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Dernière mise à jour :
dimanche 23 avril 2017
   
Brèves
Index chronologique des notices de parutions
dimanche 15 mars
Enfin ! Mise à jour de notre index chronologiques des notices de parution... histoire de faciliter les recherches dans ce qui est paru ces quelques dernières années !
La Première Guerre mondiale sur le site Smolny
jeudi 20 novembre
Une notice thématique regroupe par ordre chronologique de parution tous les documents sources qui sont publiés sur le site du collectif Smolny en rapport avec la Première Guerre mondiale et le mouvement ouvrier international : « Documents : La Première Guerre mondiale ( Juillet 1914 - Novembre 1918 ) ». Cette notice est mise à jour à chaque nouvel ajout. À consulter régulièrement donc.
Mise à jour de la bibliographie de Nicolas Boukharine
mardi 27 mai
Il manquait à la bibliographie des œuvres de Boukharine en langue française les articles publiés par Smolny dans l’ouvrage La revue Kommunist (Moscou, 1918). Oubli réparé.
Rosa Luxemburg : bibliographie française
mardi 15 avril
Mise à jour et toilettage complet de la notice bibliographique des œuvres de Rosa Luxemburg en langue française.
Capital, valeur, plus-value et exploitation du travail
jeudi 15 novembre
La deuxième séance du cycle de formation « Pourquoi le marxisme au XXIe siècle ? » se tient ce jeudi soir 15 novembre 2012 à 20h30 au local FSU , 52 rue Jacques Babinet, immeuble Peri-ouest, 2° étage (Métro Mirail Université à Toulouse).
Mise à jour de la bibliographie...
dimanche 9 septembre
... de la série Historical Materialism Books, depuis le numéro 26 jusqu’au numéro 40.
Sur le Web
Parti communiste international (Le Prolétaire)
Publie en France Le Prolétaire et Programme communiste. Description extraite de ce site flambant neuf - CE QUI NOUS DISTINGUE : La ligne qui va de Marx-Engels à Lénine, à la fondation de l’Internationale Communiste et du Parti Communiste d’Italie ; la lutte de classe de la Gauche Communiste contre la dégénérescence de l’Internationale, contre la théorie du « socialisme dans un seul pays » et la contre-révolution stalinienne ; le refus des Fronts populaires et des fronts nationaux de la résistance ; la lutte contre le principe et la praxis démocratiques, contre l’interclassisme et le collaborationnisme politique et syndical, contre toute forme d’opportunisme et de nationalisme ; la tâche difficile de restauration de la doctrine marxiste et de l’organe révolutionnaire par excellence - le parti de classe -, en liaison avec la classe ouvrière et sa lutte quotidienne de résistance au capitalisme et à l’oppression bourgeoise ; la lutte contre la politique personnelle et électoraliste, contre toute forme d’indifférentisme, de suivisme, de mouvementisme ou de pratique aventuriste de « lutte armée » ; le soutien à toute lutte prolétarienne qui rompt avec la paix sociale et la discipline du collaborationnisme interclassiste ; le soutien de tous les efforts de réorganisation classiste du prolétariat sur le terrain de l’associationnisme économique, dans la perspective de la reprise à grande échelle de la lutte de classe, de l’internationalisme prolétarien et de la lutte révolutionnaire anticapitaliste.
canutdelacroixrousse
L’histoire de la colline de la Croix-Rousse et des canuts. Ce Blog est une mine d’informations sur les canuts allant de pair avec une connaissance très fine de Lyon / Croix-Rousse. Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant !
Les Amis de Daumier
Créée en 1994, l’Association des Amis d’Honoré Daumier se propose par ses statuts de promouvoir, en France et à travers le monde, l’œuvre multiforme - dessins, peintures et sculptures - de cet immense artiste.
Parti Communiste International (Il Programma Communista)
Publie en France les Cahiers internationalistes, consultables en ligne sur le site depuis le numéro 6. Présentation : Ce qui nous distingue : la ligne qui va de Marx à Lénine, à la fondation de l’Internationale Communiste et du Parti Communiste d’Italie (Livourne, 1921), à la lutte de la Gauche Communiste contre la dégénerescence de l’Internationale, contre la théorie du "socialisme dans un seul pays" et la contre-révolution stalinienne, et au refus des fronts populaire et des blocs partisans et nationaux. La dure œuvre de restauration de la doctrine et de l’organe révolutionnaires au contact de la classe ouvrière, dehors de la politique personelle et électoraliste.
Démocratie Communiste
Site luxemburgiste, dont voici le manifeste minimal : Démocratie communiste s’inscrit dans la lignée du mouvement ouvrier démocratique, et lutte : pour l’abolition du capitalisme, du travail salarié, et de la division des êtres humains en classes sociales ; pour mettre fin à la dictature de la classe capitaliste, et mettre en place la démocratie directe ; pour une société socialiste-communiste ; pour en finir avec le sexisme et le patriarcat ; contre toutes les formes de racisme, de nationalisme et de patriotisme ; pour l’abolition de toutes les frontières. Textes d’actualité et thématiques (peu nombreux).
Les Amis de Spartacus
Edition fondée par René Lefeuvre en 1934. A publié Rosa Luxemburg, Anton Pannekoek, Boris Souvarine... Un fond exceptionnel et incontournable.
Etincelles de la Gauche marxiste russe : 1881 - 1923 (4)
Quatrième partie - Y a-t’il une cuisinière dans l’aéronef ? : 1920-1921
24 septembre 2009 par jo

