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VUILLAUME Maxime : Mes cahiers rouges - Souvenirs de la commune
Présentation de l’éditeur - Table des matières - Parution : Avril 2011
[11 septembre 2012] : par sam

Présentation de l’éditeur :

Parus entre 1908 et 1914 dans les célèbres Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy, Mes cahiers rouges - ici reproduits, pour la première fois, dans leur intégralité - constituent un classique de la littérature communarde. Durant l’Année terrible (1871), leur auteur, Maxime Vuillaume, fut constamment aux premières loges, tantôt comme spectateur, le plus souvent comme protagoniste. Engagé volontaire dans la Garde nationale, il participe aux journées insurrectionnelles des 31 octobre 1870 et 22 janvier 1871. À compter du mois de mars, c’est par la plume qu’il poursuit son combat, en fondant l’un des journaux les plus lus - et certainement le plus populaire - de la révolution communaliste : Le Père Duchêne.

Au cours de la Semaine sanglante, enfin, il n’hésite pas à prendre les armes pour résister à l’assaillant versaillais. Rédigé dans un style franc et direct, Mes cahiers rouges ressuscitent tout un pan de l’histoire de France, trop souvent négligé : l’opposition tumultueuse au Second Empire décadent, le siège de Paris, cette fraternelle utopie que fut la Commune de 1871, avec ses joies, son allégresse, ses désillusions et ses déboires. Des pages plus sombres également : la brutalité et la férocité de la répression, la proscription et son lot de souffrances, le retour des exilés et la nostalgie d’un espoir assassiné. Aux antipodes de la solennité, de l’emphase et du ton compassé qui caractérisent les traditionnels Mémoires, l’écriture incisive et alerte de Vuillaume conduit le lecteur à travers la ville révoltée, le fait sursauter quand claque un coup de feu, l’emplit d’effroi lorsqu’un communard est exécuté.

Un livre vivant. Bien vivant. À (re)découvrir avec délectation.


Les auteurs :

Maxime Vuillaume étudie à l’École des mines et fréquente les milieux révolutionnaires. Auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique, il sera journaliste après son retour d’exil. Il fonde en 1871 avec Eugène Vermersch et Alphonse Humbert le Père Duchêne, reprise du nom du journal d’Hébert. Après la Semaine sanglante, il se réfugie comme d’autres communards en Suisse.

Doctorant au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Maxime Jourdan prépare une thèse consacrée à l’écrivain Lucien Descaves. Il est l’auteur de Le Cri du peuple, 22 février 1871-23 mai 1871 (L’Harmattan, 2005) et a établi l’édition critique du Tableau de Paris de Jules Vallès (Berg International, 2007).


Table des matières :

-  Présentation, par Maxime Jourdan

-  Introduction, par Lucien Descaves

-  Une journée à la cour martiale du Luxembourg
-  Un peu de vérité sur la mort des otages (24 et 26 mai 1871)
-  Quand nous faisions le Père Duchêne (mars - avril - mai 1871)
-  Quelques-uns de la Commune
-  Par la ville révoltée
-  Au large
-  Dernier cahier
-  Deux drames
-  Lettres et témoignages
-  Proscrits

-  Index des noms propres

-  Table


Extraits :

« J’y étais.

Le samedi matin, il nous fallut abandonner les pièces - une dizaine de pièces de 7 - faute de munitions. Les Versaillais étaient tout près. Dans l’avenue de Saint-Mandé ... Il pleuvait à verse ... A côté de nous, depuis trois jours, le cadavre d’un cheval, tué par un obus, qui empestait l’air ... Nous ne restions plus guère qu’une quinzaine ...

Je me souviendrai toujours de la dernière nuit que je passai là. Accroupis, avec deux artilleurs, dont l’un blessé au bras enveloppé d’un linge rouge, dans le caveau de Morny. A côté de nous, un tas d’obus qui n’étaient pas de calibre... L’artilleur blessé jurait : "Nom de Dieu ! sommes-nous encore trahis !" Nous étouffions là-dedans... Je sortis un instant... Quel spectacle !... Tout Paris, au-dessous de nous, flambait comme une gigantesque fournaise... La moitié de la ville disparaissait sous un nuage colossal.

Noir, noir, plus noir que de la poix ... A cette heure-là, on ne se battait pas ... Quel silence ! ... Je montai, une cinquantaine de pas à peine, jusqu’à la pyramide blanche - tu sais, le monument de Beaujour. La porte du caveau circulaire était grande ouverte. Une dizaine d’artilleurs ronflaient sur des tas de couronnes jaunes ... Vers onze heures du matin, nous partions tous. Il était temps. Quelques heures encore, et nous étions bel et bien pris par les fusiliers marins ... »

— Mes cahiers rouges au temps de La Commune, livre souvenirs de mai 1871 sont d’abord parus chez Babel, en 2000, au prix de 10, 50€ ...


Éditions La Découverte, parution : avril 2011

ISBN : 978-2-7071-6486-5

720 pages / 15,7cm x 24cm / 27,50 euros