe fut cependant menée sous la bannière du marxisme et l’État bolchevik est considéré généralement comme un régime marxiste. Le marxisme et bientôt le marxisme-léninisme-stalinisme restèrent l’idéologie du capitalisme d’État russe. C’est pour montrer ce que signifie réellement le « marxisme » du léninisme que Pannekoek entreprit un examen critique de ses fondements philosophiques en publiant en 1938 son Lénine philosophe. Lénine avait exprimé ses idées philosophiques dans Matérialisme et Empiriocriticisme, paru en russe en 1908 et traduit en allemand et en anglais en 1927. Autour de 1904, certains socialistes russes, Bogdanov en particulier, s’étaient tournés vers la philosophie naturaliste occidentale, notamment vers les idées de Ernst Mach qu’ils essayaient de combiner avec le marxisme. Ils eurent quelque influence dans le Parti socialiste russe, et Lénine s’employa à la détruire en attaquant sa source philosophique.

Marx avait appelé son système de pensée matérialisme, sans donner à ce terme un sens philosophique. Il visait simplement la base matérielle de toute existence et de toute transformation sociale. Pour en arriver à cette conception, il avait rejeté aussi bien le matérialisme philosophique de Feuerbach que l’idéalisme spéculatif de Hegel. Pour le matérialisme bourgeois, la nature est une réalité objectivement donnée et l’homme est déterminé par des lois naturelles. Ce qui distingue le matérialisme bourgeois du matérialisme historique, c’est cette confrontation directe de l’individu et de la nature extérieure, et l’incapacité de voir dans la société et dans le travail social un aspect indissoluble de la réalité totale.

Le matérialisme bourgeois (et la philosophie naturaliste) avait soutenu à ses débuts que l’expérience sensorielle, base de l’activité intellectuelle, permettait d’aboutir à une connaissance absolue de la réalité physique, constituée prétendument par la matière. Dans leur tentative de relier la représentation matérialiste du monde objectif au processus de la connaissance lui-même, Mach et les positivistes niaient la réalité objective de la matière en montrant que les concepts physiques doivent être construits à partir de l’expérience sensorielle conservant ainsi leur caractère subjectif. Ceci dérangeait beaucoup Lénine, étant donné que pour lui la connaissance était uniquement le reflet d’une vérité objective, et qu’il n’y avait de vérité que matérielle. Il considérait l’influence de Mach dans les milieux socialistes comme une corruption du matérialisme marxiste. Dans son esprit, l’élément subjectif dans la théorie de la connaissance de Mach était une aberration idéaliste et une tentative délibérée de ressusciter l’obscurantisme religieux.

Il est vrai que le progrès de la critique scientifique avait eu ses interprètes idéalistes qui pouvaient satisfaire les esprits religieux. Certains marxistes se mirent à défendre le matérialisme de la bourgeoisie, autrefois révolutionnaire, contre le nouvel idéalisme, ainsi que la nouvelle science de la classe capitaliste installée au pouvoir. Lénine attribuait une grande importance à ce fait, puisque le mouvement révolutionnaire russe, qui était a la veille d’une révolution bourgeoise, utilisait largement dans sa lutte idéologique les arguments scientifiques et philosophiques de la bourgeoisie occidentale naissante.

En confrontant l’attaque de Lénine contre l’empiriocriticisme avec son contenu scientifique, Pannekoek révéla non seulement que Lénine avait déformé les idées de Mach et d’Avenarius, mais aussi qu’il était incapable de critiquer leur oeuvre d’un point de vue marxiste. Lénine attaquait Mach non pas du point de vue du matérialisme historique, mais en se plaçant sur le terrain du matérialisme bourgeois, scientifiquement moins développé. Pannekoek voyait, dans cet emploi du matérialisme bourgeois pour la défense du « marxisme », une preuve supplémentaire du caractère mi-bourgeois, mi-prolétarien du bolchevisme et de la révolution russe elle-même. Ce matérialisme s’accordait avec une conception du « socialisme » comme capitalisme d’État, avec les attitudes autoritaires à l’égard de toute organisation spontanée, avec le principe anachronique et irréalisable de l’autodétermination nationale, et avec la conviction de Lénine que seule l’intelligentsia bourgeoise est capable de développer une conscience révolutionnaire, ce qui la destine à guider les masses. Ce mélange du matérialisme bourgeois et de marxisme révolutionnaire, qui caractérisait la philosophie de Lénine, réapparut avec la victoire du bolchevisme, mélange de pratiques néo-capitalistes et d’idéologie socialiste.