Décembre 1920, fin de la guerre civile : pendant un temps incertain, entre novembre 1918 et juin 1919, les anarchistes-communistes, regroupés autour de Makhno, vont tenter de gérer leur "région libérée" (d’un rayon de 100 kms autour de Gouliaï-Polie, peuplée de plus ou moins deux millions d’habitants) d’Ukraine. Dès que les armées blanches furent défaites, l’Armée rouge, forte de son écrasante supériorité numérique et matérielle, écrasa la « Makhnovchtchina » : « Gorki le répétait souvent : le caractère du peuple russe, formé par la résistance et la soumission au despotisme, implique une tendance anti-autoritaire, c’est-à-dire un élément d’anarchisme spontané. Chez les paysans ukrainiens, l’esprit de rébellion, la capacité d’organisation, l’amour de la liberté locale, la nécessité de ne compter que sur eux-mêmes pour se défendre avaient donné naissance à un mouvement extraordinairement vivace et puissant, celui des « Armées paysannes », formées autour de Gouliaï-Polie. Inspirée par Vsevolod Voline et Aaron Baron, la Confédération anarchiste du Tocsin (Nabat) donna une idéologie à ce mouvement : celle de la troisième révolution libertaire. Nestor Makhno, instituteur revenu du bagne, buveur, sabreur, inculte, idéaliste, se révéla un stratège-né. Il disposa par moments de plusieurs dizaines de milliers de combattants. Il prit ses armes à l’ennemi. Ses insurgés marchèrent parfois à la bataille avec un fusil pour deux ou trois hommes ; et le fusil passait alors de la main du mourant à celle du vivant. Makhno inventa une infanterie montée en carrioles, qui fut d’une grande mobilité. Il imagina d’enterrer les armes et de licencier momentanément ses forces qui franchissaient, désarmées, les lignes de feu et, déterrant ailleurs d’autres mitrailleuses, ressurgissaient là où on ne les attendait pas. En septembre 1919, il infligea à Ouman, au général Denikine, une défaite dont celui-ci ne devait plus se relever. Il était « bakto », « Petit père », Chef. Aux cheminots de Iekaterinoslav (Dniepropetrovsk) qui lui demandaient le paiement des salaires, il répondait : « Organisez-vous vous-mêmes pour exploiter les chemins de fer. Moi, je n’en ai pas besoin. » Son prestige populaire dans la Russie entière était très grand et l’est resté. En octobre 1920, le baron Wrangel tenant encore la Crimée, un traité d’alliance fut signé entre l’Armée noire de Makhno et l’Armée rouge de Bela Kun, Frounzé, Goussev. Le traité prévoyait l’amnistie et la légalisation des anarchistes. La cavalerie noire enfonça la ligne des Blancs et pénétra en Crimée : cette victoire, en même temps que celle que Frounzé et Blücher remportaient à Perekop, décida du sort de la Crimée blanche récemment reconnue par la Grande-Bretagne et la France. A Petrograd et à Moscou, les anarchistes préparaient leur congrès. Mais à peine la victoire commune était-elle acquise qu’ils furent tout à coup arrêtés en masse par la Tcheka (novembre 1920). Les vainqueurs de la Crimée, Karetnik, Gavrilenko et d’autres étaient fusillés, Makhno, cerné à Gouliaï-Polie, se défendit comme un enragé, s’ouvrit un chemin, continua la résistance jusqu’en août 1921. (Interné en Roumanie, en Pologne, à Dantzig, il allait finir sa vie ouvrier d’usine à Paris.) Cette attitude inconcevable du pouvoir bolchevique, qui déchirait ses propres engagements vis-à-vis d’une minorité paysanne infiniment courageuse, eut un effet terriblement démoralisant ; j’y vois une des causes profondes du soulèvement de Kronstadt. » [1]

