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Capitalisme & Crises Économiques
Jacques Gouverneur et Marcel Roelandts proposent de découvrir les résultats de leurs recherches respectives. Elles portent sur l’analyse critique de l’évolution du capitalisme, en respectant un souci de rigueur scientifique. Elles débouchent sur des analyses et des conclusions souvent novatrices.
Grève à Météo-France (13-24 octobre 2008)
La question de l’extension des luttes est posée ouvertement
16 novembre 2008 par jo

Présentation :

Durant 12 jours consécutifs, les grenouilles sont sorties de leur bocal. Bénéficiant (normal !) d’un temps clément, des Assemblées Générales dynamiques et massives (toujours plus de 300 personnes, souvent bien plus de 400 et 500 dans la deuxième semaine) ont essayé de briser la résignation ambiante, l’enfermement corporatiste. Face à la glue syndicale qui bégaie sans fin « piquet et négociations », l’idée d’extension directe et autonome s’est frayé un chemin dans la réflexion collective.

Le lecteur trouvera ci-dessous les deux tracts à destination de l’extérieur, approuvés à de très larges majorités par les AG des 17 et 21 octobre. Il est sans doute dommage que les personnels en lutte n’aient pas massivement porté cette recherche de solidarité dans plus de secteurs et d’entreprises de la région que ce qui a été effectué, et cela au plus tôt. Et, bien entendu, que peu d’ouvriers d’autres secteurs soient venus les soutenir. De toute évidence le contexte n’était pas encore totalement favorable pour un mouvement d’extension massif.

Ce n’est que partie remise sachant que la suspension de la grève - en vue de garder des forces pour les prochains combats - a donné lieu à de fortes motions comme celle qui proclame :

« L’Assemblée Générale de Toulouse réunie le 24 octobre 2008 met en garde la Direction générale et l’ensemble de l’encadrement contre toute tentative de sanctions ou pressions individuelles qui ne manqueraient pas de déclencher immédiatement une réaction solidaire et massive de l’ensemble des personnels. »

La production de textes tout simplement signés « personnels en lutte » est suffisamment rare pour que nous les incluions dans cette rubrique format libre du site.

Jo.


Premier tract du 17/10/2008 (diffusé à 4000 ex.) :

GRÈVE À MÉTÉO-FRANCE

Les grenouilles sortent de leur bocal :

Tous ensemble, défendons l’avenir !

Depuis ce lundi 13 octobre, Météo-France, service public de la météorologie nationale est en grève dans la presque totalité de ses centres territoriaux. C’est le cas ici à Toulouse, principale implantation abritant les centres nationaux de prévision, de calcul, de production, de formation et de recherche. Depuis mardi nous avons pris la décision de bloquer notre site.

Pourquoi une mobilisation d’une telle ampleur ? La Direction de Météo-France, appliquant avec un zèle servile qui lui tient lieu de réflexion stratégique les directives de casse sociale dictées par l’État, veut tout bonnement fermer 60% des centres météorologiques et supprimer plus de 500 emplois d’ici 2017... sur un total (métropole+dom-tom) de tout juste 3700 météos. Une véritable boucherie !

Dès le mardi soir, les bonzes de la Direction appelaient en renfort les CRS pour briser violemment la résistance pacifique des personnels de toutes les régions réunis ce jour là. Depuis lors, nous avons joué le jeu de la « discussion », relâchant le blocage du site de Toulouse selon les modalités voulues par la Direction. Aujourd’hui, vendredi, force est de constater que nous nous sommes fait berner. Il n’y a pas, il n’y a jamais eu, de volonté de proposer autre chose que les attaques prévues initialement.

Tous se réfugient derrière la grande faucheuse, la sacro-sainte RGPP qui sévit dans tous les secteurs de la fonction publique, écoles, hôpitaux, équipement, etc. Dans le privé aussi, les patrons ne sont jamais à court d’arguments « raisonnables », indépendants de leur « bonne » volonté... quand il s’agit de délocaliser ou de virer les ouvriers pour préserver leurs profits. Qu’à cela ne tienne ! Nous n’avons pas entamé ce combat dans un esprit corporatiste et nous ne tenons pas à rester enfermés dans notre bocal !

Les emplois que nous défendons ne sont pas seulement les nôtres, ce sont ceux que prendront demain ceux qui en sont privés aujourd’hui et plus encore les générations nouvelles. Ici comme partout ailleurs, on s’en prend au tissu social de proximité, au service rendu à toute la communauté, à la capacité d’assurer la sécurité des personnes et des biens. Quant à la nécessité de mener une recherche ambitieuse dans l’intérêt de tous, elle se limite souvent à de l’affichage, sur le changement climatique par exemple, sans jamais se donner les moyens de tels enjeux. Tout est sacrifié à la rentabilité à courte vue d’un système économique aux abois qui ne connaît la générosité que lorsqu’il s’agit de renflouer ses propres caisses en organisant le gigantesque racket que nous avons aujourd’hui sous les yeux.

