SMOLNY... [ http://www.collectif-smolny.org ]
Novembre 1918 : L’Allemagne en révolution
Vendredi 16, 23 & 30 novembre et Samedi 1er décembre 2018 / Toulouse
[5 novembre 2018] : par eric
Cycle de conférences-débats à Toulouse organisé par le collectif d’édition Smolny

A l’ombre du centenaire de l’armistice s’en profile un autre, celui de la Révolution en Allemagne (1918-1921). Peu ou mal connue en France, traitée assez rapidement dans le cursus scolaire, cette séquence historique complexe a pourtant suscité de grands espoirs pour le mouvement ouvrier révolutionnaire international. Afin de mieux en saisir les causes historiques et les enjeux politiques, le collectif d’édition Smolny vous invite à une série de conférences-débats. Alternant entre des présentations générales et des focus précis sur des thématiques permettant d’aborder cette vague révolutionnaire, ce cycle aboutira, le 1er décembre, à une conférence-débat rassemblant historiens, chercheurs en sciences politiques et militants.


(PNG)

VENDREDI 16 NOVEMBRE - 20H

Panorama historique de la révolution en Allemagne (1914-1921)

Avec : Collectif Smolny

Lieu : Pizzéria Belfort, 2 rue Bertrand de Born

Cette présentation introductive vise à donner aux participants un ensemble de repères sur les événements se déroulant en Allemagne entre 1914 et 1921.

Début novembre 1918, la flotte se mutine en réaction aux ultimes tentatives suicidaires de sortie de l’État-Major. Des centaines de conseils d’ouvriers, de matelots et de soldats voient le jour un peu partout dans le pays. À travers ce processus révolutionnaire, deux logiques vont rapidement s’affronter : d’un côté celle de la vieille mais puissante organisation social-démocrate (le SPD), dont l’aile majoritaire, réformiste, s’est ralliée à la guerre dès 1914, et de l’autre, celle des conseils ouvriers et de soldats révolutionnaires qui veulent profiter de la débâcle pour renverser le système. Cette conférence tracera donc un panorama historique de cette période, en commençant par le contexte de la Première Guerre mondiale qui entérine la fracture entre l’aile réformiste, ralliée à la guerre, et la frange révolutionnaire.


(PNG)

VENDREDI 23 NOVEMBRE - 20H

Fascisme et révolution : Les corps-francs, ferments du nazisme

Avec : Christophe Lucchese, traducteur de Fantasmâlgories de Klaus Theweleit (L’Arche, 2016) 

Lieu : La Chapelle, 36 rue Danielle Casanova 

Christophe Lucchese nous présentera le rôle qu’ont joué dans la répression de la révolution les Freikorps, ces milices d’extrême-droite qui ont servi de bras armé au gouvernement social-démocrate provisoire de Scheidemann. En s’appuyant ensuite sur l’analyse que fait Klaus Theweleit de ces « premiers soldats du IIIe Reich », nous plongerons dans la psyché de l’« homme soldat » du XXe siècle en particulier et du virilisme en général. S’inscrivant dans la période particulière des révolutions Russe et allemande, cette analyse permettra de comprendre la manière dont révolution, contre-révolution et fascisme se sont articulés après la Première Guerre mondiale.


(PNG)

VENDREDI 30 NOVEMBRE - 20H

« Tout le pouvoir aux conseils ! » - Auto-organisation dans la Révolution allemande

Discussion autour de l’ouvrage Richard Müller, L’homme de la Révolution de Novembre de Ralf Hoffrogge (Les nuits rouges, 2018)

Avec : Ivan Jurkovic (traducteur)