1921

Janvier-février : poursuite de la discussion syndicale. Cette « discussion » qui éclata, au sein du Parti bolchevik, à la fin de la guerre civile mit en présence trois principales thèses. En apparence, il s’agissait d’un débat sur le rôle des syndicats sous la dictature du prolétariat. De fait, dans un pays exsangue, peuplé d’une majorité écrasante de paysans, à l’économie désintégrée par sept ans de guerre, en l’absence de révolution mondiale, ne pouvait qu’éclater dans toute son ampleur la contradiction entre la dictature du prolétariat et « l’Etat ouvrier ». La thèse de Trotsky, qui venait d’organiser l’Armée rouge, visait à reconstruire coûte que coûte l’économie nationale en militarisant le travail : « L’homme, peut-on dire, est un animal assez paresseux. Au fond, c’est sur cette qualité qu’est fondé dans une importante mesure le progrès humain. Si l’homme n’avait pas cherché à économiser ses forces, s’il ne s’était pas efforcé d’obtenir au prix du minimum d’énergie le maximum de produits, il n’y aurait eu ni développement de la technique, ni culture sociale. [...] Le travail « libre », c’est-à-dire salarié, n’a pas du tout fait son apparition d’un seul coup, dans toute la plénitude de sa productivité. [...] La bourgeoisie a tout d’abord chassé le paysan de la campagne à coups de gourdin, en le poussant sur la grande route après l’avoir au préalable dépouillé de ses terres. Et lorsqu’il ne voulait pas travailler à la fabrique, elle le marquait au fer rouge, le pendait, l’envoyait aux galères, et finissait par habituer le misérable qui avait été chassé de sa campagne au travail de la manufacture. [...] La militarisation du travail par la volonté des travailleurs eux-mêmes est la dictature socialiste. Que l’obligation et la militarisation du travail ne violentent pas la volonté des travailleurs, comme le faisait le travail « libre », c’est ce qu’atteste mieux que tout l’affluence considérable des travailleurs volontaires aux « samedis communistes », fait unique dans les annales de l’humanité. [...] A l’heure actuelle, la question de vie ou de mort de la Russie soviétique se tranche sur le front du travail. [...] L’Etat ouvrier se considère en droit d’envoyer tout travailleur là où son travail est nécessaire. Et pas un socialiste sérieux ne viendra dénier à l’Etat ouvrier le droit de lever la main sur le travailleur qui refusera d’exécuter le travail qui lui a été assigné. » En écrivant la brochure Terrorisme et communisme, dans l’urgence de la guerre civile, Trotsky montrait comment allait se réaliser l’accumulation primitive sur le dos des ouvriers russes : « Dans la difficile période actuelle, le salaire est pour nous, en premier lieu, non pas un moyen d’assurer l’existence personnelle de chaque ouvrier, mais un moyen d’estimer ce que chaque ouvrier apporte par son travail à la République ouvrière. [...] Sous le régime capitaliste, le travail aux pièces et à forfait, la mise en vigueur du système Taylor, etc., avaient pour but d’augmenter l’exploitation des ouvriers et de leur extorquer la plus-value. Sous le régime de la production socialisée, le travail aux pièces, les primes, etc., ont pour objet d’accroître la masse du produit social et par conséquent d’élever le bien-être commun. Les travailleurs qui concourent plus que les autres à l’intérêt commun acquièrent le droit de recevoir une part plus grande du produit social que les fainéants, les négligents et les désorganisateurs. Enfin, en récompensant les uns, l’Etat ouvrier ne peut pas ne pas punir les autres ... [...] La répression en vue de réaliser les buts économiques est une arme nécessaire de la dictature socialiste. » Et il rajoutait, bien loin des pages lumineuses de 1905 ou des déclarations de Lénine dans l’Etat et la Révolution : « On nous a accusé plus d’une fois d’avoir substitué à la dictature des soviets celle du parti. Et cependant, on peut affirmer, sans risque de se tromper, que la dictature des soviets n’a été possible que grâce à la dictature du parti : grâce à la clarté de sa vision théorique, grâce à sa forte organisation révolutionnaire, le parti a assuré aux soviets de se transformer, d’informes parlements ouvriers qu’ils étaient, en un appareil de domination du travail. Dans cette « substitution » du pouvoir du parti au pouvoir de la classe ouvrière, il n’y a rien de fortuit et même, au fond, il n’y a là aucune substitution. Les communistes expriment les intérêts fondamentaux de la classe ouvrière. Il est tout à fait naturel qu’à l’époque où l’histoire met à l’ordre du jour ces intérêts dans toute leur étendue, les communistes deviennent les représentants reconnus de la classe ouvrière dans sa totalité.  » [2] Trotsky avait au moins le mérite de la clarté : le prolétariat devait être subordonné au Parti-Etat. Les thèses de Lénine, ou Plate-forme des Dix, corrigeaient les propos trop brutaux de Trotsky, mais étaient d’accord sur le fond avec lui. Les syndicats devaient, selon les Dix, surtout éduquer, stimuler les ouvriers, en un mot servir de « courroies de transmission » : « Les syndicats sont l’organe d’éducation des travailleurs lors du processus de production ; ils sont également, ainsi que l’a démontré l’expérience de trois années de dictature prolétarienne, une école de discipline où tous les travailleurs apprennent quotidiennement à s’incliner devant l’intérêt général et à obéir aux directives du syndicat sur les salaires, les primes, les congés et les séjours en maison de repos, la répartition des vêtements de travail et des produits alimentaires ... [...] La reconstruction des syndicats en partant du sommet est absolument irrationnelle. [...] Il faut appliquer à tous les échelons le principe de l’élection et réduire au minimum inévitable le recours au nominations d’office. [...] 7. Les organisations centrales et locales du parti communiste russe dirigent fermement l’aspect idéologique du travail syndical.  » [3]

