AccueilPublicationsLa Révolution Prolétarienne (1925-1939 puis 1947)
Dernière mise à jour :
jeudi 5 avril 2018
   
Brèves
« Lutte de Classe » (GLAT) - Série complète !
samedi 27 octobre
La couverture chronologique de la revue du GLAT, Lutte de Classe, a été considérablement étendue (premier numéro de mars 1964) et comprend maintenant un renvoi sur une version numérisée des 128 numéros !
Cahiers du Communisme de Conseils - Série complète !
vendredi 26 octobre
Les trois numéros manquant (1, 2 & 5) sont maintenant disponibles dans les sommaires de la revue des Cahiers du Communisme de Conseils. Que les volontaires pour les transcriptions n’hésitent pas à se signaler... En attendant, bonne lecture !
Premiers scans des Cahiers du Communisme de Conseil
dimanche 5 août
Neuf des douze numéros de la revue des Cahiers du Communisme de Conseil (1968-1972) sont maintenant accessible en version numérique au travers du sommaire général.
Derniers numéros de la revue Communisme
dimanche 5 août
Les numéros 6, 8, 9 et 15 qui manquaient jusque là ont été ajoutés au sommaire général de la revue « Communisme » (1937-1939). Bonnes lectures !
Mise à jour sommaires GLAT
samedi 11 février
Le sommaire général de la revue du GLAT, Lutte de Classe vient d’être encore étendu. Merci de signaler manques ou corrections.
Sur le Web
Controverses
Revue publiée par le Forum de la Gauche Communiste Internationaliste : C’est pour contribuer à déblayer la voie vers la clarification et le regroupement sur des bases théoriques, politiques et organisationnelles saines que Controverses a vu le jour. En d’autres termes, tout en tenant compte du changement de période qui n’est plus au reflux mais à la reprise historique des combats de classes, notre objectif essentiel est de reprendre ce qui était le souci de Bilan mais qu’il n’a pu mener complètement à bien compte-tenu des conditions d’alors : « ...une critique intense qui visait à rétablir les notions du marxisme dans tous les domaines de la connaissance, de l’économie, de la tactique, de l’organisation », et ce sans « aucun dogme », sans « aucun interdit non plus qu’aucun ostracisme », et « par le souci de déterminer une saine polémique politique ». Ceci est plus que jamais indispensable afin de réussir un nouvel « Octobre 17 » sous peine de se retrouver comme ces « vieux bolcheviks ... qui répètent stupidement une formule apprise par cœur, au lieu d’étudier ce qu’il y avait d’original dans la réalité nouvelle. (extrait de l’éditorial du n°1)
Gavroche - La revue
Le premier numéro de la revue trimestrielle Gavroche est sorti en décembre 1981. Il prenait la suite du Peuple français, belle aventure éditoriale des années soixante-dix. Depuis plus de 20 ans, la revue s’attache à la retranscription des fêtes, des travaux, des luttes et des joies du principal acteur de l’histoire : le peuple. Gavroche fait aussi resurgir des événements jusque-là ignorés ou passés volontairement sous silence.
L’Echo de la Fabrique
Le journal des chefs d’ateliers et ouvriers de la soie à Lyon, hebdomadaire phare de la presse ouvrière, paraît d’octobre 1831 à mai 1834. Ce site en donne à lire l’intégrale des articles, suite à un remarquable travail empreint d’une grande rigueur scientifique. Indispensable pour l’étude des insurrections des canuts de 1831 et 1834.
La Révolution prolétarienne
Revue fondée par Pierre Monatte en 1925. Le site publie un grand nombre d’articles de la période "historique". La publication se poursuit...
La Bataille socialiste
Site de ressources documentaires sur le patrimoine socialiste. Suit l’actualité des parutions, publie certains articles en ligne et propose des documents concernant le mouvement ouvrier de la première moitié du XXe siècle principalement.
RP006 : Eastman lu par Rosmer
La Révolution prolétarienne n°6 - Juin 1925
2 octobre 2008 par eric
Note de lecture : Depuis que Lénine est mort, par Max Eastman

Un livre vient de paraître à Londres [1], qui a eu tout de suite un grand retentissement dans les milieux ouvriers.

On n’en sera pas surpris lorsqu’on saura qu’il s’agit d’une étude sérieuse, approfondie, non officielle, de la récente crise du Parti communiste russe, écrite par un homme qui, depuis 1917, n’a cessé de lutter pour la Révolution russe et pour le communisme, leur donnant, en maintes circonstances, une contribution précieuse.

