Né le 28 juin 1885 près de Balerna (Tessin, Suisse), non loin de Côme à la frontière italienne. Son père étant professeur d’université à Florence, Virgilio Verdaro fit ses études au lycée de Florence.
En 1901 il devint membre du Parti socialiste italien. Ses études universitaires l’amenèrent à la licence d’histoire, matière qu’il enseigna au lycée et dans diverses écoles. En 1909, Verdaro enseigna en Romagne (Sant’Arcangelo di Romagna) où il fit la connaissance du directeur du journal socialiste romagnol : Benito Mussolini. Il enseigna ensuite dans la république de Saint-Marin. Il représenta ce petit territoire au congrès socialiste de Bâle en 1912. Il retourna en Suisse enseigner à Saint-Gall.
Mais en 1915, à l’entrée de l’Italie en Guerre, il revint à Florence pour mener une vigoureuse campagne contre la guerre. Il fut alors relégué par le gouvernement en Calabre. En 1917, il fut condamné à deux mois de prison. A la fin de la guerre en 1918, Verdaro entra en contact avec Bordiga. En 1919, il prit la tête des abstentionnistes de Florence gagnés aux positions de Bordiga. En octobre de la même année, il fut délégué de la Fraction communiste abstentionniste au Congrès socialiste de Bologne. En 1920, il appartint à la commission exécutive de la Fraction “bordiguiste”, dont il fut le secrétaire. Délégué au congrès de Livourne en janvier 1921, il a été l’un des fondateurs du nouveau parti communiste.
Verdaro fut expulsé d’Italie quelques mois plus tard. Ne pouvant rentrer, il vécut en Autriche, à Steinach, puis à Vienne. En 1924, il dut se réfugier à Moscou. Il travailla à l’Office de la censure, puis enseigne à l’Institut Marx-Engels, fondé par Riazanov. Son amour immodéré des chats lui valut le surnom de Gatto (Mammone). Il travailla avec sa seconde femme Emilia Mariottini à une Histoire du mouvement ouvrier international. Il logea jusqu’en 1928 au fameux Hôtel Lux, où la GPU surveille les kominterniens. En 1926, il accueillit son ami Bordiga, à Moscou, lequel mena une attaque en règle au Plénum Elargi contre la politique du Komintern. Avec Ersilio Ambrogi il entra en contact avec la Fraction de Gauche dirigée par Ottorino Perrone dès 1927, et se montre solidaire de Trotsky. A partir de 1928, il est considéré comme “trotskyste”. Il est exclu - avec Ersilio Ambrogi - le 10 mai 1929 du Parti communiste russe. En mai 1931, il réussit à quitter l’URSS. Son livre sur l’histoire du mouvement ouvrier est confisqué. Sa femme enceinte sert d’otage au GPU. Elle est expulsée du parti en 1933 et perd son travail et tout moyen de subsistance. Son fils Vladimiro mourut de faim en décembre 1934.
Arrivé en France, en juillet 1931, il se réfugia à Bruxelles, et devint Secrétaire du Comité exécutif de la Fraction, rétribué comme unique permanent. Il réussit à entrer plusieurs fois en France, pour mener des réunions de la Fraction bordiguiste. A la suite de l’une d’elles, en 1933 il est expulsé de France vers la Suisse, et retourne à Bruxelles ; Avec Ottorino Perrone, il est responsable de la rédaction de Prometeo et Bilan, auxquels il contribue de sa plume sous le pseudonyme de Gatto Mammone. Il est le fidèle collaborateur de Perrone, et joue un rôle essentiel dans la Fraction, comme membre de la Commission exécutive. Lors du congrès de la Fraction de 1935, il est de ceux qui proposent l’abandon de toute référence au parti communiste, pour prendre le nom de “Fraction italienne de la Gauche communiste”. Lors des événements d’Espagne en 1936, il s’opposa avec Perrone à la minorité qui voulait s’engager dans les milices contre l’armée franquiste. Fin 1936, il apprit que sa femme avait été expulsée d’URSS vers la France.
En mai 1940, sous le coup d’une demande d’extradition du gouvernement fasciste, il abandonna la Belgique et se réfugia en Suisse, dont il était resté citoyen. Avec Emilia Mariottini, il s’installa sans aucun bien à Balerna. Il vivra dans la plus extrême indigence jusqu’à la fin de la guerre, sans autre ressource qu’une maigre allocation communale. Fin 1945 et jusqu’en 1956, il trouva un emploi faiblement rétribué d’archiviste en histoire.
En 1943, il adhéra à la section socialiste de Balerna. Il collabora au journal local socialiste Libera Stampa. En 1946, il fait partie du comité cantonal du parti socialiste. Plusieurs années (1947, 1951 et 1955), il sera candidat sur la liste socialiste pour l’élection au Grand conseil. Il semble avoir gardé quelques contacts avec les “bordiguistes” italiens du Parti communiste internationaliste : en 1947, un article de lui fut publié dans Prometeo (“in un margine ad un anniversario”). De 1944 à 1957, date de sa démission, il fut élu plusieurs fois au conseil communal de Balerna. Verdaro fut toujours catalogué comme un dissident de gauche dans le parti socialiste. En 1953 et 1955, il ne s’opposa pas à une entente avec les libéraux pour une expérience de gouvernement. Il critiqua maintes fois le PS suisse pour avoir abandonné l’anticléricalisme.
Il quittera la Suisse italienne en 1957 pour s’établir avec sa femme près de Florence. Mort le 6 décembre 1960 à Pontassieve di Firenze. Bordiga envoya une longue lettre de condoléances à sa femme Emilia Mariottini.
Source :
— BOURRINET Philippe, Le Courant « Bordiguiste » (1919-1999) Italie, France, Belgique, s.d.n.l. ;
Oeuvres :
— articles de Bilan ;