
Né à Omsk le 25 mai 1888, bolchevik en 1904 : il commence donc à militer à 16 ans, comme beaucoup de jeunes russes qui renoncent ainsi à toute carrière et à toute ambition autre que politique et collective. Exclu de l’École militaire de médecine en 1906, il dirige l’insurrection à Samara.
En 1918, il est membre de la Gauche communiste puis Commissaire pendant la guerre civile. C’est là qu’il se lie à Staline sur le front Sud. Il se trouve aux premiers plans pendant les premières années du gouvernement de Staline. Il fait partie du groupe d’hommes d’appareil dont l’influence ne va cesser de grandir. Après avoir été secrétaire du Turkestan, il va devenir président de la Commission centrale de contrôle en 1923.
Face à Lénine qui essaie, malgré sa maladie, de prendre à bras le corps les problèmes bureaucratiques en menant l’offensive, dans les deux articles de la Pravda du 23 janvier et le 6 février 1923, contre les « insuffisances de l’Inspection ouvrière et paysanne », le département de Staline, Kouïbychev raisonne en apparatchiki. Il aurait proposé de n’imprimer qu’un seul exemplaire de la Pravda destiné tout simplement à abuser Lénine (in Trotsky, De la Révolution, p. 164) !
Au XIV° Congrès de décembre 1925, pour contredire les assertions de Kamenev ou de la veuve de Lénine, Kroupskaïa, Kouïbychev affirme : « Au nom de la Commission centrale de contrôle, je déclare que le camarade Staline, comme secrétaire général de notre parti, est précisément la personne qui a été capable, avec la majorité du Comité central et son soutien, de rassembler autour de lui les meilleures forces du Parti et de les mettre au travail. » (in Carr, Socialism tome I, p. 146).
En 1926-1930, il est président de la Vesenkha (Soviet suprême pour l’économie nationale),
En 1929, il participe à une édition spéciale de la vie de Staline pour ses 50 ans intitulée : Staline (in Medvedev, Le stalinisme, p. 194). Puis il devient directeur du Gosplan pendant la période 1930-1934.
Décédé de mort naturelle à Moscou le 25 janvier 1935. Les inculpés du troisième procès de Moscou seront pourtant accusés de l’avoir assassiné.
Sources :
— BROUE Pierre, Le Parti bolchévique, Paris, Les Éditions de Minuit, 1977 ; cf. pp. 61, 162, 166, 175, 181, 224-225 [sur le XIV° Congrès du PCR], 293, 303, 322-324 [sur la condition ouvrière et l’institution du livret de travail en 1932], 353, 380 [sur les chefs d’accusation au 3° procès], 397 et 461 ;
— MEDVEDEV Roy, Le stalinisme, Paris, Seuil, 1972 ; cf. p. 194 ;
— SERGE Victor, Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques, Paris, Robert Laffont Bouquins, 2001 ; cf. pp. 321 et 673-677 [sur le XIV° Congrès et ses conséquences] ;