Lieu : La Chapelle, 36 rue Danielle Casanova 

Richard Müller est le dirigeant d’un réseau syndical berlinois nommé « Les délégués révolutionnaires » pendant la Première Guerre mondiale. Opposants à la Burgfrieden, la version allemande de l’Union sacrée, ils jouent un rôle capital dans les grèves des années 1916 à 1918 à Berlin. Mais s’ils se réclament de la révolution, ils n’en sont pas moins méfiants envers la Ligue Spartacus de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Richard Müller finit par entrer au KPD, le Parti communiste d’Allemagne. Mais il le quitte très vite et anime une tendance syndicale opposée à la fois à la social-démocratie et au stalinisme en gestation, avant d’abandonner le militantisme à la fin des années 1920. Hoffrogge décrit avec précision et concision l’action de Müller et de son mouvement. Cette biographie arrive à rendre vivante et accessible une période complexe de l’histoire du mouvement ouvrier allemand. En présence de son traducteur, la présentation de cette biographie permettra de comprendre la manière dont les ouvriers et les soldats mettent en œuvre le principe de l’auto-organisation au sein de Conseils d’ouvriers et de soldats, aspect essentiel de ce moment révolutionnaire qui a été trop souvent éclipsé par les combats de rue et la renommée de la Ligue Spartacus.


(PNG)

SAMEDI 1er DÉCEMBRE - DE 17H À 20H

Salle du Sénéchal, 17 rue de Rémusat

Le mouvement ouvrier en Allemagne pendant la Première guerre mondiale

Avec : Julien Chuzeville, auteur de Militants contre la guerre 1914-1918 (Spartacus, 2014)

En août 1914, la majorité du mouvement ouvrier se rallie à la guerre, en Allemagne comme en Europe. Cependant, des oppositionnels internationalistes s’organisent pour lutter contre la guerre, autour notamment de Rosa Luxemburg, malgré la répression. Plus la guerre dure, plus son rejet grandit : grèves et mutineries apparaissent. Début novembre 1918, la révolution renverse la monarchie. Mais les militants et les travailleurs restent très divisés sur la voie à prendre.

Le mouvement des conseils en Russie, en Allemagne et en Hongrie

Avec : Philippe Bourrinet, auteur de La Gauche germano-hollandaise des origines à 1968 (Smolny & Nuits rouges, 2019)

Partant de l’idée que les conseils sont le produit à la fois d’une décomposition de l’armée, suite à des défaites militaires (de 1905 à 1918) et du surgissement historique de la classe productrice exploitée, il s’agit de montrer comment le prolétariat cherche à s’organiser dans le but de prendre le pouvoir et d’instaurer une nouvelle société sans exploitation et donc sans bourgeoisie. L’analyse des obstacles auxquels il se heurte, contre-révolutions intérieure et extérieure, permettra d’examiner l’importance du facteur "organisation". Dans la lutte pour le pouvoir dans l’usine (conseils d’usine, délégués révolutionnaires, comités de chômeurs, gardes rouges) et dans la rue (milices ouvrières armées) l’organisation politique radicale communiste joue un rôle qu’il s’agira de resituer dans son contexte (lutte contre l’emprise des partis social-démocrates amenés à s’allier à la contre-révolution) mais aussi de questionner à l’aune de la situation actuelle. Que ce soit face à l’appareil politique de la bourgeoisie, à la droite extrême ou à la prétendue extrême gauche, aux fractions significatives du paysannat (dans les pays hors du monde industrialisé) et surtout à la petite bourgeoisie, voire du lumpen-proletariat et autre Cent-Noirs “modernisés”, quelles sont les forces auxquelles le prolétariat se confronte pour exercer son pouvoir ?

L’héritage de la Révolution allemande : la démocratie des conseils

Avec : Yohan Dubigeon, auteur de La démocratie des conseils (Klincksieck, 2017)

La Révolution allemande s’inscrit dans un cycle plus général d’insurrections (2ème moitié du XIXe, 1ère moitié du XXe), qui porte la marque d’un modèle démocratique nouveau. Communes, comités et conseils dessinent les contours d’un projet de démocratie des conseils dont les principes d’organisation politique et la stratégie méritent d’être étudiés et compris ensemble. L’héritage conseilliste issu de la révolution allemande constitue de ce point de vue un corpus aussi riche que sous étudié.