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METT Ida née Gilman ( 1901 - 1973 )
Militante anarcho-syndicaliste russe
[4 juillet 2007] : par jo

Ida Mett naît dans une petite ville industrielle russe avec une population principalement juive où l’employeur principal était une tannerie. Elle étudie la médecine et commence à fréquenter des cercles d’anarchiste à Moscou. Quelques semaines avant d’obtenir son diplôme en 1924, elle est arrêtée par les autorités soviétiques pour activités subversives. Mais elle réussit à s’enfuir de Russie avec l’aide de contrebandiers juifs. Après avoir habité en Pologne, puis à Berlin, elle arrive à Paris en 1926.

Elle participe à l’édition de Dielo Trouda (La voix du travail), un journal établi par les anarchistes Nestor Makno (1889-1934), Voline et Peter Arshinov (1887-1937). Elle rencontre Nicolas Lazarevitch (1895-1975) et ils commencent à organiser des campagnes exposant la situation de la classe ouvrière en Russie. Ces réunions ont lieu en France, en Belgique et en Suisse. En Espagne, invités par Ascaso et Durruti, ils participent aussi à des réunions (avec Voline) comme représentants du mouvement russe.

En mai 1940, ils sont arrêtés et séparés. Ida est internée avec son fils au camp de Rieucros durant un an, mais grâce à Boris Souvarine, ils peuvent séjourner en résidence surveillée dans le Var. En 1948, elle travaille comme médecin, puis ensuite comme traductrice.

Dans son célèbre ouvrage « La Commune de Kronstadt », paru en 1948 et édité par la maison d’édition Spartacus, elle a ranimé la polémique sur ces terribles événements en soulignant : « L’insurrection des marins de 1921 est, en effet, à la limite de deux époques : d’une part, elle parachève la phase spontanée, populaire, la phase d’espoir de la révolution ; d’autre part, elle amorce ce qui a été fait depuis, tout ce qui a été imposé [...] Ces deux questions : Peut-on construire un socialisme sans liberté ? et : La fin justifie-t-elle les moyens ? ont, en d’héroïques combats, reçu réponse négative. » (p. 7, second avant-propos).

Et, comme le soulignait aussi la Fraction italienne de la Gauche communiste : (il se peut que) « des circonstances se produisent où un secteur prolétarien - et nous concédons même qu’il ait été la proie inconsciente de manœuvres ennemies - passe à la lutte contre l’Etat prolétarien. Comment faire face à cette situation ? En partant de la question principielle que ce n’est pas par la force et la violence qu’on impose le socialisme au prolétariat. Il valait mieux perdre Kronstadt que de le garder au point de vue géographique, alors que substantiellement cette victoire ne pouvait avoir qu’un seul résultat : celui d’altérer les bases mêmes, la substance de l’action menée par le prolétariat. » (Octobre n° 2, La question de l’Etat, 1938)


Œuvres :

— METT Ida, Le paysan russe dans la révolution et la post-révolution, Spartacus, 1968 ;

— METT Ida, La Médecine en U.R.S.S., Éditions Les Îles d’Or, 1953 ;

— METT Ida & LAZARÉVITCH Nicolas, L’École soviétique : enseignements primaire et secondaire, préface de Pierre Pascal, Éditions Les Îles d’Or, 1954 ;

— METT Ida, La Commune de Kronstadt - Crépuscule sanglant des Soviets, Spartacus, 1977 ;

— METT Ida, Souvenirs sur Nestor Makhno, Allia, 1998 ;


Bibliographie indicative :

— COLLECTIF : May Picqueray, Pascal Nurnberg, Alex Martin, Ida Mett, Increvables anarchistes. De 1914 aux années 30, l’empire contre-attaque, Monde Libertaire, 1999 ;