Nous aurons bientôt, sans doute, une traduction française de ce livre et, ainsi, l’occasion d’en parler plus longuement. Mais dès aujourd’hui nous pouvons faire quelques remarques provoquées par la publication anglaise et les discussions qu’elle a suscitées. L’auteur de ce livre, Max Eastman, bien connu en Amérique et en Angleterre, l’est beaucoup moins en France.

Pourtant, ceux qui n’ont pas attendu 1924 pour découvrir la Révolution russe et le bolchevisme, ont eu plus d’une occasion de faire connaissance avec lui et avec la revue qu’il publia à New-York, appelée d’abord The Masses, puis à la suite d’un procès, The Liberator et fondue aujourd’hui dans le Workers’ Monthly. Cette revue fut une des rares publications internationales qui dénoncèrent sans merci la guerre impérialiste et c’est elle qui apporta, sur la Révolution russe, les informations, les documents les plus utiles, des récits de témoins oculaires. John Reed était un de ses principaux collaborateurs et c’est au Liberator qu’il envoya ses correspondances clairvoyantes sur le régime Kerensky d’abord, puis, lors de la prise du pouvoir par les bolcheviks, les chapitres essentiels de son livre Dix jours qui ont secoué le monde.

Le Liberator eut tôt fait de grouper autour de lui tous ceux qui, à travers le monde, avaient donné tout de suite une adhésion sans réserve à la Révolution bolchevique. On sait qu’à cette époque nos camarades russes étaient férocement bloqués, isolés. Nulle possibilité de communiquer avec leurs amis du dehors ni d’être informés de ce qui se passait hors de Russie. Le Liberator forçait le blocus et, chaque mois, apportait son ample contingent d’informations véridiques, ses justes commentaires des faits, précieuses munitions pour la bataille à livrer en Amérique et en Europe contre la bourgeoisie et ses valets social-démocrates, qui, par le mensonge systématique, s’efforçaient d’égarer les ouvriers. On aura une idée du rayonnement du Liberator et de son influence à cette époque de vie ardente et difficile de la Russie des Soviets si on pense que son tirage atteignit alors et dépassa le chiffre de cinquante mille.

Qu’on ne raconte pas qu’il s’agissait seulement d’une défense sentimentale de la Révolution russe. A côté des informations, et s’appuyant sur elles, Eastman examinait les idées nouvelles, que le formidable ébranlement provoqué par l’écroulement du tsarisme répandit dans le monde. C’est ainsi que, dès le printemps 1917, alors qu’on avait encore peu entendu parler de Lénine, il écrivait que les Soviets devaient devenir et deviendraient le seul pouvoir et qu’il approuva et défendit, au moment où elles étaient prises, les mesures par lesquelles les bolcheviks assurèrent et consolidèrent le pouvoir des Soviets, de la dissolution de l’Assemblée constituante au procès des socialistes-révolutionnaires. Approbations compréhensive, de communiste authentique qui, à l’occasion, ne craint pas de critiquer.

Eastman était en Russie lorsque éclata la crise récente, aggravée singulièrement par la maladie et la mort de Lénine. Il y séjournait depuis longtemps déjà ; il avait étudié sérieusement le développement de la Révolution, ses diverses phases, s’informant lui-même, apprenant la langue et parcourant le pays dans tous les sens. Il était, par suite, bien à même de comprendre la signification profonde et vraie de la crise, d’autant qu’il n’est pas, comme on l’a pu voir, un homme qui se borne à répéter une consigne.

Ce n’est pas sans mûre réflexion qu’il s’est décidé à écrire et à publier son livre. Les critiques des chefs du Parti communiste russe et de leurs méthodes risquent d’atteindre la Révolution elle-même. Mais, d’autre part, au point où en sont les choses aujourd’hui, il est sûr que le premier devoir qui s’impose est d’informer exactement les ouvriers sur des discussions qui ont eu une si grande répercussion dans l’Internationale.

La « bolchevisation à la Zinoviev » a étendu partout ses ravages, en Angleterre comme ailleurs. Entre autres méfaits, elle réussit merveilleusement à déformer les caractères, à avilir les hommes. Il nous serait facile d’en citer quelques exemples trop frappants. Les « bolcheviks » anglais n’ont pas manqué d’agir, à l’égard d’Eastman, selon les nouvelles méthodes. Pour le combattre, on a travesti sa pensée, on a commis des faux grossiers, on a menti. Mais si attristant qu’il soit de se heurter sans cesse maintenant à de tels procédés, il faut voir, dans le cas présent, un hommage involontaire et inconscient à la valeur durable du travail de Max Eastman.

Alfred ROSMER


Source :

— Transcription parue sur le site de La Révolution prolétarienne ;

[1] Since Lenin died, Ed. The Labour Publishing Cy, Londres ; 2 sh.