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YAKOVLEVA Varvara Nikolaevna ( 1884 - 1941 ? )
Communiste de gauche et membre du gouvernement soviétique
[6 juillet 2009] : par jo , olivier

Varvara Nikolaevna Yakovleva fut un membre éminent du parti bolchevique depuis 1904 puis du gouvernement soviétique. Plus tard d’accord avec Léon Trotski, elle soutint ses tentatives de démocratiser le parti.

Yakovleva est née à Moscou en 1884 de parents appartenant à la classe moyenne. Elle rejoint le Parti bolchevik alors qu’elle avait vingt ans en 1904. Elle fut candidate à l’adhésion au Comité central bolchevique en 1917. Elle pris les notes lors de la réunion qui fixa la date de la Révolution d’Octobre de 1917. Fin 1917 et jusqu’en juin 1918, elle appartient à la "Gauche communiste", opposée à la paix avec l’Allemagne et aux mesures économiques prises par la direction du Parti.

En mars 1918, elle travaille à Moscou à la Tcheka, police secrète du gouvernement soviétique. En janvier 1919, membre du conseil d’administration du Commissariat du peuple à l’alimentation, elle mène des inspections sur les réquisitions alimentaires et applique des mesures punitives. Elle était connue pour sa sévérité dans ce domaine.

Elle a toujours été considérée comme faisant partie de l’aile gauche communiste.

En 1922, elle est devenue vice-Commissaire de l’éducation pour la Fédération Russe et en 1929, elle fut nommée Commissaire aux Finances. Yakovleva s’est prononcée en faveur de Nikolaï Boukharine sur la question syndicale en 1920-1921. En 1923, elle signe la « déclaration des 46 » par rapport à la tentative de réforme du Parti communiste.

Après le troisième procès de Moscou en 1937, elle est arrêtée et accusée d’être membre d’un groupe terroriste. Elle est alors condamnée à 20 ans de prison et, après le début de la Seconde Guerre mondiale, elle est fusillée sur ordre de Beria dans la prison centrale d’Orel le 11 septembre 1941, ou le 21 décembre 1944 (selon Broué).


Sources :

— BOFFA Giuseppe, Les bolcheviks et la révolution d’octobre. Procès-verbaux du Comité central du parti bolchévique (août 1917-février 1918), Paris, François Maspero, 1964 ; cf. p. 292 ;

— FAYET Jean-François, Karl Radek (1885-1939), Biographie politique, Peter Lang, 2004 ;

— SCHAPIRO Leonard, Les Bolcheviques et l’Opposition, Les nuits rouges, 2007 ;

— WALTER Gérard, Lénine, Marabout 1950 ; cf. p. 413 [Le 23 février, après une « chaude » discussion au sein du Comité central, un vote eut lieu : « Le résultat est programmé : le Comité central accepte les conditions allemandes par sept voix contre quatre et quatre abstentions. Lénine triomphe, mais la bataille n’est pas terminée. L’un des « abstentionnistes », Krestinski, se lève et donne lecture de la déclaration signée de lui, de Dzerjinski et de Yoffé [...] Après lui, c’est le tour d’Ouritski : « Au nom des membres du Comité central Boukharine, Lomov, Boubnov et moi-même, au nom du membre suppléant, Yakovleva, et des camarades Piatakov et Smirnov, ici présents, je déclare que nous ne voulons pas porter la responsabilité d’une décision que nous trouvons profondément erronée et susceptible de porter un coup fatal à la révolution russe et internationale, d’autant plus que cette décision a été prise par une minorité du Comité puisque les quatre membres qui se sont abstenus partagent notre point de vue ... »] ;