Alexandra Kollontaï, elle, rédigea en janvier 1921 sa brochure. Avec talent, elle donna de l’envergure à la lutte contre la peste bureaucratique et aux désirs d’autonomie des masses, même si la situation était déjà inextricable : « Qu’est-ce que l’Opposition ouvrière ? [...] L’Opposition comprend presque exclusivement des professionnalistes ... [...] Ce sont des ouvriers, la pointe d’avant-garde qui tient la tête du prolétariat russe, qui a supporté tout le fardeau de la lutte révolutionnaire et qui, au lieu de se disperser à travers les administrations d’Etat en perdant sa liaison avec les masses ouvrières, est restée au contraire liée à ces masses. [...] Premièrement, l’Opposition ouvrière est née du plus profond du prolétariat industriel de la Russie soviétiste et a puisé sa force non seulement dans les effroyables conditions d’existence et de travail de sept millions de prolétaires industriels ... [...] La vague révolutionnaire a saisi et emporté bien loin des syndicats les éléments les meilleurs, les plus capables et les plus actifs du prolétariat industriel, abandonnant l’un sur le front, l’autre dans telle ou telle administration, asseyant le troisième devant le tapis vert de quelque bureau ou devant des monceaux de « pièces sortantes », de « devis » et de « projets ». [...] Aujourd’hui, cet antagonisme existe, et aucun artifice de propagande, aucun procédé d’intimidation ne chassera de la conscience des masses cette idée que les sommets de l’administration soviétiste et du Parti communiste sont devenus une nouvelle « couche sociale » bien caractérisée. [...] La classe ouvrière et ses idéologues, au contraire, savent que les buts nouveaux de leur classe, le communisme en un mot, n’est réalisable que par la création collective, par l’effort commun des ouvriers eux-mêmes. [...] Comment s’est-il fait que notre Parti, avec sa fermeté et sa trempe acquises dans les combats révolutionnaires, se soit laissé détourner du droit chemin prolétarien et se soit mis à errer à travers les sentiers de cet opportunisme si profondément détesté et vilipendé par lui ? [...] Si nous considérons attentivement l’origine de nos dissentiments intérieurs, nous nous convaincrons que la crise actuelle du Parti communiste résulte de trois causes fondamentales. [...] La première, et la principale, c’est la situation difficile dans laquelle le Parti communiste est appelé à travailler et à agir. [...] 1. Complète désorganisation et ruine de l’économie nationale ; 2. Attaques incessantes des puissances impérialistes et de la contre-révolution russe pendant les trois ans de la révolution ; 3. Un pays arriéré économiquement, où la classe ouvrière doit à elle seule incarner le communisme et construire les normes nouvelles de l’économie communiste, tandis que la population paysanne domine ; [...] Un parti qui est à la tête d’un Etat soviétiste d’une composition sociale mélangée est obligé, bon gré, mal gré, de tenir compte aussi des aspirations du petit propriétaire paysan, avec ses intérêts égoïstes et son éloignement du communisme, ainsi que de la couche immense des éléments petits-bourgeois de l’ancienne Russie capitaliste, intermédiaires de toutes sortes, petits commerçants, commis, artisans, petits fonctionnaires, qui se sont rapidement adaptés à l’organisation soviétiste. [...] Les « spécialistes », enfants du passé, liés intimement et indissolublement au régime bourgeois supprimé par nous, se sont glissés dans notre Armée rouge, y apportant leur esprit d’autrefois (subordination, galons, distinctions, obéissance passive au lieu de discipline de classe, arbitraire des chefs, etc.). [...] Enfin, la troisième catégorie de la population, ce sont les hommes d’affaires, les anciens dirigeants du régime capitaliste. [...] L’influence de ces messieurs sur la « sage » politique gouvernementale de nos sommets est grande, infiniment plus grande qu’elle ne devrait l’être. [...] Elle se fait sentir plus manifestement encore dans les relations commerciales actuellement engagées avec les puissances capitalistes, relations qui passent par-dessus la tête du prolétariat organisé, soit des pays étrangers, soit de la Russie. [...] Voyant l’état catastrophique de notre économie nationale, toujours basée sur le système capitaliste (salaires payés en argent, tarifs, catégories de travail, etc.), les dirigeants de notre Parti, dans un accès de méfiance à l’égard des forces créatrices des collectivités ouvrières, cherchent un remède à apporter au désordre économique : chez qui donc ? Chez les représentants du passé bourgeois et capitaliste, chez les hommes d’affaires et les techniciens, dont les facultés créatrices, précisément dans le domaine économique, sont paralysés par la routine, les habitudes, les procédés propres au système économique du capitalisme. [...] La troisième cause déterminante de cette crise, c’est le fait que réellement, pratiquement, au cours de ces trois ans de révolution, les conditions d’existence des masses ouvrières, des producteurs, du peuple des fabriques et des usines, loin de s’améliorer, ont empiré. [...] Pour résoudre la question des logements, on n’a pas trouvé mieux que d’installer les familles ouvrières dans des