Une seule réponse peut nous permettre de préserver l’avenir : étendre et unifier nos luttes, nous retrouver tous ensemble pour stopper cette course sans fin au profit de l’hyper-accumulation de quelques-un et au détriment de conditions de vie et de travail - quand il y en a - toujours plus dégradées pour tous les autres.

Faisons de chaque lutte un point de fixation et d’extension pour tous ceux qui ne se résignent plus. Travailleurs de tous secteurs, venez discuter avec nous et rejoignez la lutte des grenouilles ! Rendez-vous lundi à partir de 9H00 le matin et 18H00 le soir, à l’AG permanente qui se tient 42 av. Coriolis, quartier des Pradettes.

Notre plate-forme revendicative reste le maintien des effectifs et des moyens budgétaires ; le maintien des implantations territoriales ; l’affectation de personnel dans les centres départementaux en sous-effectif. (17/10/2008)

L’Assemblée Générale des personnels de la météorologie en lutte


Second tract du 21/10/2008 (diffusé à 1500 ex.) :

POURSUITE DE LA GRÈVE À MÉTÉO-FRANCE

C’EST TOUS ENSEMBLE QU’IL FAUT CONTINUER LA LUTTE !

Depuis le lundi 13 octobre, le mouvement de grève à Météo-France, service public de la météorologie nationale, n’a cessé de se renforcer.

Pourquoi une telle mobilisation ? La Direction de Météo-France, appliquant avec un zèle servile qui lui tient lieu de réflexion stratégique les directives de casse sociale dictées par l’État, veut tout bonnement supprimer plus de 500 emplois (sur un total de 3500 météos) et fermer 50% des centres météorologiques d’ici 2017.

La première réponse de la Direction a été d’envoyer mardi 14 octobre les forces de police pour briser violemment la résistance pacifique des personnels de toutes les régions réunis sur le site de Toulouse.

Après 5 jours d’atermoiements résultant des simulacres de discussion de la Direction, les 500 suppressions d’emploi sont toujours programmées ainsi que la plupart des fermetures de centres départementaux, appelés d’ici-là à devenir des mouroirs sociaux.

Des attaques de ce genre, répondant à la même logique comptable, se retrouvent partout, dans le public comme dans le privé. Mais ce qui nous est présenté comme une fatalité est bel et bien un choix politique. La RGPP, Révision Générale des Politiques Publiques, s’en prend aussi bien aux écoles, hôpitaux, tribunaux, INSEE, qu’à l’équipement ou à La Poste. Dans le privé, licenciements, délocalisations, salaires bloqués et emplois précaires, s’imposent comme une perspective prétendument indépassable. Le tout est porté par un discours contradictoire mais assourdissant qui prétend toujours faire plus avec de moins en moins de moyens et de moins en moins de monde au travail.

Nous ne nous résignons pas ! Les emplois que nous défendons ne sont pas seulement les nôtres, ce sont ceux que prendront demain ceux qui en sont privés aujourd’hui et plus encore les générations futures. Ici comme partout ailleurs, nos gouvernants s’en prennent au tissu social de proximité, au service rendu à toute la communauté, à la capacité d’assurer la sécurité des personnes et des biens. Quant à la nécessité de mener une recherche ambitieuse dans l’intérêt de tous, elle se limite souvent à de l’affichage, sur le changement climatique par exemple, sans jamais se donner les moyens de tels enjeux.

Tout doit être sacrifié à la rentabilité à courte vue d’un système économique aujourd’hui en quasi-banqueroute. L’État - bon prince - se propose de combler les pertes en organisant un gigantesque racket au profit des organismes bancaires, puisqu’au final ce sont tous les ouvriers qui paieront les nouvelles dettes contractées et les milliards distribués.

Une seule réponse peut nous permettre de préserver l’avenir : étendre et unifier nos luttes, développer notre solidarité !

Travailleurs ou retraités du public, du privé... ou privés d’emplois, rassemblons-nous dans des Assemblées Générales massives. Étendons et fédérons nos luttes !

Point de rencontre : AG ouverte 10H00 - Permanence de grève 18H00 - 42 av. Coriolis / Pradettes.

Notre plate-forme revendicative est le maintien des effectifs et des moyens budgétaires ; le maintien des implantations territoriales. (21/10/2008)

L’Assemblée Générale à Toulouse des météos en lutte


Source :

— Les tracts sont pris du site « Blizzard », tenu par un gréviste en fin de conflit, qui contient quelques autres documents ayant circulé en AG ;

Documents joints à cet article :