
Note Smolny :
Le Manifeste du PC est encore d’une extrême modernité alors qu’il est rédigé en 1848.
Pour être prospective et stimulante, toute réflexion doit repousser les limites. Les marxistes doivent globaliser, voire anticiper leur approche du monde : comment allons-nous quitter ce capitalisme moribond ? Ne va-t-il pas rebondir dans sa forme cauchemardesque ? Bref, d’où venons-nous ; où allons-nous ?
Les essais de Mike Davis, d’une efficacité redoutable, pointent d’un doigt vigoureux l’avenir : choisirons-nous par manque de perspectives ou par complicité passive le PIRE ?
L’heure de grands et irréversibles basculements approche en tous cas ; faisons tout notre possible pour ensemble choisir le bon côté !
J.O.
Présentation de l’éditeur :
Pour mortels et dangereux qu’ils soient, les bidonvilles ont devant eux un avenir resplendissant. Des taudis de Lima aux collines d’ordures de Manille, des bidonvilles marécageux de Lagos à la Vieille Ville de Pékin, on assiste à l’extension exponentielle des mégalopoles du tiers monde, produits d’un exode rural mal maîtrisé. Le big bang de la pauvreté des années 1970 et 1980 - dopé par les thérapies de choc imposées par le FMI et la Banque mondiale - a ainsi transformé les bidonvilles traditionnels en " mégabidonvilles " tentaculaires, où domine le travail informel, musée vivant de l’exploitation humaine. Un milliard de personnes survivent dans les bidonvilles du monde, lieux de reproduction de la misère, à laquelle les gouvernements n’apportent aucune réponse adaptée.
Désormais, les habitants mettent en péril leur vie dans des zones dangereuses, instables ou polluées. Bien loin des villes de lumière imaginées par les urbanistes, le monde urbain du XXI° siècle ressemblera de plus en plus à celui du XIX°, avec ses quartiers sordides dépeints par Dickens, Zola ou Gorki. Le Pire des mondes possibles explore cette réalité urbaine méconnue et explosive, laissant entrevoir, à l’échelle planétaire, un avenir cauchemardesque.
L’auteur :
Chercheur indépendant doté d’une grande curiosité interdisciplinaire, personnage inclassable de la gauche américaine, Mike Davis est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels City of Quartz. Los Angeles, capitale du futur (La Découverte, 1998 ; nouvelle édition 2000), Génocides tropicaux (La Découverte, 2003 ; nouvelle édition 2006), Petite Histoire de la voiture piégée (Zones, 2007) et Paradis infernaux - Les villes hallucinées du néo-capitalisme (Les Prairies Ordinaires, 2008) :
Table des matières :
La climatique urbaine
La prédominance des bidonvilles
La trahison de l’Etat
Illusions de l’autonomie
Haussmann sous les tropiques
L’écologie du bidonville
La mise au PAS du tiers monde
Une humanité en trop ?
« Série d’études urbaines saisissantes sur Le Caire, Pékin, Johannesburg, Dubaï, Kaboul, Managua, etc ... Paradis infernaux pourrait être l’anti-guide des " mondes de rêve " engendrés par le capitalisme contemporain. De la désormais classique gated community de l’Arizona aux camps retranchés de Kaboul, en passant par la Californie de synthèse importée à Hong-Kong et ailleurs, ou par la spectacularisation architecturale de Pékin à l’ère néolibérale, l’imaginaire qui préside à ces nouvelles formes d’utopie est celui de l’enrichissement sans limites, de l’hyperbole constante, des dépenses somptuaires, de la sécurité physique absolue, de la disparition de l’Etat comme de tout espace public, de l’affranchissement intégral des liens sociaux préexistants.
Mais cette débauche réservée aux riches ne donne lieu à aucune expérience réelle ; elle est tout entière branchée sur les objet-fétiches de la fantasmagorie mondiale, harnachée aux mêmes idéaux figés du marché global. L’absence d’horizon qui caractérise notre monde se redouble, dans ces outremondes, d’une violence faite aux pauvres, massés, toujours plus nombreux, derrière les frontières visibles ou invisibles qui chaque jour transforment un peu plus le territoire des riches en autant de citadelles néo-libérales enclavées au cœur de notre modernité. »
Éditions La Découverte, septembre 2007
ISBN : 978-2-7071-5289-3
249 pages / 12,5cm x 19cm / 10€
Bibliographie complémentaire :
BAIROCH Paul, De Jéricho à Mexico. Villes et économie dans l’histoire, Gallimard 1985 (706 pages) ;
Sur les écrans :
Blade Runner, film américain de Ridley Sott sorti en 1982 mais dont la dernière version (dite Final Cut) a été éditée en 2007 sur DVD. L’histoire est très fortement inspirée du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Do Androids Dream of Electric Sheep ?) écrit en 1966 par Philip K. Dick auquel le film est dédié ;
La Zona, propriété privée, est un film hispano-mexicain de Rodrigo Plá, sorti en 2008 : « A Mexico, trois adolescents des quartiers pauvres pénètrent dans l’enceinte de La Zona, une cité résidentielle aisée, entourée de murs et protégée par un service de sécurité privé. Ils s’introduisent dans l’une des maisons, mais le cambriolage tourne mal. Plutôt que de prévenir les autorités, les résidents décident de se faire justice eux-mêmes. Une chasse à l’homme sans pitié commence ... » ;