appartements bourgeois incommodes et mal appropriés pour elles. [4] [...] Le mérite de l’Opposition ouvrière est d’avoir fait entrer l’organisation des conditions d’existence des ouvriers, avec toutes leurs revendications prétendues mesquines et sans importance, dans le plan économique national. L’augmentation de la production est impossible si l’on n’organise pas en même temps l’existence des ouvriers sur des bases nouvelles, rationnelles, communistes. [...] A notre honte, non seulement dans les provinces lointaines, mais au cœur de la République, à Moscou, nous voyons fleurir les casernes ouvrières puantes, surpeuplées, antihygiéniques : quand on entre là-dedans, c’est à croire qu’il n’y a pas eu de révolution. [...] Chose caractéristique, toutes les thèses de nos dirigeants se rencontrent sur un point fondamental : il est trop tôt pour remettre la production et la direction économique entre les mains des syndicats, il faut « patienter ». Les points de vue de Trotsky, de Lénine, de Zinoviev, de Boukharine et autres, diffèrent sur la raison pour laquelle il ne faut pas encore remettre l’administration économique aux syndicats, mais pour affirmer que cette direction doit s’exercer aujourd’hui par-dessus la tête des ouvriers, grâce à un système bureaucratique hérité de l’ancien régime, tous sont d’accord, tous nos camarades des sommets du Parti manifestent une solidarité touchante. [...] Malheureusement, cette vérité qui est simple et claire pour n’importe quel ouvrier est perdue de vue par les sommets de notre Parti. Le communisme ne peut être décrété. Il doit être créé par la recherche des hommes vivants, au prix d’erreurs parfois, mais par l’élan créateur de la classe ouvrière elle-même. Dans les discussions passionnées qui se poursuivent entre les sommets de notre Parti et l’Opposition ouvrière, le point litigieux est celui-ci : à qui notre Parti confie-t-il la constitution de l’économie communiste, au Conseil supérieur d’économie nationale avec toutes ses ramifications bureaucratiques, ou aux syndicats ? [...] Il s’agit en effet de savoir qui édifiera l’économie communiste et comment on l’édifiera. C’est là le fond, le cœur de notre programme. La question n’a pas moins d’importance, sinon plus, que celle de la prise du pouvoir politique par le prolétariat. [...] La direction de l’économie nationale dans la république du Travail, à l’époque de transition où nous sommes, doit être confiée à un organe élu par les producteurs ouvriers. [...] 5. Pour réaliser le plan ainsi esquissé, il faut commencer par renforcer les syndicats à la base, en préparant chaque comité d’usine à prendre la direction de l’entreprise. [...] Il est vrai que dans chaque meeting nous disons aux ouvriers et aux ouvrières : « Créez la vie nouvelle ! Construisez ! Aidez le pouvoir des soviets ! » Mais que la masse, qu’un groupe d’ouvriers et d’ouvrières prenne notre appel à cœur et essaie de le mettre en pratique, et tout aussitôt quelqu’un de nos organes bureaucratiques, s’estimant lésé, donnera sur les doigts aux trop fougueux initiateurs. [...] Une tierce personne décide de votre sort, c’est là l’essence de la bureaucratie. [...] Nous redoutons l’indépendance des masses, nous hésitons à donner libre cours à l’esprit créateur du prolétariat, nous redoutons la critique, nous avons cessé d’avoir confiance dans les masses, voilà d’où vient toute notre bureaucratie. [...] Pour que le Comité central de notre Parti soit, lui, le centre suprême de la politique de classe, l’organe de la pensée communiste et le contrôle permanent de la politique réelle des soviets, l’incarnation morale des principes de notre programme, il faut (surtout dans le Comité central) réduire au minimum le nombre de ses membres qui occupent en même temps des fonctions dans les organes suprêmes de l’Etat. [5] [...] Le quatrième exigence essentielle de l’Opposition ouvrière est le retour de notre parti au principe électif. [...] La nomination crée une atmosphère malsaine dans le Parti, en violant les relations d’égalité et de camaraderie ; elle nourrit le carriérisme ; [...] La nomination ôte de son sentiment de responsabilité à celui qui est désigné d’en haut pour commander les autres, et élargit l’abîme entre les sommets et les échelons inférieurs. [...] Une large publicité, la liberté d’opinion, la liberté de discussion, le droit de critique à l’intérieur du Parti et parmi les membres des syndicats, voilà la méthode décisive pour abolir le système bureaucratique. [...] L’Opposition ouvrière a répété ce qui est déjà écrit par Karl Marx et Engels dans le Manifeste communiste et ce qui sert de base à notre programme, à savoir que le communisme peut être et sera l’œuvre des masses ouvrières seules. [6] [...] Les sommets du Parti ont beau fulminer contre l’Opposition ouvrière, elle a l’avenir pour elle. [...] Si par hasard certains groupes se détachent du Parti, en tout cas ce ne seront pas ceux de l’Opposition ouvrière. [...] Ce n’est pas sans raison que l’homme de la masse ouvrière déclare, confiant et conciliant : « Illitch réfléchira et retournera tout ça dans son cerveau. Il nous écoutera, et il mettra le cap sur l’Opposition. Illitch sera encore avec nous. » [7]-