Toutefois, la révolution russe était un événement progressif d’une signification énorme, comparable à la Révolution française. Elle révélait en même temps que le mode de production capitaliste n’est pas limité au rapport de propriété privée prédominant dans sa période libérale. Par suite du reflux de la vague révolutionnaire à la veille de la première guerre mondiale, le capitalisme se consolidait, à nouveau, en dépit des conditions de crise sérieuses, en donnant plus d’importance aux interventions de l’État dans l’économie. Dans les nations capitalistes moins vigoureuses, ce phénomène prit la forme du fascisme, et l’on vit s’intensifier les politiques impérialistes qui menèrent finalement a la seconde guerre mondiale. Plus encore que la première, cette seconde guerre montra clairement que le mouvement ouvrier qui subsistait n’était plus un mouvement de classe, mais qu’il faisait partie intégrante des divers systèmes nationaux du capitalisme contemporain.

C’est dans la Hollande occupée pendant la seconde guerre mondiale que Pannekoek prit la plume pour composer Workers Councils. L’ouvrage était terminé en 1947. Il résumait l’expérience d’une vie en ce qui regarde la théorie et la pratique du mouvement ouvrier international, ainsi que le développement et la transformation du capitalisme dans les divers pays et dans son ensemble. Cette histoire du capitalisme, et de la lutte contre le capitalisme, finit sur le triomphe d’un capitalisme revivifié quoique changé. La fin de la seconde guerre mondiale a vu les intérêts de la classe travailleuse entièrement assujettis aux impératifs de concurrence des deux systèmes capitalistes rivaux, qui se préparent pour un nouveau conflit. A l’Ouest, les organisations des travailleurs sont restées en place, mais elles cherchent, au mieux, à remplacer tout simplement le monopole par le capital d’État. Quant au soi-disant mouvement communiste mondial il met ses espoirs en une révolution planétaire sur le modèle russe. Dans l’un et l’autre cas, le socialisme se confond avec la propriété publique, l’État étant maître de la production et les travailleurs demeurant aux ordres d’une classe dirigeante.

L’effondrement du capitalisme ancienne manière, ce fut aussi la chute du vieux mouvement ouvrier. Ce que l’on appelait socialisme se révèle être un capitalisme durci. Cependant, au contraire de la classe dirigeante, qui s’adapte rapidement aux conditions nouvelles, la classe ouvrière se trouve dans une situation d’impuissance, et sans espoir à l’horizon : elle adhère toujours aux idées et aux activités traditionnelles. Or les changements économiques ne provoquent des changement de conscience que graduellement, et il s’écoulera peut-être un assez long temps avant que surgisse un nouveau mouvement ouvrier, adapté aux nouvelles conditions, car la tâche des travailleurs demeure inchangée ; c’est d’abolir le mode de production capitaliste, c’est d’accomplir le socialisme. Pour atteindre ce but, il faudra que les travailleurs s’organisent et organisent la société de façon que la production et la distribution obéissent à un plan social, élaboré par les producteurs eux-mêmes. Ce mouvement ouvrier, quand il se lèvera, reconnaîtra ses origines dans les idées du communisme de conseils et dans celles d’un de ses représentants les plus rigoureux : Anton Pannekoek.

Boston, 1960.

Paul Mattick ( 1904 - 1981 )

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