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Josef Strasser ( 1870 - 1935 )
Théoricien marxiste autrichien
[31 août 2011] : par andreas

Né le 11 septembre 1870 à Cracovie et décédé le 15 octobre 1935 à Vienne, Josef Strasser était un politicien socialiste, journaliste et théoricien marxiste de l’empire des Habsbourg et de la Première République.

Après avoir entrepris des études de droit qu’il ne put terminer, il collabore d’abord à l’Arbeiterzeitung, organe central de la social-démocratie autrichienne, et entre assez rapidement en conflit avec la rédaction à propos de l’affaire Millerand. Menacé une première fois de l’exclusion du parti, Strasser apparaît ainsi comme l’un des pionniers de la lutte contre le révisionnisme en Autriche.

En 1900, il est envoyé à Reichenberg, en Bohème du Nord, pour prendre la direction de l’hebdomadaire local du parti, le Freigeist. C’est là qu’il va se familiariser avec la question nationale et cristalliser autour de lui la formation d’une « gauche de Reichenberg ».

Avec les élections de 1907 s’amorce la décomposition du mouvement ouvrier autrichien, d’abord de l’organisation syndicale pan-autrichienne puis du parti, sous la poussée du nationalisme. Les syndicalistes tchèques revendiquent l’indépendance de la centrale de Prague par rapport à la centrale de Vienne, en accusant les dirigeants de « pangermanisme ». Les syndicats tchèques désormais divisés entre « séparatistes » et « centralistes », ce sont les « centralistes » du parti en Moravie qui font à leur tour sécession par rapport au Parti social-démocrate tchèque.

Dès la manifestation des signes avant-coureurs de cette crise séparatiste, Josef Strasser prend position avec vigueur contre la politique de la direction du parti, en faveur d’un « internationalisme intransigeant », non seulement dans le Vorwärts (successeur du Freigeist) mais aussi dans Der Kampf, la revue théorique de la social-démocratie autrichienne fondée en 1907 et dirigée par Otto Bauer.

Après avoir mis en garde la social-démocratie autrichienne contre la pénétration de la terminologie nationaliste en son sein (plus particulièrement contre la « Grande Allemagne » de Pernerstrofer) par deux articles publiés dans Der Kampf en 1910-1911, c’est en 1912 qu’il publie sa brochure polémique « L’ouvrier et la nation » (surnommée « le manifeste de l’extrême gauche en Autriche » ou « de la gauche de Reichenberg ») qui sera épuisée en deux semaines.

En 1913, Strasser sombre brusquement dans la dépression, démissionne de la rédaction du Vorwärts de Reichenberg, et retourne s’installer à Vienne où il collabore à nouveau à l’Arbeiterzeitung, à la rubrique littéraire et théâtrale.

Internationaliste pendant la guerre, Strasser adhère en 1919 au Parti communiste autrichien. En 1923, il prend la route vers Moscou pour se mettre au service des publications en langue allemande de l’Internationale Communiste. De retour à Vienne en 1928, il est pour une brève période rédacteur en chef de l’organe du PC autrichien, Die Rote Fahne, avant d’entrer en conflit avec la direction du parti et d’en être exclu pour « trotskisme ».


Principales publications :

— "Zum Internationalismus", Der Kampf, IV, p. 294-298 ;

— "Nationalismus und Sozialismus", Der Kampf, V, p. 109-112 ;

— Der Arbeiter und die Nation, Reichenberg, Runge, 1912, 61 p. (1ère éd.) ;

— D’autres textes sont disponibles en allemand sur MIA.


Bibliographie :

— COLLECTIF, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier international : Autriche, sous la direction de Yvon Bourdet, Georges Haupt, Félix Kreissler et Herbert Steiner, Paris, Éditions ouvrières, 1971, 360 p ;

— HAUPT Georges, LÖWY Michael & WEILL Claudie, Les marxistes et la question nationale 1848-1915, Paris, François Maspero, 1974, p. 273-274 ;

— STRASSER Josef & PANNEKOEK Anton, Nation et lutte de classe, Paris, UGE 10/18, 1977 ;