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SCHRÖDER Karl ( 1884 - 1950 )
Écrivain socialiste, un des fondateurs du KAPD
[16 juin 2007] : par jo

Fils d’un instituteur poméranien, Karl Schröder entra dans l’orbite social-démocrate assez tard, en 1912, après avoir obtenu son diplôme de philosophie à l’Université de Marburg. Installé à Berlin et gagnant sa vie comme répétiteur, il se lia d’amitié avec Franz Mehring et publia de nombreux articles sur des questions philosophiques et pédagogiques dans la revue Arbeiter-Jugend. Il poursuivit cette activité pendant la guerre qu’il fit comme sous-officier dans un camp de prisonniers russes. Proche des spartakistes, il adhéra à la Ligue en 1917 et participa au congrès de fondation du Parti communiste allemand en décembre 1918. Partisan des thèses antiparlementaires et antisyndicalistes, il fut l’un des principaux organisateurs du KAPD dont il rédigea le programme adopté en avril 1920. Schröder dirigea ce parti et négocia, en compagnie de Gorter et de Fritz Rasch, à Moscou, en novembre 1920, le statut d’organisation sympathisante à la IIIe Internationale.

Tenant des thèses unionistes et dirigeant de la tendance à Essen, Schröder fut exclu en mars 1922 en compagnie d’Arthur Goldstein et fut rejoint par de nombreux intellectuels victimes de l’ouvriérisme croissant en vigueur dans l’organisation, comme Alexander Schwab et Bernhard Reichenbach. Animateur de l’Internationale communiste ouvrière en 1922-1923, il se convainquit rapidement que le radicalisme était dépassé et réintégra la social-démocratie en 1924.

Il s’y consacra essentiellement, jusqu’en 1933, à des activités éditoriales et pédagogiques. Auteur de romans et de nombreux articles, il devint en 1928 responsable de la coopérative d’édition du Parti social-démocrate, Der Bücherkreis. En même temps il inspira les Rote Kämpfer, condamnés par la direction du parti en mai 1931. Il continua d’animer ce cercle clandestin après 1933, jusqu’à ce que les nazis mettent fin à son activité en 1936. Condamné à quatre ans de travaux forcés en 1937, il fut interné au camp de Bœrgermoor jusqu’à sa libération le 30 novembre 1940.

Pendant la guerre, il fit des travaux de correcteur dans une maison d’édition. La paix revenue, il participa à la remise en place de l’appareil scolaire et adhéra au SED au moment du blocus de Berlin pour garantir sa survie économique. Gravement malade et ayant perdu son emploi de directeur d’école en 1949, il s’éteignit en avril 1950.


Source :

— DROZ Jacques, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier international - Allemagne, Editions ouvrières, 1990, p. 426. ;


Œuvres :

— SCHRÖDER Karl, Du devenir de la nouvelle société (1920), in Invariance n°4, 1996 ;

— SCHRÖDER Karl, Die Geschichte Jan Beeks, Berlin, 1929. Récit romancé de son voyage en Russie avec Gorter ;

On trouvera par ailleurs la bibliographie des œuvres politiques (mais aussi littéraires) de Schröder dans :

— MULLER Hans-Harald, Intellektueller Linksradikalismus in der Weimarer Republik, Kronberg/Ts., 1977, pp. 157-162 ;


Bibliographie indicative :

— AUTHIER Denis et DAUVE Gilles, Ni parlement ni syndicats : les Conseils ouvriers, Les Nuits Rouges, 2003 ;

— CCI, La Gauche hollandaise, 1990 ;

— MUSIGNY Jean-Paul, La révolution mise à mort par ses célébrateurs même. Le mouvement des conseils en Allemagne, 1918-1920, Nautilus, 2001 ;