SMOLNY... [ http://www.collectif-smolny.org ]
GLAT 1965-01d : Des ouvriers mauvais patriotes
Lutte de Classe — Janvier 1965 / p. 4 - 5
[23 mai 2015] : par eric

Le 5 Janvier, 5 000 ouvriers du port autonome d’ALGER ont déclenché une grève illimitée qui a duré quelques jours et a paralysé l’activité portuaire de la ville, pour obtenir une augmentation de salaire de 20 %, diverses primes et l’uniformisation des allocations familiales.

Presque en même temps, les ouvriers du bâtiment qui construisaient un immeuble, mi-hôtel de luxe mi-salle de conférences, faisaient grève pour recevoir leurs salaires, en souffrance depuis 2 quinzaines. Ce qu’ils obtinrent facilement.

Enfin, un peu plus tard, les ouvriers travaillant à la construction d’un pipe-line dans le sud-algérien ont entamé un mouvement semblable pour protester contre des licenciements.

Les dirigeants éclairés sont rapidement intervenus et voici la question que pose un dénommé Boualem Khalfa dans Alger républicain :

Comment se fait-il que les travailleurs en arrivent à utiliser, dans un pays qui édifie le socialisme pour eux et leurs enfants, l’arme ultime de la grève dans une période d’activité où elle ne manque pas de nuire aux finances et au développement de la patrie ?

Prime importante à qui répondra. Et d’ajouter :

On peut en tout cas tout de suite faire certaines constatations, la première étant que trop de mouvements revendicatifs sont déclenchés sans que les responsables de l’U.G.T.A. soient consultés ni même avertis. Sans parler de rupture entre la base et le sommet, on ne peut qu’être inquiets de cette distension des liens entre les syndiqués et leurs responsables qui souvent n’est pas le fait des premiers, notamment dans le cas des dockers.

Comme quoi les problèmes se posent de la même façon dans tous les pays.

Extraits de presse

UN PARTISAN DU SYNDICALISME

Déclaration au Figaro littéraire ( ?). Semaine du 24 au 30/12/1964 :

J’ai toujours été farouchement favorable aux syndicats à l’intérieur de l’usine et aux comités d’entreprise. Il faut instruire le personnel et lui conseiller d’être syndiqué.

Qui parle ? Un métallo, un mineur, un mécanographe ?

Non. Il s’agit d’un certain Bernard TOURNIER, « le roi de la valise », directeur de la plus grande usine de valises d’Europe : 5 000 par jour.

CRIME BOURGEOIS OU SOLIDARITÉ OUVRIÈRE ?

Dans le Journal du Dimanche du 24 janvier 1964 :

Ouvrier dans une tuilerie-briqueterie de SAINT-PARDOUX-LA-RIVIERE (Dordogne), Jean FAURE, depuis trois semaines, mêlait à la terre réfractaire des pièces métalliques qui, au broyage, entraînaient une détérioration des engrenages de la machine. Pris sur le fait, le saboteur a déclaré qu’il agissait ainsi afin de permettre à ses camarades de se reposer pendant le temps des réparations.

On aurait aimé que le même journal donne quelques indications sur les cadences imposées aux ouvriers de cette usine, les salaires et la durée du travail.