SMOLNY... [ http://www.collectif-smolny.org ]
MÜLLER Richard ( 1880 - 1943 )
Social-démocrate indépendant allemand
[11 novembre 2006] : par eric , jo

Il organise le réseau des Délégués révolutionnaires qui contrôle pratiquement toutes les grandes usines berlinoises, dirige les grèves de juin 1916, avril 1917 et janvier 1918.

Président de l’exécutif des conseils en novembre 1918, il est, avec Däumig, méfiant par rapport à une convocation de l’Assemblée nationale, qui signerait l’arrêt de mort des Conseils. Mais les positions majoritaires du SPD s’imposent.

Adversaire de l’entrée des RO dans le KPD(s), auquel le congrès de fondation ne tient pas vraiment non plus, il proteste contre les initiatives qui conduisent au soulèvement de janvier. Il garde aussi une grande influence dans les syndicats où il mène le combat pour les maintenir sur des positions de classe : « Au 10° congrès des syndicats, à Nuremberg, du 30 juin au 5 juillet 1919, ce sont deux militants indépendants, Robert Dissmann et Richard Müller, qui ont été les porte-parole d’une opposition réclamant la rupture avec les collectifs de travail patronat-travailleurs, l’abandon de la politique de concertation et de la collaboration de classes, le retour à un syndicalisme de lutte de classes. Ils ont réussi à rassembler 179 délégués - contre 445 à la commission générale - dans le vote sur la confiance à la direction sortante, 181 - contre 420 - à l’issue du débat d’orientation. Au congrès de Stuttgart du syndicat des métallos, c’est une opposition dirigée par les mêmes militants indépendants qui a réussi, fait sans précédent, à renverser la majorité, faisant condamner par 194 voix contre 129 la politique de la direction sortante et rassemblant la majorité pour une orientation de lutte de classes devant se concrétiser immédiatement par la démission des représentants syndicaux de tous les organismes de « collectif de travail » avec le patronat » (in Broué, Révolution en Allemagne).

Au sein de l’USPD, il est favorable à un rapprochement avec la troisième Internationale qu’il défend au congrès du parti à Leipzig en septembre 1919.

Au VKPD en 1920, il soutient Levi en 1921 puis démissionne et abandonne toute activité politique.