Février : grèves à Petrograd et à Moscou. - 28 février : soulèvement de la base navale de Kronstadt :

« 1.- Procéder sans tarder à la réélection des Soviets au scrutin secret, attendu que les Soviets actuels ne reflètent pas la volonté des ouvriers et des paysans ; [...] 2. - Etablir la liberté de parole et de presse pour les ouvriers et les paysans, les anarchistes et les partis socialistes de gauche. [...] 5. - Remettre en liberté tous les prisonniers politiques socialistes ainsi que tous les ouvriers, paysans, soldats rouges et marins, emprisonnés à la suite de leur agitation. [...] 9. - Distribuer une ration alimentaire égale à tous les travailleurs à l’exception de ceux exerçant des métiers pénibles ... [...] Ici, s’est produit ce nouvel et grand élan révolutionnaire. [...] Ici, à Kronstadt, a été posée la première pierre de la troisième révolution, qui brise les derniers fers entravant les masses laborieuses ... [...] Le changement présent donne aux travailleurs la possibilité d’avoir enfin ses Soviets librement élus, ... » [8]- 8/16 mars : X° congrès du PCR qui adopte la NEP [Lénine met en place la « reconstruction nationale » : « Emportés par la vague d’enthousiasme, nous comptions, nous qui avions éveillé l’enthousiasme populaire - d’abord politique, puis militaire -, nous comptions pouvoir réaliser directement, à la faveur de cet enthousiasme, les tâches économiques aussi grandioses que les tâches politiques générales, que les tâches militaires. Nous comptions - ou peut-être sera-t-il plus exact de dire : nous pensions, sans un calcul suffisant - pouvoir, par les ordres exprès de l’Etat prolétarien, organiser à la manière communiste, dans un pays de petits paysans, la production et la répartition des produits par l’Etat. La vie a montré notre erreur. [...] Ce n’est pas en s’appuyant directement sur l’enthousiasme, mais au moyen de l’enthousiasme engendré par la grande révolution, en faisant jouer l’intérêt personnel, l’avantage personnel, en appliquant le principe du rendement commercial, qu’il nous faut d’abord, dans un pays de petits paysans, construire de solides passerelles conduisant au socialisme, en passant par le capitalisme d’Etat. » [9] et interdit les fractions : « Le Congrès déclare dissous et ordonne de dissoudre immédiatement tous les groupes, sans exception, qui seront constitués sur tel ou tel programme. La non-exécution de cette décision doit entraîner sans faute l’exclusion immédiate du Parti. » Radek émet des réserves mais vote quand même : « En votant pour cette résolution, j’estime qu’elle peut fort bien servir contre nous, et pourtant je l’appuie. [...] Que le Comité central, dans un moment de danger, prenne les mesures les plus rigoureuses contre les meilleurs camarades du Parti, s’il le juge nécessaire ... Que le Comité central même soit dans l’erreur ! C’est moins dangereux que le flottement que l’on peut observer en ce moment. » [10]- 17/18 mars : prise de Kronstadt, « crépuscule des Soviets ».

Au même moment, en Allemagne, « l’Action de mars », tentative de forcer le cours de la révolution, se développe : « Ce jeudi 24 mars, les communistes vont tenter par tous les moyens, y compris la force de déclencher la grève générale. Des détachements de militants essaient d’occuper les usines par surprise afin d’en interdire l’entrée à ceux qu’ils appellent les « jaunes », l’énorme masse des travailleurs non communistes. Ailleurs ce sont des groupes de chômeurs qui s’en prennent aux ouvriers au travail ou s’y rendant. Des incidents se produisent à Berlin, dans plusieurs grandes entreprises, dans la Ruhr ou à Hambourg, où chômeurs et dockers qui ont occupés les quais en sont chassés après une vive fusillade. Le bilan d’ensemble est mince : 200 000 grévistes selon les pessimistes, un demi-million suivant les optimistes. Certains échecs sont cuisants, comme celui de Sült qui ne parvient pas à convaincre ses camarades des centrales électriques. » [11]- Juin : écrasement de l’insurrection paysanne de Tambov. -

IIIe Congrès de l’IC (22 juin/12 juillet). Jan Appel, sous le pseudonyme d’Hempel, est un délégué du KAPD [12] :

