
Présentation de l’éditeur :
Œuvres philosophiques - Tome I.
Pourquoi ne pas s’initier à la philosophie avec Jaurès pour maître ? Que pensait-il de l’espace et du temps, de l’âme et du moi, de la mémoire et de l’imagination, de l’infini et de la liberté, de Dieu et de la Providence, de la morale et de l’esthétique ? Pourquoi ne pas l’entendre sur toutes les grandes questions de l’existence ? Clair et concis, ce cours complet, destiné à des débutants, est ici accompagné de tous les éclaircissements nécessaires.
Parlementaire, tribun, artisan de l’unité socialiste, « apôtre » de la paix, défenseur de la laïcité, internationaliste, « converti » au socialisme par les mineurs de Carmaux ou par tel leader marxiste, Jaurès ne serait que le produit d’une influence. Et s’il s’était d’abord construit philosophiquement lui-même ?
Alors que l’on n’a trop souvent laissé filtrer de lui qu’une parole politique instrumentalisée ou édulcorée, comment mieux savoir que dans ce texte inédit, ce qui, avant de devenir à 26 ans le plus jeune député de France, faisait déjà le fond de sa pensée ? Critiquant radicalement Kant, négligeant Hegel et l’idéalisme allemand, ignorant Marx, il se réclame du réalisme d’Aristote, pratique Leibniz, célèbre la pensée grecque et alexandrine et voue sa métaphysique et sa morale à un christianisme évangélique et franciscain. En deçà et au-delà du politique anticlérical, il y a le philosophe et l’esprit religieux.
De quoi initier une relecture de son oeuvre et son action.
Ce premier tome des Œuvres philosophiques de Jaurès est consacré à l’édition critique intégrale de son Cours de philosophie, professé au lycée d’Albi (1882-1883) et de son discours de fin d’année, La Bienveillance dans les jugements, tous deux inédits.
Ils sont précédés d’une introduction générale, « Vers Jaurès », accordant à Jaurès un statut de philosophe à part entière, et de « Méditation sur la substance », une étude sur la période albigeoise du jeune Jaurès et son intérêt pour la formation de sa pensée.
L’auteur :
Jòrdi Blanc, présentateur et éditeur du texte, écrivain, docteur en philosophie et diplômé en sciences économiques, est l’auteur d’une thèse sur Jaurès philosophe (1996).
Avertissement :
Cette édition du Cours de Philosophie de Jaurès de l’année solaire 1882-1883, connu des spécialistes depuis sa transcription par Louis Rascol en 1931-1932, mais resté inédit depuis, est issue de notre thèses, Jaurès philosophe. Le Cours de Philosophie d’Albi (1882-1883) et son rôle dans la formation de la pensée de Jaurès (2 volumes), soutenue le 30 mai 1996 à l’université de Toulouse-Le Mirail [1], dont nous avons publié le résumé et les propos de soutenance sous le même titre en 2001 [2].
Nous n’en avons pas retenu toute la partie concernant l’histoire e la philosophie française du XIXe siècle et de son enseignement, archipel oublié, dsparu de la Carte du Tendre du philosophe d’aujourd’hui et qui n’est plus qu’une friche philosophique, mais en dehors duquel le contenu de ce cours nous serait resté insaisissable.
Pourtant parole publique d’un auteur tombé dans le domaine public et dont la copie manuscrite était la propriété d’un établissement public d’enseignement, il nous aura fallu trois e démarches avant l’obtention d’un sésame en bonne et due forme du service juridique du ministère de l’Éducation nationale pour y avoir accès, alors qu’au même moment d’autres chercheurs se répandaient en remerciements pour les facilités de consultation dont ils avaient bénéficié.
Ce Cours de Philosophie n’en était pas le seul enjeu, ma soutenance de thèse a achevé de m’en persuader. Pas question de toucher à la statue des squares, des manuels d’histoire contemporaine et des publications savantes, au héros éponyme posthume de tel parti ou de telle secte. Depuis plus d’une génération, le temple avait ses gardiens qu’il s’agissait avant tout de protéger de tout soupçon.
Pour ma part, c’est La Réalité du Monde sensible, la thèse principale de Jaurès, qui a été le moteur de ma recherche. Par le cours, j’ai voulu en saisir les sources. En ne me limitant pas à sa seule édition mais en rétablissant, en avant comme en arrière, son oeuvre philosophique dans sa durée, j’ai voulu aller au bout de ma question initiale : celle, cruciale, de l’unité de sa pensée et de son action.
Seule une édition des Œuvres philosophiques, allant de ses premiers cours à ses écrits et discours politiques, m’a semblée à la hauteur du projet et du personnage.
Elle doit comprendre 5 tomes :
I. Cours de philosophie
II. De la Réalité du Monde sensible
III. Écrits et discours théologico-politiques
avec notament Les Origines du Socialisme allemand et La Questions religieuse et le Socialisme
IV. Philosophie politique
V. Philosophie générale
J.B.
Table des matières :
Remerciements
Avertissement
Abréviations
VERS JAURÈS
Introduction générale à l’Œuvre philosophique de Jaurès, par Jòrdi Blanc
MÉDITATION SUR LA SUBSTANCE
Introduction au Cours de philosophie, par Jòrdi Blanc
COURS DE PHILOSOPHIE
SUPPLÉMENTS AU COURS DE PHILOSOPHIE
HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE
LA BIENVEILLANCE DANS LES JUGEMENTS
Discours de distribution des prix prononcé au lycée d’Albi le 3 août 1883
Notes d’établissement du texte
Index des noms de personnes citées dans le cours
Éditions Vent Terral, parution Mars 2005
ISBN : 2-85927-095-7
560 pages / 16cm x 24cm / 35 euros
[1] Le jury comprenait, outre le rapporteur, M. Luis Sala-Molins, professeur de philosophie politique à l’université de Toulouse-Le Mirail, M. Rémy Pech, président, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse-Le Mirail, M. Jean-Pierre Rioux, inspecteur général d’histoire. Elle a obtenu le prix Georges Bastide décerné le 5 décembre 1999 par l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse.
[2] Éditions Vent Terral.