
Avertissement :
Les internationalistes n’ont pas à choisir entre la peste et le choléra, entre les projets nationaux de l’Etat israélien ou des religieux du Hamas. Nous ne sommes pas pour autant indifférents à la misère, accrue par le blocus et la guerre, des habitants de Gaza. Mais, comme les révolutionnaires « juifs » ou « arabes » du début du XXe siècle, nos efforts portent et porteront sur la chute de ce système, et donc des nations impérialistes, petites ou grandes, PARTOUT dans le monde.
Sachant qu’avec un livre comme celui de Shlomo Sand, on perçoit mieux toute l’horreur de la situation qui perdure depuis 60 ans : des frères s’entretuent, sous la bénédiction des « gardiens de la foi » et des idéologues de tout acabit.
JO
Présentation de l’éditeur :
Quand le peuple juif fut-il créé ? Est-ce il y a quatre mille ans, ou bien sous la plume d’historiens juifs du XIXe siècle qui ont reconstitué rétrospectivement un peuple imaginé afin de façonner une nation future ?
Dans le sillage de la « contre-histoire » née en Israël dans les années 1990, Shlomo Sand nous entraîne dans une plongée à travers l’histoire « de longue durée » des juifs. Les habitants de la Judée furent-ils exilés après la destruction du Second Temple, en l’an 70 de l’ère chrétienne, ou bien s’agit-il ici d’un mythe chrétien qui aurait infiltré la tradition juive ? Et, si les paysans des temps anciens n’ont pas été exilés, que sont-ils devenus ? L’auteur montre surtout comment, à partir du XIXe siècle, le temps biblique a commencé à être considéré par les premiers sionistes comme le temps historique, celui de la naissance d’une nation.
Ce détour par le passé conduit l’historien à un questionnement beaucoup plus contemporain : à l’heure où certains biologistes israéliens cherchent encore à démontrer que les juifs forment un peuple doté d’un ADN spécifique, que cache aujourd’hui le concept d’« Etat juif », et pourquoi cette entité n’a-t-elle pas réussi jusqu’à maintenant à se constituer en une république appartenant à l’ensemble de ses citoyens, quelle que soit leur religion ? En dénonçant cette dérogation profonde au principe sur lequel se fonde toute démocratie moderne, Shlomo Sand délaisse le débat historiographique pour proposer une critique de la politique identitaire de son pays.
Construit sur une analyse d’une grande originalité et pleine d’audace, cet ouvrage foisonnant aborde des questions qui touchent autant à l’origine historique des juifs qu’au statut civique des Israéliens. Paru au printemps 2008 en Israël, il y est très rapidement devenu un best-seller et donne encore lieu à des débats orageux.
L’auteur en quelques mots : Né en 1946, Shlomo Sand a fait ses études d’histoire à l’université de Tel-Aviv et à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris. Depuis 1985, il enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv. Les Mots et la terre (Fayard, 2006) est son dernier ouvrage publié en français.
Fayard - Septembre 2008
ISBN : 978-2-213-63778-5
446 pages/ 15cm x 23cm/ 23 €
Autres sources possibles :
— Article publié dans le Monde Diplomatique d’Août 2008 ;
— Emission de Daniel Mermet (du lundi au vendredi de 15h à 16h) sur France Inter du 30/12/2008 (Voir le site des archives de l’émission) ;
— BRUNSWIK Anne, Bienvenue en Palestine. Chronique d’une saison à Ramallah, Babel 2006 : cette journaliste "résolument diasporique" - selon sa propre définition - aborde au fil des rencontres avec les Palestiniens quelques questions sensibles du conflit, dans un passionnant récit-reportage ;