« Nous disons : Le combat qui naît des nécessités économiques, ce combat doit par tous les moyens être poussé en avant. [...] Le prolétariat a besoin d’un parti-noyau ultra formé. [...] Chaque communiste doit être individuellement un communiste irrécusable - que cela soit notre but - et il doit pouvoir être un dirigeant sur place. Dans ses rapports, dans les luttes où il est plongé, il doit pouvoir tenir bon et, ce qui le tient, ce qui l’attache, c’est son programme. [...] La question est : les camarades en Russie sont-ils des surhommes, sont-ils des hommes qui peuvent se détacher des rapports de forces, ou bien leurs actions sont-elles déterminées par les choses qui les entourent ? C’est cela que nous devons examiner. [...] Le parti russe doit être conscient qu’il est le fondement de la III° Internationale et que les autres partis n’ont absolument aucune possibilité, ni intellectuelle, ni matérielle, d’aller contre lui. On le voit en ce qu’aucune opinion ne peut s’élever ici contre les camarades russes. Ceux-ci doivent donc voir et reconnaître qu’ils sont eux-mêmes contraints de plus en plus, par le cours des choses - disons-le une bonne fois - , de diriger vers la droite leur politique d’État russe ; ils ne sont pas non plus des surhommes et ils ont besoin d’un contrepoids, et ce contrepoids ce doit être une III° Internationale liquidant toute tactique de compromis, parlementarisme et vieux syndicats.  » [13] Bernhard Reichenbach, lui, intervient sur la situation économique mondiale :

«  La question que nous devons traiter de manière décidée est la suivante : comment brisons-nous le capitalisme, comment conduisons-nous ce processus, de quelle manière devons-nous le conduire pour que dans ce processus le prolétariat conserve les rênes en mains ?  » [14] - Août : accord du gouvernement soviétique avec « l’American Relief Administration » pour combattre la famine. Cette famine, résultat de sept années de guerre mondiale, de guerre civile et de blocus, fera cinq millions de morts [15] !


Sur le site :

-  Première partie - L’envol : 1881 - 1913
-  Deuxième partie - L’épreuve : 1914-1915
-  Troisième partie - Des bricoleurs à l’assaut des nuages : 1917-1919
-  Troisième partie (bis) - L’hôtesse allemande : 1918
-  Quatrième partie - Y a-t’il une cuisinière dans l’aéronef ? : 1920-1921
-  Cinquième partie - Le crash énigmatique : 1921-1923

[1] SERGE Victor, Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques, Robert Laffont Bouquins, 2001, pages 600-601. Voir aussi le livre vivant et documenté de VOLINE, La Révolution inconnue, Paris, Belfond, 1986 (avec des extraits sur notre site) ; celui tout récent et très fouillé d’AUNOBLE Eric, Le Communisme, tout de suite ! Le mouvement des Communes en Ukraine soviétique (1919-1920), Les nuits rouges, et sur notre site, dans « Études de marxologie (1959-1994) : La lutte pour les soviets libres en Ukraine 1918 - 1921, Alexandre SKIRDA - Avril - Mai 1976 ».

[2] Cf. pp. 119, 142, 150-151, 153-154, 156-158, in TROTSKY Léon, Editions Prométhée 1980.

[3] Cf. pp. 112 et 119 de la « Plate-forme des Dix », in KOLLONTAÏ Alexandra, L’Opposition ouvrière, op. cité. Se situant habilement entre les « excès » de Trotsky et « l’anarcho-syndicalisme » de Kollontaï, la résolution du groupe des Dix fut approuvé par 336 mandats, contre 50 à celle de Trotsky-Boukharine et 18 à l’Opposition ouvrière. Le « bastion prolétarien », malgré la bonne volonté des révolutionnaires les plus dévoués, allait se voir imposer l’impitoyable nécessité de la survie de l’économie nationale. Le PCR finit par soumettre la tactique de l’Internationale aux intérêts de l’Etat soviétique : alliances avec les partis social-chauvins européens ou traités économiques (Rapallo) en vue de tenter de rompre le « cordon sanitaire » qui étouffait la Russie ; interdiction des fractions intérieures (Opposition ouvrière) et internationales (KAPD) ainsi qu’écrasement des insurgés de Kronstadt pour éviter l’affaiblissement du pouvoir de « l’Etat ouvrier ».

[4] On peut en avoir un aperçu dans le Docteur Jivago, un film remarquable de David LEAN (1956), d’après le roman éponyme de Boris PASTERNAK.

[5] Le nez dans le guidon, confrontées à l’écrasante nouveauté de la gestion quotidienne, accrochées à des branches étatiques, les fractions russes ne pouvaient que lancer des bouteilles à la mer. Ces messages serviront à d’autres fractions internationales pour décoder l’énigme russe. Malgré leur courage, leur résistance était impuissante et confuse car comment identifier clairement l’oppresseur si votre Parti est à la tête de votre Etat !

