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ADLER Victor ( 1852 - 1918 )
Social-démocrate autrichien
[11 septembre 2006] : par eric , jo

Médecin, il croise Sigmund Freud pendant ses études, il est est marqué par le dénuement et la situation abominable de la classe ouvrière. Membres de nombreux cercles philanthropiques et d’opposition, il entreprend une tournée européenne où il rencontre Kautsky, puis Engels, Bebel et Wilhem Liebknecht. De retour en Autriche, il n’a de cesse d’atténuer les divergences entre les groupes social-démocrates en vue de la fondation d’un parti unique (1888). L’esprit de concialiation, d’attentisme prudent, et finalement d’opportunisme restera toujours un peu sa « touche » politique. Mais ce fut aussi un orateur remarquable et une des autorités les plus appréciées de la Seconde Internationale où il fut membre du BSI dès sa fondation.

Face au déclenchement de la guerre, lui qui faisait de l’Empire Austro-hongrois une petite Internationale, aidera surtout à bazarder la grande par son soutien au militarisme autrichien : « Il est quelque chose de pire que la guerre, c’est la défaite ». Tout un programme... qui le conduira au ministère des Affires étrangères à la toute fin de la guerre (30 octobre 1918).

L’honneur de la famille fut relevevé par son propre fils, Friedrich Adler qui prit la tête de la faible opposition de gauche du parti (il devait assassiner le premier ministre, le comte Stürgkh, le 21 octobre 1916).

L’extrait de correspondance entre Adler et Bebel ci-dessous (à propos de Rosa Luxemburg), donne une idée du goût de Victor Adler pour une social-démocratie pacifiée :

« J’ai la bassesse de me réjouir de voir Kautsky aux prises avec son amie. Mais c’est vraiment un sale affaire, car cette garce peut faire encore beaucoup de mal, d’autant plus qu’elle est maligne comme un singe, alors qu’elle manque du moindre sens des responsabilités et que son seul motif est un désir presque pervers de prouver qu’elle a raison. Imagine que Clara ait déjà un mandat et soit assise à côté de Rosa au Reichstag ! Vous en verriez de belles ! Comparé a cela, ce qui se passe au pays de Bade semblerait une partie de plaisir. » (5 août 1910, Adler à Bebel)

Ce à quoi répondit Bebel : « Toute cette « roséole » n’est pas si terrible que ça [comparée à] l’opportunisme qui se donne libre cours en Allemagne du Sud (...) malgré tout le venin de cette femme, je ne voudrais pas du parti sans elle. » (16 août 1910, Bebel à Adler)


Source :

— MAITRON Jean et HAUPT Georges, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - Autriche, Editions Ouvrières, 1971 ;