Née le 27/05/1888 à Witten (Westphalie), Rose, dite Rosi, fit des études supérieures de commerce et adhéra au SPD en 1908. Elle fit alors partie du Comité central des employés.
En 1912-1913 elle suit les cours de l’Ecole centrale du Parti. Sur ce point, elle fit part de ses souvenirs, notamment lors de sa rencontre avec Peter Nettl au moment où celui-ci entreprit sa monumentale biographie de Rosa Luxemburg [1] : « madame Rose Frölich, veuve du remarquable biographe [2] de Rosa Luxemburg, lui-même socialiste militant pendant toute sa vie, m’a accordé un long entretien qui m’ouvrit beaucoup d’aperçus ; nous étions tous deux emportés par notre sujet. » (préface à l’édition allemande de sa biographie, p7).
Internationaliste au déclenchement de la guerre en 1914, elle est du premier noyau de Spartakus et est arrêtée à plusieurs reprises. Prenant soin de la santé de Rosa Luxemburg, elle lui fait passer du riz lorsque celle-ci est elle-même enfermée [3].
A Pâques 1916, elle est déléguée à la conférence illégale des jeunes d’Iena, avant de représenter le groupe Spartakus à la conférence de fondation du KPD. Membre de la délégation du KPD au second congrès de l’Internationale Communiste en 1920, elle occupe diverses responsabilités dans le parti jusqu’en 1924.
Elle se retire alors de toutes ses fonctions pour se consacrer à l’édition des oeuvres de Rosa Luxemburg [4] et au travail des éditions Malik.
Exclue avec la droite en 1929, elle milita comme son mari, Paul Frölich, à la KPOJ puis au SPAD dont elle fut, après 1933, membre de la direction en exil. Internée en France de 1939 à 1941, elle part aux USA jusqu’en 1950 avant de revenir à Francfort.
Source partielle :
— DROZ Jacques, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier international - Allemagne, Éditions Ouvrières, 1990 ;
[1] J.P. Nettl, « La vie et l’oeuvre de Rosa Luxemburg », Oxford University Press - 1966, Librairie François Maspéro 1972, volumes 21 et 22 de la Bibliothèque Socialiste.
[2] Paul Frölich, « Rosa Luxemburg », première parution en 1939, édition française : Editions l’Harmattan, 1999.
[3] Souvenirs à J. P. Nettl, p. 658
[4] La publication de textes de R. Luxemburg a toujours été le fait d’une volonté déterminée, et non un heureux hasard éditorial... Il en fut de même en France, avec les cahiers Spartacus et les éditions François Maspéro. C’est dans cette continuité que s’inscrit le travail du collectif smolny...