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AMBROGI Ersilio dit MAXIMO ( 1883 - 1964 )
Opposant communiste puis stalinien italien
[29 janvier 2008] : par eric

Né en 1883 à Castagneto Carducci (Pisa), il adhère au PSI en 1901 à l’âge de 17 ans. Exilé à Paris de 1905 à 1909, il fait des études de droit et soutient en 1912. Membre de la FRaction abstentionniste du PSI, il est emprisonné pendant la guerre pour antimilitarisme. Membre du PC d’Italia dès 1921, il est bientôt arrêté. Élu député en 1922, il profite d’une liberté conditionnelle pour s’enfuir à Berlin, où jusqu’en 1924 il représente auprès du KPD le parti italien.

Jugé par contumace en 1924, il est condamné à plus de vingt ans de prison. Le gouvernement italien demandant son extradition, il se voit contraint de trouver refuge à Moscou, où il travaille comme traducteur pour le GPU, de 1924 à 1927, qui le nommera général de division. Présent en 1926 au Vie plenum de l’IC. Défenseur des positions bordiguistes, il tentera avec Virgilio Verdaro et Silva de créer un petit noyau en contact avec la Fraction italienne en France et Belgique. Tous trois seront exclus du PCUS en 1929 suite à un ultimatum en ce sens de Togliatti. Soupçonné de fractionnisme, il est envoyé par le GPU à Berlin de 1930 à 1932, où il est sous surveillance. Il sera pourtant actif dans la Fraction et aura des contacts avec l’opposition trotskyste allemande, avec Kurt Landau notamment, et avec Andres Nin avec qui il établit une correspondance semi-clandestine.

Il sera rappelé par le GPU en 1932. Il n’avait plus guère de choix compte tenu de l’arrivée au pouvoir en Allemagne de Hitler que de retourner en Russie. Relégué avec sa famille, il capitule en 1934 et fait acte d’allégeance au stalinisme. Il devient probablement un agent du GPU.

Selon la notice que lui consacre Philippe Bourrinet, il aurait pris contact avec les autorités fascistes pour gagner la Belgique et surveiller la Fraction italienne. Il obtient du gouvernement russe l’autorisation de passer ses archives par la voie diplomatique. A Bruxelles de 1936 à 1940, la FI refuse tout contact avec lui. En 1940, il fera dans un journal belge l’éloge du fascisme mussolinien. Il rentre en Italie en 1942, où il est acquitté pour ses activités antérieures. De 1943 à 1945, ne bénéficiant plus de la protection des autorités fascistes, il sera déporté en Allemagne.

Quoi qu’il en soit, une fois revenu en Italie, il reprend sa profession d’avocat. De 1956 à sa mort en 1964, il sera membre du PCI, qui fera son éloge en passant sous silence son passé.


Source :

— BOURRINET Philippe, Le Courant « Bordiguiste » (1919-1999), Italie, France, Belgique, s.d.n.l. ;

— IBORRA Agustín Guillamón, Relaciones y Correspondencia entre Andrés Nin y Ersilio Ambrogi (1930 - 1931), in Balance, numero 2 ;


Sur le site :

— BILAN, Maximo rejoint le front de la contre-révolution centriste, Avril 1934, pp. 219-220 ;