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GLAT 1965-03c : De Madrid à Moscou (en passant par Casablanca)
Lutte de Classe — Mars 1965 / p. 4
[25 octobre 2015] : par eric

Quelques milliers d’étudiants manifestent dans la rue. Ils sont sans armes, ils ne mettent pas le pouvoir en danger mais ils gueulent leur mécontentement, comme leurs dirigeants ont demandé de le faire. La police est là, nombreuse, casquée et solidement armée : disciplinée, elle charge et tape dans le tas férocement, comme on le lui a demandé. Le sang coule ; des blessés, filles et garçons, restent étendus sur la chaussée...

Cette scène s’est passée à quelques jours d’intervalle à Madrid et à Moscou. Car Franco et Kossiguine utilisent la même méthode pour mater les mécontents, tout comme de Gaulle et consorts. Ces messieurs font tous partie de l’internationale des matraqueurs. À l’est comme à l’ouest, les exploiteurs ont besoin, pour maintenir leur pouvoir, d’une force de répression spécialisée, grassement payée et choyée, la police et l’armée. Partout, celles-ci se conduisent de la même façon et cette répression sauvage, qui utilise aussi bien la matraque habituelle que les chars d’assaut lorsque c’est nécessaire, tous les travailleurs du monde la connaissent pour en avoir goûté lors d’une grève ou d’une manifestation.

Ceci montre, encore une fois, combien sont naïfs ceux qui parlent de prétendus pays socialistes. Dans la société socialiste où le pouvoir appartient réellement aux travailleurs, ceux-ci ne confient à personne le soin de les défendre : l’armement de tous est une des premières tâches, ce qui entraîne le désarmement total et la suppression définitive de toutes forces de répression spécialisées sans lesquelles les dirigeants, à l’est comme à l’ouest, n’existeraient pas longtemps.