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lundi 5 novembre 2018
   
Sur le Web
Capitalisme & Crises Économiques
Jacques Gouverneur et Marcel Roelandts proposent de découvrir les résultats de leurs recherches respectives. Elles portent sur l’analyse critique de l’évolution du capitalisme, en respectant un souci de rigueur scientifique. Elles débouchent sur des analyses et des conclusions souvent novatrices.
Déclaration de l’Assemblée Générale des travailleurs insurgés d’Athènes
Depuis le Bâtiment libéré de la GSEE
20 décembre 2008 par olivier

Note liminaire :

Ce texte, à quelques modifications de forme près, circule depuis quelques jours, par courriers électroniques ou au travers de sites internet. Sa source initiale semble provenir de l’Indymédia d’Athènes. Il est difficile en l’état de se faire une idée plus précise des conditions de rédaction, de la tenue de l’AG, etc. Quoi qu’il en soit, le texte permet de tordre le cou au mythe des quelques étudiants « échauffés » que nous présentent les médias en France pour expliquer le mouvement de révolte qui agite les principales villes grecques depuis plus de 10 jours, en insistant sur le ras-le-bol de toute la classe ouvrière et en faisant le lien avec l’approfondissement de la crise mondiale du capitalisme. C’est aussi une expression de la volonté de prise en charge des luttes par les travailleurs eux-mêmes, tendance qui s’exprime à l’heure actuelle en opposition à la nouvelle « Union Sacrée » qu’essayent de maintenir les syndicats face à la crise dans tous les pays.

OL & ES


Déclaration de l’Assemblée Générale des travailleurs insurgés d’Athènes

Nous déterminerons notre histoire nous même ou nous la laisserons être déterminée sans nous.

Nous, travailleurs manuels, employés, chômeurs, intérimaires et précaires, locaux ou migrants, ne sommes pas des téléspectateurs passifs. Depuis le meurtre d’Alexandros Grigoropoulos le samedi soir, nous participons aux manifestations, aux affrontements avec la police, aux occupations du centre ville comme des alentours. Nous avons dû maintes et maintes fois quitter le travail et nos obligations quotidiennes pour prendre les rues avec les lycéens, les étudiants et les autres prolétaires dans la lutte.

NOUS AVONS DECIDÉ D’OCCUPER LE BÂTIMENT DE LA CONFÉDÉRATON GÉNÉRALE DES TRAVAILLEURS EN GRÈCE (GSEE)

-  Pour le transformer en un espace de libre expression et un point de rendez-vous pour les travailleurs ;

-  Pour disperser les mythes vendu par les médias sur l’absence des travailleurs dans les affrontements, que la rage de ces derniers jours ne serait que l’oeuvre de quelques 500 « cagoulés », « hooligans », ou d’autres histoires farfelues, alors que dans les journaux télévisés les travailleurs sont présentés comme des victimes de ces affrontements, et alors que la crise capitaliste en Grèce et dans le Monde mène à des licenciements innombrables que les médias et leurs dirigeants considèrent comme un « phénomène naturel ».

-  Pour démasquer le rôle de la bureaucratie syndicale dans le travail de sape contre l’insurrection, mais aussi d’une manière générale. La Confédération générale des travailleurs en Grèce (GSEE), et toute l’intégralité de la machinerie syndicale qui le soutient depuis des dizaines et des dizaines d’années, sape les luttes, négocie notre force de travail contre des miettes, perpétue le système d’exploitation et l’esclavage salarié. L’attitude de la GSEE mercredi dernier parle d’elle même : la GSEE a annulé la manifestation des grévistes pourtant programmée, se rabattant précipitamment sur un bref rassemblement sur la place Syntagma, tout en s’assurant simultanément que les participants se disperseraient très vite, de peur qu’ils ne soient infectés par le virus de l’insurrection.

-  Pour ouvrir cet espace pour la première fois, comme une continuation de l’ouverture sociale créée par l’insurrection elle-même, espace qui a été construit avec notre contribution mais dont nous avons été jusqu’ici exclus. Pendant toutes ces années nous avons confié notre destin à des sauveurs de toute nature, et nous avons fini par perdre notre dignité. Comme travailleurs, nous devons commencer à assumer nos responsabilités, et cesser de faire reposer nos espoirs dans des leaders « sages » ou des représentants « compétents ». Nous devons commencer à parler de notre propre voix, nous rencontrer, discuter, décider et agir par nous-mêmes. Contre les attaques généralisées que nous endurons. La création de collectifs de résistance « de base » est la seule solution.

-  Pour propager l’idée de l’auto-organisation et de la solidarité sur les lieux de travail, de la méthode des comités de luttes et des collectifs de base, abolir les bureaucraties syndicales.

Pendant toutes ces années nous avons gobé la misère, la résignation, la violence au travail. Nous nous sommes habitués à compter nos blessés et nos morts - les soit disant « accidents du travail ». Nous nous sommes habitués à ignorer que les migrants, nos frères de classe - étaient tués.

Nous sommes fatigués de vivre avec l’anxiété de devoir assurer notre salaire, de pouvoir payer nos impôts et de se garantir une retraite qui maintenant ressemble à un rêve lointain.

De même que nous luttons pour ne pas abandoner nos vies dans les mains des patrons et des représentants syndicaux, de même nous n’abandonnerons pas les insurgés arrêtés dans les mains de l’État et des mécanismes juridiques.

LIBÉRATION IMMÉDIATE DES DÉTENUS

RETRAIT DES CHARGES CONTRE LES INTERPELLÉS

AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS

GRÈVE GÉNÉRALE

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES TRAVAILLEURS DANS LES BÂTIMENTS LIBÉRÉS DE LA GSEE

Mercredi 17 décembre à 18 heures

L’assemblée générale des travailleurs insurgés