[6] Expliquer simplement la déviation opportuniste de « l’Etat prolétarien » par l’arrivée d’une moisissure bureaucratique (pression paysanne, retour de spécialistes bourgeois ...) manque son but. La société, le Parti, l’Etat ne pouvaient être revivifiés par un afflux massif de prolétaires « purs » car le socialisme, même s’il devra être mis en œuvre par « l’élan créateur de la classe ouvrière elle-même » ne pourra l’être qu’à l’échelle mondiale. Le postulat d’initiative et d’autonomie : « L’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ! » (Statuts de l’Association Internationale des Travailleurs, 1864) se double obligatoirement de la praxis internationaliste : « Prolétaires du monde entier, unissez-vous ! » (Manifeste du Parti communiste). On ne saurait oublier l’avertissement d’Engels : « De là cette vénération superstitieuse de l’Etat et de tout ce qui y touche, vénération qui s’installe d’autant plus facilement qu’on est, depuis le berceau, habitué à s’imaginer que toutes les affaires et tous les intérêts communs de la société entière ne sauraient être réglés que comme ils ont été réglés jusqu’ici, c’est-à-dire par l’Etat et ses autorités dûment établies. [...] Mais, en réalité, l’Etat n’est rien d’autre qu’un appareil pour opprimer une classe par une autre, et cela, tout autant dans la république démocratique que dans la monarchie ; dans le meilleur des cas, c’est un mal dont hérite le prolétariat vainqueur dans la lutte pour la domination de classe et dont, tout comme la Commune, il ne pourra s’empêcher de rogner aussitôt au maximum les côtés les plus nuisibles, jusqu’à ce qu’une génération grandie dans des conditions sociales nouvelles et libres soit en état de se défaire de tout ce bric-à-brac de l’Etat." (ENGELS Friedrich, Introduction à l’édition de 1891 de La guerre civile en France, in BENSAÏD Daniel, Inventer l’inconnu, Textes et correspondances autour de la Commune, La fabrique, 2008, p. 206.) On consultera aussi avec profit la brochure du Courant Communiste International, « La période de transition du capitalisme au socialisme. Le dépérissement de l’Etat dans la théorie marxiste », mai 1981 ; et ROCHE Jean-Louis, Dans quel « Etat » est la Révolution ?, Les Editions du Pavé, 2008.

[7] KOLLONTAÏ Alexandra, L’Opposition ouvrière, Seuil, 1974, pp. 43-48, 51-52, 56-57, 60-61, 64, 80-82, 85, 88-89, 93-94.

[8] Résolution de l’Assemblée générale des équipages des 1re et 2e escadres des navires de ligne, tenue le 1er et le 8 mars 1921, in KRONSTADT, Izvestia du Comité révolutionnaire provisoire des matelots, soldats rouges et ouvriers de la ville de Kronstadt, Editions Ressouvenances, 1988, pp. 12-13 et 47. Pour éclairer ce « crépuscule sanglant », on pourra consulter les ouvrages suivants : ANWEILER Oskar, Les Soviets en Russie (1905-1921), Gallimard, 1972 ; BERKMAN Alexandre, La rébellion de Kronstadt 1921 (suivi de textes d’Emma Goldman, Voline et Victor Serge ; présentation de Sylvain Boulouque), La Digitale, 2007 ; MARIE Jean-Jacques, Cronstadt, Fayard, 2005 ; METT Ida, La Commune de Cronstadt, Spartacus, 1977 ; Revue Internationale (CCI) n° 3, Les leçons de Kronstadt, octobre 1975 ...

[9] Cité par BROUE Pierre, Le Parti bolchevique, Editions de Minuit, 1977 ; de LENINE, Œuvres choisies, t. II, p. 917.

[10] Cité par SCHAPIRO Leonard, Les Bolcheviques et l’Opposition (1917-1922), Les nuits rouges, 2007, p. 386.

[11] BROUE Pierre, Révolution en Allemagne, Editions de Minuit, 1977, p. 484.

[12] Au cours de ce Congrès, la délégation du KAPD (comprenant Alexander Schwab - Sachs - , Bernhard Reichenbach -Seeman - et une femme, Käthe Friedländer.) était décidée à mettre sur pieds une opposition internationale : « Au cours de nos prises de contact avec les délégations de Bulgarie, du Mexique, d’Espagne, du Luxemburg, d’Angleterre, de Glasgow, du Groupe Belge et des IWW (Industrial Workers of the World), il s’est avéré que nous avons avec ces groupes un certain nombre de points communs ... » (pp. 328-341, in AUTHIER Denis et BARROT Jean, La Gauche communiste, Payot, 1976)

[13] Cf. pp. 232, 235, 264 et 268, in AUTHIER Denis et DAUVE Gilles, Ni parlement ni syndicats : les Conseils ouvriers !, les nuits rouges, 2003.

[14] p. 221, in Ni parlement ni syndicats.

[15] ADAMETS Sergueï et BLUM Alain, Guerre civile et famine en Russie. Le pouvoir bolchevique et la population face à la catastrophe démographique (1917-1923), Institut d’Etudes Slaves 2003 ; et sur l’autre famine, celle de 1932-1933,qui fit aussi 6 millions de morts, voir l’ouvrage de CONQUEST Robert, Sanglantes moissons, chez Robert Laffont, 1995.