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JELEZNIAK Anatoli G., dit JELEZNIAKOV ( 1895- 1919 )
Anarchiste russe
[6 décembre 2006] : par eric

Ouvrier agricole puis chauffeur sur un bateau en mer Noire. Mobilisé en 1915, il déserta en 1916. Arrivé à Petrograd au lendemain de la révolution, il fut l’un des dirigeants de la résistance des ouvriers et marins anarchistes qui avaient occupé la villa de l’ancien gouverneur Durnovo et proclamé son « expropriation » en « maison de repos » pour le peuple. Arrêté le 14 juin après l’assaut des forces de police contre la « datcha Durnovo », il fut condamné à 14 ans de travaux forcés et s’évada peu après. Revenu à Petrograd à la tête d’un détachement de marins, il était délégué au 2° congrès des soviets et participa à l’assaut du Palais d’Hiver. En janvier 1918, en sa qualité de commandant de la garde du Palais de Tauride, il ordonna la dispersion de l’Assemblée constituante. Au cours de la guerre civile, il commanda successivement un régiment, une division d’infanterie, puis un train blindé et fut tué au combat en juin 1919.

Il est cité, dans le fameux - mais discutable - article de Léon Trotsky : Beaucoup de tapage autour de Cronstadt (15 janvier 1938, Oeuvres, Vol. 16 p. 69, ) :

« La composition politique du soviet de Cronstadt reflétait la composition sociale de la garnison et des équipages. Dès l’été 1917, la direction du soviet appartenait au parti bolchevik. Il s’appuyait sur la meilleure partie des marins et comprenait nombre de révolutionnaires passés par l’illégalité, libérés des bagnes. Mais les bolcheviks constituaient, si je me souviens bien, même durant les journées de l’insurrection d’Octobre, moins de la moitié du soviet. Plus de la moitié était constituée par les socialistes-révolutionnaires et les anarchistes. Les mencheviks n’existaient absolument pas à Cronstadt. Le parti menchevik haïssait Cronstadt. Les socialistes-révolutionnaires officiels n’avaient d’ailleurs pas à son égard une attitude meilleure. Les socialistes-révolutionnaires de Cronstadt étaient passés très vite à l’opposition contre Kerensky et constituaient un des détachements de choc de ceux qu’on appelait les socialistes-révolutionnaires « de gauche ». Ils s’appuyaient sur les éléments paysans de la flotte et sur la garnison de terre. Quant aux anarchistes, ils constituaient le groupe le plus bigarré. Il y avait parmi eux d’authentiques révolutionnaires, du genre de Jouk ou de Jelezniak ; mais c’étaient des individus isolés, étroitement liés aux bolcheviks. »


Source :

— TROTSKY Léon, Oeuvres - volume 16, EDI, note n°7 p. 73 ;